Nous dirons encore à ceux qui aiment à tout savoir que M. de

Zastrow, piqué de ce que ses grâces parisiennes, entées sur un

fonds germanique, ne plaisaient qu'à mademoiselle de Manteul,

qui ne lui plaisait plus, retourna à Paris, y retrouva ses

bons amis de jeu, ses bonnes fortunes de théâtre, et les vit

avec tant d'assiduité, qu'il mourut au bout d'une année,

absolument ruiné. Sa tante se douta seulement alors que

Matilde pouvait avoir eu raison de le refuser; elle lui

pardonna, et la fit son unique héritière.

Mademoiselle de Manteul entra d'abord dans un chapitre, puis

elle postula une place de dame d'honneur à la cour, l'obtint,

et put, à son gré, dans ces deux états, exercer son esprit

d'intrigue.

Son aimable frère, ce jeune et bon Manteul qui nous intéresse,

et que nous avons laissé aux courses de Newmarket, y vit lady

Sophie Seymour, cousin germaine du comte et de sa soeur. Elle

ressemblait beaucoup à sa cousine Matilde. Manteul trouva

qu'il n'avait rien perdu; et bientôt elle lui ressembla plus

encore, car elle aima Manteul comme Matilde aimait Lindorf. Le

comte, dans un voyage qu'il fit à Londres avec Caroline, eut

le plaisir de former cette union, et de faire encore deux

heureux.

L'EDITEUR AU LECTEUR.

Et moi, cher lecteur, je ne puis résister à vous ramener

quelques moments encore au milieu de cette aimable famille, en

vous apprenant comment tous les événements et les détails que

vous venez de lire sont parvenues à ma connaissance et à celle

du public.

Des affaires particulières m'ayant appelée à Berlin, je fus

recommandée par M. de Kateh..., gentilhomme russe, au comte de

Walstein, qu'il avait connu lors de son ambassade en Russie.

Le comte me présenta à son épouse et à sa soeur. Cette

charmante famille me combla de politesses, et me rendit le

séjour de Berlin si agréable, que j'y passai près de deux

années. Je vécus avec eux pendant tout ce temps-là dans la

société la plus intime, sans y éprouver jamais un seul instant

d'ennui. La conversation du comte, toujours variée, toujours

instructive, animée par sa douce philosophie, par l'énergie de

son âme; la sensibilité si touchante et si vraie de Caroline,

et ses talents enchanteurs qu'elle cultivait avec soin; la

gaieté, la vivacité, la complaisance du bon Lindorf; la

charmante mutinerie de Matilde, qui faisait ressortir son

esprit et ses grâces sans nuire à la bonté de son coeur: toutes

ces différentes manières d'être aimable formaient les

contrastes les plus piquants et les plus variés, sans altérer

leur union. Ils ne se quittaient point; à Berlin, ils

occupaient, dans le même hôtel, deux corps de logis

différents, et l'été ils se réunissaient dans leur terres.

J'allai avec eux à Walstein, à Risberg, à Rindaw. Une soirée

d'automne, nous nous étions rassemblés en famille dans le

charmant pavillon du jardin; je demandai l'explication des

peintures, le comte me la donna. Caroline, attendrie au

souvenir de son amie, ne put retenir ses larmes. Le comte

s'approcha d'elle; il ne lui dit rien, mais il la serra dans

ses bras avec l'expression du sentiment le plus tendre.

Caroline essuya ses yeux, sourit à son époux, et lui dit un

instant après: "Que ne peut-elle voir comme sa Caroline est

heureuse!" Dans un autre coin du pavillon, Lindorf et Matilde

folâtraient avec le fils aîné du comte, âgé de trois ans, et

leur fille, à peu près du même âge: on ne savait lequel était

le plus enfant et faisait le plus de bruit. J'étais au milieu

de ces deux groupes; je les considérais avec attention,

surprise de voir les caractères de ces époux si parfaitement

assortis. Le comte et Caroline se convenaient aussi bien l'un

à l'autre que Lindorf et Matilde. J'en fis la remarque avec

eux, et j'ajoutai que la sympathie avait assurément agi sur

leurs âmes, et décidé de leurs penchants au premier instant

qu'ils s'étaient vus. Je le disais de bonne foi, ignorant leur

histoire, et jugeant d'après leurs sentiments actuels.

