formel (p. 334) à ce roman. «Jamais M. de Maurepas n’a eu envie de
s’associer M. d’Aiguillon au ministère; jamais, ni en 1776, ni en 1780,
ni en aucun autre temps, il n’a voulu s’étayer de lui, ni le consulter;
ni même celui-ci n’a pensé lui être associé.» Il est certain que la
correspondance, conservée par les Archives nationales, à l’adresse
de Balleroy, ne laisse rien percer de ces prétendues intentions de
Maurepas, ni de l’espoir du duc d’Aiguillon de reparaître à la Cour.
Cependant, les bruits répandus à cet égard dans le public et surtout la
longue lettre que nous avons reproduite intégralement ici--conversation
d’un ami de d’Aiguillon avec Maurepas--pourraient faire croire que
l’ancien ministre avait encore, malgré qu’il s’en défendît, de longs
espoirs et de vastes pensers. Mais quand furent publiés les _Mémoires
du ministère d’Aiguillon_, tout était bien fini pour la veuve; et elle
ne voulut point laisser planer sur la mémoire de son mari le ridicule
d’illusions indignes de son caractère. Au reste sa correspondance
démontre assez le peu de confiance qu’elle avait dans les promesses de
Maurepas.
En tout cas, les _Mémoires secrets_ (édit. Lescure), du 8 octobre
1780, notent que Maurepas fait l’impossible pour ramener son neveu au
ministère.
[519] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, pp. 236 et suiv.
[520] PIRON. _La Métromanie._--FAGON et FAVART. _La Servante
justifiée_, 1 acte (1740, théâtre de la foire Saint-Germain).
[521] AN.T 243. Lettre de Mᵐᵉ d’Aiguillon à Balleroy, 7 janvier 1780.
[522] AN.T 243. Lettre de Mᵐᵉ d’Aiguillon à Balleroy, 25 janvier 1780.
[523] _Bulletin du Bibliophile_, 1882. Lettre du duc à Balleroy, 2 mars
1780.
[524] DUCHESSE DE DINO. _Chronique_ (2 vol. Plon 1909), t. II, p. 379.
[525] Le grand théâtre de Bordeaux, construit par l’architecte Louis.
[526] AN.T 243. Lettre du 17 mars 1780.
[527] AN.T 243. Lettre du 23 mars 1780.
[528] AN.T 243. Lettre du 14 avril 1780.
[529] AN.T 243. Lettre du 5 octobre 1780.
[530] AN.T 243. Lettre du 28 août 1780.
[531] AN.T 243. Lettre du 5 novembre 1780.
[532] AN.T 243. Lettre du 3 novembre 1780.
[533] AN.T 253. Lettre du 27 novembre 1780. Mᵐᵉ de Gisors née Fouquet
et belle-fille du duc de Nivernois, était veuve. M. de la Vallière
était un terrible joueur; mais quel bibliophile!
[534] Voir plus haut pp. 272-276.
[535] AN.T 243. Lettre du 31 janvier. (Remerciements aux félicitations
de Balleroy.)
[536] AN.T 243. Lettre du 26 juin. La duchesse annonce à Balleroy le
départ de son fils «pour la bonne ville et pour la Cour». Elle ajoute:
«Ce départ m’a coûté; vous savez quelles sont mes craintes sur son
début et sur les exemples qu’il verra... M. d’Abrieu (le secrétaire),
comme vous le pouvez bien croire, est avec lui».
[537] AN.T 243. Lettre du 13 août.
[538] Lettre du duc du 23 mars.
[539] AN.T 243. Lettre du duc du 24 décembre. En septembre il avait
annoncé à Balleroy qu’il avait gagné son procès contre Fitz-James et
contre Mᵐᵉ de Nesle.
[540] Lettre de la duchesse du 27 novembre.
[541] AN.T 243. Lettre du 15 septembre.
[542] AN.T 243. Lettre du 24 décembre (du duc d’Aiguillon).
[543] AN.T 243. Lettre du 22 décembre (de la duchesse d’Aiguillon). _Le
Joueur_, de Regnard (1696).--_Le Babillard_, de Boissy, comédie en 1
acte et en vers (1725).
[544] AN.T Lettre du 26 janvier 1781.
