XII.

Martin, Germery, d’Apougny:

Directions de Bourges et Moulins, avec les Dépôts d’Auvergne, Limosin et

la Marche.

La Manufacture Royale des Bandages de nouvelle invention[14], qui a

toujours sa principale entrée par la rue de Guénégaud, communique

d’ailleurs presentement avec la boutique de M. de Blegny le fils

Apoticaire du Roy, sur le quay de Nesle à la Devise Royale[15], où l’on

fera bien de s’adresser pour eviter la surprise de quelques imposteurs.

[14] L’industrie des bandages avoit été la première qu’eût exploitée

Blegny. Aussi, ne manque-t-il pas d’y revenir sans cesse. _V._ plus

haut.

[15] Il y avoit succédé, avec la même enseigne, à Delaunay, chirurgien

herniaire, dont J. Lepaute a gravé l’adresse.

Ces Bandages ont des formes différentes selon les diverses dispositions

des Malades et de leurs incommoditez; on y trouve à ressort, à visse, à

charnieres ployantes, à champignons, à ceinture de Buffles, etc., mais

telle que soit la conformation particuliere de chacun de ces Bandages,

on y trouve cet avantage qu’ils retiennent parfaitement, et dans les

plus impetueux mouvemens, les Décentes qui n’ont pû être arrêtées par

aucune sorte de Bandages, et qu’ils conduisent à la guerison qu’on a

coutume de tenter vainement par l’usage des bandages ordinaires.

On trouve au même lieu un livre et des mémoires curieux sur la guerison

des Decentes[16], et sur le prix des Bandages et des Remedes.

[16] Voici le titre du livre de Blegny, donné déjà, d’ailleurs, dans

l’_Introduction_, p. xlv: _l’Art de guérir les hernies de toute

espèce dans les deux sexes, avec le remède du Roi_, in-12. La

première édition parut en 1676, la seconde en 1693.

Messieurs l’Abbé de la Roque qui tenoit des Conférences rue de

Guénegaud[17], et Legier qui étoit censeur de la Faculté de Medecine,

sont décedez[18].

[17] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 128, au chapitre

_Conférences_. L’époque de sa mort, qu’on ne savoit pas, peut être

ainsi fixée à la fin de 1691.

[18] _V._ t. I, p. 151.

M. Frosne qui etoit Inspecteur des Batimens du Roy, a présentement un

autre employ en Cour.

Les Droits et Bureaux des Chevaux de renvoy ont été suprimez[19].

[19] Ils étoient, on l’a vu, t. I, p. 108, à l’hôtel de Sens.

Le Sieur Marseilles Marchand rue Saint Denis qui vendoit des Cuirs dorez

de Flandres, a manqué[20].

[20] Cette expression, pour dire faire banqueroute, commençoit à être

employée. Dancourt s’en est servi dans les _Agioteurs_ (acte III,

sc. VII), où un des personnages dit: «Son marchand est un

fripon, elle a raison; il est prêt à manquer. Ses affaires

périssent.»--D’autres reprirent le commerce mis en péril par la

banqueroute de Marseilles. Liger, en effet, dit en 1715, dans son

_Voyageur fidèle_, p. 366: «On vend des _Tapisseries de cuir doré_,

rue St-Antoine, proche de la Bastille: celles de _cuir doré de

Flandres_ se vendent dans la rue St-Denis, proche de la Sellette.»

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2 · 第 54 / 232 题