Caroline sourit encore en regardant le comte, qui s'était

assis près d'elle, et lui prenant une main qu'elle serra

contre son coeur: "Vous aurez donc peine à croire, me dit-elle,

que je reçus cette main chérie en frémissant, et que mon

premier soin fut de m'éloigner de lui pendant plus d'une

année? -- Et croiriez-vous, interrompit l'époux de Caroline,

que j'ai sollicité avec instance un divorce, et que je l'ai

même obtenu? -- Si je voulais parler, dit Lindorf, je pourrais

peut-être aussi surprendre madame. -- Taisez-vous, mon cher,

lui dit Matilde en posant la main sur sa bouche; je veux

ignorer toutes vos perfidies. Laissez-moi raconter à madame

que je suis la seule ici qui n'aie rien à se reprocher.

Toujours tendre et fidèle comme une colombe, je n'ai pas donné

l'ombre d'une inquiétude à ce que j'aimais. Je l'ai dit cent

fois; il n'y a ici que moi de bien sage, de bien

raisonnable..."

Surprise à l'excès de ce que je venais d'entendre, je priai de

mes amis de me développer ce mystère; mais je compris, à leur

réponse, que ce récit ne pouvait se faire devant tous les

intéressés. Cependant ma curiosité était vivement excitée, et

je persécutai chacun d'eux en particulier. Caroline me jura

qu'elle se rappelait à peine le temps où elle n'aimait pas son

mari, et que souvent elle ne pouvait croire que ce temps eût

existé. Matilde ne savait presque rien: le comte était trop

occupé; enfin ce dernier me dit de m'adresser à Lindorf,

auquel il avait donné tous les papiers relatifs à cet objet,

et ajouta: "Nous nous sommes amusés, la première année de

notre réunion, lorsque les événements étaient encore récents,

à écrire chacun notre histoire, en disant au plus près de

notre conscience ce que nous avions éprouvé dans telle ou

telle circonstance. Tous ces papiers ont été remis à Lindorf,

qui s'est chargé de les rédiger. Je crois qu'il l'a fait; mais

jusqu'à présent il n'a point voulu nous montrer son ouvrage:

peut-être aura-t-il plus de confiance pour vous." Je me

préparais à en parler à Lindorf, mais il me prévint. Dès le

lendemain il entra chez moi, son manuscrit à la main. "Vous

avez paru désirer de nous connaître à fond, me dit-il; on n'a

point de secret pour une amie telle que vous, et je vous

apporte l'histoire de notre vie et nos sentiments. Ce

manuscrit n'a d'autre mérite que l'exacte vérité, et pour vous

celui que peut lui donner l'amitié. Je vous le laisse;

emportez-le dans votre patrie; il vous rappellera quelquefois

vos bons amis de Berlin, et vous vous croirez avec eux en le

lisant." On comprend combien je remerciai l'aimable Lindorf du

présent qu'il me faisait, et dont je sentais bien tout le

prix. "Mais, lui dis-je, pourquoi le comte, Caroline, Matilde,

ne l'ont-ils point vu? -- Ils l'ont vu et composé autant que

moi, me répondit-il; et je puis vous montrer que j'ai

travaillé exactement d'après ce que chacun d'eux avait écrit;

j'ai seulement supprimé les répétitions, donné une suite à ces

différents récits, et c'est ce que j'ai craint de leur laisser

voir. Le comte m'aurait grondé d'avoir été trop vrai sur ses

vertus; vous savez comme il est modeste; Caroline, d'avoir

plaisanté sur son père et sur son amie. -- Et Matilde?... -- Eh

bien! Matilde aurait trouvé peut-être son Lindorf bien léger.

