Farouche de voir les aurores
Et les soleils épanouis,
L'eau tressaillait dans les amphores
Sur la marge grise des puits
Et les ténèbres souterraines,
Les iris de sombre cristal
Se flétrissaient comme des reines
Captives d'un soudard brutal.
Les servantes et les esclaves
Riaient à l'entour; mais tu vins,
Et tu voilas de voiles graves
Les filles des antres divins.
Protectrice des eaux dolentes
Qui sais les rites d'autrefois,
J'ai trempé mes lèvres tremblantes
A la coupe triste où tu bois:
Souviens-toi d'heures et d'années
Et de soleils, étends les mains
Vers les clématites fanées,
Vers les étoiles des jasmins;
Et sur la terre des merveilles
Que pavoisaient de nobles cieux
Fais refleurir les belles treilles
De nos jardins silencieux.