Campagne de Boulogne.--Le Tyrol.--Munificence de Napoléon.
Il me faut un moment revenir sur mes pas pour retracer une scène dont un
hasard me rendit témoin, lorsque Ney fut prendre au camp de Boulogne le
commandement du 6e corps d'armée. Mais aussi je fis ce voyage pour le
seul bonheur de l'apercevoir. J'avais besoin de le consulter sur une
lettre qu'il m'avait adressée, et qui, au lieu de m'être remise par la
personne qui d'ordinaire me les faisait tenir, m'était parvenue par la
poste, et qui me paraissait avoir été ouverte. Elle ne contenait pas de
secrets, mais le style de Ney avait une énergie que tout le monde ne
pouvait lire. Il me parlait dans cette lettre avec une franchise fort
plaisante des intrigues des cantons suisses, qu'il avait désarmés avant
de négocier. Le désir que j'avais de voir Ney entrait beaucoup plus dans
ma détermination que la frivole prudence dont je prenais le prétexte. Il
rit beaucoup de mes terreurs, mais il eut de plus tendres remercîmens
sur ce courage d'avoir fait cent lieues pour l'en instruire. J'avais eu
dans le temps, à Toulon, une lettre pour l'amiral Bruix, qui commandait
la flotte de l'océan, mais Ney ne me permit pas de la présenter,
désirant que je fusse le moins du monde en évidence, par une délicatesse
qui me faisait d'une telle obéissance une gloire et un plaisir.
J'éprouvais un heureux orgueil à me donner des qualités qui pussent
mériter ses éloges. «Il y a certes, me disait-il, moins de _fagoteurs_
dans les camps que dans les salons des Tuileries; mais il y en a, et les
mauvais propos nuisent au bonheur.»
Le temps que je passai à Boulogne fut employé en promenades, en courses
à cheval, partout où je pouvais l'apercevoir. Nous avions un langage
mystérieux auquel Ney se prêtait, lui avec une complaisance et moi avec
un bonheur inexprimables. Qu'il était noble, au milieu de tant de nobles
guerriers! Quand un geste me disait: _je vous vois_, cette intelligence
muette, innocente et pure, suffisait à mon coeur. Un jour, en revenant
d'une de ces tournées de félicité mystérieuse, je vis ce que je vais
décrire.
Les soldats faisaient de fréquentes patrouilles le long des côtes pour
empêcher la contrebande; j'étais assise dans une cavité du ravin qui me
servait d'abri: ma rêverie fut tout à coup interrompue par deux voix
d'hommes qui venaient d'au-dessus de ma tête. L'un disait à l'autre en
mauvais anglais. «Attendez, vous allez les voir dans dix minutes; ils
tourneront à la pointe, vous prendrez par le bas, j'irai parler au
commandant, je lui dirai: le vent vient de là, aussitôt vous le verrez
commander _un à droite_, alors c'est à vous à en profiter; je vous ai
promis une heure libre, et vous la garantis. Savez-vous qu'il ne s'agit
pas d'une bagatelle, 300 à 400,000 f. à gagner pour la maison
Ver...--Mais voyez-vous, dit un autre, vous lésinez, et quand il s'agit
de la vie, il faut payer.» Je n'entendis plus rien, mais je vis
effectivement une patrouille débusquer à ma droite, rétrograder, prendre
une direction opposée, enfin le marché se consomma avec toutes les
clauses que j'avais entendues.
Je revis Ney le lendemain. Je ne lui dis rien alors de la petite scène
fort peu militaire dont j'avais été témoin. Mais plusieurs mois après je
lui en fis la confidence, en lui avouant que je l'avais ajournée de peur
de faire punir l'officier commandant la patrouille, pour sa coupable
connivence dans cette affaire. Ney me répondit qu'il me savait gré de
lui avoir épargné la douleur de chercher les coupables, et de punir un
officier français pour une fraude. Il ne me donna plus que vingt-quatre
heures à passer près de lui, me faisant promettre de rester tranquille à
Paris, sans courses et sans voyages inutiles.
