L'artillerie enfin changea les conditions de l'attaque, et par

conséquent de la défense; et il est intéressant d'observer comment

celle-ci mit un temps considérable à se rendre un compte exact des

effets du canon. Pendant toute la première moitié du XVIe siècle, la

défense, encore sous l'empire des traditions du moyen âge, n'adopte que

des moyens évidemment insuffisants, de petits expédients; il semble

qu'elle ne peut se résoudre à, admettre les effets puissants de

l'artillerie. Mais les guerres de la fin du XVIe siècle furent une

expérience cruelle. C'est pendant ces luttes que l'art de la défense se

transforme réellement et laisse de côté les vieux systèmes, en cherche

de nouveaux; que des ingénieurs, à la fois militaires et constructeurs,

forment un corps spécial en état de lutter contre l'artillerie à feu qui

se perfectionnait rapidement. Au commencement du XVIIe siècle, en effet,

l'artillerie était à peu près arrivée au point où les guerres de la

Révolution et de l'Empire l'ont trouvée. En face de cette arme ayant

atteint si promptement un développement considérable, l'art de la

fortification se transformait lentement. Il fallait des hommes de génie

pour la mettre au niveau des engins de destruction qui modifiaient si

profondément l'art de la guerre, pour trouver un système pratique et qui

n'entraînât pas les États et les villes dans des dépenses impossibles.

Vauban sut résoudre ce problème.

Aujourd'hui il est posé de nouveau par une artillerie dont la puissance

est plus que doublée. Peut-être les guerres cesseront-elles le jour où

l'on reconnaîtra qu'il ne saurait être fabriqué une pièce de canon à

laquelle on ne puisse opposer une cuirasse impénétrable, ni élever un

obstacle qui ne soit aussitôt culbuté par un projectile. Ces deux

puissances de l'attaque et de la résistance étant neutralisées, les

gouvernements, faut-il l'espérer, n'auront plus pour _ultima ratio_ que

le respect de l'équité et l'appel aux sentiments moraux et aux intérêts

matériels des peuples.

[Illustration: Fig. 1.]

[Illustration: Fig. 2.]

[Illustration: Fig. 3.]

[Illustration: Fig. 4.]

[Illustration: Fig. 5.]

[Illustration: Fig. 6.]

[Illustration: Fig. 7.]

[Illustration: Fig. 8.]

[Illustration: Fig. 9.]

[Note 184: Livre II, chap. VII.]

[Note 185: Ces défenses ne sont que des camps retranchés,

des lignes propres à protéger un promontoire, une côte,

contre les attaques venant de l'intérieur du pays.]

[Note 186: _Chronicon mon. S. Serg, Andegav._]

[Note 187: _Hist. Franc._ Greg. Turon., lib. VII.]

[Note 188: _Hist. des croisades_, liv. III.]

[Note 189: Auteur de l'_Hist. d'Alep._ (Voyez les

_Extraits des historiens arabes relatifs aux guerres des

croisades_, Reinaud, § I.)]

[Note 190: Guillaume de Tyr, liv. VIII.]

[Note 191: Guillaume de Tyr, liv. XIII.]

[Note 192: Voyez les plans, dessins et photographies

recueillis par M. C. Rey, sur les fortifications des croisés

en Syrie pendant le XIIe siècle.]

[Note 193: Voyez la description d'un des siéges les plus

longs et difficiles, entrepris par Philippe-Auguste, à

l'article CHÂTEAU.]

[Note 194: _Hist. de la croisade contre les Albigeois_,

Collect. des docum. inéd. de l'histoire de France, publiés

par les soins du Ministre de l'instruction publique (Paris,

1837).]

[Note 195: Aujourd'hui Mountoulieu.]