J'aime mieux qu'elle oublie un défaut dont elle m'a corrigé.

Au surplus, j'abandonne le tout à votre prudence: ce manuscrit

est à vous; faites-en ce que vous voudrez." Je lui promis de

le garder pour moi seule, tant que je serais à Berlin; et

j'étais près de mon départ. Revenue chez moi, je me suis

délicieusement occupée à l'arranger à ma manière, et je n'ai

pu résister à faire partager au public une partie du plaisir

que cet intéressant petit ouvrage m'a fait éprouver. Je ne

sais si mon amitié pour cette aimable famille me fait

illusion; mais il me semble qu'après avait lu leur histoire on

les aimera comme moi. La vérité, d'ailleurs, et la simplicité,

ont toujours le droit d'intéresser. Heureuse si les vertus et

le bonheur du comte de Walstein inspiraient à quelques jeunes

gens le désir de l'imiter!

FIN.

PARIS. -- IMPRIMERIE DE FAIN ET THUNOT, IMPRIMEURS DE

L'UNIVERSITE ROYALE DE FRANCE, Rue Racine, 28, près de

l'Odéon.

Erreurs typographiques corrigées silencieusement:

=plus de bonheur pour Caroliné= remplacé par =plus de bonheur pour

Caroline=

=fuyez moi pour toujours= remplacé par =fuyez-moi pour toujours=

=Eh, grand Dieu= remplacé par =-- Eh, grand Dieu=

=l'épouser bon gré malgré= remplacé par =l'épouser bon gré mal

gré=

=excessive d'être unie= remplacé par =excessive d'être uni=

=si vous voyez surtout= remplacé par =si vous voyiez surtout=

=que crus aussi être conduit= remplacé par =que je crus aussi

être conduit=

=Mais ces instruments= remplacé par =Mais ses instruments=

=son récit de plus loin= remplacé par =son récit du plus loin=

=que vous remplissez ici= remplacé par =que vous remplissiez ici=

=il est honteux pour vous de n'avoir pas su= remplacé par =il est

heureux pour vous de n'avoir pas su=

=le cher comte aussi l'intéressa= remplacé par =le jeune comte

aussi l'intéressa=

=distinctement de rien= remplacé par =distinctement rien=

=Depuis lors, Ah! Caroline= remplacé par =Depuis lors, ah!

Caroline=

=que crus aussi être conduit= remplacé par =que je crus aussi

être conduit=

=parlait à la troisieme personne= remplacé par =parlait à la

troisième personne=

=qui peut être allaient= remplacé par =qui peut-être allaient=

=Elle est, lui dittil= remplacé par =Elle est, lui dit-il=

=céder l'objet de ma passion et la sienne= remplacé par =céder

l'objet de ma passion et de la sienne=

=sa fille dans l'hôtel Walstein= remplacé par =sa fille dans

l'hôtel de Walstein=

=Les jours suivants dûrent= remplacé par =Les jours suivants

durent=

=Il ignore où le comte= remplacé par =Il ignore où monsieur le

comte=

=c'est donc vrai, monsiegneur= remplacé par =c'est donc vrai,

monseigneur=

=avait en tout ce temps-là= remplacé par =avait eu tout ce temps-là=

=Ah! Dieu! vous l'aurez affligée!= remplacé par =-- Ah! Dieu! vous

l'aurez affligée!=

=du bras qui lui reste= remplacé par =du bras qui lui reste libre=

=je sens que suis digne de tous ces titres= remplacé par =je sens

que je suis digne de tous ces titres=

=la seule supposition du contrare= remplacé par =la seule

supposition du contraire=

=se tuer à présent que ne suis plus= remplacé par =se tuer à

présent que je ne suis plus=

=Ah! puis-je en vouloir à mademoiselle= remplacé par =-- Ah! puis-je

en vouloir à mademoiselle=

=auprès de Manteul, avant, d'avoir= remplacé par =auprès de

Manteul, avant d'avoir=

=Et quand j'en aurais mille;= remplacé par =Et quand j'en aurais

mille,=

[suivent les principales variantes avec l'édition originale:]

