IV

Par quelle cruauté des implacables dieux?

Si loin des jours royaux et pavoisés de joie,

Un soleil tel que les anciens soleils flamboie

Et tes cheveux en fleur épouvantent mes yeux.

Parmi le deuil hélas! et les ombres tombales,

Que me veux-tu, sourire impérieux encor

Qui fais se réveiller avec un sursaut d'or

Le prestige menteur des aubes triomphales?

Oui: tes lèvres m'étaient douces près de la mer

Et sur la fauve grève où dormaient les carènes

Gonflaient d'un chant si pur les conques des Sirènes

Que des oiseaux neigeaient autour de toi dans l'air

Et que le souvenir des ailes éployées

Palpite en mes regards éblouis. O rayons

Eteints! vols disparus d'aigles et d'alcyons!

Voix morte désormais sur des lèvres souillées!

Voix morte et pour moi seul vivante: je voudrais

Ne plus l'entendre et que la terre devînt noire

Et que la nuit sereine engloutît la mémoire

De ta beauté semblable aux roses des forêts.

Mais l'ombre décevante est encore hantée

Par les dieux importuns qui défendent l'oubli

Et la poignante fleur au calice pâli

Sollicite toujours ma bouche ensanglantée.

La lyre héroïque et dolente · 第 22 / 136 题