[545] _La Métromanie_, de Piron.--_Les Chasseurs et la Laitière_
(1763), d’Anseaume, musique de Duni.
[546] AN.T 243. Lettre du duc d’Aiguillon, 1ᵉʳ février 1781.
[547] AN.T 243. Lettre de la duchesse du 26 janvier.--ANSEAUME et DUNI.
_Mazet_, comédie en 2 actes (Théâtre italien. 1761).--DANCOURT. _Les
Vacances du procureur_, 1 acte (Comédie Française, 1706).
[548] Une ordonnance de Louis XVI du 1ᵉʳ mars 1781 interdit les jeux de
hasard dont les chances étaient inégales, mais ne put avoir raison des
tripots que certains ambassadeurs, ceux de Hollande, de Portugal et de
Naples, par exemple, tenaient impunément ouverts (voir les pamphlets du
temps).
[549] Le comte d’Estaing, vice-amiral des mers d’Asie et d’Amérique,
était rentré en triomphateur de sa campagne des Etats-Unis, dans les
premiers mois de 1780.
[550] AN.T 243. Lettre de la duchesse du 16 janvier.
[551] AN.T 243. Lettre de la duchesse du 23 mars.
[552] AN.T 243. Lettre du duc du 1ᵉʳ février.
[553] AN.T 243. Lettre du duc du 24 mai.
[554] AN.T 243. Lettre du duc du 8 avril.
[555] AN.T 243. Lettre de la duchesse du 23 septembre.
[556] Le comte de Chabrillan (de la branche Chabrillan-Boisson), fut
présenté au roi, le 2 octobre 1781, comme mestre-de-camp, lieutenant
inspecteur des carabiniers; et le livre récent de M. Dubois-Corneau
_Le comte de Provence à Brunoy_ (Paris, 1909), contient un portrait
de «Jacques Aymar, comte de Moreton-Chabrillan, lieutenant-général
colonel, l’inspecteur des carabiniers de Monsieur.»
[557] AN.T 243. Lettre du duc du 20 octobre.
[558] AN.T 243. Lettre du duc du 12 décembre.
[559] AN.T 243. Lettre du duc du 23 novembre 1781.
[560] AN.T 243. Lettre du duc du 12 décembre 1781.
[561] _Mémoires secrets de Bachaumont_, t. XVIII. pp. 171-172. Les
Maurepas étaient logés à l’Hermitage, petite maison dans le parc de
Versailles, que Louis XVI leur avait donnée à vie. La comtesse la
quitta cependant: elle avait demandé un délai de six heures pour
déménager.
[562] _Correspondance secrète de M. Argenteau avec le Pr. de Kaunitz
et Joseph II_ (édit. d’Arneth-Flammermont, t. I, p. 7). Lettre du 22
décembre 1780, de Mercy à Kaunitz.
[563] Marie-Thérèse était morte le 29 novembre 1780.
[564] AN.T 243. 27 janvier 1782.--RICCOBONI. _Les Caquets_, comédie
en 3 actes (Comédie Italienne, 1761).--J.-J. ROUSSEAU. _Le Devin de
village._
[565] AN.T 243. 14 novembre 1782. Lettre de Mᵐᵉ d’Aiguillon.--Le duc de
Crillon-Mahon, qui était, depuis 1782, au service de l’Espagne, échoua
précisément devant Gibraltar.
[566] AN.T 243. 27 mars 1782.
[567] AN.T 243. Lettre du duc d’Aiguillon du 4 août 1782.--Un pamphlet
que nous avons déjà signalé, _le Ministère de M. de Maurepas_, (1781)
prétend que cet Amelot était le fils naturel du ministre, ou du moins
que celui-ci s’en croyait le père. En tout cas, ce qui serait piquant,
ce serait que ce même Amelot fût le maître des requêtes qui, en 1768,
était le plus ardent distributeur des libelles bretons, lancés à cette
époque contre le duc d’Aiguillon.
[568] AN.T 243. Lettre de la duchesse du 18 août 1782.
[569] AN.T 243. Lettre de la duchesse du 8 septembre 1782.
