Deux écrivains très-remarquables, le premier par son zèle ardent pour
la vérité, le second par le talent et le style, M. de Reumont,
ministre de Prusse en Toscane, et M. Saint-René Taillandier, rédacteur
de la _Revue des Deux-Mondes_, viennent de nous fournir des documents
raisonnés sur cette liaison d'Alfieri et de la comtesse d'Albany. Nous
allons nous en servir librement: cependant, sous beaucoup de rapports,
j'en ai plus qu'eux dans ma mémoire. J'ai connu moi-même la reine
détrônée à Florence; j'ai été très-lié avec ses amis les plus intimes
à Paris en 1792; j'ai vu tous les jours M. Fabre de Montpellier, l'ami
d'Alfieri et le successeur du poëte auprès de son amie, pendant
qu'avant M. de Reumont je résidais à Florence, de 1820 à 1829.