MARIE-ELISABETH DE VIVONNE, daughter of Louis-Victor de
Rochechouart, Duc de Vivonne, the brother of Mme de Montespan,
and wife of the Marquis de Castries. She died in 1718.
Mme de Castries étoit un quart de femme, une espèce de biscuit manqué,
extrêmement petite, mais bien prise, et auroit passé dans un médiocre
anneau: ni derrière, ni gorge, ni menton, fort laide, l’air toujours
en peine et étonné; avec cela une physionomie qui éclatoit d’esprit et
qui tenoit encore plus parole. Elle savoit tout: histoire, philosophie,
mathématiques, langues savantes, et jamais il ne paroissoit qu’elle
sût mieux que parler françois; mais son parler avoit une justesse,
une énergie, une éloquence, une grâce jusque dans les choses les plus
communes, avec ce tour unique qui n’est propre qu’aux Mortemarts.
Aimable, amusante, gaie, sérieuse, toute à tous, charmante quand elle
vouloit plaire, plaisante naturellement, avec la dernière finesse,
sans la vouloir être, et assénant aussi les ridicules à ne les jamais
oublier; glorieuse, choquée de mille choses, avec un ton plaintif qui
emportoit la pièce, cruellement méchante quand il lui plaisoit, et
fort bonne amie, polie, gracieuse, obligeante en général; sans aucune
galanterie, mais délicate sur l’esprit, et amoureuse de l’esprit
où elle le trouvoit à son gré; avec cela un talent de raconter qui
charmoit, et quand elle vouloit faire un roman sur-le-champ, une source
de production, de variété et d’agrément qui étonnoit. Avec sa gloire,
elle se croyoit bien mariée, par l’amitié qu’elle eut pour son mari:
elle l’étendit sur tout ce qui lui appartenoit, et elle étoit aussi
glorieuse pour lui que pour elle; elle en recevoit le réciproque et
toutes sortes d’égards et de respects[194].
[194] Ed. Chéruel, I. 390-391 (see also XII. 419, and XIV. 391);
ed. Boislisle, III. 332-333.