[Note 196: Il n'est guère possible aujourd'hui de se

rendre compte de la position du château Narbonnais, dont il

ne reste pas le moindre vestige. Mais cet ouvrage, enfermé

dans l'enceinte de la ville vers la fin du XIIIe siècle,

laissait encore voir, il y a un siècle, ses enceintes

extérieures. Des plans que possède la ville de Toulouse, et

que M. Esquié, architecte du département de la Haute-Garonne,

a bien voulu nous faire calquer, donnent cette enceinte, qui

comprenait toute la surface du palais actuel de la Cour

impériale, et était bornée, du côté de la Garonne, par la rue

de l'Inquisition, au nord par la place de la Vigerie et la

rue des Fleurs. Au sud, les murs du château formaient la

défense de la ville; et donnaient, au XIVe siècle, sur une

barbacane qui exista jusqu'à la fin du dernier siècle. Mais

du temps de Simon de Montfort, il y avait au moins cent

mètres entre le château Narbonnais et l'enceinte de la

ville.]

[Note 197: Voyez les vers 9421 et suiv.]

[Note 198: Nous avons donné la traduction de ce rapport

dans l'article ARCHITECTURE MILITAIRE.]

[Note 199: Le rapport du sénéchal Guillaume des Ormes, et

le récit de Guillaume de Puy-Laurens, ont été publiés et

annotés par M. Douët d'Arcq, dans la _Biblioth. de l'École

des chartes_, t, II, 2e série, p. 363.]

[Note 200: Ce pont est entier encore aujourd'hui; c'est

le _vieux pont_, dont la construction date en partie du XIIe

siècle. Il ne fut que réparé et muni d'une tête de pont sous

saint Louis, ou sous Philippe le Hardi, à la fin du XIIIe

siècle.]

[Note 201: Reconstruite sur une plus grande échelle par

Philippe le Hardi. Mais nous avons retrouvé les fondations de

l'ouvrage antérieur, actuellement sous l'église neuve de

Saint-Gimer.]

[Note 202: Toute la défense du château date du XIIe

siècle.]

[Note 203: «_Et inde multam fustam habuimus, quæ fecit

nobis magnum bonum._»]

[Note 204: «_Habebant tot balistarios..._»]

[Note 205: Voyez ENGIN.]

[Note 206: Non désignée dans le rapport de Guillaume des

Ormes.]

[Note 207: «_Item minaverunt ad cornu civitatis, versus

domum episcopi_.»

«_Venerunt subtus quemdam murum sarracenum, ad murum de

liceis_.»]

[Note 208: La porte de l'enceinte des Wisigoths existe

encore, mais ne donne aujourd'hui que sur les lices de saint

Louis. Elle est de construction romane et restaurée au XIIIe

siècle. C'est cette porte que Besse nomme la porte des

Amandiers ou des Ameliez, à cause du petit bois d'amandiers

qui se trouvait dans son voisinage.]

[Note 209: «Et inceperunt minare de domibus suis, ita

quod nihil sciebamus; antequam ad licias nostras venerunt.» À

cette époque, en 1240, la cité de Carcassonne était entourée

de faubourgs considérables, faubourgs qui furent démolis

après le siége, sur l'ordre de saint Louis.]

[Note 210: Au mois d'octobre, date du siége, l'Aude est

habituellement guéable dans les environs de Carcassonne.]

[Note 211: Voyez, à ce sujet, la _Notice sur la vie et

les écrits de Philippe de Navarre_, par M. Beugnot,

_Biblioth. de l'École des chartes_, 1re série, t. II, p. 1.]

[Note 212: Consulter, à l'égard de ces forteresses, les

mémoires publiés par M. Emmanuel Rey.]

[Note 213: Notamment aux remparts de la cité de

Carcassonne, aux remparts de la baille du château de Coucy,

au château (vieux) de Chauvigny.]

[Note 214: Telles sont établies les tours de la cité de

Carcassonne, reconstruites sur les anciennes tours des

Wisigoths.]

[Note 215: Le fossé du donjon est dallé sur maçonnerie

établie sur le roc calcaire.]

[Note 216: Voyez, pour ces dispositions qui se rapportent

à l'ensemble de la défense, l'article CHÂTEAU, fig. 16, 17 et

18.]

[Note 217: La construction du donjon de Coucy et de sa

chemise date de 1225 environ.]

[Note 218: Voyez CHÂTEAU, fig. 16 et 17.]

[Note 219: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 15 et 16;

ENGIN, fig. 32.]

