I
En 1812, à la fin d’une journée de février, brumeuse et froide,
assombrie déjà par la nuit qui venait, une chaise de poste s’arrêta
devant l’_Hôtel d’Anvers_, rue Taitbout, un des plus réputés du Paris
d’alors et rendez-vous préféré des nobles étrangers que leurs affaires
ou leurs plaisirs amenaient dans la capitale. Au bruit des roues et des
chevaux sur les pavés, le patron de l’hôtel, supposant que des voyageurs
lui arrivaient, quitta le bureau où il se tenait d’ordinaire et s’avança
jusqu’au seuil de sa maison afin de les recevoir. Mais, à peine là, le
sourire qu’il commençait à grimacer fit place à une expression de
désappointement. La voiture était vide de malles et de valises; elle ne
contenait qu’un seul personnage et ce n’était pas même un nouveau venu,
mais tout simplement le plus brillant des pensionnaires de l’hôtel, le
colonel russe Constantin Prétoff.
Depuis plusieurs mois déjà, le colonel était arrivé à Paris, chargé par
son souverain, disait-on, d’une mission de confiance. Présenté aux
Tuileries, par l’ambassadeur de Russie, prince Kourakin, distingué par
l’empereur Napoléon qui dissimulait encore ses desseins belliqueux
contre le tsar Alexandre, aux protestations pacifiques duquel il ne
croyait pas plus que celui-ci ne croyait aux siennes, le colonel s’était
promptement répandu dans la société. Partout on le recevait, partout on
lui faisait fête. Sa jeunesse, son esprit, son élégance avaient prévenu
en sa faveur la ville et la cour. Les femmes raffolaient de lui et tant
de fois, à la nuit tombante, on avait vu descendre de voiture à sa porte
et se glisser jusqu’à son appartement de belles personnes dont
d’épaisses voilettes cachaient le visage qu’il passait pour un de ces
hommes à bonnes fortunes, coqueluche des dames et bourreau des cœurs,
qui ne rencontrent guère de cruelles.
Si, au prestige qu’il devait à cette réputation, on veut ajouter qu’il
ne regardait pas à la dépense, rendait sans compter les politesses qu’on
lui faisait et se montrait envers les gens de service généreux jusqu’à
la prodigalité, on comprendra aisément qu’il n’eût à l’_Hôtel d’Anvers_
que des admirateurs et qu’il y fût considéré comme un de ces clients
qu’il est bon de conserver et par conséquent utile de satisfaire.
Aussi, l’arrivée de cette chaise de poste, amenée vide par le colonel,
éveilla-t-elle dans l’esprit de l’hôtelier la crainte que ce ne fût le
signal de son départ. Pressé de le savoir, il allait interroger. Mais le
colonel le prévint.
--J’ai le regret de vous quitter, mon cher Monsieur, dit-il en sautant à
bas de la voiture. Veuillez préparer ma note et venir en toucher le
montant chez moi. Je dois hâter mes préparatifs: il faut que dans une
heure, je sois en route.
--Dans une heure! répéta l’hôtelier abasourdi. Est-ce donc si pressé?
--Vous pouvez en juger, puisque je suis allé moi-même à la poste pour
avoir des chevaux et faire atteler ma chaise sous mes yeux. On y mettra
mes bagages dès qu’ils seront prêts.
Il passait, s’élançait dans l’escalier comme s’il eût eu des ailes.
L’hôtelier qui le regardait filer conclut de cette précipitation que les
motifs qui la déterminaient étaient aussi graves qu’impérieux. Il n’en
eût pas douté s’il eût suivi le colonel, s’il l’eût vu entrer en coup de
vent dans son appartement et s’il l’eût entendu dire au cosaque qui lui
servait de valet de chambre:
--Nous partons, Michel. Je t’accorde vingt minutes pour mettre dans mes
malles tout ce qui m’appartient ici. Ne laisse rien traîner derrière
nous.
