III

Farouche de voir les aurores

Et les soleils épanouis,

L'eau tressaillait dans les amphores

Sur la marge grise des puits

Et les ténèbres souterraines,

Les iris de sombre cristal

Se flétrissaient comme des reines

Captives d'un soudard brutal.

Les servantes et les esclaves

Riaient à l'entour; mais tu vins,

Et tu voilas de voiles graves

Les filles des antres divins.

Protectrice des eaux dolentes

Qui sais les rites d'autrefois,

J'ai trempé mes lèvres tremblantes

A la coupe triste où tu bois:

Souviens-toi d'heures et d'années

Et de soleils, étends les mains

Vers les clématites fanées,

Vers les étoiles des jasmins;

Et sur la terre des merveilles

Que pavoisaient de nobles cieux

Fais refleurir les belles treilles

De nos jardins silencieux.

La lyre héroïque et dolente · 第 44 / 136 题