OUVRAGES EXQUIS

_De Peinture et de Sculpture._

Cet article a dû suivre celuy des Batimens du Roy, parce que presque

tous les Peintres et Sculpteurs dont on va voir les noms et les adresses

sont employez aux ouvrages de Sa Majesté, et sont membres de l’Academie

Royale de Peinture et de Sculpture, dont il a été parlé dans l’article

général des Academies.

C’est au Palais Brion où elle se tient qu’on peut recouvrer la liste de

ceux qui la composent. Le degré de distinction dans lequel il faut

nécessairement parvenir pour y être admis, est une preuve certaine de

leur habileté; c’est pourquoy en quelque occasion que ce fût, il n’y

auroit point à balancer sur le choix, si ce n’étoit que plusieurs

d’entre eux ont des singuliers dans lesquels ils excellent

principalement, par exemple entre les Peintres.

Pour l’Histoire Mrs Mignard[1] premier Peintre du Roy, Chancelier de

l’Academie, et Directeur des Atteliers des Gobelins[2] rue de

Richelieu[3]; Jouvenet[4] à l’un des Pavillons du Collége Mazarini[5],

Hoüasse[6] au Cabinet du Roy[7]; Coüapel père et fils[8] aux Galeries du

Louvre, Corneille l’aîné[9] rue des Petits Champs, Verdier aux

Gobelins[10], Paillet rue neuve saint Eustache[11], Blanchard cul de sac

saint Sauveur[12], Montagne rue du Vieux Colombier[13], Vernensal[14]

rue saint Honoré, Hallé[15] rue sainte Marguerite, Boulogne l’aîné[16]

rue sainte Anne, Boulogne le jeune rue des fossez Montmartre[17], Person

place du Palais Royal[18], Vignon[19], rue du Petit Lion, etc.

[1] Pierre Mignard, trop célèbre, pour que nous ayons à dire ici autre

chose de lui, que ses noms.

[2] Il avoit eu toutes ces charges, à quatre-vingts ans, en mars 1690,

après la mort de Le Brun.

[3] _V._ sur cette maison, qu’il occupoit depuis longtemps, et où il

mourut le 15 mai 1695, notre _Histoire de la Butte des Moulins_, p.

114-115.

[4] Jean Jouvenet, dont la célébrité nous dispensera aussi de longs

détails. Né à Rouen, en 1644, il fut reçu de l’Académie le 27 mars

1675, et mourut le 5 avril 1717. Les douze apôtres de la coupole des

Invalides sont de lui.

[5] Il y mourut. Ce pavillon étoit celui qui touche au quai Malaquais.

L’adresse de Jouvenet est donnée ainsi sur l’acte de mort de l’une

de ses filles, le 5 juin 1680: «Sur le quai Malaquais, dans le grand

pavillon sur l’eau, au collége des Quatre-Nations.»

[6] René-Antoine Houasse, né à Paris en 1644, reçu de l’Académie le 15

avril 1713, mort le 27 mai 1710. Le Brun, dont il fut un des bons

élèves, l’avoit marié à une de ses parentes. Il y avoit des tableaux

de lui à Notre-Dame, Saint-Eustache, Saint-Côme, etc.

[7] Sa véritable adresse étoit celle-ci: «rue du Coq, au cabinet des

tableaux du Roi». Il étoit garde de cette collection, première idée,

au Louvre même, du musée du Louvre.

[8] Noël et Antoine Coypel: Noël, le père, né en 1628, reçu de

l’Académie en 1663, et mort en 1707; et Antoine le fils, né en 1661,

académicien en 1681, mort en 1722. Noël fut directeur de notre école

de Rome, en 1692; et, à la mort de Mignard, premier peintre du Roi.

Il y avoit de ses œuvres aux Invalides, au palais-Royal, à

l’Assomption, aux Tuileries, au Louvre, à Versailles, etc. Antoine,

qui avoit suivi son père à Rome, s’y perfectionna. Il devint aussi

premier peintre du Roi, et directeur de l’Académie. Un de ses

travaux les plus considérables à Paris fut la galerie d’Énée au

Palais-Royal. On a de lui vingt discours sur la peinture.

[9] Michel Corneille, dont le père, peintre aussi, avoit eu le même

prénom. Il fut de l’Académie en 1663, et mourut le 16 août 1708, à

soixante-six ans. Il travailla aux Invalides, à Versailles, à

Meudon, à Trianon, etc.

