[Illustration.]
Le cocher, à la rigueur, aurait bien pu relever le pauvre diable après
sa chute; dans un autre temps, il se serait fait un vrai plaisir de
commettre cette bonne action et de prodiguer les consolations à
l'affligé: le cocher est naturellement sensible dans tout le courant de
l'année; mais, au jour de l'an, il est plus dur que le cuir de ses
chevaux. Vous vous étalez de vos quatre membres, dans ce bienheureux
jour, le cocher vous laisse faire, et, s'inclinant, la casquette à la
main, vous souhaite une bonne année. Quel affreux calembour! Enfin, le
voilà encore debout: il s'en trouve quitte pour la peur. Redevenu
piéton, le pauvre hère chemine, un mitron se trouve à sa rencontre; le
mitron porte un souper fin à un _lion_ et à une _biche_ de l'Opéra qui
se préparent à célébrer le premier de l'an à la façon de Lucullus, il
est nuit, nuit profonde comme dans les mélodrames du M. Anicet
Bourgeois; le mitron heurte l'homme, l'homme heurte le mitron, se
renvoyant l'un l'autre comme une balle bondissant sur une raquette, et
le souper tombe à plat ventre; un chien qui passait par là, et cherchait
un dîner en ville, profite de l'occasion pour se mettre à table sans
serviette.
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