[570] C’est un trait fort exact de la mentalité des gens de cour que
vient confirmer cette note de la _Correspondance secrète_, éditée par
Lescure (I, 505, 24 septembre 1782): «L’ombre du comte de Maurepas
continue à nous gouverner. Mᵐᵉ de Maurepas et l’abbé de Véri, son homme
de confiance, en sont les organes. Le roi les consulte sur toutes les
affaires importantes».
Mᵐᵉ de Maurepas avait acheté le 27 février (acte notarié Doillot),
au prince de Conti, un domaine tout meublé qui prit le nom de
Madrid-Maurepas, grâce aux 100.000 livres qu’elle avait reçues du roi,
comme elle l’écrit à la duchesse d’Aiguillon. Elle l’avait payé 150.000
francs, et par la suite, elle devait se montrer peu satisfaite de son
acquisition. Elle la légua à Mᵐᵉ de Flamarens, une de ses nièces,
«engagiste du domaine». (H. DE GRANDSAIGNE et H.-G. DUCHESNE. _Histoire
du Château de Madrid_, 1911.)--Quant à la propriété de Pontchartrain,
elle était revenue, par héritage, à une petite-nièce de Maurepas, la
duchesse de Brissac, fille du duc de Nivernois.
[571] «Quinze» dit la _Correspondance Lescure_ (t. I, pp. 509 et suiv.).
[572] AN.T 243. Lettre de la duchesse d’Aiguillon, du 11 octobre 1782.
[573] _Corresp. secrète_ (édition Lescure), t. I, p. 515.
[574] AN.T 243. Lettre de la duchesse, 6 novembre 1782.
[575] AN.T 243. Lettre du duc, 2 octobre 1784. Louis XVI (_Corresp.
secrète_, édit. Lescure, I, 244), partit, en juillet 1786, pour
présider aux opérations qui devaient assurer définitivement l’avenir
maritime de Cherbourg.
[576] AN.T 243. Lettre de la duchesse, 7 juillet 1784.
[577] AN.T 243. Lettre de la duchesse, 28 octobre 1784.
[578] VATEL. _La comtesse Du Barry_, t. III, p. 51.
[579] _Corresp. secrète_ (édit. Lescure), I. 588. Le comte d’Agénois
fut nommé duc en août 1785.
[580] D’abord inconnue, puis interdite en France, l’inoculation ne
fut autorisée qu’en 1764; et ce fut bientôt la mode dans les cercles
mondains de se faire inoculer.
[581] AN.T 243. Lettre de la duchesse, 12 juin 1785.
[582] AN.T 243. Lettre du duc, 7 juillet.
[583] Le duc de Choiseul était mort le 8 mai 1775. (MAUGRAS. _La
disgrâce du duc et de la duchesse de Choiseul_, p. 395.)
[584] Du Châtelet était bien l’exécuteur testamentaire. La duchesse de
Gramont était héritière et légataire universelle: elle n’accepta que le
legs universel.
[585] _Corresp. secrète_ (édit. Lescure), t. I, 571.
[586] AN.T 243. Lettre de la duchesse du 21 mai 1785.
[587] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_ (exemplaire de la
Bibliothèque de la ville de Paris), p. 198.--Le Dauphin mourut
tuberculeux.
Le propos, dit la note Soulavie, venait de la Vauguyon. Du reste,
l’auteur des _Mémoires_ se défend, en ces termes, de l’avoir tenu
dans ses _Mémoires historiques et anecdotes de la Cour de France_
(_Considérations, etc._, LX.):
«M. de la Harpe m’attribue l’opinion qui accuse M. de Choiseul des
empoisonnements (du Dauphin, de la Dauphine, etc., etc.), quand je
suis seul et le premier qui ai réfuté à cet égard Mercier, Mirabeau,
le prince de Salm, son précepteur l’abbé de Laffrey l’auteur d’une
_Histoire de Louis XV_; l’auteur anonyme du Noël de la Cour, chanté en
1766; Mᵐᵉ la duchesse d’Aiguillon et son fils, député à l’Assemblée
Constituante, le Maréchal de Richelieu, etc. Les accusations de tous
ces personnages ont été imprimées dans différents ouvrages.»
