Destitution de Franklin comme maître général des postes en
Amérique.--Mesures prises contre Boston et la colonie de
Massachussets.--Réunion à Philadelphie d'un congrès général conseillé
par Franklin.--Nobles suppliques de ce congrès transmises à Franklin,
et repoussées par le roi et les deux chambres du parlement.--Plans de
conciliation présentés par Franklin.--Magnifique éloge que fait de lui
lord Chatham dans la Chambre des pairs.--Son départ pour l'Amérique.
Le gouvernement anglais, qui avait espéré atteindre Franklin dans sa
réputation, voulut l'atteindre aussi dans sa fortune: il le destitua de
sa charge de maître général des postes en Amérique. Disposé à suivre les
voies de la violence, il trouva une occasion de s'y précipiter. La taxe
sur le thé avait été maintenue. La Compagnie des Indes ayant expédié
soixante caisses de thé en Amérique, les villes de Philadelphie et de
New-York renvoyèrent celles qui leur étaient adressées; mais la ville de
Boston alla plus loin, elle les jeta à la mer.
Ce procédé violent excita la colère et enhardit le despotisme du
gouvernement métropolitain, qui se décida à ruiner le commerce de
la ville de Boston, à révoquer les priviléges de la province
de Massachussets, et à dompter toute résistance de la part des
Anglo-Américains. En mars 1774, lord North demanda au parlement: le
blocus de Boston; la nomination par la couronne des conseillers du
gouverneur, des juges, des divers magistrats, de tous les employés
du Massachussets, sans que les représentants de la colonie pussent
s'entremettre dans son administration; la faculté de faire juger hors de
la colonie, et jusqu'en Angleterre, quiconque, dans un tumulte, aurait
commis un homicide ou tout autre crime capital; l'autorisation de loger
les soldats chez les habitants. Toutes ces propositions furent votées.
Une flotte alla bloquer Boston, où le général Gage s'établit avec
une petite armée, tandis qu'on leva en Angleterre des forces plus
considérables pour écraser les colonies si elles osaient remuer.
L'indignation contre les nouveaux actes du parlement anglais fut
générale en Amérique. Boston se décida à résister avec courage, et
toutes les colonies résolurent de soutenir Boston avec vigueur. Elles
comprirent que la province de Massachussets serait le tombeau ou l'asile
de la liberté américaine. La belliqueuse Virginie donna l'exemple.
Son assemblée implora la miséricorde de Dieu par un jour de jeûne, de
prières et de douleur; et, cassée par le gouverneur, elle déclara, avant
de se séparer, que faire violence à une colonie, c'était la faire à
toutes. On renouvela, en la rendant plus rigoureuse, la ligue pour
interdire non-seulement toute importation, mais encore toute exportation
avec l'Angleterre. Dans le Massachussets, les anciens magistrats
cessèrent leurs fonctions; les nouveaux refusèrent de les remplir, soit
volontairement, soit par crainte. Il n'y eut plus de justice; il ne
resta que la guerre, à laquelle on s'apprêta de toutes parts. On leva
des compagnies, on fabriqua de la poudre. Les hommes s'exercèrent aux
armes, les femmes fondirent des balles, et une armée accourut pour
s'opposer aux entreprises du général Gage, lequel s'était posté, avec
six régiments et de l'artillerie, sur une langue de terre qui séparait
du continent Boston, déjà bloqué par des vaisseaux de guerre du côté de
la mer.
Il fallait que les sentiments de toutes les colonies trouvassent un
organe unique, que leurs efforts reçussent une direction commune.
