[354] Ce nom revient souvent dans la Correspondance des Archives comme

dans celle de Fontette et La Noue publiée par M. Carré; et le savant

historien n’a pu identifier cette «belle Candide». M. Lemoy (_loco

citato_, p. 72) en fait le surnom de la duchesse d’Aiguillon. Ce

n’est guère vraisemblable, d’après cette lettre du 26 août adressée

à Balleroy. Nous ne croyons pas davantage qu’il s’agisse de la

«bellissima» Mᵐᵉ de Forcalquier, qu’on a dit maîtresse de d’Aiguillon

(_Mémoires sur son ministère_) ou encore du baron Scheffer, frère du

ministre suédois. En tout cas, elle fut la fidèle et constante amie

de d’Aiguillon, au point d’avoir donné la démission de sa charge à la

cour, le jour où le duc avait remis la sienne entre les mains du roi.

Notons seulement que, dans cette même lettre du 26 août, la duchesse

annonçait à Balleroy le départ de Mᵐᵉ de Forcalquier. Ailleurs (le

21 mai 1772) elle dit qu’elle «ne trouvera pas à Versailles sa chère

Candide».

[355] Devenu ministre, d’Aiguillon avait remplacé Duras au Gouvernement

de Bretagne par le duc de Fitz-James.

[356] Maurepas, disent les _Mémoires du ministère d’Aiguillon_ (p. 61),

regretta d’avoir abandonné son neveu le 2 juin 1774.--On l’appela à

cette époque _chasse-cousin_; d’aucuns prononçaient _Chasse-Coquin_.

On aurait dû dire _chasse-neveu_. Mais le mot visait plus encore La

Vrillière qui ne tarda pas du reste à se retirer.

[357] Lettre du 13 septembre 1774.

[358] Lettre du 13 septembre 1774. AN.T 243.

[359] COMTE FLEURY. _Louis XV intime_, p. 346.

[360] Lettre du 25 octobre. La mauvaise écriture de la duchesse nous

fait lire ce nom: ne serait-ce pas plutôt _Trappes_? En tout cas la

localité de _Trassey_ est inconnue.

[361] «Votre _ami_ le chancelier a été renvoyé aujourd’hui», écrivait

ironiquement le 24 août à sa nièce, Mᵐᵉ de Maurepas.

[362] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, p. 54 et suiv.

[363] _Correspondance secrète_ (Métra), I (15 décembre).--Le chapitre

des rectifications (_Mémoires du ministère d’Aiguillon_, p. 333) dit

que Maurepas envoya un courrier à la duchesse, avec ordre d’en dépêcher

un à son mari, pour lui mander que l’intention du roi était que M.

d’Aiguillon vînt siéger au Parlement.

[364] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, pp. 62 et suiv.

[365] La Vrillière n’avait pas encore résigné ses fonctions.

[366] _Corresp. M. Argenteau_, II, 163. Note donnant d’Aiguillon comme

un des «cabaleurs les plus redoutables pour relever les moindres

imprudences de la reine et la calomnier sans motif». Cette note ajoute

que d’Aiguillon persista dans cette voie, même après 1775.

[367] L. DE LOMÉNIE. _Beaumarchais et son temps_, 1856, I, pp. 392

et suiv.--Voici le titre de ce pamphlet, d’après H. D’ALMERAS. _Les

Amoureux de M.-Antoinette_, p. 192. «Avis à la branche espagnole sur

les droits de la Couronne de France, à défaut d’héritiers et qui peut

être utile à la famille des Bourbons, surtout à Louis XVI.»--Voir

APPENDICE II.

[368] _Corresp. M. Argenteau._ Lettres des 28 août et 11 septembre à

M.-Thérèse, t. II, p. 224 (note) et 230 (note).--Il est vrai que le 30

octobre, Kaunitz traitera Beaumarchais de «drôle».

[369] _Corresp. M. Argenteau._ Lettre de M.-Thérèse du 28 septembre, t.

