CINQUIÈME ACTE.

[Illustration.]

Le cocher, à la rigueur, aurait bien pu relever le pauvre diable après

sa chute; dans un autre temps, il se serait fait un vrai plaisir de

commettre cette bonne action et de prodiguer les consolations à

l'affligé: le cocher est naturellement sensible dans tout le courant de

l'année; mais, au jour de l'an, il est plus dur que le cuir de ses

chevaux. Vous vous étalez de vos quatre membres, dans ce bienheureux

jour, le cocher vous laisse faire, et, s'inclinant, la casquette à la

main, vous souhaite une bonne année. Quel affreux calembour! Enfin, le

voilà encore debout: il s'en trouve quitte pour la peur. Redevenu

piéton, le pauvre hère chemine, un mitron se trouve à sa rencontre; le

mitron porte un souper fin à un _lion_ et à une _biche_ de l'Opéra qui

se préparent à célébrer le premier de l'an à la façon de Lucullus, il

est nuit, nuit profonde comme dans les mélodrames du M. Anicet

Bourgeois; le mitron heurte l'homme, l'homme heurte le mitron, se

renvoyant l'un l'autre comme une balle bondissant sur une raquette, et

le souper tombe à plat ventre; un chien qui passait par là, et cherchait

un dîner en ville, profite de l'occasion pour se mettre à table sans

serviette.

[Illustration.]

L'Illustration, No. 0044, 30 Décembre 1843 · 第 21 / 22 题