[10] François Verdier, qui fut de l’Académie en 1678, et mourut en

1730, à soixante-dix-neuf ans. Le Brun qui se l’étoit attaché en lui

faisant épouser une de ses nièces, et le logeant aux Gobelins, le

fit beaucoup travailler pour lui.

[11] Il fut de l’Académie, qu’il n’illustra guère, dès 1659, et mourut

le 30 juin 1701, à soixante-quinze ans. Séb. Boudon avoit été son

maître. On ne connoît guère de lui qu’un tableau, à Notre-Dame.

[12] Gabriel Blanchard, reçu de l’Académie en 1663, mort en 1704, à

soixante-quinze ans. Il travailla pour Trianon, et, avec Lafosse et

Vignon, au plafond des Tuileries. Il habitoit le cul-de-sac

Saint-Sauveur depuis vingt ans. Il le quitta pour le Louvre, où il

mourut garde du cabinet des tableaux.

[13] Nicolas de Plate-Montagne, que, par abréviation, l’on appeloit

Montagne, fut de l’Académie en 1663, et mourut en 1706, à

soixante-quinze ans. Il fit des tableaux pour les Gobelins, d’après

des dessins de Jules Romain, travailla aux peintures de la galerie

voûtée des Tuileries, et fit surtout beaucoup de portraits. Il

habitoit la rue du Vieux-Colombier depuis 1660, et il y mourut.

[14] Guy-Louis Vernansal, qui fut reçu de l’Académie en 1688, et

mourut le 9 avril 1729, à quatre-vingt-trois ans. Il y avoit un

tableau de lui à Notre-Dame.

[15] Claude-Guy Hallé, élève de son père Daniel Hallé, mort en 1674.

Il fut directeur de l’Académie, et mourut en 1736, à

quatre-vingt-cinq ans. Ses tableaux étoient nombreux dans

les églises de Paris. Il y en avoit à Notre-Dame, à

Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aux Filles du Saint-Sacrement, à

Saint-Paul, à Saint-Sulpice, à Saint-André-des-Arts, etc.

[16] Bon Boulogne, reçu à l’Académie le 27 nov. 1677, mort le 16 mai

1717, à soixante-huit ans. Plusieurs de ses tableaux se trouvoient à

Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, à l’Assomption, aux

Petits-Pères. Le plafond de la Comédie françoise, rue des

Fossés-Saint-Germain, étoit aussi de lui.

[17] Louis de Boulogne, frère cadet du précédent, et moins connu. Il

fut toutefois de l’Académie, et même directeur. On travailla aux

Gobelins sur des copies de Raphaël, qu’il avoit rapportées d’Italie.

Il y avoit de ses ouvrages à la chapelle de Versailles, à

Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, aux Petits-Pères. Les

Boulogne, financiers du dernier siècle, descendoient de lui.

[18] Poerson. Nous avons parlé de lui, au chapitre des _Experts

jurés_.

[19] Claude-François Vignon, reçu de l’Académie, le 6 décembre 1664,

mort le 17 février 1703, à soixante-neuf ans. Il marqua moins que

son père, Claude, dont il étoit l’élève, et que son frère Philippe,

dont nous parlerons tout-à-l’heure.

Pour les Portraits Messieurs de Troyes[20], Rigault[21] et Fouché rue

neuve des Petits Champs[22], l’Argilliere rue sainte Avoye[23], le

Febvre Isle Notre Dame, le Febvre le jeune[24] rue de Richelieu, Vignon,

rue saint André des Arcs[25], etc.

[20] François de Troy, né à Toulouse, en 1645, reçu de l’Académie le 6

octobre 1674, mort le 1er mai 1730. Il fit de beaux portraits,

surtout de femmes, mais trop flattées, dit-on. Il n’en fut que mieux

en cour.

[21] Hiacynthe Rigaud, le grand portraitiste du grand siècle, et du

siècle suivant, car il peignit jusqu’à son dernier jour, et ne

mourut qu’en 1743, à quatre-vingt-deux ans.

[22] L’appartement de Rigaud se trouvoit au coin de la rue des

Petits-Champs et de la rue Louis-le-Grand. On y pouvoit voir une

belle galerie de tableaux, principalement des siens. Il y mourut,

ainsi que sa femme un an après lui.

[23] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 239, au chapitre

_Commerce de Curiositez_.