II. 239.

[370] MARQUIS DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie_, p. 212.

«La reine était comparée à Messaline pour la débauche et pour la

cruauté.» Cordeliers et Jacobins, Hébert, Robespierre et F.-Tinville

se rappelleront cette ignoble injure avant et pendant le procès de la

reine.

[371] Voir APPENDICE III.

[372] LINGUET. _Aiguillonana_ (Londres, 1775).--Le _Napoléon inconnu_

de M. Frédéric Masson (1895, t. I, p. 454) donne, d’après le fonds

Libri, cette note prise par Napoléon dans sa jeunesse, sur l’_Espion

anglais_, en février 1789: «Madame (de Maurepas) gouvernait Monsieur,

qui était gouverné par l’abbé de Véri, auditeur de rote à Rome. L’abbé

de Véri était économiste et ami de Turgot, et il le fit choisir pour

occuper une place au ministère.»

Nous trouvons cette variante dans Sénac de Meilhan (_Le gouvernement,

les mœurs, etc., suivi des portraits des personnes distinguées de la

fin du XVIIIᵉ siècle_, édité par M. de Lescure):

«Le marquis de Poyanne, lieutenant-général et ancien militaire, était

un jour à souper à côté de lui (de Maurepas), cet officier lui dit:

--Monsieur le Comte, quel est ce jeune homme qui est au bout de la

table et qui paraît être de la maison? Il est militaire, à ce que je

vois, et je suis surpris de ne pas le connaître.

--Tant pis pour vous, lui dit M. de Maurepas, car c’est l’homme le plus

important qu’il y ait en France; il est l’amant de ma cousine *** (la

princesse de Montbarrey) qu’il gouverne; ma cousine gouverne ma femme,

laquelle me gouverne et je gouverne la France.»

[373] Ces lettres appartiennent aux archives du marquis de Chabrillan.

Consultées par M. de Ségur pour son livre _Au couchant de la monarchie_

(1910).

[374] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie._

[375] AUGEARD. _Mémoires secrets_ (1866), p. 52.--H. CARRÉ. (_La

Chalotais et le duc d’Aiguillon_, p. 71), signale ces emportements

furieux.

[376] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie_, p. 202.--D’Aiguillon

l’appelait une «triste demeure».

[377] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, p. 239.

[378] C’était l’hôtel dénommé primitivement hôtel d’Agénois, qui

appartint, de nos jours, au comte de Chabrillan et qui disparut dans le

tracé du boulevard Saint-Germain.

[379] _Corresp. M. Argenteau._ Lettre de M.-Thérèse, 1ᵉʳ avril 1775, t.

II, p. 316. L’impératrice répondait à une dépêche du 18 mars (t. II,

p. 315), où Mercy lui signalait la liaison de la comtesse de Marsan

avec Mᵐᵉ de Maurepas «qui conduit son mari» et qu’il soupçonnait de

«mauvaise volonté envers la reine».

Est-ce pour amener une réconciliation entre les partis hostiles qu’à

l’occasion du voyage incognito d’un frère de M.-Antoinette, l’archiduc

Maximilien, M. Argenteau avait prié, un mois auparavant, au même

dîner, d’Aiguillon et la comtesse de Brionne, deux irréconciliables

ennemis? Ce fut, en tout cas, un impair formidable. Car la comtesse

jeta feu et flamme, et pour refuser, usa d’un prétexte que lui fournit

complaisamment la reine.

[380] Dans sa _Miniature française_ (p. 93), M. H. Bouchot parle d’un

décor de ce théâtre, peint en 1775 d’après Le Tellier.

[381] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie_, p. 202.

[382] _Suite aux Mémoires de Dumouriez_ (Paris, Laran, an IV de la

Répub.), p. 27 et _pièces justificatives_, I.

[383] MOREAU. _Mes Souvenirs_, t. II, pp. 132-137 et suiv.

