Numéros. Noms scientifiques. Noms Tagalocs.
1 Psittacula loxia (Less.) Boubouctouc.
2 Loriculus Coulaci (Bonap.) Coulacissi.
3 Tanygnatus marginatus (Wagl.)
4 Prioniturus platurus (Bonap.)
5 Cacatua Philippinarum (Bourj.) Cacatoua.
6 Haliætus blagrus (Smith.) Laouin.
7 Haliastur ponticerianus (Selby.) Id.
8 Aviceda magnirostris (Bonap.) Id.
9 Ierax sericeus (Gray), ou falco
Gironieri (Eydoux) Laouin-monti.
10 Spizætus lanceolatus (Tem.) Laouin.
11 Astur trivirgatus (Cuv.) Id.
12 Accipiter virgatur (Gray) Id.
13 Jeraglaux philippensis (Bonap.)
14 Otus philippensis (Gray.)
15 Syrnium philippense (Gray.)
16 Caprimulgus macrotis (Dig.)
17 Acanthylis giganteus (Bonap.)
18 Cypselus sinensis (Cuv.)
19 Dendrochelidon comatus (Boie.)
20 Buceros hydrocorax (Lin.) Calao.
21 Buceros antracinus (Tem.) Id.
22 Tockus sulcatus (Bonap.) Talictik.
23 Tockus sulsirostris (Bonap.) Id.
24 Dasylophus supersiliosus (Swains.) Sabucot-pula.
25 Dasylophus Cumingi (Fraser.) Id.
26 Eudynamis australis (Swains.) Saboucot.
27 Centropus viridis (Pueher.) Id.
28 Centropus Molkenboeri (Bonap.) Id.
29 Cacomantis flavus (Bonap.) Id.
30 Chrysocolaptes hæmatribon (Bonap.) Manounuctouc.
31 Id. palalaca (Bonap.) Id.
32 Id. menstruus (Bonap.) Id.
33 Picus moluccensis (Lin.) Id.
34 Megalaima philippensis (Gray.) Aso.
35 Harpactes ardens (Gould.)
36 Halcyon fusca (Gray.) Salacsac.
37 Id. collaris (Gray.) Id.
38 Id. Lindsayi (Gray.) Id.
39 Ceyx melanura (Kaup.) Id.
40 Alcyone cyanipectus (Bonap.) Id.
41 Merops badius (Gm.) Pirit.
42 Do javanicus (Horsf.) Id.
43 Kitta speciola (Bonap.)
44 Eurystomus orientalis (Bonap.) Ouackuackean.
45 Parus quadrivittatus (Lafres.)
46 Motacilla luzoniensis (Scopol.)
47 Brachyurus atricapillus (Bonap.)
48 Id. erythogastra (Bonap.)
49 Hypsypetes philippensis (Strickl.)
50 Microscelis philippensis (Gray)
51 Ixos chrysorrhæus (Tem.)
52 Id. sinensis (Bonap.)
53 Copsychus luzoniensis (Kittl.) Dominico.
54 Megalurus palustris (Horf.)
55 Calliope camtschatkensis (Bonap.)
56 Petrocincla eremita (Gray)
57 Petrocossypha manillensis (Bonap.)
58 Pratincola caprata (Bonap.) Tainbabouii.
59 Cyornis elegans (Bonap.)
60 Myiagra manadensis (Bonap.)
61 Rhipidura nigritoryques (Bonap.) Maria-Cafra.
62 Muscipeta rufa (Bonap.)
63 Collocalia nidifica (Bonap.) Salangan.
64 Id. esculenta (Bonap.) Id.
65 Artamus leucorhynchus (Vieill.) Palacpat.
66 Oriolus acrorhynchus (Vig.) Couliaouan.
67 Irena cyanogastra (Vig.)
68 Dicrourus balicassicus (Vieill.) Balicassiao.
69 Ceblepyris cærulescens (Blyth.)
70 Graucalus lagunensis (Bonap.)
71 Lalage orientalis (Boie.) Balac-angin.
72 Enneoctonus superciliosus (Bonap.)
73 Lanius sach. (Lin)
74 Crypsirhina varians (Vieill.)
75 Corvus inca (Horsf.) Couac.
76 Meliphaga mystacalis (Tem.) Coulanga.
77 Jora scapularis (Horsf.)
78 Zosterops meyeni (Bonap.)
79 Dicæum trigonostigma (Gray.)
80 Cinnyris pectoralis (Vieill.) Pipi.
81 Id. ruber (Vieill.) Id.
82 Lamprotornis insidiator (Caban.) Tordo.
83 Id. columbianus (Bonap.) Id.