qu'en ma faveur mon sexe t'en impose

elle baise celles de la plus tendre des amies

raconte très-longtemps à Caroline, attentive à l'écouter, ce

que nous allons abréger autant qu'il nous sera possible

depuis père de Caroline, mais alors jeune, libre, et, au dire

je serais trop injuste si je t'en rendais responsable

ton père a voulu les réparer;

se rapprocha d'elle et l'écouta avec encore plus d'attention

Penser à son infidèle, renouveler

lorsqu'une lettre de son perfide chambellan

à qui cette naissance coûtait la vie. Cette épouse existait

encore, mais sans qu'il eût aucun espoir

Tourmentée du remords de sa perfidie, son unique désir

notre première entrevue auprès de la mère expirante

un Richardson pour la dépeindre

du soin de faire sa cour au roi

cet héritage qu'elle destinait à son élève chérie, était le

moindre

Revenons avec elle recevoir la visite

il dit donc à sa fille les caresses les plus tendres

chercher par l'ordre du Roi pour plusieurs fêtes brillantes

mais la suite vint les arrêter

ou, si papa le permet, j'aime mieux n'y pas aller.

et si cela ne suffit pas, dit-elle, je vous l'ordonne.

lui conter tout ce qu'elle aura vu, la quitte baignée

de celles qu'elle versait elle-même, et qui furent bientôt

comment trouvez-vous ce séjour? Elle répondit bien vite: Je le

trouve charmant, papa, mais quoi,

Ah! comme je me suis bien amusée

Je suis charmé de vous voir goûter le lieu où vous êtes

appelée

(et ils étaient bien rares)

dont une walse ou une contre-danse anglaise

Si j'avais suivi ma belle passion, si je n'avais pas épousé

votre mère

mais non pas de remplir tous les voeux

dit Caroline avec une émotion qui s'augmentait

Après avoir repris son fauteuil auprès d'elle, il lui dit d'un

ton sentimental et pathétique: Vous ne connaissez encore, ma

chère fille, que les beaux côtés

et vous ne savez pas combien nos chaînes

pas bien contente d'être dans quelques jours

Et ne crois pas d'après cela que je te destine

dont il jouit, et n'a guère plus de trente ans

les convenances; et cet établissement remplirait

Le chambellan remit de suite à Caroline une lettre

pour sa vie; et, dans ce doute, le chambellan n'avait pas

voulu parler à sa fille d'un engagement qui peut-être allait

rompre de lui-même

mais toutes mes craintes sont finies

le comte arriva hier au soir très-bien remis

Ma seule crainte était que, pendant ces deux mois de séjour à

la cour, votre coeur

elle se leva brusquement, et courut à son pinao-forte

elle joua des contre-danses et des walses

le double de l'âge actuel de Caroline

que les hommes de trente, et les femmes de quinze, sont à peu

près contemporains.