[384] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie_, pp. 207 et suiv.

Les _Mémoires_ de Thiébaut, le père du général, publiés en 1827,

prétendent au contraire, d’après Guines, et ce fut son véritable grief,

que d’Aiguillon ne parla même pas au roi de l’affaire.

[385] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, pp. 64 et suiv.

[386] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, pp. 64 et suiv.

[387] _Correspondance de M. Argenteau._ Lettre du 20 avril à

M.-Thérèse, II, 318-321. «On a fait voir à la reine dans la protection

qu’elle accorderait à M. de Guines un moyen de vengeance contre

le duc d’Aiguillon; et ce moyen est répréhensible... toutes mes

représentations n’ont rien arrêté.» Mercy ajoute, il est vrai, par

manière de correctif, qu’il a acquis la conviction que le duc est «le

principal acteur de toutes les intrigues contre la reine».

Marie-Thérèse abonde dans le sens de son agent, les «démarches de sa

fille contre le duc d’Aiguillon, tout mauvais sujet qu’il est (elle y

tient), lui fournissant une nouvelle preuve de son penchant à suivre

ses volontés et ses sentiments». (Lettre du 4 mai de M.-Thérèse, t. II,

p. 327.)

Cette mère, par trop autoritaire, prétendait-elle donc toujours imposer

à sa fille «ses volontés et ses sentiments» à elle?

[388] Le duc de Lévis (_Souvenirs_, p. 146) reproche à Besenval d’avoir

méconnu sciemment et perfidement «les incontestables talents de M. le

duc d’Aiguillon».

[389] BESENVAL. (_Mémoires_, 2 vol., collection Baudouin, 1821) t. II,

p. 311 et suiv.

[390] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie_, p. 211.

[391] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie._ Lettres de Mᵐᵉ de

Maurepas, communiquées par M. le Mⁱˢ de Chabrillan.

[392] MOREAU. _Mes Souvenirs_, t. II, p. 137 et suiv.

[393] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie_, p. 214 et Arch. Nat.

K, 164.

[394] AN.T 243.

[395] Elle fit croire au roi, disent les _Mémoires du ministère

d’Aiguillon_ (p. 69), qu’il avait «intrigué, tripoté, trigaudé».

[396] _Mémoires secrets_, 8 juin 1775.

[397] Mᵐᵉ CAMPAN. _Mémoires_, édit. Didot, 1858, p. 190.

[398] _Corresp. secrète_ dite de _Métra_, t. II, p. 62.--Et les mauvais

plaisants de dire: M. de Guines peut avoir raison; mais il a eu _tort_

pendant trois ans.

[399] LINGUET. _Aiguillonana_, 1777.

[400] MÉTRA. _Correspondance secrète_, t. I, p. 360, 22 mai 1775.

[401] MÉTRA. _Correspondance secrète_, t. II, p. 115.

[402] BELLEVAL. _Souvenirs d’un chevau-léger_, pp. 182-186.

[403] BELLEVAL. _Souvenirs d’un chevau-léger_, pp. 182-186.

[404] BELLEVAL. _Souvenirs d’un chevau-léger_, p. 184.

[405] BELLEVAL. _Souvenirs d’un chevau-léger_, pp. 185-186.

[406] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, p. 70.

[407] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, p. 70.

[408] BELLEVAL. _Souvenirs_, p. 186.

[409] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie._ (D’après le _Journal

de Véri_).--Par une coïncidence assez curieuse, Moreau (_Souvenirs_, t.

II, pp. 196-197), raconte une partie de ces conférences à peu près dans

les mêmes termes. «La princesse de Beauvau et la duchesse de Grammont

soufflaient, dit-il, la haine dans le cœur de la reine.» Mais Véri le

conseiller de Mᵐᵉ de Maurepas, Moreau celui de d’Aiguillon, avaient dû

recevoir une même impression des deux côtés.