84 Heterornis ruficollis (Bonap.) Id.
85 Acridotheres philippensis (Bonap.) Id.
86 Gymnops calvus (Cuv.) Coulin.
87 Ploceus philippensis (Bonap.)
88 Munia oryzivora (Bonap.) Maya.
89 Id. minuta (Bonap.) Id.
90 Estrelda amandava (Gray) Id.
91 Passer jugiferus (Tem.) Maya-pakin.
92 Ptilinopus roseicollis (Gray) Batu-batu punay.
93 Ramphiculus occipitalis (Bonap.) Batu-batu.
94 Treron psittacea (Gray) Id.
95 Id. vernans (Steph.) Id.
96 Phapitreron leucotis (Bonap.)
97 Carpophaga chalybura (Bonap.)
98 Ptilocolpa griseipectus (Bonap.)
99 Id. carola (Bonap.)
100 Macropygia phasianella (Bonap.) Batu-batutabacuan.
101 Tutur chinensis (Scopol.)
102 Streptopelia humilis (Bonap.) Batu-batu monti.
103 Phlegænas cruenta (Bonap.)
104 Chalcophaps indica (Gould.) Lipagin.
105 Caloenas nicobarica (Gray) Batu-batu dougou.
106 Megapodius rubripes (Tem.) Tavon.
107 Id. Forstenii (Müll.)
108 Polyplectron Napoleonis (Less.)
109 Gallus bankiva (Tem.) Labouio.
110 Coturnix chinensis (Gould.) Pogo.
111 Turnix pugnax (Steph.) Id.
112 Id. ocellata (Gray) Pogo-malaquit.
113 Melanopelargus leucocephalus (Bonap.)
114 Typhon robusta (Müll.)
115 Ardea purpurea (Lin.)
116 Herodias sacra (Bonap.)
117 Buphus malaccensis (Bonap.)
118 Butorides javanica (Bonap.)
119 Ardeola cinnamomea (Bonap.)
120 Nycticorax manillensis (Vig.)
121 Id. caledonicus (Steph.)
122 Id. Goisagi (Gray)
123 Platalea luzoniensis (Scopol.)
124 Plegadis bengaleusis (Bonap.)
125 Totanus glareolus (Gray)
126 Id. ochropus (Tem.)
127 Id. hypoleucus (Gray)
128 Rallus torquatus (Lin.) Ticline.
129 Id. philippensis (Lin.) Id.
130 Ortygometra ocularis (Gray) Id.
131 Porphyrio pulverulentus (Tem.) Abab.
132 Gallinula cristata (Lath.) Id.
133 Gallinula olivacea (Meyer) Abab.
134 Dendrocygna vagans (Eyton.) Itic.
135 Id. arcuata (Swains.) Id.
136 Id. viduata (Swains.) Id.
137 Anas luzonica (Fraser.) Id.
138 Id. gibbifrons (Müll.) Id.
139 Id. superciliosa (Gm.) Id.
140 Spatula rhynchotis (Gould ) Id.
141 Querquedula crecca (Steph.) Id.
142 Id. circia (Steph.) Id.
143 Podiceps gularis (Gould.) Coulisi.
144 Id. australis (Gould.) Id.
145 Plotus Novæ-Hollandiæ (Gould.) Cassili.
146 Phalacrocorax sinensis (Gray.) Id.
147 Carbo javanicus (Horsf.) Id.
148 Pelecanus philippensis (Gm.) Pagala.
149 Fregata ariel (Gould.)
150 Larus pacificus (Lath.)
151 Xema Jamesonii (Gould.)
152 Sylochelidon strenuus (Gould.)
153 Thalasseus poliocercus (Gould.)
154 Sterna melanauchen (Tem.)
155 Onychoprion fuliginosa (Swains.)
156 Anous melanops (Gould.)
157 Diomedea exulans (Lin.)
158 Id. chlororhynchos (Lath.)
159 Id. culminata (Gould.)
160 Id. fuliginosa (Lath.)
161 Procellaria gigantea (Lath.)
162 Id. atlantica (Gould.)
163 Id. hasitata (Kuhl.)
164 Procellaria glacialoides (Smith.)
165 Puffinus æquinoctialis (Less.)
166 Prion turtur (Forst.)
167 Id. ariel (Gould.)
168 Thalassidroma marina (Less.)
169 Id. leucogastra (Gould.)
170 Id. nereis (Gould.)
171 Id. Wilsonii (Bonap.)
172 Spheniscus minor. (Tem.)
§ VIII.--Poissons.
