V. FORBIN.

[Illustration: Pénélope (Mlle Bréval). Les prétendants Ulysse (M.

Muratore). Le berger Eumée (M. Blanchard).

«PÉNÉLOPE» AU THÉÂTRE DES CHAMPS-ELYSÉES.--Ulysse, de retour au palais

d'Ithaque sous les haillons d'un vieux mendiant, met en déroute les

prétendants à la main de Pénélope (acte III).

_Décor de X. K. ROUSSEL.--Dessin de J. SlMONT. Voir l'article, page

472._

_Après son long exil, le roi d'Ithaque est rentré en son palais,--sous

l'aspect d'un mendiant, afin de n'être pas reconnu. Il a trouvé Pénélope

toujours fidèle, mais harcelée par les prétendants, et il lui suggère de

désigner pour époux celui d'entre eux qui aura pu tendre l'arc d'Ulysse.

Ils s'y exercent à tour de rôle, vainement. Alors, le vieux mendiant, au

milieu de la dérision générale, saisit l'arme terrible; il la tend sans

effort et prend pour cible ses rivaux terrifiés. Puis, rejetant ses

hardes, il apparaît dans sa cuirasse; Pénélope se précipite dans ses

bras, et ses serviteurs glorifient les dieux qui assurèrent son

retour._]

[Illustration: Une section mixte de projecteurs légers comprenant deux

postes photo-électriques, un à dos de mulets, l'autre sur charrette

marocaine.]

LE PROJECTEUR ÉLECTRIQUE LÉGER

DE CAMPAGNE

Jusqu'ici, nous n'avions en France que de gros projecteurs, les uns

fixes employés dans les places fortes et les forts, les autres portés

par des voitures automobiles photo-électriques et destinés à la guerre

de siège ou à la lutte d'artillerie.

Or, l'Italie avait déjà employé des projecteurs légers de campagne

l'année dernière en Tripolitaine; l'Autriche a constitué des sections de

ces appareils; les États balkaniques les ont utilisés en Macédoine et en

Thrace et la nouvelle loi militaire allemande prévoit l'organisation de

26 sections de projecteurs électriques légers de campagne.

[Illustration: Un projecteur en position.]

Certes, l'importance de l'emploi d'un appareil léger pour le combat

rapproché pour le feu d'infanterie n'avait pas échappé à notre

commandement, mais les dépenses budgétaires, la difficulté de réaliser

un matériel pratique et les enseignements parfois contradictoires des

guerres récentes imposaient la prudence.

Depuis trois ans, le commandant de Lavenne de Choulot, du 143e

d'infanterie, cherche à appeler l'attention sur cette question. Il a

présenté successivement deux projecteurs légers pour être utilisés au

Maroc. Dans l'Afrique du Nord, la transparence de l'air augmente le

pouvoir éclairant et permet d'employer un calibre moins fort que sur le

continent; en outre du grand effet moral qu'il produit sur les

indigènes, le faisceau lumineux du projecteur permet de découvrir un

groupe ennemi à partir de 1.000 mètres et un homme seul à 700 mètres, on

devine quel concours précieux il apporte au fusil, à la mitrailleuse et

même au canon, il diminue les chances de surprises et contribue au repos

du soldat au camp. Il peut aussi rendre des services pour les

communications optiques et faciliter l'atterrissage des aviateurs

pendant la nuit.

En collaboration avec le capitaine Penchenier, du parc d'artillerie

d'Oran, le commandant de Choulot a présenté un troisième modèle qui fut

reçu par la section technique d'artillerie. M. Millerand, alors ministre

de la Guerre, mit à la disposition du général Alix, commandant des

troupes du Maroc oriental, une section mixte de projecteurs légers qui

comprend deux postes photo-électriques, un à dos de mulets et l'autre

sur charrette marocaine.

Chaque poste se compose d'un projecteur rappelant ceux de nos

torpilleurs, mais bien plus léger, d'un groupe électrogène démontable,

de divers accessoires indispensables dans un pays dénué de ressources

comme l'Afrique du Nord, et le combustible pour cinquante heures

d'éclairage.

Les premières expériences ont eu lieu à la fin du mois de mars avec le

groupement mobile du général Girardot dans la plaine de Marhouf au nord

de la Gada de Debdou et ont donné pleine satisfaction; elles vont être

continuées sous peu dans le Maroc occidental où M. Etienne, ministre de

la Guerre, a décidé d'envoyer à bref délai quatre appareils du système

du commandant de Choulot.

Les nouvelles des derniers engagements des troupes du général Alix dans

la région de la Moulouya nous apprennent que les projecteurs légers y

furent utilisés avec fruits. Au cours d'un des combats du mois dernier,

notamment dans la nuit du 9 au 10 avril, à Nekhila, un des projecteurs,

installé à l'angle sud du bivouac, près des tentes du 1er régiment

étranger, fut exposé de 0 heures à minuit 15 aux tirailleries des

Marocains; il permit de les découvrir aux moyennes distances de tir (600

m.), et lorsque, plus tard, ils se furent glissés dans un ravin d'où ils

pouvaient se jeter sur le camp. Les Marocains surpris et furieux de ne

pouvoir sortir sans être exposés aux feux des défenseurs, couvrirent de

balles l'abri du projecteur, sans atteindre ce dernier.

Le lendemain, on ramassait sur le sol, en avant du camp, des douilles de

cartouches modernes, des papiers de paquets de cartouches françaises

volées ou emportées par des indigènes déserteurs et des balles à chemise

de cuivre, et des cartouches de Mauser espagnol.

[Illustration: Projecteur installé à l'un des angles du bivouac de

Nekhila, à proximité d'une section de mitrailleuses.]

L'Illustration, No. 3664, 17 Mai 1913 · 第 14 / 40 题