[Note 220: _Hist. des ducs de Normandie_, manuscrits de

la Bibliothèque impériale, publiés par Franç. Michel (Société

de l'histoire de France), 1840.]

[Note 221: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE (le _musculus_

des Romains).]

[Note 222: Ce poëme a été publié par M. C. Hippeau, 1852,

Aug. Aubry édit.]

[Note 223: Vers 2877 et suiv.:

«Un castelet ont contrefait,

Qui bien ot .x. toisses de haut.

Sur le castel, en l'escafaut,

Ot mis la ames ses arciers:

Lanceors et arbalestriers

Y ot por cels dedens grever.

...»

]

[Note 224: Vers 2900 et suiv.:

«Cil dehors fisent caines tendre

Et font eskieles, por monter

Droit as mur les font aporter.

Si sont en contremont drecies

Et lor perieres adrecies

Et lor mangounialx font jeter,

Lors veissiez pieres fonder

Et assaillir mult aigrement.

Et cil dedens hardiement

Se desfendent à lors crenials

Et jettent pierres et quarrials

Et carbons caux et eve caude,

Qui cels de fors art et eschaude.

...»

]

[Note 225: Vers 2928 et suiv.:

«Au soir, quaut li jors fu salis,

Qu'il furent las et la nuis vint;

Vinrent li mineur plus de .xx.,

As fossés, por le mur percier,

As bordons et as pins d'acier.

Si sont del mur mult aprocié,

Qu'il l'ont en pluisors lius blecié

Et esfondré. Icele nuit

Qui qu'il en poist, ne qui c'annit,

Trois toisses en ont abatu.

...»

]

[Note 226: Il n'est question ici que des enceintes. Dans

les châteaux, les courtines auxquelles étaient adossés des

bâtiments étaient parfois beaucoup plus élevées; mais les

défenses des châteaux sont plus variées que celles des

enceintes de villes.]

[Note 227: Voyez ENGIN, fig. 9 et 10.]

[Note 228: Cette méthode était adoptée déjà par les

Romains.]

[Note 229: _Chronique de Bertran du Guesclin_, par

Cuvelier, trouvère du XIVe siècle, vers 3097 et suiv.

(_Collect. des docum. inéd. sur l'hist. de France_).]

[Note 230: «On se doit garnir de grant foison de dures

pierres et caillous, et mectre sur les murs et sur tours à

grant quantité, et emplir plusieurs grans vaisseaulx de

chaulx; et quant les ennemis approchent, ceuls vaisseauls

doivent estre lanciez jus des murs et respandue celle chaulz,

laquelle entre ès yeulz des assaillans, et les rent comme

avugles.» (Christine de Pisan, _Le livre des fais et bonnes

meurs de sage roy Charles_, chap. XXXVI.)]

[Note 231: _Chron. de Bertran du Guesclin_, vers 3133 et

suiv.]

[Note 232:

«Aux créneaux ne s'osoient amonstrer, ce créez,

Pour le trait qui venoit, qui doit etre doublez.»

]

[Note 233:

«La porte par devant l'ost arse et dépérir.»

]

[Note 234: Il est nécessaire de faire une observation. Le

trouvère Cuvelier appelle la herse une _barbaquenne_:

«La _barbaquenne_ estoit tout aval abaissie.

...

La _barbaquenne_ fu encontremont sachie (tirée)

...

Et que la _barbaquenne_, qui fu de fer pesant,

Estoit levée amont, lors viennent accourant.»

On sait que le mot de _barbacane_ est habituellement donné à

un ouvrage avancé servant à couvrir une porte. Or, ici, il ne

peut y avoir de doute sur la signification donnée par le

poëte à ce mot: c'est une herse, et non un pont-levis. Quand

l'eschelade a réussi, les soldats de Bertrand tirent la

_barbaquenne en contremont_, ce qui signifie qu'ils la

lèvent: or, ils n'auraient pas _levé_ le pont-levis étant

dans la ville, pour empêcher leurs compagnons d'entrer; et

les défenseurs, le châtelain à leur tête, ne se seraient pas

précipités au-devant des assaillants en voyant le pont-levis

_levé amont_, puisque ce pont, levé, les en eût séparés.

