et la détermination de Sa Hautesse de la faire suivre par l'investiture
du Pacha d'Egypte du Gouvernement héréditaire de cette Province viennent
de mettre au grand jour le résultat vers lequel tendaient les
transactions de Londres, dictées par les v[oe]ux uniformes des
Puissances Chrétiennes, d'assurer la paix politique de l'Europe par le
maintien de l'indépendance et de l'intégrité de l'Empire Ottoman qui
devait ressortir du règlement définitif des rapports entre la Sublime
Porte et le Gouvernement de l'Egypte. La Syrie qui avait été placée
pendant quelque tems sous la domination de ce dernier et avait offert
aux étrangers une sécurité analogue à celle qu'ils trouvaient en Egypte,
pendant que la population indigène Syrienne se voyant assimilée à celle
de cette province et menacée de perdre toutes les conditions d'un état
social tout différent et basé sur des lois positives, des transactions
historiques et des habitudes gouvernementales garantissant la propriété,
la liberté du commerce, &c., &c.; la Syrie rentrée maintenant par les
succès des armées du Sultan et de ses alliés sous la domination du Grand
Seigneur, réclame les soins les plus assidus du Gouvernement Ottoman,
afin d'ôter tout prétexte raisonnable à ceux qui voudraient déverser un
blâme sur les résultats obtenus en 1840, en alléguant que la condition
de cette Province intéressante, aurait empiré à leur suite.
Les Puissances qui ont prêté leurs conseils et leurs secours à S.H. dans
le but invariable d'assurer l'indépendance de son pouvoir et l'intégrité
de son Empire contre les usurpations d'un sujet rebelle, doivent
abandonner maintenant au Sultan le soin de faire participer ses sujets
en Syrie aux bienveillantes dispositions pour ses peuples, énoncées dès
le commencement de son règne par le Hat de Gulhané; et si leurs conseils
doivent tendre à hâter leur réalisation, elles auront dans les voies
d'une sage politique, à en surveiller l'exécution.
Mais le fait même, nouveau dans l'histoire, du secours porté par des
Puissances Chrétiennes au Grand Seigneur contre un sujet rebelle, auquel
l'opinion publique attribuait le mérite d'avoir procuré, dans les pays
soumis à sa domination de fait, aux Chrétiens tant indigènes
qu'étrangers plus de sécurité pour leurs personnes et une plus grande
tolérance que celles qu'ils y trouvaient auparavant, impose à ces
Puissances comme devoir de conscience de peser mûrement les moyens pour
épargner tant au Grand Seigneur, leur allié, qu'à Elles-mêmes, le blâme
qui pourrait ressortir pour Elles, si la condition des Chrétiens en
Syrie allait se présenter sous un jour moins favorable, à la suite de la
réintégration de cette Province sous la domination directe du Grand
Seigneur. C'est pour obvier à cette fâcheuse éventualité que le Cabinet
Impérial soumet à ses Alliés les considérations suivantes:
Les Chrétiens en Syrie sont ou fixés dans le pays, ou ils y résident
temporairement. Les premiers constitués en corps de nations, comme
Maronites, Arméniens, &c., &c., jouissent d'une existence politique
découlant de capitulations, traités, privilèges, &c., &c., et se
trouvent sous des Chefs ressortant de ces derniers; la Sublime Porte
vient d'énoncer sa ferme volonté de donner à cet état de choses, les
développements et la fixité qu'il réclame et pour lequel ces Populations
ont acquis un nouveau titre à la suite du dévouement qu'elles viennent
de montrer pour rentrer sous la domination légitime.
Une autre partie de la population sédentaire Chrétienne est répandue
dans le reste du pays, soumise aux lois générales et protégée par le Hat
de Gulhané. Elle ne saurait demander que la stricte observation de ces
dispositions par les autorités locales, et toute la tendance du
Gouvernement Ottoman est là pour la leur assurer dans l'avenir.
