LES BALLES ANESTHÉSIQUES.

Un Américain, M. A.-E. Humphrey, jugeant avec raison que ce que l'on

demande à une balle, soit à la guerre soit à la chasse, c'est seulement

de mettre hors de combat, et non de faire souffrir, vient de lancer

l'idée de la balle anesthésique, ou narcotique, de la balle qui apporte

en même temps la fracture, ou la lésion, et l'anesthésique empêchant de

la sentir.

La méthode est simple: dans de petites cavités de la pointe de la balle

blindée, l'inventeur met un peu de morphine (à l'état de sel solide).

Celle-ci ne diminue en rien l'efficacité du projectile; elle ne change

rien à son pouvoir destructeur.

Mais elle détermine l'anesthésie, chez l'homme ou la bête. Et le blessé

s'endort tranquillement, dit l'inventeur... En théorie, cela marche à

merveille, et la balle de M. Humphrey a bien tout l'air d'un «ange de

miséricorde». Les chasseurs l'apprécieront: qu'un lion ou un éléphant

soit blessé à une partie vitale, ou bien de façon insignifiante, il leur

sera toujours acquis, puisque toute blessure doit endormir l'animal, et

permettre de l'achever sans danger. Mais il faudra une dose de morphine

sérieuse pour un éléphant.

L'Illustration, No. 3667, 7 Juin 1913 · 第 36 / 41 题