BATIMENS DU ROY[1].

[1] Ici encore, nous trouverons beaucoup de noms déjà rencontrés plus

haut, au chapitre des _Vérifications et Rapports des Jurez_ et

ailleurs. Nous ne nous occuperons que des noms ou des détails

nouveaux.

_Sur-intendant et ordonnateur general des Batimens et Jardins du Roy, et

des Manufactures Royales des Gobelins._

Monsieur le Marquis de Villacerf ruë de l’Egout près la place Royal.

_Inspecteur Général, premier Architecte et Intendant des Batimens et

Jardins de Sa Majesté._

Monsieur Mansard[2] rue des Tournelles[3], et encore pour Intendans Mrs

de la Mothe, Coquart rue des Poulies, et Essein rue neuve des Petits

Champs.

[2] Hardouin Mansard, architecte de Versailles, etc.

[3] L’hôtel, qu’il s’y étoit fait bâtir, auprès de celui de Ninon,

existe encore en partie.

_Controlleurs en Charges._

Messieurs le Nostre aux Tuilleries, le Febvre au vieux Louvre, et

Gabriel rue de Cléry.

_Intendans et Controlleurs par Commission des Batimens et Maisons

Royales de Paris et de Versailles._

Messieurs de la Chapelle, Besse ancienne cour du Palais, et Lambert rue

neuve des Petits Champs.

_Architectes ordinaires des Batimens de Sa Majesté._

Messieurs Dorbay rue des Poulies, Buland[4] rue saint Louis du Marais,

de Coste[5] rue des Tournelles, et Perrault l’ainé place du Chevalier du

Guet.

[4] Seroit-ce un arrière-petit-fils de Jean Bullant, architecte des

Tuileries et d’Écouen? Il n’y a rien là d’impossible. Le fils de

Bullant, Charles, fut entrepreneur de maçonnerie, et sa descendance

dut rester dans le même métier.

[5] Robert de Cotte, qui succéda, en 1708, à Hardouin Mansart, son

maître, comme premier architecte du Roi. Il existe à la Biblioth.

Nat., cabinet des Estampes, un grand nombre de mémoires, devis,

procès-verbaux de travaux faits à Paris ou dans les environs, qui

viennent tous de Robert de Cotte. Ils furent acquis en 1821.

_Inspecteurs par Commission pour les Batimens des Maisons Royales de

Paris._

Messieurs Fossier père et fils rue des Poullies, le Court aux Invalides,

et l’Abbé au vieux Louvre.

_Trésoriers alternatifs des Batimens de Sa Majesté._

Messieurs de Mageinville rue Traversine qui est en exercice, et

Manessier rue de Cléry.

Ceux qui entreprennent d’ailleurs pour les particuliers les plus

considérables edifices pour la Maçonnerie, sont Mrs le Maistre, Maziere,

Gabriel et Pipault ci devant désignez, Marcoult[6] rue neuve saint

Honoré, Bergeron le jeune[7] butte saint Roch rue Royale, etc.

[6] Le _Ms._ du commis de Mansart, G. Marinier, sur les travaux de

Versailles, sous Louis XIV, et les entrepreneurs qui y furent

occupés, le nomme Gérard Marcou.

[7] Pierre Bergeron, d’après le même _Ms._

Les Entrepreneurs de Sa Majesté pour les autres parties d’Architecture,

sont pour la Charpente Messieurs Malet[8] quartier saint Germain, la

Porte rue de Seine près la Pitié, Aubert à saint Germain en Laye, et

Poisson à la porte saint Antoine.

[8] G. Marinier l’appelle Jean Mallet. Il ne nomme pas les trois

autres qui suivent.

Pour la Menuiserie Messieurs Rivet[9] rue du gros Chenet, Remy porte

Montmartre, Verdeau cloitre saint Julien le Pauvre, Nivet quartier saint

Germain, et la veuve Dionis porte de Richelieu[10].

[9] Antoine Rivet, selon G. Marinier. Il nomme ensuite Louis Rivet,

sans doute son frère, dont Blegny pourroit bien avoir altéré le nom,

en l’appelant deux lignes plus loin Nivet. En 1733, un Jacques Rivet

étoit encore «menuisier ordinaire des bâtiments du Roy». Sa nièce

Geneviève Papillon avoit épousé le célèbre vernisseur Robert Martin,

dont le petit-fils fut Martin le chanteur si connu. (Jal, _Dict.

crit._, p. 845 et 846.)

[10] Son mari, dont elle continuoit le métier, avoit fait bâtir un

certain nombre de maisons, rue de Richelieu, entre autres celle qui

touchoit à la maison du tailleur Bandelet, où mourut Molière. La

famille des Dionis ou Dyonis, à laquelle on dut plusieurs savants

célèbres du XVIIIe siècle, étoit ancienne à Paris. Plusieurs

figurent, de 1472 à 1527, dans l’Épitaphier des Saints Innocents.

(Le Beuf, _Hist. du diocèse de Paris_, édit. Cocheris, t. I, p.

198.)

Pour les Couvertures, M. Yvon, rue Montmartre[11].

[11] Dans le _Ms._ de Marinier, il est, comme ici, nommé tout seul.