C'est donc bien d'une _herse_ qu'il s'agit ici. Le mot de

_barbaquenne_ appliqué à une herse est-il plus ancien que le

même mot appliqué à un ouvrage avancé? lui est-il postérieur?

C'est ce que nous ne saurions décider. Le mot barbacane

appliqué à un ouvrage extérieur est employé dès le XIIe

siècle. (Voy. _Gloss._ du Cange.)]

[Note 235: Aujourd'hui Pestivien (Côtes-du-Nord), 25

kilomètres de Guingamp.]

[Note 236: _Chron. de Bertran du Guesclin_, vers 4012 et

suiv.]

[Note 237: _Chron. de du Guesclin_, vers 4145 et suiv.]

[Note 238: _Chron. de Froissart_, liv, 1er, part. 2e,

chap. CLXV.]

[Note 239: La narration du trouvère Cuvelier paraît plus

explicite en ce qui regarde l'armée de du Guesclin que celle

de Froissart. En effet, du Guesclin, en partant de Rouen pour

aller à la rencontre du captal, sur la route d'Évreux, devait

passer à Pont-de-l'Arche, à Vernon, mais ne dut pas pousser

jusqu'à Pacy, puisqu'il arrête sa troupe à Cocherel et

traverse l'Eure sur ce point.]

[Note 240:

«Et cil ont respondu (les barons): «Cilz consulz si est bons

Tout ainsi sera fait et trestous l'ottrions.

Dont on fait assavoir à chascun ses façons;

Tout ainsi c'on aprent us enfans lor leçons,

Ainsi fu à chascun faite division.»

Ce passage est curieux: il fallait un capitaine de la trempe

de du Guesclin pour pouvoir ainsi imposer un ordre donné avec

netteté à une armée composée en grande partie de seigneurs

plus disposés à suivre leur fantaisie que les commandements

d'un chef.]

[Note 241: Froissart raconte un peu différemment l'issue

de la bataille de Cocherel. Il parle bien du mouvement

tournant, mais il prétend que, pendant la mêlée, le captal

fut enlevé par une troupe de Gascons de l'armée française,

qui s'étaient conjurés à cet effet. Cela est un peu

romanesque, mais Froissart recueille volontiers les

renseignements qui peuvent être favorables aux Anglais. Cette

manière de conspiration, qui décide du gain de la journée,

laisse d'ailleurs au captal de Buch son rôle de grand

capitaine. Il est d'abord entraîné, au dire de Froissart, à

attaquer les Français par l'ardeur de ses officiers qui

n'écoutent pas ses conseils de prudence, puis il est enlevé

pendant l'action, ce qui lui ôte, pour ainsi dire, toute la

responsabilité de la défaite de Cocherel.]

[Note 242: Dès 1340, des bouches à feu de position

étaient montées autour des places fortes. «...S'en vinrent

(les Français) devant le Quesnoy, et approchèrent la ville

jusques aux barrières, et firent semblant de l'assaillir;

mais elle étoit bien pourvue de bonnes gens d'armes et de

grand'artillerie qu'ils y eussent perdu leur peine. Toutes

voies, ils escarmouchèrent un petit devant les barrières,

mais on les fit retraire; car ceux du Quesnoy descliquèrent

canons et bombardes qui jetoient grands carreaux...»

(Froissart, liv. I, part. 1re, chap. CXI.)]

[Note 243: Livre II, chap. XXIX.]

[Note 244: Froissart, liv. II, chap. XXXV.]

[Note 245: Voyez l'édition de ce curieux ouvrage, publiée

pour la première fois à Turin, en 1841: _Trattato di archit.

civile e militare di Franc. di Giorg. Martini... pubb. per

cura del cavaliere Cesare Saluzzo_, etc. 2 vol. de texte;

atlas.]

[Note 246: Il faut remarquer que du Guesclin ne paraît

pas s'être servi de bouches à feu, soit pour la défense, soit

pour l'attaque des places. Il semblerait que ces engins

imparfaits ne lui inspiraient aucune confiance.]

[Note 247: Froissart, liv. II, chap. V.]