[24] Ces deux Lefebvre sont sans doute les fils de Claude Lefebvre,

portraitiste distingué, mort en 1675, et qui, l’un et l’autre,

quoique ses élèves, furent des peintres médiocres, sur lesquels on

ne sait rien. (Jal, _Dict. crit._, p. 758.)

[25] Philippe Vignon, frère de Claude-François nommé plus haut, et son

aîné. Il fut reçu de l’Académie le 30 août 1686, et mourut le 7

sept. 1701, à soixante-sept ans. Il rivalisa presque, en son temps,

de réputation avec Rigaud: «Quoique Rigaud, lisons-nous dans les

_Portraits sérieux, galants et critiques_, 1696, in-18,

_Avertissement_, soit reconnu très-habile pour le portrait, on ne

méprise pas les peintures qui sortent du cabinet de Vignon.»

Pour les Batailles Messieurs Parrosel[26] rue du Coq, Martin[27] et le

Comte aux Gobelins[28], etc.

[26] Joseph Parrocel, de Brignoles en Provence, reçu de l’Académie le

16 nov. 1676, mort à cinquante-six ans, le 1er mars 1704. Il peignit

beaucoup de batailles, à grands fracas, et se vantoit d’être le

peintre qui savoit le mieux tuer son homme. On voyoit des tableaux

de lui aux Invalides, à l’hôtel de Toulouse, à Versailles.

[27] Jean-Baptiste Martin. Élève de La Hire, il dessina pour Vauban,

travailla avec Van-Der-Meulen, et lui succéda comme «peintre des

conquêtes». Il mourut aux Gobelins, le 8 oct. 1735, à

soixante-dix-sept ans.

[28] Sauveur Le Conte, peintre provençal, qui travailla, comme Martin,

avec Van-Der-Meulen. Le Brun l’avoit logé aux Gobelins, où il mourut

n’ayant que trente-cinq ans, le 31 décembre 1694. Son acte de mort

portoit: «peintre ordinaire des conquestes du Roy, dans l’hôtel des

manufactures roy. des Gobelins.»

Pour les Païsages Messieurs Forest[29] et Hérault[30] place

Dauphine[31], Allegrain rue Montmartre[32], Beville rue de la

Tixeranderie[33], Armand rue Montorgueil[34].

[29] Jean Forest, reçu comme peintre paysagiste, le 26 mai 1674, à

l’Académie, et mort le 17 mars 1712, à soixante-seize ans. Il étoit

beau-frère de Lafosse, dont il avoit un peu la couleur aux tons

roux. Sa fille aînée épousa Largillière.

[30] Nicolas-Antoine Hérault. Il avoit étudié à Rome, dans la manière

de Guaspre et de Salvator. Il fut de l’Académie en 1670, et mourut

en 1718, à soixante-quatorze ans passés.

[31] Hérault y logea jusqu’à sa mort, à l’enseigne «du Buis», faisant

face au cheval de bronze.

[32] Étienne Allegrain, né à Paris, en 1645, reçu académicien le 4

décembre 1677, et mort le 2 avril 1736, à quatre-vingt-douze ans. Il

peignit pour le roi, en 1688, «des vues et perspectives des bosquets

et parterres du jardin de Versailles».

[33] Charles Béville, reçu comme paysagiste à l’Académie, le 5 juillet

1681, mourut à soixante-cinq ans, le 2 février 1716.

[34] Charles Armand. Il étoit de Bar-le-Duc. Il fut reçu de

l’Académie, comme paysagiste, le 13 mai 1672, et mourut à

quatre-vingt-cinq ans, le 18 février 1720.

Pour les Fleurs et les Animaux, Messieurs de Fontenay[35] près le Palais

Royal, Huliot[36] rue Bourlabé, etc.

[35] Jean-Baptiste Belin de Fontenay, de Caen: «Il avoit, dit

d’Argenville, un vrai talent pour peindre les fleurs.» Aussi est-ce

comme peintre-fleuriste qu’il fut reçu à l’Académie, le 30 août

1687. Il mourut le 12 février 1715, à soixante-un ans.

[36] Claude Huilliot, de Reims, fut reçu à l’Académie, comme

peintre-fleuriste, le 7 nov. 1664, et mourut le 6 août 1702, à

soixante-dix-sept ans.

Pour les ordres d’Architecture, Messieurs Anguerre[37] et Francart[38]

aux Gobelins, Simon rue des Petits Champs.