La population Chrétienne transitoire se compose en partie de ceux qui y
arrivent comme étrangers pour leurs affaires de commerce, les traités
existant avec les différentes Puissances et la protection consulaire
assurent leur condition. Mais la Syrie renferme les lieux que l'origine
de la Religion Chrétienne a sanctifiés pour toujours et où la piété des
fidèles a établi de nombreuses fondations et qui ont attiré de tous tems
de nombreux pèlerins; ces fondations et ces pèlerins ont joui depuis
l'occupation Mahométane de nombreux privilèges, qui, à partir de 1059
jusqu'en 1803, se sont succédés et dont l'effet n'a pu être suspendu ou
contrarié que par le fait des autorités locales Musulmanes, qui, au lieu
de se conformer aux dispositions souveraines et à l'esprit de la
législation et du centre, gardiennes de la foi jurée, et favorables à
une tolérance conforme aux principes du Coran et à un Gouvernement
éclairé, se sont laissées égarer par un esprit de lucre et de
partialité.
Il paraît donc que l'action tutélaire _du centre du Gouvernement_, qui
doit vouloir le maintien des concessions faites, des privilèges donnés,
&c., &c., a manqué jusqu'ici d'organes propres pour obvier à ces abus,
et que le but spécial, dont ils sont l'objet, la protection des lieux
saints et des pèlerins de toute la Chrétienté qui vont les visiter, ne
saurait être atteint, tant qu'il ne formerait qu'une des attributions
des administrations ordinaires; ne serait-ce pas ici le cas pour que la
Porte se décidât à nommer _un employé spécial_, afin d'assurer le
maintien des anciens privilèges et l'exécution des dispositions du Hat
de Gulhané à l'égard des lieux saints, et les Chrétiens qui forment la
population sédentaire et mouvante Chrétienne de ces lieux?
Cet employé d'un rang assez élevé pour assurer sa position et garantir
les attributions de sa place vis-à-vis l'autorité du Pacha revêtu du
Gouvernement civil et militaire, cet employé chargé directement de tout
ce qui aurait rapport aux lieux saints et aux pèlerins et mis en contact
avec les représentans des Gouvernemens Chrétiens nommés ad hoc, qui,
sous la dénomination de _Procureurs_, auraient à soutenir les droits de
leurs nationaux sous le point de vue confessionnel; cet employé placé
pour sa personne en rapport direct avec le centre du Gouvernement à
Constantinople, ne recevant d'ordres que de là où toute réclamation
possible contre lui et tout appel en dernière instance s'adresserait
également par les organes diplomatiques des Puissances Chrétiennes,
répondrait à un besoin qu'il est facile de pressentir dès ce jour, et
dont l'expérience démontrera ou l'utilité, s'il est nommé à tems, ou la
nécessité si l'on tarde à y pourvoir.
Il ne s'agit pas de faire du nouveau pour le fond; il s'agit de
maintenir des privilèges, et de régulariser de nouveau ce qui a existé
et ce qui est tombé en désuétude dans le cours des siècles. Le pèlerin
religieux est respectable aux yeux du croyant, le gardien des lieux
saints ne l'est pas moins, le Gouvernement central et l'esprit religieux
du peuple le reconnaissent et le sentent également; ce n'est que les
abus des passions et des positions subalternes qui ont fait et qui font
le mal et auxquels il s'agit d'opposer la digue d'une entente entre les
Puissances et la Porte qui aurait pour objet de régulariser l'action
d'une autorité bien organisée dépendant directement du centre de
l'Empire, autorité qui ne saurait avoir un autre intérêt que celui de
répondre au but de son institution.
(F.O. Docs. 64/235.)
* * * * *
_Lord Clanricarde to Lord Palmerston (Extract)._
ST. PETERSBURG,
_February 23, 1841_.
MY LORD,--...The memorandum of Prince Metternich, suggesting the
establishment of a Turkish Commissioner in the Holy Land, for the
protection of Christian Pilgrims, and Travellers, and proposing a joint,
or simultaneous application from the European Powers to the Porte, in
which France might take a part, and thus be drawn out of her isolated
position, has been coldly received by the Russian Government. Count
Nesselrode said it did not appear to him a necessary or desirable
measure, and that the Consuls in Syria were adequate to protect the
Europeans, whom Commerce, piety, or curiosity might attract to that
Country....