Je partis le lendemain même, et, arrivée à Paris, j'appris que Ney était
sur les bords du Rhin. En vingt-cinq jours il y était parvenu avec son
corps d'armée des bords de l'océan. Je me trouvai logée chez des
personnes toutes dévouées à l'empire, enivrées de la gloire militaire
autant que moi peut-être. On ne parlait que triomphes, conquêtes,
envahissemens, gloire de nos armes. Ma pauvre tête, remplie déjà
d'images et de pensées guerrières, ne pouvait se calmer et se rafraîchir
en pareille compagnie. L'exaltation me rendit bientôt insupportable le
paisible séjour de Paris, et malheureusement une imprudence conçue, une
folie rêvée, sont pour moi une folie faite. Mon plan fut aussitôt
exécuté que formé. Beaucoup de personnes de ma connaissance se rendaient
déjà à Milan pour les fêtes du 26 mai. Je n'avais pas cessé d'être en
correspondance avec le comte Strozzi, grand seigneur italien, fort
instruit, dont j'aurai à parler plus tard. Un de ses parens faisait
partie de la députation qui avait été envoyée pour offrir la couronne
d'Italie au vainqueur de Marengo et de Lodi. Je fus le voir; il me
facilita mon voyage et me donna une lettre qui dans la suite me valut la
faveur de la princesse Élisa, grande duchesse de Toscane. Avant mon
départ, je crus devoir encore écrire à Regnaud de Saint-Jean d'Angely.
Il craignit de me voir, tout absorbé qu'il était alors dans ses
admirations impériales. Son ancienne amitié céda aux scrupules de sa
conscience politique, qui ne me trouvait pas assez orthodoxe en fait de
dévouement, depuis surtout le procès de Moreau. Mais, quelque temps
après, lorsqu'il fut question de m'assurer une honorable existence, son
intérêt se réveilla, et c'est au compte avantageux qu'il rendit de mon
esprit et de mes qualités, que je dus une place à la cour de Toscane.
Dans ce temps, j'eus occasion de voir le grand maréchal du palais,
Duroc, que déjà j'avais connu. J'en reçus l'accueil le plus aimable,
qu'il entremêla de quelques plaisanteries sur ma passion pour la gloire,
sur mon amitié fraternelle pour Ney. Il me demanda si je voulais de sa
protection près de l'Empereur; qu'il me ferait adjoindre à l'état-major
de Ney pour la prochaine campagne d'Autriche. Je lui répondis sur le
même ton, et lui fis part de mon projet d'aller au couronnement à Milan,
et de rejoindre Ney par le Tyrol. «Admirable plan de campagne!
s'écria-t-il en riant; je veux absolument vous présenter à l'Empereur.
«--Non, non, j'ai toujours un peu peur de votre nouvelle majesté, et je
ne l'aime que dans ses bulletins de victoire.»
Duroc ne manquait pas, quand il était un peu poussé, d'une certaine
amabilité. Nous dîmes cent folies. Il me demanda si j'avais beaucoup de
connaissances à Milan: «En avez-vous de marquantes dans le nouveau
gouvernement?
«--Lorsque j'y étais avec le général, et que j'y étais sous le titre de
son épouse, les grands-juges et les excellences de toutes les classes se
glorifiaient d'être de mes amis; mais aujourd'hui je suis seule;
dépourvue de ce titre et réduite à mon seul mérite, qu'alors on trouvait
supérieur; je ne sais trop ce qui me sera resté de _ces bons_ amis de
cour, et si la réserve n'aura pas remplacé l'empressement.
«--Ne craignez rien, me dit-il en me prenant la main amicalement, je
vais vous recommander à quelqu'un, et je vous promets que vous n'aurez
point déchu.»
