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Que conclure de tout ce qui précède? Bien des choses, si l’on veut, mais

tout d’abord ceci: qu’il importe que l’interprète de la vie aussi bien

que ceux qui la vivent, soient extrêmement circonspects dans le

maniement ou dans l’admission du mystère, et ne s’imaginent point que la

part faite à l’inexplicable est nécessairement ce qu’il y a de meilleur

et de plus grand dans une œuvre ou dans une existence. Il est des œuvres

très belles, très humaines et très vraies dont «l’inquiétude du mystère

universel» est presque entièrement absente. On n’est ni grand ni sublime

parce qu’on pense sans cesse à l’inconnaissable et à l’infini. La pensée

de l’inconnaissable et de l’infini ne devient vraiment salutaire que

lorsqu’elle est la récompense inattendue de l’esprit qui s’est donné

loyalement et sans réserve à l’étude du connaissable et du fini; et l’on

s’aperçoit bientôt que la différence est notable, du mystère qui précède

ce que nous ignorons, au mystère qui suit ce que nous avons appris. Il

semble qu’il y ait beaucoup de tristesses dans le premier; c’est

qu’elles s’y trouvent à l’étroit et s’accumulent toutes sur deux ou

trois éminences trop proches. Il semble qu’il y en ait bien moins dans

le second; c’est que sa surface est plus vaste, et qu’aux grands

horizons les tristesses les plus grandes prennent la forme d’espoirs.

Le temple enseveli · 第 70 / 111 题