[588] Marie-Antoinette, quand elle était Dauphine, traitait la Vauguyon
de «fripon». (_Correspondance secrète Mercy-Argenteau_, I, p. 35.)
[589] _Les Mémoires du règne de Louis XVI_ (6 vol. an X, t. I, p.
148) disent que d’Aiguillon mourut «les os liquéfiés comme de la cire
pendant la canicule».
[590] MERCIER. _Tableaux de Paris_ (Amsterdam, 1789).
[591] Une annotation de Fouquier-Tinville sur une pièce du procès Du
Barry assigne Ruel comme domicile à Mᵐᵉ d’Aiguillon en septembre 1793.
Voir _Pièces justificatives_, III et _Appendice_ V, note (p. 388).
[592] Il semble même qu’elle ait joui d’un certain crédit auprès des
maîtres du jour et de... l’heure, alors que personne, à Paris, ne
pouvait plus en être sûr. Nous lisons, dans une lettre du 6 septembre
1792 à Mᵐᵉ Du Barry, attribuée au chevalier d’Escourre, écuyer du duc
de Brissac, qui venait d’apprendre le départ des prisonniers d’Orléans:
«Mᵐᵉ de Maurepas, instruite de la translation de M. le duc (de
Brissac), voulait tout de suite aller à l’Assemblée. On l’a retenue.
Elle a écrit à Danton et à l’abbé Fauchet...»
D’Escourre et Mᵐᵉ de Flamarens allèrent porter ses lettres aux
destinataires (AN. W. 16, dossier Du Barry).
Les massacres des 2 et 3 septembre à Paris, ne laissaient que trop
pressentir ceux des prisonniers d’Orléans à Versailles. Les lettres de
Mᵐᵉ de Maurepas furent vaines. On prétend même que Danton, qui porte
la responsabilité de ces abominables tueries, déclara qu’il avait été
impuissant à les empêcher.
Mᵐᵉ de Maurepas mourut le 11 février 1793, rue de la Chaise, nº 519. En
tout cas, telle que nous la représente d’Escourre, elle ne ressemble
guère au portrait qu’en trace Dufort de Cheverny dans ses _Mémoires_
(1886), t. I, p. 406. «La vieille Mᵐᵉ de Maurepas, sourde et mourante,
ne se doutait de rien. Tout fuit, excepté elle...» Il fallait, en tout
cas, qu’elle fût au mieux, comme nous l’avons dit, avec le nouveau
Gouvernement, pour que la section l’eût autorisée, en raison de son
grand âge, à garder trois chevaux.
Un dernier trait de cette curieuse figure, laquelle appellerait
une étude moins sommaire. Par un acte devant le notaire Gondouin,
du 24 mars 1789, Mᵐᵉ de Maurepas vendit son usufruit de l’hôtel de
son mari (aujourd’hui 75 rue de Grenelle), à l’ancien intendant
de Montyon, moyennant cent mille livres. Le bénéficiaire restaura
l’immeuble, depuis longtemps abandonné, de cette belle propriété, dont
M. L. Guimbaud (_Auget de Montyon_, Paris, 1909), donne la curieuse
description d’après les termes mêmes de l’acte notarié.
[593] Voir APPENDICE IV.--_Correspond. secrète_ (édit. Lescure), t. II,
p. 403 et suiv. Duel (?) du duc d’Aiguillon avec Cazalès, qui avait
attaqué la mémoire de son père en 1789.
[594] Entre autres, les _Actes des Apôtres_, le _Journal de la Cour et
de la Ville_, la _Chronique scandaleuse_, etc.
[595] Ce fut en septembre 1787: «Tant mieux, s’écria Marie-Antoinette;
nous ne verrons plus ces habits rouges dans la galerie de Versailles».
(BELLEVAL. _Souvenirs._ p. 258 et Mᵐᵉ CAMPAN, _Mémoires_. I,
180.)--Déjà en 1769, alors qu’elle n’était que Dauphine, l’imprudente
princesse avait dit hautement qu’elle «n’aimait pas ces habits rouges»
(BELLEVAL. _Souvenirs_).