«Chaque jour, écrit M. de Nolhac (_La Reine Marie-Antoinette_, 1890,

in-4º, p. 11), elle (la reine) attaque le ministre chez le roi: Mᵐᵉ

de Maurepas, qui est sa tante, le défend auprès de son mari; mais

celui-ci ne tient pas plus à ses amis qu’à ses principes: il abandonne

d’Aiguillon à la reine. C’était d’ailleurs un maigre service qu’il

rendait à Marie-Antoinette... Maurepas habite à Versailles très près

du roi et peut pénétrer chez lui à toute heure par un escalier privé.

Que de fois la reine est surprise de voir détruit le soir, sans qu’elle

sache comment, l’effet d’un entretien du matin avec son mari!»

[410] MARQUIS DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie_, p. 219.

[411] _Mémoires du ministère du duc d’Aiguillon_, p. 70.

[412] BELLEVAL. _Souvenirs d’un chevau-léger_, p. 187.--Le 7 juin,

Belleval reçut sa commission de capitaine de cavalerie, il la devait

aux démarches de d’Aiguillon.

[413] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie._--A entendre Besenval

(_Mémoires_, I, p. 314), ce serait lui qui aurait indiqué le lieu

d’exil à la reine dans ses entretiens avec elle. «Il fallait qu’il

allât à Aiguillon: il tournait en ridicule l’ordre d’aller à Véretz.»

[414] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, p. 72.

[415] MOREAU. _Mes Souvenirs_, t. II, p. 197.

[416] Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie._

[417] _Corresp. secrète M. Argenteau. Lettre de M.-Antoinette à

M.-Thérèse_, 22 juin 1775, II, 344.

[418] _La Bretagne féodale et militaire_, 1879.--_Mémoires du ministère

d’Aiguillon_, p. 336.

[419] _Corresp. Mercy-Argenteau_, t. II, 362.--Le comte de Rosemberg

était un fidèle des archiducs Joseph et Maximilien.

[420] _Mémoires de Besenval_, t. I, p. 316.

[421] BELLEVAL. _Souvenirs d’un chevau-léger_, p. 189.

[422] _Corresp. M. Argenteau._ Lettre de M.-Thérèse, 31 juillet 1775,

t. II, p. 360. M.-Thérèse lui recommande de brûler sa lettre et la

copie.

[423] Belleval dit que d’Aiguillon reçut le 9 l’ordre verbal; mais

Maurepas l’avait évidemment prévenu deux ou trois jours à l’avance.

[424] Lettre publiée dans le _Bulletin du Bibliophile_ de 1882, p. 104.

[425] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, pp. 70 et suiv.

[426] Dans le chapitre des rectifications de ces _Mémoires_, écrit

évidemment sous l’inspiration et avec les notes de la duchesse, il

est dit (page 336) que «M. d’Aiguillon alla à Pontchartrain avec Mᵐᵉ

d’Aiguillon, faire ses adieux à M. de Maurepas, mais qu’il n’y eut

aucune explication».

[427] Une partie de ces lettres a paru dans le livre de M. le Mⁱˢ de

Ségur; nous devons la communication des autres à la bienveillance du

marquis de Chabrillan.

[428] _Lettre de M. Argenteau à M.-Thérèse_, 17 juillet.

[429] _Bulletin du Bibliophile_, 1882, p. 104.

[430] _Mémoires secrets_, 13 juin 1775.

[431] AN.T 243. Lettre du 16 juin à M. de Balleroy. _Pièces

justificatives_, II.

[432] Lettre datée de Paris, 3 août 1775.

[433] _Revue d’Histoire littéraire de la France_, t. III, pp. 332-347.

[434] BELLEVAL. _Souvenirs_, p. 187.

[435] _Revue de l’Agenais_, t. VI (1879), p. 469.

[436] _Les Entretiens de l’autre monde_ (Cythère, 1785).