The Emperor and his Ministers seem to think that age, and a great sense
of the responsibility that is upon him, have of late much increased
Prince Metternich's natural caution and timidity.
I have the Honour to be with the Highest Respect, My Lord,
Your Lordship's most obedient Humble Servant,
CLANRICARDE.
THE VISCOUNT PALMERSTON, G.C.B.
(F.O. Docs. 63/271.)
* * * * *
_Mémoire of the King of Prussia dated February 24, 1841, delivered to
Lord Palmerston by Baron Bülow._
Les événements importants qui viennent de s'accomplir en Orient, ont
replacé sous l'autorité souveraine du Sultan la Palestine et y ont
rétabli l'état politique qui existait avant l'occupation de Méhémet Ali.
Ce n'est pas par ses propres moyens que le Sultan a réussi à expulser
son vassal rebelle de cette contrée, berceau du christianisme et cher à
toutes les communions de la grande Eglise chrétienne. Le chef de la
religion musulmane doit ce succès à un Traité que quatre des Puissances
chrétiennes ont conclu avec lui et qui a reçu son exécution par la
valeur chevaleresque de militaires chrétiens. Plus le noble
désintéressement des Puissances qui ont porté secours à l'Empereur des
Ottomans, leur fournit des titres à sa reconnaissance moins il peut être
douteux que ces mêmes Puissances sont pleinement en droit de réclamer de
ce souverain des concessions dans un but purement spirituel et
uniquement destinées à relever l'exercice du culte chrétien de la triste
condition où il se trouve dans la contrée même qui l'a vu naître.
Le Roi, notre auguste maître, a saisi cette idée. Profondément attaché à
ses convictions religieuses et pénétré de ses devoirs comme Prince
chrétien, Sa Majesté se reconnaît dans le concours de la Prusse aux
stipulations du 15 Juillet 1839 un droit et se sent la vocation de
signaler à l'attention des autres Puissances chrétiennes l'opportunité
du moment actuel et les précieuses facilités qu'il offre, pour obtenir
du Grand-Seigneur l'amélioration du sort des chrétiens qui habitent la
Terre sainte, l'affranchissement de leur culte et l'établissement
d'institutions qui garantissent à l'avenir aux Chrétiens de toutes les
confessions le libre accès des lieux, objets de leur vénération et
témoins des événemens sur lesquels repose l'espérance de leur salut
éternel.
Sa Majesté est persuadée que les autres Souverains partageront les
sentiments qu'Elle professe Elle-même. D'ailleurs il est incontestable
que depuis une demi-siècle, les esprits les plus élevés ont déjà plaidé
la cause que le Roi, notre auguste maître, recommande à la sollicitude
des grandes Cours Européennes. Il serait superflu de citer des noms,
mais le nombre et la qualité des voyageurs de toutes les nations et de
toutes les confessions chrétiennes, qui affluent à Jérusalem, attestent
déjà que la Chrétienté prend toujours un vif intérêt aux lieux saints et
que cet intérêt, loin de se refroidir, se ravive avec le progrès que
l'esprit religieux fait en Europe.
En comptant avec une entière assurance sur les sympathies de SS.MM.
l'Empereur d'Autriche, de Russie et de la Reine de la Grande Bretagne
pour les v[oe]ux qu'il forme à ce sujet, le Roi, notre auguste maître,
Leur fait proposer de faire valoir auprès de la Porte Ottomane les
immenses services qu'elles viennent de lui rendre, pour l'engager à
conclure avec les grandes Puissances Européennes un arrangement qui
place les villes saintes de Jérusalem, Bethléhem et Nazareth, sauf les
droits de souveraineté du Sultan, sous la protection commune de ces
Puissances.