[Note 248: Froissart, liv. II, chap. VII.--Christine de

Pisan, dans le _Livre des fais et bonnes meurs du sage roy

Charles_, décrit cette sorte d'engin (chap. XXXV): «Quant

l'on ne peut prendre le chastel par _vigne_ (chat), ne par

mouton (galerie avec bélier), l'en doit considerer la mesure

des murs, et doit-on faire chasteaulx et tours de fust, et

pareillement couvrir de cuir cru et mener au plus près des

murs qu'on peut; et par tel chastel de fust, on peut

assaillir en deux manieres: c'est par pierres lancier à ceulx

qui sont au chastel; et aussi par pons leveys, qu'on fait qui

vont jusques aux murs du chastel assigié; l'eus fait uns

petit édifices de fust, par quoy l'en meine ces chasteaulx et

tours de fust près des murs; ceulx qui sont au plus hault du

chastel doivent gecter pierres à ceulx qui sont sus les murs,

et ceulx qui sont au moyen estage doivent avaler les pons

leveys et envayr les murs; et ceulx qui sont en l'estage de

desoubz, se ilz peuvent approchier les murs, ils les doivent

foyr et miner...»]

[Note 249: Froissart, liv. I, chap. CCLXXX.]

[Note 250: _Le Livre des fais, etc._, chap. XXXV.]

[Note 251: En 1420.--_Hist. de Charles VI_.]

[Note 252: _Item_. «Le roy Henry fist clorre son host,

tout autour, de bons fossez, et n'y avoit que quatre entrées,

où il y avoit bonnes barrières que on gardoit par nuit; par

quoy on ne povoit sourprendre l'ost du roy Henry.» (1420.)

(_Mémoires de Pierre de Fenin_.)]

[Note 253: _Le Quadrilogue invectif_, édition d'André

Duchesne, 1617. Alain Chartier fut secrétaire des rois

Charles VI et Charles VII.]

[Note 254: Symphorien Guyon, t. II, p. 188.]

[Note 255: _Comptes de la commune_. Poitiers, 900 livres

tournois; la Rochelle, 500 livres tournois.]

[Note 256: _Comptes de la commune_. La ville de

Montpellier envoie en 1427 à Orléans quatre grandes arbalètes

d'acier pesant chacune 100 livres, plus cinq balles de

salpêtre et de soufre pesant 750 livres. On reçoit d'Auvergne

et du Bourbonnais 198 _cloches_ (carreaux) d'acier pour faire

des arbalètes.]

[Note 257: Plus tard les procureurs ou procurateurs

furent désignés sous le nom d'échevins.]

[Note 258: Voyez _Mém. sur les dépenses faites par les

Orléanais en prévision du siége et pendant sa durée, etc.,

extrait des comptes de la ville d'Orléans_, par

Vergnaud-Romagnesi. Aubry, 1861.]

[Note 259: Ce _harnois_ militaire se composait de: la

_heuque_ (jaquette), ceinte par une courroie de cuir, ou avec

des attaches de cuir appelées _orties_; du _bacinet_ (casque

de fer poli sans visière ni gorgerin); d'arcs, d'arbalètes,

d'épées, de guisarmes, de haches d'armes, de pies et de

maillets de plomb. La ville fit faire à cette époque

quatre-vingt-seize frondes à bâton, et en 1418, mille fers de

traits d'arbalètes fortes.]

[Note 260: Les tailleurs de pierre livrent 422 de ces

boulets, qui pesaient de 4 à 64 livres.]

[Note 261: Voyez PONT.]

[Note 262: Voyez, pour tous les détails du siége: le

_Journal du siége d'Orléans_, le _Procès de condamnation de

Jeanne d'Arc, avec notes_, etc., publié par J. Quicherat (t.

IV, p. 94), et l'_Histoire du siége d'Orléans_, par M.

Jollois (Paris, 1833). Dès le commencement du siége, le

peuple d'Orléans prend part à la défense. À l'attaque du

boulevard des Tournelles, le _Journal du siége_ cite les

chevaliers français qui s'y distinguèrent: «Pareillement,

ajoute-t-il, y feirent grand secours les femmes d'Orléans;

car elles ne cessoient de porter très diligemment à ceulx qui

deffendoient le boulevert, plusieurs choses nécessaires,

comme eaues, huilles et gresses bouillans, chaux, cendres et

chaussetrapes.»]