[437] H. CARRÉ. _La Chalotais et le duc d’Aiguillon_, pp. 71-72 et

passim dans la Correspondance Fontette-de La Noue.

[438] Mémoires de Lauzun (édit. Lacour, 1858), p. 249.

[439] _Bulletin du Bibliophile_, année 1882.

[440] Cette lettre, si importante, appartient aux archives Chabrillan:

elle est assez difficile à déchiffrer; et plusieurs mots nous en sont

restés peu intelligibles.

[441] Le maréchal comte de Muy avait succédé à d’Aiguillon comme

ministre de la guerre. C’était un honnête homme et un ami de Maurepas.

[442] L’abbé Jacques de Vermond était alors lecteur de la reine.

C’était, nous l’avons dit, un surveillant, que, sur l’indication de

M. Argenteau, Marie-Thérèse avait donné à la Dauphine. Le Dauphin ne

l’aimait pas. Vermond reprit faveur à l’affaire du Collier.

[443] Sa situation était fortement battue en brèche. Et le comte de

Provence, tout le premier, lui décochait, le 1ᵉʳ avril 1776, sous

le voile de l’anonyme, un terrible pamphlet intitulé le _Songe de

M. de Maurepas_, ou les _Machines du gouvernement français_, ou

encore les _Mannequins_ (Louis XVI était le premier de tous), qui

daubait vigoureusement sur le ministre, sa femme et l’abbé de Véri.

L’appréciation de la duchesse d’Aiguillon (p. 281) ne manquait donc pas

d’à-propos sur ce f... ministère, comme l’appelait Malesherbes, d’après

les _Souvenirs_ de Moreau.

[444] Peut-être bien l’abbé de Véri, ou l’évêque Desnos.

[445] Lettre du 22 mars 1776.

[446] AN.T 243. Lettre du 5 avril.

[447] AN.T 243. Lettre du 12 avril.

[448] ARCHIVES CHABRILLAN. Lettre du 3 août 1775. La Vrillière, à

moitié gâteux, ne pouvait se résoudre à quitter sa place, malgré que

Maurepas l’eût averti qu’il était temps de partir. Il fallut que le roi

lui dise brutalement: «Oui, Monsieur, je trouve bon que vous songiez

à votre retraite». Une pension de 60.000 livres le consola de sa

démission forcée. (Mⁱˢ DE SÉGUR. _Au couchant de la monarchie_, p. 247.)

[449] AN.T 243. Lettre du 10 mai 1776.

[450] AN.T 243. Lettre du 24 mai.

[451] _Lettre de M. Argenteau à M.-Thérèse_, II, p. 447, 16 mai

1776.--Cet engouement de M.-Antoinette sera encore d’assez longue

durée. Mercy-Argenteau déplorait en 1779 que la reine eût accepté comme

garde-malade, pendant sa rougeole, le duc de Guines.

M.-Thérèse avait fini par écrire à sa fille que Guines passait pour la

diriger. M.-Antoinette répondit, non sans aigreur, à sa mère, pour nier

une telle influence. Mais la faveur de Guines commençait à baisser:

d’autres amitiés fixaient déjà pour quelques heures la frivolité de la

reine.

[452] MÉMOIRES DE LAUZUN. Edition L. Lacour (1858, Paris), p. 251.

Ce fut le 12 mai, écrit le comte de Creutz, que M. de Guines fut nommé

duc; et dans une lettre de Mercy à M.-Thérèse, du 16 mai, l’ambassadeur

d’Autriche écrit que la faveur accordée à Guines avait tellement

surexcité Marie-Antoinette, que, sans les observations de Mercy, elle

eût fait envoyer Turgot à la Bastille et chasser Vergennes (t. II, p.

446).

[453] _Bulletin du Bibliophile_, année 1882, p. 122.

[454] BELLEVAL. _Souvenirs d’un chevau-léger_, p. 189.

[455] MOREAU. _Mes souvenirs_, t. II, p. 197.