dit-elle en sautant, il y aura bien du malheur s'ils nous

échappent

ses petits favoris. L'oiseau favori, le chien favori, le

mouton favori, étaient toujours les plus jolis

Ce n'est pas qu'il fût amoureux de Caroline, qu'à peine il

avait entrevue

Il le sentait trop tard, et s'en repentait mortellement

ne voulait que son bonheur, et la quitta en l'exhortant

Le malheureux qui se noie s'accroche, dit-on, à un brin de

paille

à son monstre qui n'a qu'un oeil, qu'une jambe, une bosse et

une perruque

dans l'âge où l'on porte tout à l'extrême, et la douleur et la

joie

à présent elle se crut pour jamais délivrée du comte, et

reprit à peu près

encore abattue, elle se coucha, s'endormit en pensant

dans le choix de leurs favoris, et protestant bien

Son sommeil fut aussi doux et son réveil aussi tranquille

tout en elle exprimait la reconnaissance et la joie

il croyait de bonne foi, et d'après da façon de penser,

assurer le parfait bonheur de Caroline par un mariage aussi

brillant, fait directement sous les auspices du roi et par

l'ordre du roi. Très-décidé donc à le terminer

d'y parvenir par la douceur et le sentiment

jusqu'où peut aller l'amour et le respect de sa reconnaissante

fille

ma chère enfant; et vous venez de décider de votre sort et du

mien

il me tourna le dos et ne m'a pas redit un mot de la soirée

elle ne pensa ni à danser des walses, ni à courir

surprise par le roi dans son déshabillé du matin

sans avoir même jeté un coup d'oeil à son miroir

Le comte alors s'approchant, et prenant cette main

Elle fut obligée d'avoir encore recours à son flacon

eut même la force de dire que ce n'était rien, qu'elle était

bien: et tout fut mis

ces trois jours de trouble, d'inquiétude et de chagrins,

avaient plus avancé Caroline, ils lui avaient plus appris à

réfléchir que n'auraient fait dix années d'une vie tranquille

et passive

Le mariage était fixé à huit jours de là

les visites, les présens, etc. n'auraient lieu qu'après la

célébration

Il était si content d'elle et de sa docilité

Il le lui promit et lui tint parole

Elle avait eu le temps de s'y préparer, et paraissait

La jeune épouse, plus occupée que triste

devenais pas votre épouse. Hé bien, je la suis; le roi doit

être content

une tyrannie dont je suis la cause sans en être complice

votre confiance en moi, et je saurai la mériter en vous

sacrifiant

Elle se sentit un plus vif désir que jamais de retourner dans

sa retraite

son petit billet se roulait dans ses doigts, et s'effaçait

et fixant le comte en la lui rendant

la lettre de sa fille, et le tout le mit fort en colère

Caroline devait porter le nom de Lichtfield, et tout le monde

ignorer qu'elle fût comtesse

n'en parlez pas, ne me nommez pas, etc. etc.

il la lui confiait de nouveau, etc.

l'on me laisse aller! et mon père, et le roi, et le comte, les

voilà dans l'instant tous d'accord

elle cherchait à s'en rappeler les expressions

de la part du comte, c'était bonté tout pure

qu'elle affligeait, et puis un peu sur les plaisirs qu'elle

abandonnait

Elle leur dit, en leur faisant à tous quelque amitié: Mes bons

amis, je reviens vivre avec vous; n'êtes-vous pas bien aises

de me revoir

de la chanoinesse, qui venait au-devant de tous le bruit

S'il n'en faut pas parler, tu sais bien que je n'en parlerai

pas

condition qu'on y avait attachée, la bonne maman savait tout

il faut que le chambellan, ait perdu la tête, répétait-elle

ni la femme d'un borgne et d'un boiteux

et qui aura deux bons et beaux yeux

Le bel assortiment que ce comte et la charmante Caroline

et je n'en voulus plus entendre parler

s'aimer à la passion quand on se marie

faire supporter les peines de cet état

Les mariages de passion: voilà les seuls qui soient heureux

aussi n'en ai-je point voulu faire d'autre

il s'en retrouvera; et surtout qu'on ne me parle plus

Engagée, enchaînée pour toute ma vie

où l'on a passé son enfance, à la douceur d'être chérie de

tout ce qui nous entoure, eut son effet ordinaire

Une expression nouvelle anima sa physionomie et ses traits. Ce

n'est plus cette petite fille

elle avait cette justesse, cette flexibilité qui plaît bien

davantage

une forêt de cheveux blonds cendrés

qui en était, il est vrai, tout extasiée

que les secours de la médecine: du moins elle le disait ainsi,

et redoubla, s'il était possible, d'attachement pour cette

aimable enfant qui venait de lui prouver si bien tout le sien.