C’est donc cet Étienne Yvon qui eut, sous Louis XIV, l’entreprise

générale des toitures des Palais Royaux.

Pour la Serrurerie, Messieurs Roger[12] aux Invalides, Boutet rue

Frementeau, Haté place de Cambray, Fordrain à la Monnoye, et Lucas rue

saint Nicaise.

[12] Pierre Roger, d’après le même _Ms._

Pour la Plomberie, M. Lucas[13] place du vieux Louvre.

[13] Il eut, lui aussi, tout seul, l’entreprise de la plomberie de

Versailles et des autres palais, suivant G. Marinier, qui l’appelle

Jacques Lucas.

Pour la Vitrerie, Messieurs Pougeois vieille rue du Temple, Gombault rue

saint Thomas du Louvre, et la veuve Janson rue de l’Arbre sec.

Pour les Ouvrages de marbre, Messieurs Deschamps place du Carrousel,

Baudin porte Montmartre, et Ergo porte Gaillon.

Pour les Peintures d’Ornemens, Messieurs Poisson fils à saint Germain en

Laye, et le Febvre rue de Richelieu.

Pour la Doreure, M. des Oziers[14] à Versailles.

[14] Guillaume Desauziers.

Pour la Sculpture, Mrs Jouvenet rue des Jeuneurs[15], Mazeline[16] à la

Ville neuve, Dieu[17] au Palais Brion[18], Lespingola[19] rue neuve

saint Honoré, Maziere[20] place du Carrousel[21], Bonvalet à la Ville

neuve, et Carlier rue Montmartre,

[15] Il étoit cousin du peintre célèbre, mais n’arriva pas à

l’Académie. Il travailla pour le Roi, à Versailles, avec le Hongre.

Son prénom étoit Noël.

[16] Pierre Mazelines. G. Marinier ne l’oublie pas parmi les

sculpteurs employés à Versailles. Mazelines y travailla, lui aussi,

avec le Hongre. Il étoit de Rouen, fut reçu de l’Académie le 7

juillet 1668, et mourut le 7 février 1708, à soixante-quinze ans.

[17] Antoine de Dieu, né à Paris en 1653, mort en 1727. Il y avoit une

statue de lui à Saint-Germain-des-Prés, chapelle de saint Jérôme.

[18] Nous avons dit, t. I, p. 124, ce qu’étoit cette dépendance du

Palais-Royal.

[19] Il vint de Rome, où il étoit de l’Académie de Saint-Luc,

travailla à Versailles avec Nic. Coustou, fut reçu de l’Académie le

29 février 1676, en fut exclu pour cause d’absence prolongée, en

1694, et mourut le 10 juillet 1705.

[20] Il travailla aux sculptures des Tuileries.

[21] C’est rue des Orties-du-Louvre, derrière l’hôtel de Beringhen,

qu’il logeoit, et non sur la place même du Carrousel. (_Arch. de

l’Art françois_, t. III, p. 227.)

Pour le Pavé Messieurs Renoult rue de Grenelle saint Germain, Aubry rue

de Seine[22], et Colin rue des Tournelles[23].

[22] Cet Aubry, paveur des bâtiments du Roi, étoit bien probablement

de la famille de Léonard Aubry, qui, en 1643, avoit le même titre,

et joua, ainsi que plusieurs des siens, un certain rôle dans

l’histoire de Molière. C’est lui qui mit en état, sur les fossés de

Nesle, les abords du Jeu de paume, où Molière donna ses premières

représentations; et l’un de ses fils, Jean-Baptiste Aubry, qui

s’étoit fait auteur de tragédies, _Démétrius_ et autres, qui

existent _mss._ à la Biblioth. Nat., épousa Geneviève Béjard, sœur

de Madelaine, dont Molière avoit épousé la fille. Cet Aubry, auteur

tragique, qui se faisoit appeler sieur des Carrières, n’étoit pas

moins devenu, comme son père, paveur des bâtiments du Roi. Il

l’étoit, en 1677, lorsqu’il signa au contrat du second mariage

d’Armande Béjard. Peut-être est-ce lui qui figure ici?

[23] Ici devroit être nommé Villiard, qui eut pendant vingt-six ans

l’entreprise du pavage et des aqueducs à Versailles. Ses comptes

existent à la Bibliothèque du Ministère de l’Intérieur en 3 vol.

in-fol. sous ce titre: _Registre des Ouvriers qui ont travaillé pour

le Roy suivant les ordres du seigneur surintendant des bastiments de

Sa Majesté, sous la conduite du SIEUR VILLIARD_. Le Ier va de 1679 à

1696; le IIe, de 1697 à 1701; et le IIIe, de 1702 à 1705.

Les Juges établis pour connoître des matières concernant les Batimens du

Roy et les edifices publics, sont Messieurs de l’Epine rue neuve des

Petits Champs[24], et Villedo[25] rue saint Louis au Marais, qui sera en

exercice pendant les années 1692 et 1693.

[24] De la même famille que ceux que nous avons vus plus haut parmi

les experts jurés.

[25] Un des fils de Michel Villedot, qui fut un des entrepreneurs de

l’aplanissement de la Butte des Moulins, dont une rue a gardé son

nom. _V._ notre _Histoire_ de cette butte.

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2 · 第 55 / 232 题