[456] _Archives Chabrillan._

[457] _Archives Chabrillan._

[458] _Correspondance secrète de M. Argenteau_, II, p. 462.

[459] Cette «demi-grâce», comme on dit alors, fut assez vivement

critiquée. «Je comprends, écrivait le 8 juillet la duchesse

d’Aiguillon, que la restriction, très dure et inutile, que la reine a

voulu mettre à notre liberté, ait choqué le public.»

[460] Lettre du 16 juillet 1776, t. II, p. 465. (_Corresp. secrète de

M. Argenteau._ Lettre de Mercy à M.-Thérèse.)

[461] BELLEVAL. _Mémoires d’un chevau-léger_, p. 189.

[462] Lettre de M. de Maurepas au duc d’Aiguillon, 20 décembre 1776.

[463] _La Correspondance secrète_, éditée par M. de Lescure (2 vol.,

1865), dit, les 24 janvier et 4 mars 1777, «qu’il est toujours bruit du

retour de d’Aiguillon au ministère».

[464] M. de Ségur, dans son livre si intéressant et si vrai, _Au

couchant de la monarchie_ (C. Lévy, 1910), donne un joli portrait de

Mᵐᵉ de Maurepas, d’après le _Journal inédit_ de l’abbé de Véri.

La comtesse était, comme sa sœur et sa nièce, dépourvue de beauté;

de plus elle n’avait ni «les grâces de l’esprit, ni les agréments de

l’étude, mais un sens droit, un jugement vrai, un sentiment noble, un

désir toujours soutenu de faire plaisir aux autres, un attachement

invariable pour ceux qu’elle aimait».

Elle avait soixante-seize ans quand son mari revint au pouvoir, et

si ce retour inespéré de fortune, à un âge aussi avancé, lui laissa

entrevoir ce que pouvait en attendre sa famille dans un avenir

prochain, elle en redouta le lourd fardeau pour Maurepas. Ses amis,

dit Mᵐᵉ de Genlis (_Souvenirs de Félicie_), appelaient ce couple,

toujours tendrement uni, Philémon et Baucis. «Il n’y a plus de Baucis à

Versailles, soupirait mélancoliquement Mᵐᵉ de Maurepas; je ne vois plus

mon mari; tout ce travail le tuera.»

Les nouvellistes ne lui épargnaient pas leurs moqueries. Ils les

représentaient à un bal paré de la Cour, le comte en Cupidon, la

comtesse en Vénus (_Corresp. secrète_, éditée par Lescure, I, 246).

Les _Mémoires secrets_ (t. XI, p. 233), sont autrement cruels pour Mᵐᵉ

de Maurepas. Invitée, en mai 1778, à Marly (c’était la première fois

que lui incombait un tel honneur), elle avait été reçue à dîner par la

reine; et comme elle n’osait rien refuser à M.-Antoinette, elle revint

à Versailles avec une effroyable indigestion. Les _Mémoires secrets_

profitent de la circonstance pour railler la vanité excessive de Mᵐᵉ de

Maurepas et pour parler de l’aversion qu’inspirent à la reine le mari

et la femme: «c’est un trait de politique de la reine pour plaire au

roi qui a beaucoup d’amitié pour la comtesse».

[465] _Journal de Hardy_ (BN. Mss. 6682), 18 mai 1776.

[466] _Journal de Hardy_ (BN. Mss. 6682), 17 août 1776.

[467] Lettre de Mercy à M.-Thérèse, t. III, p. 41, 16 avril 1777.--Voir

les _Archives de la Bastille_.--_Mémoires secrets._--_Correspondance

secrète_ (édit. Lescure), t. I, pp. 36 et suiv.

[468] Lettre de M. de Maurepas à M. d’Aiguillon, 20 décembre 1776.

[469] AN.T 243. Lettre au chevalier de Balleroy, 10 mars 1779.--Le 14,

Mᵐᵉ d’Aiguillon lui demande si «M. de la Vrillière est mort de chagrin,

comme on le lui a dit».