A cet ordre donné en langue russe, le cosaque ne sourcilla pas, comme si
de son maître, qu’il accompagnait dans tous ses voyages, rien ne pouvait
le surprendre. Il demanda seulement, en désignant le bureau chargé de
papiers.
--Mais, ces papiers, mon colonel?
--Je m’en charge, répliqua vivement Prétoff. Ne t’occupe que de mes
effets.
Durant la demi-heure qui suivit, le maître et le serviteur ne
prononcèrent plus une parole. Celui-ci vidait armoires et commodes, en
entassait pêle-mêle le contenu dans les trois malles qu’il avait
traînées au milieu de la chambre; le colonel, de son côté, ne restait
pas inactif. Ramassant d’un tour de main ses papiers, il les examinait
rapidement, d’un coup d’œil, mettant de côté ceux qu’il voulait
emporter--correspondances officielles, tableaux d’effectifs militaires,
cartes géographiques, croquis d’armes à feu, notes personnelles résumant
les observations qu’il avait faites durant son séjour à Paris--déchirant
les autres qu’il jugeait sans importance, invitations à des dîners ou à
des bals, feuillets parfumés, couverts de fine écriture, et laissant
tomber dans un panier placé sous le bureau ces débris, témoignages
maintenant détruits de ses amours et de ses plaisirs. Quand il en eut
fini, il ordonna à son cosaque d’aller vider le panier au dehors, et
lui-même déposa dans une des malles les dossiers qu’il venait de
ficeler. Puis, jetant autour de lui un regard satisfait, il murmura:
--Il n’y a plus rien; je peux partir.
Mais, un souvenir traversa son esprit; un des tiroirs de son bureau
avait échappé à ses investigations. Il y revint en hâte et l’ouvrit.
Deux lettres s’y trouvaient. Elles éveillèrent ses remords. Il se
reprochait d’avoir failli les oublier, alors qu’elles pouvaient
compromettre ceux qui les avaient écrites. La première, modèle de
calligraphie qui révélait une main d’expéditionnaire, était ainsi
conçue: «Monsieur le Colonel, si vous voulez bien vous trouver dans la
soirée de jeudi prochain à l’endroit accoutumé, je serai, je pense, en
état de vous faire des communications qui vous intéresseront.» Cette
indication de rendez-vous ne portait d’autre signature que l’initiale V.
--Jeudi, c’est demain, pensa le Colonel. Ce drôle sera bien surpris de
ne pas me voir. Mais, je n’ai pas le temps de l’avertir. Et puis,
l’avertir serait peut-être dangereux pour lui.
Il prit alors l’autre lettre beaucoup plus longue celle-là, une lettre
de femme qu’il lut aussi du bout des yeux, dominé par les circonstances
qui lui commandaient de partir sur-le-champ.
«Pourquoi me poursuivez-vous de vos assiduités? lui mandait sa
correspondante. Pourquoi vous obstinez-vous à m’arracher des aveux que,
fussent-ils dans mon cœur, je n’aurais pas le droit de vous faire? Vos
sollicitations incessantes me blessent; elles sont indignes d’un galant
homme. Lorsque vous m’avez rencontrée à la soirée de la princesse B***,
vous n’avez pu ignorer que j’y étais non comme invitée, mais comme
artiste payée pour venir s’y faire entendre et que, loin d’appartenir au
monde où vous vivez, je ne suis qu’une pauvre fille qui gagne sa vie en
donnant des leçons de harpe et des concerts. Vous vous êtes cependant
présenté à moi sous prétexte de me féliciter de mon talent et de mes
succès. J’ai cru à votre bonne foi, je ne vous ai pas dissimulé le
plaisir que me causaient vos attentions et vos louanges, dont je n’ai
compris le but que lorsque, le surlendemain, vous êtes venu chez mon
père.
