II

L'écume violée a neigé de la proue;

Les mauves qui mouillaient leurs plumes aux flots noirs

Ont secoué le sel des vagues sur ma joue.

Le sel des vagues! Tels les pleurs d'antiques soirs

Enrichirent jadis de gemmes dissipées

Ces yeux fous aujourd'hui d'aventure et d'espoirs.

Puis la forêt flamba de cruelles épées;

Mais plus d'ombre tombait des branchages pieux

Pour voiler le sommeil inquiet des Napées.

Ainsi les âpres bois ont défendu mes yeux

Jadis et quand le jour en troublait l'eau tranquille,

Ils étalaient dans l'air leur deuil impérieux.

Or maintenant, voici les portes de la ville;

Je franchirai les murs sans désir de retour

Heureux si dans la solitude où je m'exile

L'ombre descend sur moi du temple et de la tour.

La lyre héroïque et dolente · 第 43 / 136 题