Franklin avait écrit, une année auparavant: «La marche la plus sage et
la plus utile que pourraient adopter les colonies serait d'assembler un
_congrès général_..... de faire une déclaration positive et solennelle
de leurs droits, de s'engager réciproquement et irrévocablement à
n'accorder aucun subside à la couronne... jusqu'à ce que ces droits
aient été reconnus par le roi et par les deux chambres du parlement; et
enfin, de communiquer cette résolution au gouvernement anglais. Je suis
convaincu qu'une telle démarche amènerait une crise décisive; et, soit
qu'on nous accordât nos demandes, soit qu'on recourût à des mesures de
rigueur pour nous forcer à nous en désister, nous n'en parviendrions pas
moins à notre but; car l'odieux qui accompagne toujours l'injustice
et la persécution contribuerait à nous fortifier, en resserrant notre
union; et l'univers reconnaîtrait que notre conduite a été honorable.»
Ce conseil, donné dans l'été de 1773, fut suivi dans celui de 1774.
Un congrès général fut convoqué, et se réunit le 5 septembre à
Philadelphie, capitale de la plus centrale des colonies.
Ce congrès était composé de cinquante-cinq membres. Choisi parmi les
hommes les plus accrédités, les plus habiles, les plus respectés des
treize colonies, il comptait dans son sein les Peyton Randolph, les
George Washington, les Patrick Henry, les John Adams, les Livingston,
les Rutledge, les John Jay, les Lee, les Mifflin, les Dickinson, etc.,
qui se rendirent les immortels défenseurs de l'indépendance américaine.
C'est ainsi que savent élire les peuples qui sont devenus capables de se
gouverner. Ils choisissent bien, et ils obéissent de même. Ils délèguent
les choses difficiles aux hommes supérieurs, qu'ils suivent avec
docilité après les avoir investis de toute leur confiance avec
discernement. Ce congrès mémorable, où l'accord des esprits prépara
l'accord des actes, décida qu'il fallait soutenir Boston contre les
forces anglaises, et lever des contributions pour venir à son aide,
encourager et entretenir la résistance de la province de Massachussets
contre les mesures oppressives du parlement britannique. Il publia en
même temps une déclaration des _droits_ qui appartenaient aux colonies
anglaises de l'Amérique septentrionale, en vertu des lois de la nature,
des principes de la constitution britannique et des chartes concédées.
Cette déclaration solennelle fut accompagnée d'une pétition au roi,
d'une adresse au peuple de la Grande-Bretagne, et d'une proclamation à
toutes les colonies anglaises.
Un profond sentiment de la justice de leur cause, une ferme confiance
dans leurs forces, la dignité d'hommes libres, le respect de sujets
encore fidèles, l'affection de concitoyens désireux de n'être pas
contraints à devenir des ennemis pour ne pas se laisser réduire à être
des esclaves, respiraient dans tous les actes de ces fiers et énergiques
Américains. Ils disaient au peuple anglais: «Sachez que nous nous
croyons aussi libres que vous l'êtes; qu'aucune puissance sur la terre
n'a le droit de nous prendre notre bien sans notre consentement; que
nous entendons participer à tous les avantages que la constitution
britannique assure à tous ceux qui lui sont soumis, notamment à
l'inestimable avantage du jugement par jury; que nous regardons comme
appartenant à l'essence de la liberté anglaise que personne ne puisse
être condamné sans avoir été entendu, ni puni sans avoir eu la faculté
de se défendre; que nous pensons que la constitution ne donne point au
parlement de la Grande-Bretagne le pouvoir d'établir sur aucune partie
du globe une forme de gouvernement arbitraire. Tous ces droits, et bien
d'autres qui ont été violés à plusieurs reprises, sont sacrés pour
nous comme pour vous.» Ils le conjuraient de ne pas en souffrir plus
longtemps l'infraction à leur égard, et de nommer un parlement pénétré
de la sagesse et de l'indépendance nécessaires pour ramener entre tous
les habitants de l'empire britannique l'harmonie et l'affection que
désirait ardemment tout vrai et tout honnête Américain.