«Il était absent. J’ai eu le tort de vous recevoir et le tort plus grand
encore d’écouter vos déclarations, de ne pas vous chasser quand vous
avez osé m’avouer que vous aviez choisi à dessein une heure où vous
étiez assuré de ne pas le rencontrer, que c’était à moi seule que vous
vouliez parler. Je vous en ai assez dit cependant pour que vous n’ayez
pu méconnaître, malgré la douceur que j’ai mise à vous le dire, croyant
à votre sincérité, combien m’offensaient vos propos. Vous avez feint de
ne pas me comprendre; vous êtes revenu, et, cette fois, conduit par mon
père, avec qui vous vous étiez mis en rapport par des moyens et pour des
causes que j’ignore, puisque vous n’avez voulu ni l’un ni l’autre, me
les confier. Ne pouvant m’expliquer que de telles relations se soient
établies, avec des apparences de confiance et d’amitié, entre le haut
personnage que vous êtes et un modeste employé des bureaux de la Guerre,
j’ai dû en conclure que c’est moi qu’en réalité vous persistez à
poursuivre de vos flatteries, avec l’espoir que vous parviendriez à me
séduire.
«J’en peux d’autant moins douter que vous m’accablez de prévenances et
de présents: fleurs, dentelle, bijoux, vous ne m’épargnez rien, et ce
qu’il y a de pire, c’est que mon père, que vous avez véritablement
ensorcelé, s’étonne et s’irrite de ce que je ne les accepte pas. Il me
blâme, il proteste et me déclare que votre patronage lui est trop
nécessaire pour que je l’expose, en vous blessant par mes refus, à en
être dépossédé.
«Cette comédie, Monsieur, est abominable. Elle m’oblige à vous rappeler
que je suis bien au-dessus de pareilles tentatives et que, à les
continuer, vous aurez promptement fait de détruire l’estime que j’avais
conçue pour vous. L’humilité de ma condition ne me permet pas l’espoir
de devenir votre femme, et je ne serai jamais votre maîtresse. Vos
efforts sont donc vains et je vous conjure de les cesser. Je vous en
conjure au nom même des sentiments que vous prétendez ressentir et à la
sincérité desquels je veux bien croire, malgré la forme offensante que
vous leur donnez.
«Il se peut aussi que je me trompe, que ce que vous faites envers moi ne
soit qu’un jeu destiné à pallier l’objet de vos relations avec mon père
et le véritable but de vos assiduités dans notre maison. Ce serait plus
abominable encore, et je frémis en pensant que votre soi-disant amour
cache peut-être quelque secret dont on me fait mystère. Alors, vous
m’apparaissez comme un mauvais génie destiné à nous perdre, et je maudis
le jour où je vous ai rencontré.
«Il vous appartient, Monsieur, de mettre un terme à mes craintes. Il
suffit pour cela que vous cessiez de venir chez vous. Ne me punissez pas
de vous avoir cru sincère et loyal. En adressant cet appel à votre
générosité, je me flatte de l’espoir qu’il sera entendu. Exaucer ma
prière est l’unique moyen qui vous reste de conserver l’estime de votre
humble servante:--Suzanne Villaret.»
Après avoir lu cette lettre, le colonel Prétoff demeura immobile, les
yeux à demi clos. Par la pensée, il revoyait l’adorable fille qui la lui
avait écrite; vingt-cinq ans, brune, fine de corps, enjouée d’esprit, un
regard passionné embrasant un visage de rêve.
--Elle sera délivrée de moi plutôt qu’elle ne pensait, fit-il en
soupirant.
Il se leva, froissant dans ses mains la lettre du père et celle de la
fille, se demandant ce qu’il allait en faire. Au même moment, on
frappait à la porte. Avant de répondre, il les déchira et en jeta les
morceaux dans la cheminée où, sur une bûche enfouie dans des cendres,
une flamme achevait de mourir. Sans s’être assuré que le feu les
dévorait, il se retourna. L’hôtelier était là, obséquieux, présentant sa
note. Le colonel paya sans la vérifier. Resté seul avec son cosaque, il
changea ses vêtements civils contre la petite tenue des grenadiers de la
garde impériale russe. Cet uniforme serait à lui seul une recommandation
auprès des autorités et des maîtres de poste des villes qu’il avait à
traverser pour sortir du territoire français. Cinq minutes plus tard,
ses malles closes, on vint les enlever; son cosaque suivit afin d’en
surveiller le chargement.
