Un Américain, M. A.-E. Humphrey, jugeant avec raison que ce que l'on
demande à une balle, soit à la guerre soit à la chasse, c'est seulement
de mettre hors de combat, et non de faire souffrir, vient de lancer
l'idée de la balle anesthésique, ou narcotique, de la balle qui apporte
en même temps la fracture, ou la lésion, et l'anesthésique empêchant de
la sentir.
La méthode est simple: dans de petites cavités de la pointe de la balle
blindée, l'inventeur met un peu de morphine (à l'état de sel solide).
Celle-ci ne diminue en rien l'efficacité du projectile; elle ne change
rien à son pouvoir destructeur.
Mais elle détermine l'anesthésie, chez l'homme ou la bête. Et le blessé
s'endort tranquillement, dit l'inventeur... En théorie, cela marche à
merveille, et la balle de M. Humphrey a bien tout l'air d'un «ange de
miséricorde». Les chasseurs l'apprécieront: qu'un lion ou un éléphant
soit blessé à une partie vitale, ou bien de façon insignifiante, il leur
sera toujours acquis, puisque toute blessure doit endormir l'animal, et
permettre de l'achever sans danger. Mais il faudra une dose de morphine
sérieuse pour un éléphant.