Elles eurent à son époque la visite

Alarmé, disait-il, du danger de son ancienne amie

Ce n'était assurément pas le moment

la première fois de sa vie qu'il remarquait et qu'il sentait

tout le charme

Cette saison charmante qui redonne la vie à la nature, qui

ranime tous les êtres

Une grande faiblesse dans les jambes et une fluxion sur les

yeux la retenaient encore

tout avait été conduit par un enfant de seize ans

par un sentiment vif et tendre

son touchant silence, tout ce qu'elle sentait, et toutes les

deux

Romance accompagnée de guitare et de clavecin

Caroline le reconnut à l'instant pour être exactement le même

et véritablement l'homme au second dessus

Elle eut bien l'idée de faire courir un domestique après lui;

mais après qui

comme il avait l'air ferme et sûr de son fait avant ce

malheureux salut

en pensant au second dessus, et au cheval qui galope

ma corbeille qui est là commencée; et mes fleurs que je

retrouverai

cette gaîté soutenue, cette insouciance qui te faisaient

supporter

et rire et chanter les jours pluvieux tout comme ceux où le

soleil

un léger nuage de pourpre donna quelques espérances; un vent

frais les confirma

car, dans le vrai, si je n'étais pas restée

Au même instant elle fit plus que l'apercevoir

Elle sentit aussi que c'était bien pire que le salut

Son innocence du monde, sa parfaite ignorance lui cachaient

L'autel et les peintures le frappèrent. Il en demande

encore posées sur le clavecin, l'engagèrent à dire un mot

le premier à proposer de quitter la pavillon

ces deux jours de pluie avaient fait casser les cordes de sa

harpe

et la seule qui l'intéressait n'arrivait point

il m'a donc trompée, et sans doute je ne le reverrai plus

ce cher pavillon, disait-elle en soupirant, je ne suis

heureuse

rougir de sa dissimulation vis-à-vis de l'un et de l'autre!

Soit qu'il parle

possession de la terre et du château de Risberg, qui touchait

à la baronnie

hier au soir encore, je le nommais à Caroline

dont je vous parlais tout-à-l'heure, est-elle morte? est-elle

mariée? Depuis bien des années

Mais ses yeux, toujours fixés sur Caroline, lui auraient dit

Déjà, hier au soir, vous m'avez frappée lorsque vous êtes

rentrée; vous aviez l'air rêveuse, occupée. Vous m'avez

quittée plus tôt

vous avez été d'une tristesse et d'une agitation singulière;

vous aviez

Pour vous, monsieur, vous êtes jeune, ingambe, et ce ne sera

qu'une promenade

et parvenir à tout. Malgré tant d'avantages, la fortune de

Caroline, jointe à tout son bien, qu'elle lui destinait, et

Caroline elle-même, n'étaient pas à dédaigner; enfin ils

paraissaient

ou qu'elle y perdrait ses peines

son petit roman, et jouissait à l'avance des tendres scènes

Alors elle cherchait, elle imaginait tous les moyens

et n'en trouvait point qui ne la compromît

Caroline, indignée, faillit à le renvoyer à l'instant

occupée toute la nuit de son projet de mariage, qui

l'enchantait

une tournure romanesque, une sympathie secrète qui lui

donnèrent les plus grands espérances

Celui-ci n'ose-t-il pas déjà m'écrire

une de ses mains, elle la couvrait de baisers et de larmes

un autre papier. Elle rêva encore et dicta.

