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Quelque portée que soit notre imagination à admettre et à désirer

l’intervention de puissances supérieures à l’homme, dans la vie pratique

il en est peu parmi nous, même parmi les plus mystiques, qui ne soient

persuadés que notre malheur moral dépend, au fond, de notre esprit et de

notre caractère, et nos malheurs physiques du jeu de certaines forces

souvent mal connues, de relations de cause à effet souvent mal définies,

mais qui pourtant ne sont pas totalement étrangères à ce que nous

pouvons espérer de pénétrer un jour dans la nature. Et nous vivons en

somme sur cette certitude qui n’est réellement ébranlée que lorsqu’il

s’agit de nos propres infortunes, car alors il nous est difficile de

discerner ou de nous avouer les fautes que nous avons commises, et trop

pénible à notre espoir humain de reconnaître que nos malheurs n’ont pas

de causes plus profondes que ceux du gland de chêne qui tombe sur un

rocher, de la vague qui se meurt dans le sable, ou s’écrase contre la

falaise, de l’insecte dont un rayon qui brille ranime les petites ailes,

ou dont l’oiseau qui passe engloutit l’existence.

Le temple enseveli · 第 60 / 111 题