Les lacs et les rivières abondent en excellents poissons. J'ai
déjà fait connaître les espèces qui habitent le lac de _Bay_. J'ai
cependant omis de parler de l'espèce la plus abondante, celle qui se
distingue par les particularités qui lui méritent une place spéciale:
je veux parler du _machoirin_, nommé par les Indiens _candolé_.
Le _candolé_ est un poisson sans écailles, dont la longueur ne dépasse
jamais deux pieds à deux pieds et demi; il est bleu sur le dos, et
blanc argenté sous le ventre. Il a une grosse tête en proportion
de son corps. Il porte trois fortes défenses, l'une sur le dos à
la naissance de la nageoire, et les deux autres de chaque côté du
thorax. Ces défenses sont longues d'un pouce à un pouce et demi,
selon la grosseur du poisson, très-aiguës, et sont dentelées en scie
le long des bords. Lorsque ce poisson est menacé par un ennemi, il
dresse ses trois défenses, et aucune force, à moins de les rompre,
ne peut leur faire reprendre leur position naturelle.
La piqûre de cette arme est très-dangereuse, et produit une douleur
atroce. Un individu qui serait blessé en même temps par plusieurs de
ces poissons en mourrait. Lorsque les Indiens en sont piqués, ils se
guérissent en faisant tomber dans la blessure quelques gouttes d'huile
enflammée. Pour cette petite opération, ils se servent d'une mèche de
coton fortement imbibée d'huile, allument l'une de ses extrémités,
et, en l'inclinant au-dessus de la blessure, quelques gouttes s'en
détachent et tombent dans la plaie. Cette manière de cautérisation
fait immédiatement cesser la douleur.
Il est de la famille des vivipares. A l'époque de la reproduction,
on trouve dans l'intérieur des femelles un long chapelet d'oeufs
globuleux, de la grosseur d'un gros pois. Ces oeufs renferment un
germe à un état plus ou moins parfait de création. Quelques-uns
ne présentent à l'intérieur qu'une substance laiteuse, tandis que
d'autres contiennent un foetus tout formé, et si plein de vie, qu'il
suffit de rompre l'enveloppe et de le mettre dans l'eau pour le voir
nager aussi bien que s'il était né naturellement.
La chair du _candolé_ se mange surtout fumée ou séchée au soleil.
Avec son estomac on fait de la colle de poisson.
On trouve aussi, et particulièrement dans le lac de _Bay_ et la
baie de Manille, une espèce de serpent d'eau, dont les plus forts
ne dépassent pas une longueur de trois à quatre pieds. Il est gris,
bariolé de noir et de jaune. Il est plus répugnant que dangereux;
il est même inoffensif. Dans les grandes crues les Indiens pêchent
ce serpent pour en faire de l'huile à brûler. Les aigles-pêcheurs
lui font une chasse acharnée.
La mer fournit aux habitants des plages une quantité considérable
de bons et excellents poissons. Ceux que nous avons en Europe, et
qui se trouvent dans les mers de Luçon, sont les _sardines_, les
_mulets_, les _maquereaux_, les _soles_, les _thons_, les _dorades_
et les _anguilles_.
On prend dans la baie de Manille, avec des lignes de fond, une espèce
de serpent de mer, d'une longueur de dix à douze pieds, d'une couleur
verdâtre mêlée de jaune. Les pêcheurs prétendent que sa morsure est
mortelle; aussitôt qu'ils en prennent un, ils lui coupent la tête.
C'est un animal dégoûtant et hideux. Cependant les Indiens le font
figurer dans leurs repas.
Les Indiens pêchent une grande quantité de trépangs; des requins, dont
ils prennent les ailerons pour les vendre aux Chinois; des tortues, qui
fournissent un bon aliment et de l'écaille, et des huîtres perlières.
Parmi ces huîtres il en est une espèce très-abondante dans la
baie de Manille, dont les écailles sont très-plates, minces et
transparentes. On taille ces écailles en petits carrés, pour servir
aux vitraux des maisons de Manille. Ces vitraux ont sur le verre
l'avantage de ne donner aux appartements qu'un clair-obscur, et de
ne pas laisser pénétrer les rayons du soleil.
La mer produit encore une grande quantité et une variété infinie
de crustacés, des mollusques, des coquillages de toute espèce, et
notamment d'excellentes huîtres.
§ IX.--Reptiles.
Il ne manque pas de reptiles aux Philippines; mais, n'ayant pas
l'intention de faire un cours d'histoire naturelle qui serait
au-dessus de mes forces, je vais seulement, ainsi que je l'ai fait
pour les poissons, m'occuper des espèces qui ont fixé mon attention
par leur particularité.
Dans le genre des sauriens j'ai déjà décrit l'_aligator_, le plus
monstrueux de tous les reptiles.