Dans la supplique au roi, ils disaient que, loin d'introduire aucune
nouveauté, ils s'étaient bornés à repousser les nouveautés qu'on avait
voulu établir à leurs dépens; qu'ils ne s'étaient rendus coupables
d'aucune offense, à moins qu'on ne leur reprochât d'avoir ressenti
celles qui leur avaient été faites. Ils rappelaient à George III que ses
ancêtres avaient été appelés à régner en Angleterre pour garantir une
nation généreuse du despotisme d'un roi superstitieux et implacable;
que son titre à la couronne était le même que celui de son peuple à la
liberté; qu'ils ne voulaient pas déchoir de la glorieuse condition de
citoyens anglais, et supporter les maux de la servitude qu'on préparait
à eux et à leur postérité. Ils ajoutaient: «Comme Votre Majesté a le
bonheur, entre tous les autres souverains, de régner sur des citoyens
libres, nous pensons que le langage d'hommes libres ne l'offensera
point. Nous espérons, au contraire, qu'elle fera tomber tout son royal
déplaisir sur ces hommes pervers et dangereux qui, s'entremettant
audacieusement entre votre royale personne et ses fidèles sujets,
s'occupant depuis quelques années à rompre les liens qui unissent les
diverses parties de votre empire, abusant de votre autorité, calomniant
vos sujets américains, et poursuivant les plus désespérés et les plus
coupables projets d'oppression, nous ont à la fin réduits, par
une accumulation d'injures trop cruelles pour être supportées plus
longtemps, à la nécessité de troubler de nos plaintes le repos de Votre
Majesté.»
Toutes ces pièces furent envoyées à Franklin. Le prévoyant négociateur
de l'Amérique ne croyait pas plus que le sage Washington et la plupart
des membres du congrès à la possibilité d'une réconciliation avec
l'Angleterre. Néanmoins, faisant son devoir jusqu'au bout, il avait agi
comme s'il n'en avait pas désespéré. Un nouveau parlement s'était
réuni le 29 novembre 1774, et le ministère avait engagé une négociation
indirecte avec Franklin. On lui avait demandé quelles seraient les
conditions d'un retour des colonies à l'obéissance. Il les avait
rédigées en dix-sept articles. Les principaux de ces articles étaient
l'abandon du droit sur le thé, dont les cargaisons détruites seraient
payées par Boston; la révision des lois sur la navigation, et le retrait
des actes restrictifs pour les manufactures coloniales; la renonciation,
de la part du parlement d'Angleterre, à tout droit de législation et de
taxe sur les colonies; la faculté accordée aux colonies de s'imposer en
temps de guerre proportionnellement à ce que payerait l'Angleterre,
qui, en temps de paix, aurait le monopole du commerce colonial;
l'interdiction d'envoyer des troupes sur le territoire américain sans le
consentement des assemblées législatives des provinces; le payement
par ces assemblées des gouverneurs et des juges nommés par le roi; la
révocation des dernières mesures prises contre le Massachussets.
Ces articles, discutés tour à tour avec les docteurs Barclay,
Fothergill, les lords Hyde et Howe, amis du ministère, et remaniés
même sur quelques points, ne furent point agréés par le ministre des
colonies, lord Darmouth, ni par le chef du cabinet, lord North. La
pétition du congrès au roi, qui survint pendant cette négociation
détournée, ne produisit pas plus d'effet. Elle fut reçue avec un
silencieux dédain. L'adresse au peuple de la Grande-Bretagne ne rendit
pas le nouveau parlement plus circonspect, plus juste, plus prévoyant
que l'ancien. Une majorité obséquieuse et téméraire, enivrée de
l'orgueil métropolitain, et entraînée par la politique étourdie du
ministère, pensa qu'il ne fallait point ramener les colonies par des
concessions, mais les soumettre par les armes.
