II

Ni tes fiertés, ni tes paresses

Ni l'espoir menteur des caresses,

Ni ta chair de vierge, j'aimais

La splendeur de ma propre idée,

O maîtresse non possédée

Qui ne me trahiras jamais

Je garde en mon âme hautaine

Le rêve frais de la fontaine

Et des nénufars ingénus;

Je laisse aux lèvres sans extase

L'eau noire et, grouillant dans la vase,

Tous les reptiles inconnus,

Loin de l'hivernale vallée

L'aile des fleurs s'est envolée

Et le murmure des nids verts

Cherche, avec le vol des pétales,

Dans les aubes orientales

L'éternel printemps de mes vers.

C'est l'heure que j'ensevelisse

La blancheur du dernier calice

Avec les souvenirs défunts:

O nuptiale Galatée,

Rends-moi la corolle empruntée,

Rends-moi le songe des parfums,

Pour que je tisse avec mes strophes

Un linceul de riches étoffes

Embaumé de myrrhe et de nard

Et que je jette sur mon rêve

De jeunesse et de gloire brève

La pourpre antique de Schinnar.

La lyre héroïque et dolente · 第 98 / 136 题