Le véhicule dans lequel on l'administre a son importance. Pour certains
sujets, il faut le faire absorber avec du lait, du café ou du thé; pour
d'autres, avec du bouillon, ou un potage. Chez le tuberculeux, le jaune
d'oeuf doit être donné en abondance, par surcroît, comme matière grasse
en plus du régime ordinaire. Et, si le malade ne gagne pas du poids, il
faut changer de méthode d'administration; c'est que la substance dans
laquelle on donne les jaunes ne s'assimile pas: il faut chercher une
autre combinaison et procéder par tâtonnements jusqu'à ce que l'on ait
mis la main sur le véhicule convenable. Il convient de remarquer que
l'absorption du jaune ne facilite pas celle des matières grasses en
général, d'où le conseil donné par M. Stein de supprimer les corps gras
de l'alimentation chez les sujets qui s'assimilent bien le jaune et de
les remplacer par des farines. Plus tard, quand cela va mieux, on peut
introduire d'autres corps gras dans l'alimentation, par exemple en
faisant alterner les menus; un jour, ce sont les jaunes seuls qui
fournissent la graisse; le lendemain, ce sont les aliments gras
ordinaires, et ainsi de suite. La quantité de jaunes qu'on peut absorber
est considérable: un tuberculeux pesant 50 kilos au lieu de 64 kilos
doit prendre jusqu'à 15 jaunes dans sa journée, dans du lait, dans du
café, dans un potage, dans une bouillie, en grog enfin. Telle est la
«cure des jaunes» qui a certainement pour elle des raisons solides et
scientifiques.