Bientôt, sous la voûte de l’hôtel, lui-même parut, distribuant quelques
napoléons aux domestiques rangés sur son passage. Il souriait, maître de
lui, faisant montre du plus beau sang-froid, répondant avec
bienveillance aux adieux et aux vœux de prompt retour que
respectueusement, on lui adressait.
Devant l’hôtel, la chaise de poste attendait, lanternes allumées,
postillon en selle, prête à partir. Il faisait nuit, la rue était
déserte. Prétoff s’élança dans la voiture, son cosaque grimpa dans le
cabriolet à l’arrière. Un maître coup de fouet enveloppa les chevaux.
Ils bondirent et prirent le trot dans la direction des boulevards qu’ils
devaient suivre pour gagner la route de Strasbourg. L’hôtelier resta sur
le pas de la porte jusqu’à ce qu’il eût vu l’équipage disparaître au
tournant de la rue. Alors, le cœur gros du regret qu’excitait en lui le
départ de son fastueux client, il revint dans son bureau.
Il y était depuis plus d’une heure, occupé à mettre en ordre ses livres
de compte, lorsque se présentèrent deux hommes qui lui étaient inconnus;
l’un jeune encore, figure ouverte et aimable avec dans l’allure, la voix
et les gestes, les marques visibles d’une habitude de décision et
d’autorité; l’autre plus âgé, visage sévère, regard cauteleux et qui
affectait de paraître obéir à son compagnon; tous deux vêtus de cette
longue redingote boutonnée et serrée à la taille, devenue à la mode
depuis que le goût du temps avait commencé à faire disparaître les
costumes de l’ancien régime et de la Révolution.
--Le colonel Prétoff est-il chez lui? demanda le plus jeune de ces
nouveaux venus.
--Il est parti, répondit l’hôtelier sans se déranger.
--Parti! mais, pour revenir, sans doute?
--Pour revenir, je l’espère, mais je ne sais quand. Il est monté en
chaise de poste, à six heures, sans me dire où il allait ni quand il
reviendrait; j’ai dû croire qu’il entreprenait un long voyage. Il a
emporté ses malles. Ce départ si brusque m’a d’ailleurs bien surpris,
poursuivit l’hôtelier; rien ne le faisait prévoir.
--On a prévenu notre homme, remarqua à demi-voix en s’adressant à son
compagnon, celui des personnages qui n’avait pas encore parlé. Je vous
l’avais bien dit, Monsieur le Juge d’instruction que nous arrivions trop
tard.
--Il n’y a pas de notre faute. Nous avons fait diligence, Monsieur le
Commissaire de police, et je vous ai appelé au reçu des ordres du
parquet. Mais par qui supposez-vous que le colonel a été averti?
--Par la princesse, parbleu! Elle vit à la cour. Elle aura surpris
quelque chose des propos de l’empereur et elle se sera empressée d’en
faire part à son amant.
--En donnant un tel titre à cet espion, c’est elle que vous calomniez,
observa le juge d’instruction avec une gravité hautaine; une femme qui
appartient à la famille impériale!...
Le commissaire de police s’excusait.
--Je ne fais que répéter ce que tout le monde dit. Il n’est pas douteux
que des relations très amicales existaient entre la princesse et le
colonel. Elles étaient de notoriété publique; et jusqu’à preuve du
contraire, je m’en tiens à cette idée que c’est par elle qu’il a connu
les soupçons dont il était l’objet et la décision prise par l’empereur
de l’arrêter, en dépit de son caractère diplomatique. Du reste, Monsieur
le Juge d’instruction, la question de savoir qui l’a prévenu n’a qu’une
importance secondaire. Il serait plus urgent de trouver quelque preuve
des faits qu’on lui reproche et de découvrir ses complices.