Les gens du pouvoir se trompent sur les puissans effets de la
protection. Cela ne vaut jamais la recommandation très simple et
publique d'un nom honorable. J'en fis à Milan la peu flatteuse
expérience. On m'y reçut avec politesse, même avec une politesse
empressée, mais défiante cependant. Je cessai d'en rechercher les
preuves. J'avais pris un appartement magnifique, et je me demande encore
aujourd'hui où je trouvais alors le secret de donner à l'argent une si
rapide et si folle circulation. Il y avait dans la maison que j'habitais
une actrice fort célèbre, La Pelandi, tragédienne d'un admirable talent;
elle savait le français, mais le parlait avec répugnance. Aussi notre
rencontre devint bientôt de l'intimité, lorsqu'en la voyant un jour
occupée dans le jardin à répéter, je lui offris de lui donner les
répliques.
«Quoi! vous savez l'italien?»
Je répondis, en la désignant, par ces vers de Pétrarque:
Lieti fiori e ben note orbe
Che madonna pensando premer sole,
Piaggia che ascolti le sue dolci parole
E del piede alcun vestigio serba.
Elle fut ravie, et j'y gagnai le délicieux plaisir d'entendre parler le
plus pur toscan par un organe enchanteur. C'était pour moi un nouvel
enthousiasme que le séjour de l'Italie. Je ne rêvais plus que poésie,
théâtre, beaux-arts. Tout, à cette époque, commençait à ajouter de
l'illusion à ce pays de merveilles. Vivant avec les artistes,
j'assistais à toutes leurs fêtes; et ils m'engagèrent facilement à
paraître dans le prologue d'une pièce de circonstance, où, sous le
costume de la Renommée, je débitai une soixantaine de mauvais vers
italiens, en déposant un laurier sur le buste de Napoléon. Le costume
m'était extrêmement favorable, et je lui dus sans doute d'éclipser
toutes les femmes fort jolies qui s'étaient disputé l'honneur de figurer
dans ce prologue.
Je devais me rendre à un grand souper. En entrant chez moi pour faire ma
toilette, mon étonnement ne fut pas médiocre de trouver un mot de l'un
des plus intimes confidens de l'Empereur, qui m'engageait à me rendre au
palais impérial avec la personne qu'on m'envoyait. J'aurais ici, si
j'écrivais un roman, un superbe texte d'indignation et de magnifiques
phrases de refus, un beau faste de vertu blessée; mais j'écris des
événemens, les événemens d'une existence bizarre, aventureuse. Que la
sincérité, qui me fait fuir le mensonge et l'hypocrisie, me soit du
moins comme une vertu, à défaut de celles qui m'ont trop manqué. Je
n'eus aucune irrésolution: l'amour-propre en permettait-il? Quoique
toujours étrangère à l'ambition, j'avoue que le soin de ma toilette ne
fut point sans calcul; elle était en vérité bien ambitieuse. Arrivée au
palais, je trouvai l'ami du prince, qui m'en fit compliment, qui
m'assura de la haute estime du maître. «Je n'ai pas besoin, me dit-il,
de vous dicter le langage à tenir; mais une recommandation bien grave,
c'est de ne point vous intimider si l'on vous parle de Moreau.
«--M'intimider! ne le craignez pas; mais si l'on me parle de Moreau ou
de Ney, adieu à la majesté.
«--C'est une originalité ridicule; contentez-vous d'être aimable, vous
me remercîrez du conseil.»
Au moment même une porte que je n'avais pas aperçue s'entr'ouvrit; l'ami
du prince se retira, et je me trouvai dans un cabinet de dix pieds
carrés avec celui pour lequel un empire était trop petit. Il n'y eut
d'abord ni salut, ni complimens; puis venant à moi, il me dit:
«Savez-vous que vous avez l'air ici d'être plus jeune de six ans qu'au
théâtre.
«--J'en suis heureuse.
«--Vous étiez très liée avec Moreau?
«--Très liée.
«Il a fait pour vous bien des folies!