[596] Lettre de Rousseau à Bernet (voir p. 356):
«Il y a un siècle que je n’ai rien reçu de vous. J’ai appris avec
peine que M. d’Aiguillon est porté émigré: cela m’a causé une grande
affliction, n’ayant jamais pu croire que ce citoyen si zélé pour la
Constitution se fût déterminé à émigrer, d’autant que lui et les siens
n’avaient pas eu à se louer de la famille ci-devant royale. Ce parti de
quitter le territoire de la République m’afflige d’autant plus que sa
respectable mère en aura, j’en suis sûr, l’âme déchirée. J’ai un absolu
dévouement pour cette maison.»--Voir APPENDICE IV.
[597] Armand avait dû introduire, dès l’an VI, sa demande en radiation
de la liste des émigrés et, de ce fait, s’opposer à la vente du
domaine et des meubles d’Aiguillon, car le ministre avait recommandé
aux autorités du Département d’attendre, pour réaliser une opération
consentie par elles, que «le directoire exécutif eût prononcé sur la
radiation définitive de l’émigré d’Aiguillon». M. Tholin (Documents sur
le mobilier du château d’Aiguillon), croit qu’Armand ne put l’obtenir.
[598] CLAUDE SAINT-ANDRÉ. _Mᵐᵉ Du Barry_, p. 382.--D’autre part dans
la déposition de Blache (AN. W. 16), nous lisons: «A cette époque
(octobre 1792, la date donnée par M. Claude Saint-André), la Du Barry
fit émigrer la d’Aiguillon, _la jeune_, qu’elle avait fait passer pour
une de ses filles de chambre». Il y aurait donc eu confusion entre la
bru et la belle-mère. Soulavie, de son côté, dans son parallèle de Mᵐᵉ
de Choiseul et de Mᵐᵉ d’Aiguillon, affirme que celle-ci n’a pas émigré.
Et cependant la lettre de Rousseau est formelle. La duchesse, d’après
certaines versions, aurait émigré après les journées des 5 et 6 octobre
1789.
[599] Le décret de l’Assemblée législative (novembre 1791) déclarait
coupable du crime de lèse-nation tout émigré qui ne serait pas rentré
en France avant le 1ᵉʳ janvier 1792.
[600] _Archives Chabrillan._
[601] Voir la note de l’appendice V.
[602] Voir APPENDICE V.--Nous donnons le résumé d’un excellent travail
publié par M. Tholin sous le titre: _Documents sur le mobilier du
château confisqué en 1792_, Agen 1882.--Nous n’avons voulu nous
occuper, pour cette étude un peu aride, que des deux domaines dont
la gestion mit en relief l’intéressante personnalité de la duchesse:
_Aiguillon_ où sa constante activité avait fait merveille; _Ruel_
où son indomptable énergie combattit jusqu’à son dernier souffle la
mauvaise fortune.
[603] Le baron de Scheffer lui enverra, en 1795, des lettres à cette
prison; mais, nous n’avons trouvé, ni dans le livre de l’abbé CÉDOZ,
_Un couvent de religieuses anglaises à Paris_, 1891, ni dans l’opuscule
de l’abbé GASTON, _Une prison parisienne sous la Terreur_ (1908), parmi
les détenues, le nom de la duchesse d’Aiguillon. Cependant, il reste
aux Archives Nationales un document officiel attestant l’arrestation de
la duchesse (voir _Pièces justificatives_, IV).
[604] Voir _Pièces justificatives_, V.
[605] On peut lire «va les réquisitionner» (_Archives Chabrillan_).
[606] Ces deux lettres et celles qui suivent appartiennent aux Archives
du marquis de Chabrillan.
[607] Le baron Ulrich de Scheffer avait alors quatre-vingts ans. Il
avait remplacé le comte, comme ministre à Paris, de 1761 à 1769. Il fut
un des principaux instruments de la révolution de 1772. Il mourut le 4
mars 1799.
[608] Dans les _Feuilles d’histoire_ (T. 2 1909), M. Buffenoir a publié
un certain nombre de lettres adressées au comte Ch. Frédéric Scheffer
par diverses notabilités françaises de 1753 à 1784. Nous n’y relevons
aucune lettre des d’Aiguillon.