--Comment y parvenir, maintenant qu’il est parti? demanda le juge
d’instruction. Il est bien évident qu’il n’aura rien laissé derrière
lui.
--On peut toujours s’en assurer, en visitant l’appartement qu’il vient
de quitter, observa le commissaire de police.
L’hôtelier avait l’oreille fine. Intrigué par l’arrivée de ces hommes
mystérieux, il l’avait tenue grande ouverte pendant qu’ils causaient
ensemble, de telle sorte que, quoique leur colloque eût eu lieu en _a
parte_, il en avait assez entendu pour ne plus ignorer à qui il avait à
faire. S’étant levé, toute son attitude marqua qu’il attendait leurs
ordres. Et ce fut si clair qu’ils ne furent pas surpris de le voir
prendre une clé et s’avancer comme pour se mettre à leur disposition.
--Vous savez qui nous sommes et ce que nous voulons? interrogea le juge
d’instruction. Et, sur un signe affirmatif, il ajouta d’un ton bref:
--Alors guidez-nous, et de la discrétion, n’est-ce pas?
Précédés de l’hôtelier qui portait une lampe, ils montèrent au premier
étage. Il leur ouvrit l’appartement qu’avait occupé Prétoff et se retira
après avoir allumé plusieurs bougies. La porte refermée sur lui, le
magistrat et son acolyte procédèrent à un examen rapide des lieux où ils
se trouvaient. Tout s’y ressentait de la bousculade d’un départ
précipité: armoires et tiroirs béants, sièges renversés, journaux à demi
dépliés, laissés là à dessein, comme inutiles, deux ou trois bouquets
fanés, des flacons à moitié vides, des cravates et des gants défraîchis,
voire de vieilles bottes; mais c’était tout; pas un vestige révélateur,
pas la moindre trace susceptible d’attirer l’attention de gens de
police.
--Vous le voyez, mon cher, remarqua le juge instructeur; il a pris ses
précautions.
Au lieu de répondre, le commissaire de police continuait son inspection
avec la ténacité d’un vieux routier qui connaît tous les tours des
coquins et ne se décourage pas au premier échec. Soudain, il regarda
dans la cheminée où le feu s’était éteint. Puis, s’emparant d’un
flambeau, il se pencha et ne put retenir un cri de joie en constatant
que parmi les cendres étaient restés des débris de papiers, épargnés par
la flamme, qui en avait roussi quelques-uns, mais sans les consumer.
--Des lettres déchirées, fit-il. Les morceaux en seront peut-être bons.
Délicatement, il les ramassait l’un après l’autre et les passait au juge
d’instruction. Avec non moins de soin, celui-ci les déposait sur la
table. Mais, impatient de savoir s’ils pouvaient le mettre sur la trace
de la vérité, il n’attendait pas qu’ils fussent tous recueillis pour
essayer de déchiffrer l’écriture dont ils étaient couverts. Il les
examinait au passage. Soudain, il se sentit comme pétrifié, et ce ne fut
pas trop de toute sa volonté pour dissimuler l’émotion dont il avait été
saisi en lisant sur l’un d’eux un nom bien connu de lui: le nom de
Suzanne Villaret.
D’instinct il regarda le commissaire, redoutant d’avoir laissé
surprendre son trouble. Heureusement, accroupi devant la cheminée, le
policier n’avait rien vu.
--J’emporte ces fragments de lettres, lui dit-il. Je tâcherai de les
reconstituer.
--Ne puis-je vous y aider, Monsieur? demanda le commissaire en se
relevant avec empressement.
--Merci, répondit d’un ton sec le jeune magistrat. Je n’ai besoin de
personne.