[37] Guillaume Anguier, frère des deux célèbres sculpteurs normands,

François et Michel Anguier. Dans l’_Éloge_ qu’il a fait de celui-ci,

Guillet de Saint-Georges, d’accord avec Blegny, nous donne Guillaume

Anguier, comme étant «fort recherché pour les tableaux

d’architecture et les ornements». Il mourut aux Gobelins, où nous le

voyons déjà logé, le 18 juin 1708, à quatre-vingts ans.

[38] Frère cadet de François Francart, qui avoit été le peintre des

décorations de Molière au Petit-Bourbon et au théâtre du

Palais-Royal. On le trouve lui-même qualifié «peintre des bâtiments

du Roy», en 1672. Suivant Jal, dans un de ses _Errata_, il mourut en

1692, l’année même où Blegny le nommoit ici.

Pour la Mignature M. Deflan[39] rue de Guénegaud, Penel rue neuve des

Petits Champs, Compardel[40] quay de la Mégisserie, Bonnet quay des

Morfondus[41], Lucet rue du Four fauxbourg S. Germain.

[39] Abraham De Lan, et non Deflan, beau-frère du sculpteur Van-Clève,

qu’on trouvera plus bas, p. 101. Jal fait naître De Lan en 1659, et

mourir en 1722.

[40] On le connoît par des plans d’une admirable enluminure. De Bure

en possédoit un, qu’il avoit fait du bois de Boulogne (_V._ son

_Catalogue_, p. 11). M. le marquis de Maleyssie en exposa toute une

collection: _Plans des forêts, bois et buissons du département de la

grande Maîtrise des Eaux et Forêts de l’Ile-de-France, Brie, Perche,

Picardie et pays reconquis_, 1688, à l’exposition archéologique et

artistique de Chartres, en 1858. (_Rev. des Soc. sav._, 1859, t. I,

p. 737.) Compardel fit aussi des miniatures de livres. Il passa à la

célèbre vente de M. le baron Pichon un petit volume in-16, aux armes

de la grande Mademoiselle: _Occupations de l’Ame pendant le saint

sacrifice de la Messe_, avec neuf miniatures, dont cinq étoient

signées de lui. Ce _Ms._ venoit aussi de la vente De Bure, où il

avoit été payé 1,530 francs.

[41] Sylvain Bonnet, de Romorantin, suivant l’inscription de son

portrait gravé, ou de Blois, suivant le _Ms._ de la Bibliothèque

Nat.: _Extrait des noms des plus célèbres peintres_, 1679. Le

frontispice des _Hommes illustres_ de Perrault est de lui. En 1672,

il se qualifioit «peintre de feue Madame, duchesse d’Orléans». Alors

déjà, il logeoit quai de l’Horloge ou des Morfondus. C’est lui qui,

appelé par erreur Monet dans le _Carpentariana_, p. 79, y est

qualifié «le premier homme que nous ayons pour exceller dans les

portraits en miniature». Suivant le même livre, il avoit étudié le

dessin chez Chauveau.

Mesdemoiselles Bonnard rue saint Jacques, et le Febvre rue de Richelieu

peignent aussi en mignature.

Pour la Mignature en Email, Messieurs Petitot[42] rue de

l’Université[43], Perrault rue du Chantre, le Brun rue neuve des Petits

Champs[44], etc.

[42] Jean Petitot, dont le nom nous dispense de tout détail. Au moment

même où Blegny le faisait figurer ici, il mouroit à Genève, sa ville

natale. La Révocation de l’Edit de Nantes, qui n’avoit pu le décider

à se convertir, l’avoit enfin forcé d’y retourner après quelques

années de résistance, où toutes les obsessions, même celles de

Bossuet, avoient été inutiles.

[43] Il y logeoit en face de l’hôtel Tambonneau, que remplace

aujourd’hui, nous l’avons dit plus haut, la rue du Pré-aux-Clercs.