D'après les idées de Sa Majesté l'arrangement à conclure porterait que
1. Les populations chrétiennes des dites villes, les églises, couvents,
hospitaux qui en dépendent, ainsi que les pèlerins, les savants, les
artistes, les artisans chrétiens, &c., &c., qui y feraient un séjour
passager, obtiendraient des immunités et des franchises telles que
l'intervention des autorités turques dans leur administration intérieure
fût exclue. Ces immunités et franchises seraient cependant accordées
sans préjudice des droits de Souveraineté du Sultan.
2. Les habitans chrétiens des dites villes cesseraient d'appartenir à la
catégorie de Rayahs; ils seraient à l'avenir _exclusivement_
justiciables, quant à leur personnes et quant à leur propriétés, des
Résidents des cinq grandes Puissances Européennes, de manière que leurs
obligations envers la Porte se réduiraient à un tribut dont le montant
annuel serait acquitté par la communauté (non par les individus).
3. Le propriété des lieux saints à Jérusalem, Bethléhem et Nazareth
passerait aux cinq grandes Puissances chrétiennes et ferait l'objet d'un
arrangement spécial à conclure avec ceux qui se trouvent maintenant en
possession de ces localités.
4. Les chrétiens habitant soit pour toujours soit temporairement les
villes saintes, se formeraient d'après les différentes confessions, en
autant de corps spéciaux, catholiques-romains, grecs, évangéliques. Les
Arméniens et les Syriens se joindraient au premier ou au second de ces
corps, selon leur rit actuel. Chacun de ces corps serait considéré comme
une communauté spéciale légalement constituée. Toutes les communautés
jouiraient de droits fixés d'avance à l'égard des lieux saints; la
communauté évangélique serait autorisée à établir un culte selon ses
rits, à fonder un hospital, &c., &c. Les Chrétiens de cette confession
seraient admis à faire leur dévotion dans l'église du St. Sépulcre et
dans la Basilique de Bethléhem, dont les parties seraient spécialement
destinées à leur usage.
5. La direction des communautés serait confiée à trois Résidents. Celui
de la communauté catholique serait à la nomination de l'Autriche et de
la France, la Russie nommerait le Résident pour la communauté grecque;
la Grande Bretagne et la Prusse celui des protestants. Chaque Puissance
qui nommerait un résident, mettrait à sa disposition un garde de 60
soldats. La formation de ses gardes ferait l'objet d'une stipulation
ultérieure.
On choisirait quelques points pour les fortifier autant qu'il le
faudrait, pour les mettre à l'abri d'une incursion subite de hordes
arabes et pour que les communautés chrétiennes pussent s'en servir pour
mettre en sûreté les vases sacrés précieux et leurs propriétés en
général.
L'ancienne place du temple et la mosquée d'Omar resteraient dans tous
les cas aux Turcs.
On pourrait encore soumettre à une délibération commune, si les cinq
Puissances ne stipuleraient pas également en faveur des Juifs domiciliés
à Jérusalem et de ceux qui s'y rendent en pèlerinage, des immunités
analogues à celles à obtenir pour les Chrétiens.
* * * * *
_Covering Letter from Baron Bülow to Lord Palmerston, March 6, 1841
(Extract)._
...Il faudra donc faire obtenir aux membres de l'église évangélique
(sans distinction des communions spéciales qui la composent) la
propriété exclusive d'une place distincte près du St. Sépulcre de
Jérusalem et dans l'église du même nom pour y faire leurs prières et
pour y célébrer leur culte. Cette place serait mise sous la protection
spéciale des deux Puissances qui en garantiraient la possession paisible
à la communauté protestante. Il s'agira aussi d'acquérir pour cette
communauté le mont Sion afin d'y bâtir un hospice pour tous ceux qui
visiteront ces contrés par des motifs religieux ou scientifiques,
d'établir des presbytères et des hospitaux, de fonder des écoles pour
les enfans de la population protestante (peut-être aussi pour les enfans
juifs), enfin de construire des ouvrages de fortification dont la faible
garnison, mentionnée dans le mémoire, aura besoin pour se défendre....
(F.O. Docs., 64/235.)
* * * * *
_Lord Beauvale to Lord Palmerston._
VIENNA, _March 2nd, 1841_.