Tous les après-dîners, le baron arrivait de très-bonne heure

hélas! n'est-il guère plus libre que Caroline

insensiblement elle absorba toutes les autres

la profonde rêverie où elle était plongée

l'embarras qu'elle avait éprouvé en se trouvant chez lui, la

présence de Lindorf n'avait point

Elle répondit à peine par quelques monosyllabes

Chère Caroline, tendre amie de mon coeur, vous lirez

Cet état ne dura pas longtemps, et celui qui le suivit

ils dormirent encore une bonne heure. Caroline passa à sa

fenêtre

qu'à elle d'y jouir du plus beau des spectacles; et sans doute

Elle fit un cri perçant; mais elle ne put douter

lorsqu'à ce cri elle le voit s'élancer

je n'en sortirai pas que vous n'ayez décidé de mon sort

Lindorf, prévenu, continuait à interpréter

à la timidité; et, voulant enfin la vaincre et la forcer à

parler

Chère Caroline, dit-il en le prenant, je n'ai pas un instant

s'asseyait, se relevait, appuyait sa tête

le soulagèrent un peu. Au bout de quelques moments il put se

rapprocher d'elle

à cet excès le plus grand des bonheurs

écoute-moi: ton coeur m'a nommé; tu t'en défendrais

sa tête et son coeur: celle qu'elle le reverrait encore fut la

première

Mais qu'est-ce qu'il pouvait avoir à lui confier

Et lui ayant baisé la main deux fois avec passion

et le voit encore qui s'éloignait avec rapidité

il déclara qu'il en reprendrait point de nouveaux liens

ou met en fuite ceux qui le poursuivaient

Le comte voulut lui répondre. Les sanglots étouffaient sa voix

je désirais de le connaître, de m'attacher à lui, de l'imiter,

s'il m'était possible

Plusieurs années s'écoulèrent sans que la passion que j'avais

de voir

Dans quel affreux détail je vais entrer! quel terrible aveu

serrement de coeur, qui l'empêchait de respirer

dans une université, je versai bien autant de larmes

avaient apporté à sa figure, et à l'impression qu'elle me fit

et pour cet effet, je m'étais mis à peu près comme lui

elle avait quelquefois l'air émue, attendrie

ne l'espérez pas; je ne le puis, je ne le puis; ce serait

m'ôter

promis d'être huit jours sans voir Louise

je vous apprendrai de qui je tenais ces détails, et s'ils

étaient fondés

rien que je ne fisse pour vous rendre à vous-même et au

bonheur

la garde de tous les troupeaux du village. J'avais entendu

avait déjà tué plusieurs loups qui attaquaient son troupeau

pas paru qu'ils y eussent fait attention

m'assura que sa soeur penserait de même, et serait très-offensée

plus me taire; aussi bien je voudrais consulter M. le baron

là-dessus

après m'avoir serré la main, il me laissa.

{fin du 1er volume}

Ma pâleur, le sang dont j'étais couvert les effraya

nous aidèrent de tout leur faible pouvoir

chercher des chirurgiens à la ville la plus prochaine

porté à l'étude plutôt qu'au militaire

avait obéi à son père et au roi en se vouant à cet état; mais

qu'il était charmé

qu'il venait d'engager: c'était le pauvre Justin. Sa bonne

mine

l'aimerais-je comme je fais depuis si longtemps

Elle montra au comte deux petite groupes très-joliment

travaillés: l'un représentait Justin lui-même assis à ses

pieds, et tous les deux assez reconnaissables; l'autre, mieux

fait encore, offrait le jeune berger terrassant un gros loup

car mon frère m'assure qu'il le tuerait tout de suite. Au

reste

Gardez-vous-en bien, monseigneur, avec le respect

ça vous tue un loup comme rien; jugez

Je remis à Justin son engagement de soldat, l'acte de donation

de la ferme

concerté ensemble quelques projets dont l'exécution

l'heureux Justin, qui venait chez eux; il leur montra

Caroline de Lichtfield ou Mémoires extraits des papiers d'une famille prussienne · 第 28 / 29 段