Ich, ein tolles Kind, ich singe
Jetzo in der Dunkelheit;
Klingt das Lied auch nicht ergötzlich,
Hat es mich doch vor Angst befreit.
(HEINRICH HEINE, _Die Heimkehr_.)
I
Des mots doux comme des hautbois
Et des harpes surnaturelles,
Des sons légers de chanterelles
Et dans les bois, des voix, des voix.
Des couples blancs de tourterelles,
Des oiseaux bleus couleur du temps;
Des ailes d'or sur les étangs,
Dans le ciel des ailes, des ailes.
Je ne sais où: je vois, j'entends.
Voici venir la très aimée
Et sa cheville parfumée
Foule des tapis éclatants;
Sa robe candide est lamée
De l'or du paradis natal;
Des feux de myrrhe et de çantal
L'entourent de blonde fumée.
Plus rien, plus rien! le deuil brutal,
Le silence et l'ombre. Serait-ce
Que la perfide enchanteresse
A forgé ce mur de métal
Et clos dans la nuit vengeresse,
Sans ailes d'or et sans hautbois,
Les mots doux comme une caresse,
Et les colombes, soeurs des voix?