C'est là la question que M. de Vigny, homme de lettres, résolut de
traiter à fond par le sentiment dans son beau livre de _Servitude et
Grandeur militaires_. Il ne se déguise rien de l'abaissement des
caractères individuels de l'armée, d'un côté; de la beauté des
dévouements, de l'autre. Mais, en homme d'État français, il finit par
se prononcer comme moi pour le dévouement, c'est-à-dire pour l'armée.
Il le fit épiquement, c'est-à-dire en récits successifs et dramatiques
tels que ceux dont nous allons vous donner l'exemple dans les deux
citations suivantes. Ne m'accusez pas de leur longueur. On n'abrége
pas l'émotion, on n'analyse pas une larme.