Les admirateurs de Pierre Loti seront sans doute surpris de reconnaître
leur écrivain favori sous le rouge tarbouch des sectateurs du Koran. Et,
voyez l'influence de la coiffure, un Turc pur sang auquel nous montrions
l'épreuve rarissime n'eut pas une seconde d'hésitation, et désignant
Pierre Loti: «Voilà un Arménien; l'autre est un Européen.»
Or, l'autre est un authentique Égyptien, Mustapha Pacha Kamel, le très
jeune chef de la _Jeune Égypte_, adversaire irréconciliable de
l'occupation anglaise, depuis longtemps lié avec Loti d'une étroite
amitié. A Constantinople on les appelle les Deux Pachas, le surnom de
pacha étant fréquemment appliqué par nos officiers de marine aux
capitaines de frégate.
[Illustration: Deux pachas: M. Pierre Loti et M. Mustapha Kamel.--_Phot.
Phébus._]
[Illustration: La «cueillette» des chapeaux de Panama après leur
blanchissage au soleil, dans une fabrique d'Alsace-Lorraine.]
Et c'est sur le pont du _Vautour_, le stationnaire français commandé par
Loti sur le Bosphore, que l'appareil photographique surprit les Deux
Pachas, l'auteur d'_Aziyadé_ et le brillant polémiste égyptien.