Comme le ciment armé, le verre armé est maintenant de plus en plus
employé dans les constructions.
Le verre armé, dont le principe fut breveté par un Américain, s'obtient
en laminant deux couches de verre entre lesquelles on place un treillis
métallique.
Le produit présente une cohésion et une ténacité remarquables; et, en
cas de rupture, les fragments de verre, au lieu de se séparer, demeurent
adhérents, retenus par le treillis métallique. C'est le principal
avantage du verre armé.
Par d'intéressants essais, faits récemment, MM. Schlernitzauer et
Crochet, directeurs de la Compagnie de Saint-Gobain, ont constaté qu'une
plaque de verre armé de 6 millimètres d'épaisseur, de 1 m,25 sur 0m,45,
pouvait supporter un poids de 475 kilos; avec 600 kilos, elle ne se
rompit point, mais fut seulement courbée et fendillée.
Autre qualité importante du verre armé: une construction légère dont les
parois sont faites de verre armé résiste à un feu très vif allumé à
l'intérieur, tandis qu'une vitre ordinaire se brise dès les premières
atteintes de la flamme.
De telles qualités désignent manifestement le verre armé pour les
toitures, les étalages, les vitrages; mais son application à la
construction des escaliers est particulièrement heureuse, car les
escaliers en verre permettent l'éclairage facile des descentes de
sous-sols; leurs marches ne sont pas glissantes et, en cas d'incendie,
leur supériorité sur les escaliers en bois n'est pas contestable.