MY LORD,--The King of Prussia has sent His Minister at this Court a
proposition for regulating the position of the Christians in Syria,
which, if it were acted upon, would in Prince Metternich's opinion throw
that Country into inextricable confusion. His Highness transmitted a few
days back a memorandum on the subject to London which He persists in
regarding as establishing the only advantageous mode of treating the
question, and as He purposes drawing up a statement of his objections to
the Prussian proposition, He earnestly entreats that no acquiescence may
be given to any part of it on behalf of the British Government until
those objections have been submitted to Your Lordship.
I have the honor to be with the greatest respect, My Lord,
Your Lordship's Most Obedient Humble Servant,
BEAUVALE.
THE VISCOUNT PALMERSTON, G.C.B.
(F.O. Docs., 7/298.)
* * * * *
_Lord Palmerston to Lord Beauvale, (Draft)._
F.O., _March 11th, 1841_.
MY LORD,--With reference to Your Excellency's despatch No. 38 of the 2nd
instant reporting Prince Metternich's objections to the Prussian scheme
for regulating the position of the Christians in Syria, I have to inform
Your Excellency that H.M.'s Government agree very much with Prince
Metternich's as to that scheme.
P.
(F.O. Docs. 1/296.)
* * * * *
_Memorandum of Austrian Government delivered to Lord Palmerston by
Prince Esterhazy, March 31, 1841._
Sur le Mémorandum du 3 Février[141] et le mémoire Prussien, relativement
à la protection des Chrétiens en Syrie.
La différence entre le mémorandum du 3 fév. et le mémoire prussien
consiste en ce que le premier fournit un moyen pratique pour _porter
remède_ au mal existant, sans entreprendre une reforme dangereuse,
tandis que l'autre tend à introduire _un nouvel ordre de choses_ en
faveur de la représentation de l'Église évangélique, par des moyens
inexécutables.
_Le travail du 3 fevr._ se base sur la vérité, que ni les populations
chrétiennes sédentaires et mouvantes, ni les couvens des trois
confessions, catholique, grecque et arménienne, n'ont jamais eu à se
plaindre d'un manque de tolérance musulmane. C'est un témoignage
irrécusable qu'on peut recueillir sur les lieux auprès de ceux même qui
y sont les plus intéressés.
Des firmans sans nombre, relatifs à des privilèges et à la donation de
lieux saints aux environs de Jérusalem, Bethléhem et Nazareth se
trouvent déposés aux archives des différens couvens, et s'ils n'ont
point été mis en exécution et forment le sujet de disputes continuelles
entre les trois confessions, la faute n'en est pas au Gouvernement Turc,
mais uniquement _à la vénalité_ des Musselims, comme autorités locales.
L'exécution des firmans toujours mise arbitrairement à un prix très
élevé est devenu de la part des Musselims une spéculation financière.
La désunion regrettable qui règne entre les confessions, ou comme on les
appelle sur les lieux, les trois nations, exploite cette corruptibilité,
tantôt pour suspendre l'exécution d'un firman jalousé, tantôt pour
obtenir moyennant l'intervention du Musselim un second firman annullant
le premier, ce qui a surtout lieu, lorsqu'il s'agit de la donation d'un
lieu saint. En pareil cas la confession la plus offrante est sûre
d'atteindre son but et rien n'est plus à désirer que _la punition sévère
du trafic illicite et honteux_, qui se pratique avec les firmans et
l'irrévocabilité _de ceux une fois émanés_.
C'est donc en parfaite connoissance du véritable siége du mal, que le
mémorandum du 3 février _a cherché le remède dans le renfort de l'action
tutélaire du Gouv. par un employé sultanique spécial d'un rang assez
élevé pour être placé à côté des Musselims; employé qui serait chargé
directement de tout ce qui aurait rapport aux lieux saints et aux
pèlerins--qui serait mis en contact avec les Représentans des
Gouvernement Chrétiens nommés ad hoc, sous la dénomination de procureurs
et qui ne recevrait d'ordres que de Constantinople où les plaintes
élevées contre lui seraient portées à la connoissance du Gouvernement
dans la voie diplomatique_.
