A la suite d'un voeu exprimé par la Chambre syndicale de l'horlogerie de
Paris, l'observatoire du Bureau des longitudes vient d'indiquer un
procédé permettant d'utiliser, pour la transmission précise de l'heure,
les facilités que procure aujourd'hui le réseau téléphonique.
L'heure est transmise avec la même précision que si le destinataire se
trouvait auprès de la pendule elle-même, en transmettant directement le
bruit des battements de la pendule. L'expéditeur numérote à la voix deux
ou trois battements et le destinataire continue à compter à l'oreille.
Ce mode de transmission de l'heure paraît appelé à rendre de grands
services à l'horlogerie et aux établissements scientifiques qui ont
besoin de connaître l'heure avec précision, et cela non seulement à
Paris, mais encore dans toutes les localités reliées au réseau
téléphonique.
Les ports de guerre et de commerce pourront désormais se dispenser
d'établir des observatoires astronomiques pour régler les chronomètres
des navires en partance; il leur suffira de posséder une pendule ou même
un chronomètre et de régler de temps à autre cet instrument par le
téléphone.
C'est ainsi que, le 25 mai, le contre-torpilleur _Escopette_,
actuellement à Brest, a pu régler ses chronomètres sur la pendule de
l'observatoire de Montsouris.
Le même procédé pourrait être utilisé pour la détermination des
longitudes: grâce à la transmission directe des battements, les
observateurs des deux stations pourraient, en effet, noter les heures de
leurs observations à une seule et même pendule.