Des voix généreuses s'élevèrent cependant en leur faveur dans le
parlement. Wilkes et Burke, à la chambre des communes, lord Chatham, à
la chambre des lords, se firent leurs défenseurs. Ce grand homme d'État
prévit, déplora et aurait voulu éviter leur séparation, que provoquait
l'Angleterre même, dont il avait, pendant sa glorieuse administration,
relevé la puissance. Il avait appris du docteur Franklin, qui l'avait
visité dans sa terre de Hayes, et chez lequel il s'était rendu
lui-même avec un certain éclat à Londres, l'état réel des populations
anglo-américaines, les limites de leurs prétentions comme celles de
leur obéissance. Il avait applaudi à la pétition énergique et mesurée
qu'elles avaient adressée au roi, et il avait dit à Franklin que
«le congrès assemblé à Philadelphie avait agi avec tant de calme, de
sagesse, de modération, qu'il croyait qu'on chercherait en vain une plus
respectable assemblée d'hommes d'État, depuis les plus beaux siècles des
Grecs et des Romains.»
Au moment où cette redoutable affaire avait été agitée dans le
parlement, tout accablé qu'il était par l'âge et par les infirmités,
lord Chatham s'était rendu à la Chambre des pairs pour empêcher la
guerre entre la métropole et les colonies, s'il en était temps encore.
Il y avait introduit lui-même Franklin, d'après le conseil duquel il
demanda que les troupes fussent retirées de Boston, comme le premier
pas à faire dans la voie désirable d'un accord. Il parla avec toute
l'autorité de la prévoyance et toute l'inutilité de l'opposition. Sa
motion fut rejetée. Franklin sortit de cette séance (20 janvier 1775)
pénétré d'enthousiasme pour le noble patriotisme, l'esprit vaste, la
parole pathétique de ce puissant orateur. Il écrivit aussitôt à
lord Stanhope, ami de lord Chatham: «Le docteur Franklin est plein
d'admiration pour cet homme véritablement grand. Il a souvent rencontré
dans le cours de sa vie l'éloquence sans sagesse et la sagesse sans
éloquence; mais il les trouve ici réunies toutes deux.»
Quelques jours après (le 2 février 1775), lord Chatham, sans se laisser
rebuter par un premier échec, présenta un plan de réconciliation assez
conforme aux idées de Franklin. Celui-ci assista encore à la séance de
la chambre des lords, où fut habilement développé le plan d'une union
sur le point de se rompre pour toujours. Lord Sandwich répondit à
lord Chatham: il le fit avec violence. En combattant le défenseur des
colonies, il ne craignit pas d'attaquer leur agent, qu'il avait aperçu
dans l'assemblée. Il demanda qu'on ne prît point en considération et
qu'on rejetât sur-le-champ un projet qui ne lui paraissait pas être la
conception d'un pair de la Grande-Bretagne, mais l'oeuvre de quelque
Américain. Se retournant alors vers la barre où était appuyé Franklin,
il ajouta en le regardant: «Je crois avoir devant moi la personne qui
l'a rédigé, l'un des ennemis les plus cruels et les plus acharnés qu'ait
jamais eus l'Angleterre.»
Franklin n'éprouva aucun trouble en entendant cette soudaine apostrophe
et en voyant tous les yeux dans l'assemblée dirigés sur lui. Il
semblait, au calme de son visage et à l'aisance de son regard, que
l'attaque véhémente de lord Sandwich s'adressait à un autre. Mais il ne
put se défendre d'une émotion intérieure lorsque lord Chatham, dont les
ducs de Richmont, de Manchester, les lords Shelburne, Camdem, Temple,
Littleton, avaient appuyé la proposition, reprenant la parole, releva
l'opinion blessante qu'avait exprimée lord Sandwich sur Franklin, et
voulut faire connaître au monde entier les sentiments que lui inspirait
cet homme illustre et respectable. «Je suis, dit-il avec une noblesse un
peu hautaine, le seul auteur du plan présenté à la chambre. Je me crois
d'autant plus obligé de faire cette déclaration, que plusieurs de vos
seigneuries semblent en faire peu de cas; car, si ce plan est si faible,
si vicieux, il est de mon devoir de ne pas souffrir qu'on soupçonne qui
que ce soit d'y avoir pris part. On a reconnu que jusqu'ici mon défaut
n'était pas de prendre des avis et de suivre les suggestions des autres.