[609] AN.T. 243, 7 janvier 1780 (lettre du).--Scheffer dira lui-même
de Mᵐᵉ de Laigle (lettre du 4 août 1796): «Il y a trente-deux ans que
j’ai quitté la France; votre amie était bien longtemps auparavant d’une
santé faible et languissante: elle passait la plus grande partie de
sa vie dans son lit; c’est un miracle qu’elle ait pu aller jusqu’à ce
moment.»
[610] Ce n’était pas Armand, mais Emmanuel que s’appelait le petit-fils
de la duchesse. Il mourut en 1798.
[611] Ce sont les fameux Mémoires rédigés par Soulavie et qui
constituent à peu près la seule biographie qu’on ait jusqu’ici du
maréchal duc de Richelieu. Soulavie s’était servi de notes et documents
trouvés dans les papiers du maréchal; mais il y ajouta, paraît-il,
singulièrement du sien.
[612] Le livre déjà cité de l’abbé Bossebœuf (_Le Château de Veretz_,
Tours, 1903), donne entre autres pièces justificatives, p. 548,
_Mobilier de Veretz réservé par la Citoyenne d’Aiguillon lors de
la vente faite en 1792, 1ʳᵉ année de la République_ (étude de Mᵉ
Guillonneau, notaire à Saint-Avertin)--p. 551, _Expertise du château en
1796--Comptes de la démolition du château--Expertise en 1797._
[613] _Appendice_ V (note) p. 388.
[614] Le Directoire avait, en effet, offert l’ambassade de Suède à
Pichegru, mais celui-ci refusa.
[615] D’après la préface de Soulavie, les _Mémoires de Maurepas_,
se rapportant surtout à son premier ministère, seraient l’œuvre de
Salé, secrétaire de l’homme d’Etat. Soulavie, qui en est considéré
d’ordinaire comme l’auteur, dit n’avoir ajouté qu’un volume aux trois
de la première édition.--Ces quatre volumes sont datés de 1792.
[616] Après Montenotte, Millesimo, Mondovi et Lodi, après avoir culbuté
Beaulieu, le plus renommé des généraux autrichiens, Bonaparte était
entré à Milan le 15 mai 1796.
[617] Ce dut être une absence temporaire: car Lehoc fut ministre
plénipotentiaire à Stockolm de 1795 à 1799. Peut-être le Directoire
l’avait-il rappelé éventuellement, croyant que Pichegru accepterait le
poste.
[618] Voir APPENDICE I.
[619] Voir _Pièces justificatives_, VIIᵉ.
[620] Extrait de la _Généalogie de la Maison Brehant_, par le comte DE
BRÉHANT (1867):
«D’Innocente Aglaé et de Joseph Guignes de Moreton de Chabrillan:
1º Hippolyte-César de Moreton de Chabrillan, père du marquis de
Chabrillan.
2º Pierre-Charles Fort de Moreton de Chabrillan.
Ont réuni sur leurs têtes les successions des La Vrillière et des
d’Aiguillon.»
[621] TRÉVEDY. _Quelques mots à propos de Pordic_, 1902, pp. 88-89.
«Hippolyte-César de Moreton de Chabrillan, sous la Restauration, obtint
la restitution des biens de sa grand’mère non aliénés par la nation.»
[622] FR. FUNCK-BRENTANO. _Figaro et ses devanciers_ (Hachette, 1909),
p. 47.
[623] Archives Bastille 12438. Dossier Surgeon.
[624] _Figaro et ses devanciers_ (Hachette, 1909), p. 68.
[625] Le type achevé du policier adroit, intelligent, bel-esprit et...
fripon, assez fréquent à cette époque, toujours à la piste des libelles
et qui au besoin les fabrique pour s’en faire des rentes. Grâce à sa
femme, très jolie et très fine personne, qui avait su capter, comme le
fera plus tard l’astucieuse La Motte, la bienveillance de la Reine, il
proposait à cette princesse l’achat d’odieuses publications dirigées
contre elle, achat qu’il négociait à des prix fabuleux... et dont il
était l’auteur. Sa prévarication fut découverte; et il fut enfermé à
Vincennes où il mourut subitement d’apoplexie.
[626] ARCH. BASTILLE 12240. Dossier Pignatel, Mercier, Dubec, Arnoux.