[Note 263: «Ce meisme jour du dimenche que les Tournelles

avoient esté perdues, rompirent les François, estans dedans

la cité, ung autre boulevert très fort. Et d'autre part

rompirent les Anglois deux arches du pont devant les

Tournelles, aprez qu'ils les eurent prinses, et y firent ung

très gros boulevert de terre et de gros fagotz.»]

[Note 264: Distance, 520 mètres.]

[Note 265: Leur armée pendant la durée du siége était de

10 à 11 000 hommes. Les forces des Orléanais, vers la fin de

janvier 1429, étaient à peu près égales.]

[Note 266: Il faut reconnaître que les Anglais, qui

n'eurent jamais plus de 11 000 hommes devant Orléans, ne

pouvaient fermer complétement les abords. D'ailleurs, en

présence d'assiégés qui chaque jour faisaient des sorties,

ils étaient obligés de laisser beaucoup de monde dans les

bastilles. Les quelques fossés de contrevallation qu'ils

avaient tenté de creuser avaient été bouleversés par les

Orléanais.]

[Note 267: «Très haut et très puissaut prince et nostre

très redoubté et honoré seigneur, nous nous recommandons très

humblement à vostre noble haultece. Combien qui autreffois,

nostre très redoubté et honoré seigneur, nous ayons par

devers vostre haultece escript et supplié très humblement à

ce que celle femme dicte _la Pucelle_ estant, la mercy Dieu,

en vostre subjeccion, fust mise es mains de la justice de

l'Eglise pour lui faire son procès deuement sur les

ydolatries et autres matières touchans nostre saincte foy, et

les escandes réparer à l'occasion d'elle survenus en ce

royaume; ensemble les dommages et inconvéniens innumérables

qui en sont ensuis...; car en vérité au jugement de tous les

bons catholiques cognaissans en ce, si grant lésion en la

sainte foy, si énorme péril, inconvénient et dommaige pour

toute la chose publique de ce royaume ne sont avenues de

mémoire d'omme, si comme seroit, se elle (la Pucelle) partoit

par telles voyes dampnées, sans convenable reparacion; mais

seroit-ce en vérité grandement au préjudice de vostre honneur

et du très chrestien nom de la maison de France, dont vous et

vos très nobles progéniteurs avez esté et estes

continuelement loyaux protecteurs et très nobles membres

principaulx...» (_Procès de condamnation de Jeanne d'Arc_,

publié par J. Quicherat, t. I.--_Lettre de l'université de

Paris au duc de Bourgogne_, p. 8.)--L'université de Paris, en

réclamant la mise en jugement et la condamnation de Jeanne

d'Arc, agissait au nom des principes conservateurs. En effet,

où allait-on si une pauvre villageoise pouvait impunément se

faire suivre de tout un peuple au seul nom de l'indépendance

nationale, et détruire ainsi toutes les combinaisons

politiques des seigneurs français et anglais pour se partager

le territoire? Mais à côté de ce style amphigourique et des

interrogations captieuses adressées à la Pucelle par ses

juges, quelle grandeur et quelle noble simplicité dans ses

réponses. «Interroguée s'elle dist point que les pennonceaulx

qui estoient ensemblance des siens estoient eureux: respond,

elle leur disoit bien à la fois: Entrez hardiment par my les

Anglois et elle mesme y entroit.»

