La fleur énorme de la mer
Éclose avec l'aurore sainte
Renaissait dans le gouffre amer
De tes prunelles d'hyacinthe.
Dans tes cheveux d'or j'adorais,
Sous l'or caduc de leur couronne,
Les impériales forêts
Et leur laticlave d'automne.
Les peupliers glauques et blancs
Et la mollesse des prairies
Revivaient dans les gestes lents
De tes mains douces et fleuries.
Mais aujourd'hui que tu n'es plus
La prêtresse et l'évocatrice,
Il faut les bois et les reflux
Pour que ta grâce refleurisse
Et les colchiques du matin
Ressuscitent dans ma pensée
Ta pâleur morne de satin,
O mensongère Fiancée.