Mais je n'hésite pas à déclarer que, si j'étais premier ministre en ce
pays, je ne rougirais point d'appeler publiquement à mon aide un
homme qui connaît les affaires d'Amérique aussi bien que la personne à
laquelle on a fait allusion d'une manière si injurieuse; un homme pour
la science et la sagesse duquel toute l'Europe a la plus haute estime,
qu'elle place sur le même rang que nos Boyle et nos Newton, et qui fait
honneur non-seulement à la nation anglaise, mais à la nature humaine.»
Ce magnifique éloge, sorti d'une bouche si imposante et si fière,
faillit faire perdre contenance au philosophe de Philadelphie, que
n'avaient pas embarrassé un seul instant les injures de lord Sandwich.
Les habitants du Massachussets furent déclarés rebelles, et de nouvelles
troupes partirent pour aller joindre celles que commandait déjà le
général Gage, chargé de les châtier et de les soumettre. Franklin
comprit que, l'épée étant tirée du fourreau, la guerre ne se terminerait
que par l'assujettissement ou l'indépendance des colonies américaines.
Il ne pouvait plus rester en Angleterre avec utilité pour sa patrie et
sans danger pour lui-même. Objet des soupçons et de l'animadversion du
gouvernement britannique, il avait été prévenu qu'on songeait à le
faire arrêter, sous prétexte qu'il avait fomenté une rébellion dans
les colonies. Il se mit en garde contre ce dessein avec une vigilante
finesse, et prépara clandestinement son départ. Il demanda plusieurs
rendez-vous politiques pour le soir même du jour où il devait avoir
quitté l'Angleterre. En croyant le tenir toujours sous sa main,
le ministère ne devait pas se hâter de le prendre, s'il en avait
l'intention. On le supposait encore à Londres, qu'il était déjà en
mer, voguant pour l'Amérique, à laquelle il portait les conseils de
son expérience, les ressources de son habileté, les ardeurs de son
patriotisme, l'éclat et l'autorité de sa renommée.
Le rôle de conciliateur était fini pour Franklin, celui d'ennemi allait
commencer: il devait être aussi opiniâtre dans l'un qu'il s'était montré
patient dans l'autre. Franklin ne prenait jamais son parti faiblement.
En chaque situation, plaçant son but là où se trouvait le devoir envers
son pays, il y marchait avec clairvoyance et avec courage, sans détour
comme sans lassitude. Il savait que, dans les débats des hommes et dans
les luttes des peuples, celui-là l'emporte toujours qui veut le mieux et
le plus longtemps. Pour donner dès lors à ses compatriotes cette volonté
qui sait entreprendre, qui peut durer, qui doit prévaloir, cette volonté
puissante qu'éclaire la vue de l'intérêt, qu'entretient le sentiment du
devoir, qu'anime la force de la passion, il fallait la former peu à
peu, la rendre profonde et unanime, afin qu'elle devînt inflexible et
victorieuse. C'est à quoi il s'appliqua; il mit tous ses soins et
toute son adresse à faire reconnaître à l'Amérique entière l'inévitable
nécessité de la résistance par l'évidente impossibilité de la
réconciliation. Cette politique du sage philosophe Franklin fut celle
du vertueux général Washington et du ferme démocrate Jefferson,
c'est-à-dire des trois plus illustres fondateurs de l'Union américaine.
Mais, après avoir été conduite à une rupture avec l'Angleterre,
l'Amérique avait besoin qu'on tirât de cette rupture son indépendance,
et que, pour assurer et affermir cette indépendance, on pourvût à sa
défense militaire et à son organisation politique, on lui donnât des
armées, on lui procurât des alliances, on lui assurât des institutions.
Ici, avec une nouvelle situation, commence pour Franklin une oeuvre
nouvelle. A toutes les gloires qu'il a déjà acquises va se joindre celle
de présider à la naissance, de concourir au salut, de travailler à la
constitution d'un grand peuple.