Quand fut prise la ville d'Orléans, «si mandèrent (les

Anglois) hastivement ces choses au duc Jean de Betfort,

régent, qui de ce fut moult dolent, et doublant que aucuns de

ceulx de Paris se deussent pour ceste desconfiture réduire en

l'obéissance du roy et faire _esmouvoir le commun peuple_

contre les Anglois...» Le commun peuple ne tenait plus compte

des usages de la guerre; plus de prisonuiers, il fallait

exterminer les étrangers. «... Si furrent illee (il la prise

de Jargean), prins prisonniers Guillaume de la Poule, comte

de Suffort, Jean de la Poule son frère; et fut la déconfiture

des Anglois nombrée environ cinq cent combattans, dont le

plus furent occis, car les gens du commun occioient entre les

mains des gentilshommes tous les prisonniers anglois qu'ils

avoient pris à rançon. Par quoy il convint mener à Orléans

par nuict, et par la rivière de Loire, le comte de Suffort,

son frère et autres grands seigneurs anglois, pour saulver

leurs vies.» (_Chroniq. de la Pucelle. Témoign. des chroniq.

et hist. du XVe siècle_). (_Procès de condamn. et de réhabil.

de Jeanne d'Arc_, publié par J. Quicherat, t. IV.)]

[Note 268: Voyez le _Siége de Metz en_ 1444, par MM. de

Saulcy et Huguenin aîné. Metz, 1835.]

[Note 269: Nous trouvons une organisation semblable à

Toulouse au XIIIe siècle (_Croisade contre les Albigeois_,

vers 5733 et suiv.):

«Si vos cobralz Toloza per so que la tengatz

Totz paratges restaura e reman coloratz.

...

Etotz pretz e paratges pot esser restauratz,

Que he la defendrian si vos sol i anatz.»

]

[Note 270: Soldoyeurs montés, soldoyeurs à pied.]

[Note 271: Voyez le _Journal du siége d'Orléans,

l'attaque de Jargeau_, etc.]

[Note 272: _Mém. d'Olivier de la Marche_, chap. XXVII.]

[Note 273: _Ibid._, chap. XXXV.]

[Note 274: L'artillerie des Orléanais était en effet

beaucoup moins nombreuse que celle des assiégeants, mais il

semble qu'elle fût mieux servie. D'ailleurs l'artillerie

anglaise ne se composait guère que de bombardes à tir

parabolique, tandis que les Orléanais possédaient quelques

pièces envoyant de plein fouet des boulets de métal.]

[Note 275: Voyez ARCHITECTURE MILITAIRE, fig. 48 et 49.]

[Note 276: Comme à Nuremberg, par exemple (voyez TOUR).]

[Note 277: Voyez le bel ouvrage de Buonaiuto Lorini, le

_Fortificationi_, Venetia, 1609, et aussi Francesco Tensini,

_la Fortificatione, guardia, difesa et expugnatione delle

fortezze_, Venetia, 1645.--_La fortification démontrée_, par

Errard de Bar-le-Duc. Paris, 1620.]

[Note 278: Voyez, page 33, la figure qui indique qu'alors

le tir de ricochet était déjà usité.]

* * * * *

SIGNES (DES ÉVANGÉLISTES), voyez ÉVANGÉLISTES;--(DU ZODIAQUE), voyez

ZODIAQUE.

* * * * *

SOCLE, s, m. Assise inférieure d'un pilier, d'une colonne (sous la

base), d'un mur. Le socle se dessine toujours par une saillie, un

empattement plus ou moins prononcé. Un profil accuse cette saillie, qui,

dans les constructions du moyen âge, n'est jamais laissée horizontale.

Dans l'architecture romane, le profil qui couronne le socle est

habituellement un biseau de 45º à 60º (voyez en K, fig. 1.) Plus tard,

pendant la période dite gothique, le profil du socle est souvent, une

moulure tracée de manière à ne pas présenter d'angles saillants pouvant

blesser les passants.

La figure 1 présente en A un profil de socle encore roman, adopté sous

les piles et les bases des colonnes de certains monuments de la

Bourgogne, de la Champagne et du Nivernais; en B, le profil des socles

de contre-forts du XIIe siècle (Languedoc et Auvergne); en C, des

profils de socles du XIIIe siècle; en D, du XIVe et en E du XVe.

Généralement, à l'extérieur, l'assise de socle accuse le niveau du sol

intérieur. Il n'est pas besoin de dire que, pour les socles, les

constructeurs du moyen âge ont choisi les matériaux les plus durs. (Voy.

BASE.)

[Illustration: Fig. 1.]

* * * * *

Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 8 - (Q suite - R - S) · 第 39 / 47 段