[627] Nous avons vu, dans la correspondance de Mᵐᵉ d’Aiguillon, les
goûts artistiques du comte d’Agénois; et les documents rassemblés
par M. Tholin disent assez en quel honneur était tenue la musique au
château d’Aiguillon.
[628] Des pièces retrouvées aux _Archives nationales_ (F⁷ 5255³),
nous ont fait connaître, et les origines de cette confiscation,
et l’argumentation captieuse qui permit à l’Etat de justifier une
spoliation absolument inique. Elles nous renseignent en outre sur la
succession d’Aiguillon (p. 352).
Le 7 octobre 1792, Coutausse, procureur général, syndic de
Lot-et-Garonne, écrivait d’Agen à Roland, ministre de l’intérieur, que
le Directoire du Département avait reçu du maréchal de camp d’Aiguillon
un imprimé lui annonçant qu’il était «sorti de la République». Le
Directoire du Département estimait qu’en conséquence les biens de cet
officier supérieur devaient être mis «à la disposition de la Nation»;
mais «comme l’émigration n’était pas légalement constatée à ses yeux»,
le procureur général syndic priait Roland de «lui donner, sans perte
de temps, la connaissance certaine de l’état du maréchal de camp
d’Aiguillon». Il joignait en même temps à sa lettre l’imprimé, que nous
n’avons pas retrouvé, par parenthèse, dans le dossier des Archives.
A cette même date du 7 octobre 1792, une autre pièce, émanée du
Directoire, certifiait l’existence de l’imprimé, arrivé de Bâle sous le
nom de Vignerot, «dit d’Aiguillon», et que lui, Directoire, «instruit,
par les nouvelles politiques, de l’émigration» du maréchal de camp,
avait rendu un arrêté, sur le rapport du procureur syndic général,
concluant au séquestre des biens de d’Aiguillon.
Or, consécutivement à cet arr
êté, le 5 décembre 1792, une déclaration,
signée Salmon, établissait, en raison du contrat de mariage entre le
duc et la duchesse d’Aiguillon, la situation de la mère et du fils par
rapport à leurs intérêts respectifs. Pendant la communauté de biens qui
existait entre les deux époux et à laquelle pouvait renoncer la veuve,
pour «s’en tenir à ses reprises et conventions matrimoniales, il avait
été fait des emprunts considérables tant en viager qu’en perpétuel,
auxquels elle s’était obligée et avait même aliéné de ses propres»; de
ce fait, la succession de son mari lui devait une indemnité.
La duchesse s’en était d’abord tenue à ses reprises et son fils, qui
s’était «porté héritier bénéficiaire», avait recueilli, en 1790, la
succession de son père, à charge d’en payer les dettes; mais il l’avait
bientôt rétrocédée à sa mère, qui s’était engagée à désintéresser les
créanciers de son mari et de plus à loger son fils et sa bru, en leur
servant une rente annuelle de 24.000 livres.
La déclaration Salmon n’accepte pas cet arrangement familial: «M.
d’Aiguillon s’étant émigré, aux termes de la loi concernant les
émigrés, l’acte de 1790 ne peut se soutenir; et la Nation a le droit
de faire poser les scellés sur tous les meubles et papiers qui sont à
_l’hôtel de Paris_, à _celui de Versailles_, au _château de Ruel_, à
_celui de Véretz_, près de Tours, à _celui d’Aiguillon_ département du
Lot (_sic_), à _celui de Saint-Bihy_{*} près Saint-Brieuc en Bretagne;
de faire reprendre ces terres, excepté celles de Saint-Bihy (propriété
de la duchesse), par les départements de leur situation, et celle de
Montcornet-les-Ardennes, par le département de celui-ci, sans que les
revenus du duché d’Aiguillon puissent être tenus des dettes du père et
des reprises de la mère; et, dans le cas contraire, la nation pourrait,
dès ce moment, rentrer dans les objets compris dans la donation de
Louis XIII (au cardinal de Richelieu).»
La duchesse douairière d’Aiguillon était donc rentrée d’émigration,
quand Salmon donnait sa consultation sur le cas du maréchal de camp
Vignerot: autrement, il n’eût pas manqué d’argumenter contre la mère,
comme il l’avait fait contre le fils.