G. Brice, après nous avoir donné son adresse dans sa première

édition (1684, in-12, t. II, p. 202), ajoute: «C’est lui qui fait

ces beaux portraits en émail, que l’on enchasse dans des bordures de

diamants, dont on fait des présents aux ambassadeurs, ou des

bracelets qui ne sont pas ordinairement plus grands qu’une pièce de

quinze sous, et qui, souvent, sont beaucoup plus petits.» Richelet,

dans les _Remarques_ mises en tête de la 1re édition de son

_Dictionn._, parle ainsi, p. 46, de Petitot et de son émule,

Bordier, que Blegny n’auroit pas dû oublier ici: «Monsieur Bordier

et monsieur Petitot sont les plus fameux peintres en émail de Paris,

et les premiers qui ont fait des portraits en émail. On ne faisoit

avant eux que des fleurs et autres petites gentillesses.» Il ajoute

ensuite ces détails curieux: «Un portrait en émail, grand comme la

paume de la main, vaut quarante ou cinquante pistoles, quand il est

fait par un habile peintre, et les plus petits quinze et vingt

pistoles.»

[44] Son art. dans l’édit. de 1691 est au chap. XI, p. 24. Il y figure

seul pour son genre de peinture: «Le sieur Lebrun, qui fait de beaux

portraits en émail, demeure rue Neuve-des-Petits-Champs.»

Pour le Pastel, Messieurs Vencelin rue saint Martin[45], Viviers[46]

quay de l’Ecole, Desgranges rue Tictonne, etc.

[45] C’est au chap. XI: _du Commerce de Curiositez_, qu’il figure, et

là, sous son vrai nom et avec son père, dans l’édit. de 1691, p. 24:

«M. Vercelin, rue Saint-Martin, _au Porcelet d’or_, a de très-beaux

tableaux, et M. son fils peint très-bien en pastel et en

mignature.»--Jacques Versellin fut reçu, comme peintre miniaturiste,

le 7 juin 1687, à l’Académie. Il mourut le 18 juin 1718, à

soixante-treize ans.

[46] Joseph Vivien, et non Vivier, né à Lyon en 1657. Il fut reçu de

l’Académie, comme peintre au pastel, le 30 juillet 1701, et mourut à

Bonn, le 5 décembre 1735. Le meilleur portrait que l’on possède de

Fénelon est de lui. L’original se trouve à Munich. V. _Catal. de la

Pinacothèque_, p. 76, nº 398.

Il en est de même des Sculpteurs qui pour être généralement habiles, ne

laissent pas d’avoir de particuliers talens, par exemple.

Pour les Statües, Messieurs Girardon aux Galeries du Louvre[47], des

Jardins fauxbourg Montmartre, Coisseveaux et Baptiste aux Gobelins[48],

le Comte rue sainte Apoline[49], Renaudin aux Galeries du Louvre[50],

Vancleve à la Ville neuve[51], Lespingola[52] à la Butte saint Roch, le

Gros[53] porte de Richelieu, Tuby aux Gobelins[54], Flamand au Cabinet

du Roy[55], Mazeline à la Ville neuve, Jouvenet rue des Jeusneurs[56],

le Grand rue Montmartre, etc.

[47] «M. Girardon, qui demeure aux Galleries du Louvre, où il a un

très-curieux cabinet de bronzes et de médailles antiques, est estimé

un des plus excellents sculpteurs de l’Europe.» Édit. 1691, p.

113.--François Girardon, de Troyes, «Troyen», comme lui-même se

qualifioit souvent en signant ses statues. Nous nous contenterons de

dire ici qu’il fut de l’Académie, dès 1657, et qu’il mourut le 1er

septembre 1715, à quatre-vingt-huit ans. Ce que Blegny écrit sur son

cabinet des galeries du Louvre se trouve confirmé avec détails par

Brice, 3e édit., t. I, p. 73-74.

[48] «Messieurs Coisevaux, aux Gobelins, et Des Jardins, faubourg

Montmartre, sont encore de très-habiles sculpteurs.» Édit. 1691, p.

113.--Antoine Coysevox, né à Lyon, en 1640, reçu de l’Académie en

1676, mort en 1720. Ce fut un des grands artistes du siècle. Les

Victoires sur des chevaux ailés qui se trouvent aux deux côtés de

l’entrée des Tuileries, sont de lui.--Martin Desjardins, né à Bréda,

dont le vrai nom, avant qu’on l’eût francisé, étoit Van den Bogaert.

Il fut de l’Académie, en 1671, et mourut n’ayant que

cinquante-quatre ans, le 2 mai 1694. Le groupe de Louis XIV et de la

Victoire du monument de la place des Victoires, et le bas-relief le

plus en vue de la porte Saint-Martin furent ses principaux ouvrages

à Paris.