Je ne répondis rien. L'Empereur se rapprocha de moi et nous causâmes
avec plus d'abandon encore; il se faisait aimable, et je le trouvai
assez pour oublier Moreau, l'empereur, le roi; toutefois plus de
brusquerie que de tendresse. Il ne fallait qu'un peu de tact pour
s'apercevoir que les femmes ne pouvaient guère exercer d'empire sur
Napoléon; qu'il était capable de faiblesse, mais nullement de ces
attachemens aveugles qui peuvent devenir si funestes aux peuples chez
les souverains. Il n'y eut jamais à craindre avec lui que les trésors
publics fussent sacrifiés à apaiser les vapeurs et à désarmer la
migraine d'une favorite.
Il n'ignorait rien de ma singulière existence, et me demanda si j'étais
attachée au théâtre de Milan, si je comptais y rester. Je lui répondis
que mon projet était, aussitôt après les fêtes, de voyager dans le
Tyrol. Il me jeta un regard dont rien ne pourrait exprimer la
pénétration, en ajoutant «Vous êtes donc Allemande.
«--Non, sire, je suis née Italienne, et j'ai le coeur français.»
Il me regarda de nouveau, resta quelques minutes indécis, puis me dit
seulement avec la nonchalance royale ou ministérielle: «Je m'occuperai
de vous.«Après cette vraie réponse de pétition, il disparut. Je fus
reconduite par mon introducteur qui m'accabla de questions, auxquelles
je répondis de manière à satisfaire sa curiosité ou son obligeance, et
nous nous quittâmes fort bons amis.
En rentrant chez moi j'éprouvais une agitation extrême. J'étais fière et
humiliée; le passé venait en quelque sorte accuser le présent. Je me
rappelais que neuf années avant j'avais occupé ce palais, aujourd'hui
impérial, dans un éclat pareil à celui de ses hôtes couronnés; et j'en
revenais avec une invincible admiration pour le persécuteur de celui qui
m'en avait fait partager les honneurs, ce persécuteur qui venait de
placer son souvenir à la place du premier souvenir de l'exilé.
Tourmentée par toutes ces idées, je pris de sages résolutions; mais la
fatalité était là pour les chasser. Deux jours se passèrent et je
n'entendis plus parler de rien. Les blessures de la vanité commençaient
à se joindre aux tourmens de l'ennui, quand je reçus la visite du grand
maréchal du palais. Il m'étonna beaucoup plus par la magnificence du don
qu'il me fit, que par l'annonce d'une seconde audience de l'Empereur. Je
voulus refuser le présent auquel je n'avais point de droits; Duroc me
donna de si bonnes raisons sur la nécessité d'accepter, que je m'y
résignai par dévouement, en lui demandant s'il fallait que j'en
remerciasse l'Empereur. «Certes, me dit-il; sans cela il vous en
demanderait des nouvelles avec humeur, avec inquiétude même; et dans
tous les cas il prendrait votre refus pour une ruse ou pour une offense.
L'Empereur n'est pas un homme comme les autres; il mérite bien de n'être
pas traité de même.»
Je me rendis encore le soir au palais, comme j'en avais reçu l'ordre.
Même introduction, mais attente beaucoup plus longue. Le grand maréchal
me conduisit dans une pièce assez spacieuse, qui ressemblait bien plus à
un bureau de ministre qu'à un boudoir de souverain. L'Empereur était
occupé à signer un énorme paquet de dépêches; il ne fit que jeter un
regard à notre entrée. Le maréchal me fit signe de m'asseoir et il se
retira. Un grand quart d'heure se passa sans que l'Empereur parût se
souvenir que j'étais là. Tout à coup se tournant sans quitter la plume,
il me dit: «Vous vous ennuyez?
«--C'est impossible, sire.
«--Comment, impossible?