_Le mémoire prussien_ tendant à établir sur les lieux une représentation
de l'église évangélique et sa participation aux fondations existantes,
suscite une question _toute nouvelle_, dont la portée n'est pas à
calculer.
Sans considérer l'opposition de Rome, du St. Synode de St. Pétersbourg,
et du Patriarchat grec à Constantinople le mémoire suggère des moyens
qui, loin de porter remède au mal existant, feraient naître des
nouvelles complications et accroître la désunion parmi les confessions
chrétiennes. Ce regrettable résultat serait surtout amené par les points
suivans du mémoire prussien:
A. _La propriété des lieux saints à Jérusalem, Bethléhem et Nazareth
passerait aux cinq grandes Puissances._
Mais cette propriété est aux différentes confessions, qui déjà jalouses
de la partager entre _trois_, ne voudraient certainement pas faire une
cession de droits acquis, en faveur d'une _quatrième prétendant_.
B. _Les Chrétiens évangéliques auraient dans l'église du St. Sépulcre à
Jérusalem et dans celle de Bethléhem des parties spécialement destinées
à leur usage._
Mais dans ces deux églises chaque pouce de terrain est disputé par les
trois confessions. Toute la Basilique de Bethléhem fut adjugée, il y a
80 ans, aux Grecs; en vertu d'un firman obtenu par des sommes
considérables, eux et les Arméniens possèdent _seuls_ la propriété de la
Grotte de la Nativité; les moins franciscains n'osent point y dire la
messe, et il n'y a que l'autel de la Ste. Crèche qui appartienne à ces
derniers. Dans le temple de Jérusalem existent les mêmes subdivisions
exclusives. Chaque chapelle forme pour ainsi dire une monopole; celle du
Calvaire est partagée en deux--l'autel des Grecs occupant la place de
l'exaltation de la croix, celui des Catholiques celle du crucifiement.
Comment faire entrer une quatrième confession dans un partage déjà si
contesté? La répartition toute faite de localités dont la propriété est
aussi hautement appréciée par la confession qui la possède qu'enviée par
la confession qui voudrait l'usurper, s'opposerait du reste à une
pareille entreprise.
C. _Chaque Puissance, qui nommerait un résident, mettrait à sa
disposition 60 soldats._
A part d'autres considérations qui rendent ce moyen inadmissible, il
fournirait des armes à une guerre de religion en petit qui, vu les
élémens de jalousie et de discorde déjà existans, ne manquerait pas
d'éclater.
(F.O. Docs. 7/302.)
* * * * *
BRITISH JEWS AND PALESTINE, 1841-1843.
_Colonel Churchill to Sir Moses Montefiore._
_June 14th, 1841._
MY DEAR SIR MOSES,--I have not yet had the pleasure of hearing from you,
but I would fain hope that my letters have reached you safe.
I enclose you a petition which has been drawn by the Brothers Harari, in
which they state their claims and their earnest desire to be immediately
under British protection. I am sorry to say that such a measure is much
required even now, not only for them, but also for all the Jews in
Damascus.
They are still liable to persecutions similar to those from which,
through your active and generous intervention, they have so lately
escaped. The Christians still regard them with malevolence, and the
statement in the petition enclosed is perfectly correct.
I cannot conceal from you my most anxious desire to see your countrymen
endeavour once more to resume their existence as a people. I consider
the object to be perfectly attainable. But, two things are indispensably
necessary. Firstly, that the Jews will themselves take up the matter
universally and unanimously. Secondly, that the European Powers will aid
them in their views. It is for the Jews to make a commencement. Let the
principal persons of their community place themselves at the head of the
movement. Let them meet, concert and petition. In fact the agitation
must be simultaneous throughout Europe. There is no Government which can
possibly take offence at such public meetings. The result would be that
you would conjure up a new element in Eastern diplomacy--an element
which under such auspices as those of the wealthy and influential
members of the Jewish community could not fail not only of attracting
great attention and of exciting extraordinary interest, but also of
producing great events.