On trouve dans la même famille plusieurs espèces d'_iguanas_. La
plus grande a souvent sept à huit pieds de longueur. C'est un énorme
lézard couleur gris verdâtre, mêlé de points jaunes. Il vit sur
le bord des lacs, des rivières, dans des lieux humides, et souvent
dans les maisons. Il est presque amphibie, se nourrit de poissons,
de rats, de volatiles, et il est tout à fait inoffensif pour les
hommes. Sa chair blanche ressemble beaucoup à celle du poulet; elle
est très-bonne à manger. Les Indiens n'en font pas usage; ils sont
seulement très-friands de leurs oeufs, de la dimension de grosses noix,
et, comme ceux de la tortue, sans enveloppe solide.
Une petite espèce d'_iguana_, d'une couleur fauve, dont la longueur ne
dépasse pas un pied et demi à deux pieds, porte une crête ou carenne
qui se prolonge de la tête jusqu'au milieu de l'épine dorsale. Elle
habite toujours le bord des rivières et des lacs; elle se tient
ordinairement au soleil, sur les arbres qui avoisinent les bords
de l'eau.
Dans toutes les maisons de Manille, il y a toujours une grande quantité
de petits lézards qui ne se montrent que lorsque les lumières sont
allumées. Ils sont de couleur grise. Ils ont sous les pattes une
membrane qui les fait adhérer au sol, et leur facilite la faculté de
se promener au plafond, sur les murs, et même sur les glaces. Ils se
nourrissent de mouches et de moustiques.
Les _tacons_ ou _tchacons_, espèce bien plus grande que la dernière,
habitent aussi les maisons. Ils ont la longueur d'un pied; ils sont
de couleur grise mêlée de jaune, de bleu et de rouge. Leur tête
est énorme, et leur gueule d'une grandeur disproportionnée à tout le
corps. Ils ont aussi, comme les petits lézards dont je viens de parler,
une membrane sous les pattes. Ils adhèrent avec tant de force où ils
se posent, que lorsque c'est sur une partie du corps d'une personne,
on ne peut leur faire lâcher prise qu'en leur présentant un miroir;
la vue de leur semblable les fait se jeter sur lui pour le combattre.
Ce sont, du reste, des animaux inoffensifs. Ils se nourrissent
de cancrelats, espèce de scarabée. La nuit, ils font entendre par
intervalle un cri qui se répète sans interruption sept à huit fois:
_tcha-con_, ce qui leur a fait donner ce nom.
Les Indiens considèrent les maisons où ils habitent comme favorisées
du sort. Cette croyance les empêche de les détruire.
Dans les bois on voit voler d'un arbre à l'autre des petits
_dragons_. Ce sont aussi des lézards d'une longueur de sept à huit
pouces. Ils ont le corps mince et la queue très-déliée. La nature
leur a donné, comme aux chauves-souris, des ailes membraneuses, et de
plus, sous la mâchoire inférieure, une longue poche qui se termine en
pointe. Ils remplissent cette poche d'air pour se rendre plus légers,
et prolonger leur vol lorsqu'ils ont une longue distance à parcourir.
Ils sont inoffensifs, et se nourrissent d'insectes.
On trouve plusieurs espèces de serpents. Les plus connus, que j'ai
déjà décrits, sont le monstrueux _boa_; et dans ceux dont la morsure
est mortelle, l'_alin-morani_; puis une espèce de vipère nommée
_dajou-palay_ (feuille de riz).
Beaucoup d'autres sont aussi très-dangereux, mais leurs noms ne me
sont pas connus.
§ X.--Des insectes.
Plusieurs espèces d'insectes sont un tourment et même, on peut le dire,
une véritable calamité pour les habitants des Philippines.
Telles sont les innombrables sauterelles qui, ainsi qu'un gros nuage et
un foudroyant orage, s'abattent sur les récoltes et les moissonnent
en quelques heures; et sur les montagnes, les petites sangsues,
qui ne laissent pas un instant de repos au voyageur.
Une troisième famille dont je n'ai pas parlé, celle des fourmis,
vient aussi apporter son contingent d'incommodité et de destruction:
ouvrières diligentes, nuit et jour en mouvement, elles s'introduisent
partout, dévorent les provisions, montent dans les lits lorsqu'on n'a
pas la précaution de placer les pieds dans des vases remplis d'eau,
détruisent les récoltes avant de naître, font crouler les édifices sans
qu'on s'y attende; et enfin, lorsqu'on les trouble sans précaution dans
leurs travaux, elles vous enfoncent leur aiguillon dans les chairs,
et vous causent une vive douleur.
Cette famille mérite, pour chacune de ses espèces, une description
particulière.