«--Ne suis-je pas témoin des travaux d'un grand homme? N'y a-t-il pas là
quelque intérêt pour l'amour-propre?» Là-dessus je me levai; il en fit
autant, et il s'approcha avec beaucoup plus de grâce que lors de la
première entrevue. Tout à coup il regarda du côté de son bureau,
traversa la chambre, sonna, et d'une porte opposée à celle par laquelle
j'étais entrée, je vis un mameluck ayant derrière lui plusieurs hommes
qui restèrent en dehors. Je fus si étourdie de cette apparition, que je
n'entendis rien; les yeux du mameluck se fixèrent sur moi d'une manière
effrayante; il remit un paquet à l'Empereur, qui se rapprocha silencieux
de son bureau. Dans mon inquiétude je me levai, marchant librement et à
grands pas. Je fis comme si je n'apercevais pas l'Empereur venant
doucement derrière moi. Bientôt je le regardai; ses yeux exprimaient
bien plus l'énergie italienne que la dignité impériale. Je songeai peu à
l'étiquette, et il n'en fut que plus aimable; et notre intime causerie
se prolongea, à son insu comme au mien, jusqu'à deux heures du matin.
«Vous ne dormez donc pas, lui dis-je?--Le moins possible; ce qu'on
_prend au sommeil est autant d'ajouté à la véritable existence_, me
répondit-il.»
Lorsqu'on parle d'un homme si extraordinaire, les plus minutieux
souvenirs ont encore je ne sais quel puissant intérêt; qu'on me pardonne
donc encore quelques détails. On a fait grand bruit de sa brusquerie
presque brutale: c'est une critique de la haine. Certes, Napoléon
n'était pas un grand homme dameret; mais sa galanterie, par cela même
qu'elle n'était pas d'une nuance commune, en devenait plus flatteuse;
elle plaisait parce qu'elle était sienne. Il ne disait point à une femme
qu'elle était belle, mais il _détaillait_ avec le tact d'un artiste ses
avantages.
«Croyez-vous, m'avoua-t-il fort plaisamment, qu'en vous voyant au
théâtre, j'ai soupçonné un peu de contrebande dans votre beauté?»
On à débité encore que sa peau avait la teinte et le désagrément de
celle des hommes de couleur: ceux qui l'ont vu de près se joindront à
mon témoignage pour le nier.
Napoléon me parut mieux empereur que consul; sa physionomie avait gagné
de la noblesse et n'avait point perdu de sa simplicité; son regard était
d'une incroyable pénétration; les belles lignes de son profil surtout
rappelaient ce caractère _césarien_, signe de la grandeur, sorte de
prédestination de l'empire. Ses mains, auxquelles on a fait une
célébrité, ne démentaient point en effet leur haute réputation; j'en
remarquai l'étonnante blancheur, et il m'en remercia presque avec le
sourire d'une jolie femme. Tant il y a toujours dans les plus grands
caractères une place en réserve pour quelque puérile vanité!
Je puis avouer ici un changement dans mes opinions, que tant d'autres
éprouvèrent comme moi à cette époque. À dater de cette entrevue,
Napoléon ne s'offrit plus à ma pensée que comme le plus grand homme de
son temps. Les doubles rayons du génie des armes et des affaires
brillaient sur son front; guerrier victorieux, souverain législateur,
ses luttes militaires étaient encore des veilles politiques. Dès lors
mon enthousiasme ne connut plus de bornes; et ce fut à ce point, qu'en
revoyant Ney, il s'en aperçut et m'en fit la remarque. J'oubliais de
dire que dans mon entrevue avec l'Empereur, quand je lui exprimai ma
reconnaissance de son magnifique présent[2], il me répondit: «Je me
souviendrai de vous, et nous _ferons plus_...»
Il tint parole; car lorsque, trois ans après, Regnaud de
Saint-Jean-d'Angely présenta à sa signature mon engagement pour la cour
de Toscane, près de la princesse Élisa, l'Empereur dit; «Oh! c'est notre
_fama volat_; certes, j'approuve;» approbation qui me valut le retour de
Regnaud, sa confiance, dès lors entière, la protection et les bienfaits
de la soeur de Napoléon.