Non, demeure,
Puisque la volonté de ton sort et du soir
A mené tes pieds las vers le morne manoir
Et vers l'hôte imprévu dressé devant ta face
En qui ta voix a fait s'épanouir, vivace,
Une fleur de jadis aux pistils oubliés.
J'y consens: ô soleils abolis, flamboyez
Encore, surgissez dans ma sombre mémoire
En aube de suprême et cinéraire gloire
Avant que cette chair s'engloutisse à jamais;
Et toi, dolente ombre d'une ombre que j'aimais
Et qui m'a refusé ses lèvres mensongères,
Toi qui dormis sous des étoiles étrangères
Des sommeils flagellés par l'âpre fouet du vent,
Entre sans peur avec un sourire d'enfant
Et l'ingénuité d'une âme puérile
Dans la vieille maison où le hasard t'exile.