IV

_Madame Michaïloff à madame la comtesse Alexandrine de T..._

«Chère Alex,

«Comme tu avais raison de me dire, l'année passée, de me méfier

de tous les Dognieff! Tu sais que j'avais eu la faiblesse de

faire venir la petite Vera ici; c'est un serpent, ma chère,

une intrigante; je ne sais quel genre de femme ce sera. Elle a

été affreuse à mon égard; son genre était si impossible que,

malgré toute mon indulgence, j'avais été forcée de le lui dire;

elle m'a immédiatement répondu avec la dernière insolence, et,

le lendemain, a été s'imposer chez des amis à moi qui l'ont

accueillie par pitié. Du reste, à cause de Paul, je n'aurais pu

garder chez moi une fille d'une telle allure; mais ses intrigues

ont réussi à lui trouver un mari, ce qui était, du reste, l'unique

chose qu'elle souhaitât. Et devine, ma chère, qui s'est laissé

prendre aux filets de cette petite. Tout bonnement Glouskine,

Son Excellence en personne. Oui, et elle a eu l'aplomb de

m'annoncer son mariage, me rappelant une sotte soirée où elle

s'était fait tirer les cartes et où le valet de cœur lui avait

été très-favorable, et elle m'a même demandé si je voulais que

la noce se fît chez moi. J'étais outrée, mais j'ai eu le courage

de lui dire son fait. Comme tu penses, je ne resterai pas ici

pour voir les airs et les insolences de cette Vera qui était trop

heureuse, il y a trois mois, de porter mes vieilles robes. Je pars

pour Vienne rejoindre madame Papadoff qui m'attend, et nous irons

ensemble à Bade. Je suis décidée à ne pas revenir à Tenheiffen,

et comme le prince sera là-bas, je pourrai obtenir un autre poste

pour Paul, quoique lui trouverait charmant de rester ici. Ma

chère, les désillusions de la vie sont affreuses; je croyais que

cette petite m'était dévouée, et je l'aurais reprise, si elle

l'avait voulu.

«Toujours ton

«Olga.»

[Illustration]

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Leurs Excellences · 第 31 / 80 题