[49] Louis Le Conte, de Boulogne, près Paris, reçu de l’Académie, le 4

janvier 1676, et mort, encore jeune, le 24 décembre 1694. Il avoit

sculpté, d’après les dessins de Le Brun, et sur l’ordre de Colbert,

nommé marguillier d’honneur, la chaire à prêcher de Saint-Eustache.

[50] Thomas Regnaudin, de Moulins, fut reçu de l’Académie, le 7

juillet 1657, et mourut à soixante-dix-neuf ans, le 3 juillet 1706.

Il travailla pour Versailles, où le groupe, fondu par les Keller,

_la Loire et le Loiret_, est de sa main. On lui doit aussi celui de

_Saturne enlevant Cybèle_, qui se voit, depuis le grand siècle, dans

le jardin des Tuileries, et se trouve à présent dans une des salles

du Louvre.

[51] Corneille Van-Clève, né à Paris, en 1644, reçu de l’Académie, le

26 avril 1681, mort à quatre-vingt-sept ans, le 31 décembre 1732. Il

y avoit beaucoup de ses ouvrages dans les différentes églises de

Paris.

[52] «Et Cotton», édit. de 1691, p. 63. L’Espingola, dont nous avons

parlé plus haut, p. 90, s’y trouve nommé «Spingola». Quant à Cotton,

il est des moins connus. Nous savons seulement qu’il avoit eu le

second prix de sculpture en 1675, qu’il étoit élève d’Anguier, et

qu’on lui devoit, sauf le buste, qui étoit de Coysevox, les

sculptures du tombeau de Le Nôtre à Saint-Roch. Celles des tombeaux

de Lulli et de Lambert aux Petits-Pères étaient aussi de sa main.

[53] Pierre Le Gros, de Chartres, reçu de l’Académie le 15 septembre

1663, mort le 17 mai 1714, à quatre-vingt-six ans. Il étoit élève de

Sarrazin. Il travailla au pavillon central des Tuileries, et fit à

la porte Saint-Martin un des bas-reliefs qui regardent le faubourg.

[54] Jean-Baptiste Tuby, né à Rome, en 1630, et pour cela surnommé _le

Romain_. Il fut reçu de l’Académie le 7 août 1663, et mourut à

soixante-dix ans, le 9 août 1700. Il avoit travaillé à l’arc de

triomphe de la porte Saint-Bernard, deux des figures du tombeau de

Colbert à St-Eustache étoient de sa main, et on lui devoit le

tombeau de Turenne, qui, de Saint-Denis, fut transféré aux

Invalides. Il l’avoit exécuté d’après des dessins de Le Brun.

[55] Anselme Flamen, de Saint-Omer, reçu de l’Académie en 1681, mort

le 15 mai 1717, à soixante-dix ans. Le groupe de Borée et d’Orythie,

du jardin des Tuileries, est de lui en grande partie. Marsy ne

l’avoit qu’ébauché.

[56] Pour Mazeline et Jouvenet, _voy._ plus haut, p. 90.

Pour les Figures et Ornemens, Mrs le Febvre dans l’anclos saint Martin,

et Maniere père et fils[57] rue des Gravilliers[58].

[57] Laurent Magnier--dont le nom se prononçoit Manière--et son fils

Philippe. Tous deux furent de l’Académie: le père, en 1664, le fils,

en 1680. Laurent mourut à quatre-vingt-deux ans, en 1700, le fils, à

soixante-huit ans, en 1715. Laurent travailla aux sculptures des

boiseries du Louvre, de Fontainebleau et de Chambord; et il y a

quelques bons ouvrages de Philippe à Versailles.

[58] Dans l’édit. précédente, p. 63, cet article est plus détaillé:

«Entre les sculpteurs qui ont une particulière réputation pour les

ornements, sont Messieurs Deville et Le Grand, rue Montmartre;

Briquet, près les Minimes; Charmeton, rue Saint-André; Cottin, rue

Saint-Martin; La Lande, à la Villeneuve; Ouats, au Pont-aux-Biches;

François, près le Temple; et Vilaine, rue Neuve-Saint-Médéric.»--De

tous ces inconnus, dont pas un ne fut de l’Académie, nous ne

relèverons que le nom de Christophe Charmeton, cousin du peintre

Georges Charmeton, qui eut quelque réputation; et celui de François,

dont il y avoit aux Invalides une assez bonne statue de sainte

Monique.

Messieurs le Comte et Lespingola, sont d’ailleurs distinguez, le premier

pour les Modèles, et le second pour le dessein.

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2 · 第 56 / 232 题