[470] AN.T 243. Lettre du 21 avril.

[471] AN.T 243. _Lettre du 14 mars 1777._ Ce Du Châtelet devait être

de la branche Clémont et, de ce fait, parent, par les Mailly, de

la duchesse d’Aiguillon. Châteauneuf-La Vrillière fut vendu, après

la mort de son propriétaire, huit cent mille livres au prince de

Guéméné-Montbazon, de qui le duc de Penthièvre l’acheta en 1783.

(L’ABBÉ BARDIN. _Châteauneuf_, 1864, pp. 79 et suivantes.)

[472] AN.T 243. _Lettre du 14 septembre 1777._--C’était un hôtel de

la rue qui porte aujourd’hui le nom de Saint-Florentin. Maurepas en

demandait 250.000 francs. Le duc de Fitz-James en fut l’acquéreur.

L’hôtel des Maurepas était situé rue de Grenelle (nº 75 actuel).

[473] AN.T 243. _Lettre du 7 avril 1777._--En mars, Maurepas était

souffrant; et Balleroy était allé prendre de ses nouvelles dont la

duchesse le remerciait: «Votre lettre, lui disait-elle, est une liste

de malades».

[474] AN.T 243. Lettre du 5 mai.

[475] AN.T 243. Lettre du 19 mai.

[476] AN.T 243. Lettre du 25 juin.

[477] AN.T 243. Lettre du 26 juin.

[478] AN.T 243. Lettre du 26 juillet 1777.

[479] AN.T 243. Lettre du 25 juin (du duc d’Aiguillon).

[480] AN.T 243. Lettre du 7 août (de Mᵐᵉ d’Aiguillon). Le prince de

Salm-Kirtzbourg était un viveur qui ruina toutes ses maîtresses, la

marquise de Jaucourt entre autres. _Corresp. secrète_ (édit. Lescure)

I, 269.--Le duc de Mazarin devait être lord Mazarene, perdu de dettes

et de débauches, toujours sous le coup de la contrainte par corps.

[481] AN.T 243. Lettre du 7 août (de Mᵐᵉ d’Aiguillon).

[482] AN.T 243. Lettre du 14 septembre (de M. d’Aiguillon).

[483] AN.T 243. Lettre du 19 mai.--Voir le dossier _Saint-Vincent_ aux

_Archives de la Bastille_, 12437.

[484] AN.T 243. Lettre du 12 septembre.

[485] AN.T 213. Lettre du 3 octobre.

[486] AN.T 243. Lettre du 14 septembre, du duc d’Aiguillon.

[487] _Corresp. M. Argenteau_, t. III, 15 juin 1777.--Dans ce même

journal (p. 75), Mercy note que l’empereur Joseph et l’abbé de Véri

sont restés une heure ensemble et seuls.

[488] _Bulletin du Bibliophile_, 1882 (lettre de décembre 1777).

[489] Lettre du duc, 3 novembre 1777.

[490] AN.T 243. Lettre du 3 janvier 1778.

[491] Ce Desnos avait été envoyé en disgrâce de Rennes à Verdun, après

une querelle des plus vives avec Girac, cet évêque de Saint-Brieuc

qui avait si prestement tourné casaque à d’Aiguillon. La cause du

conflit qui s’était élevé entre les deux prélats ne laissait pas d’être

curieuse: les jésuites avaient fait vendre leur argenterie; et Desnos

prétendait que Girac s’était approprié le produit de la vente. Les

haines des évêques entre eux sont bien des haines de dévots. Girac

remplaça Desnos à Rennes le 22 décembre 1769. (_Journal historique de

la Révolution opérée dans la Constitution de la Monarchie française par

M. de Maupeou_, 7 vol., t. III, p. 170.)

[492] AN.T 243. Lettre du 21 janvier 1778.--_La Bohémienne_, comédie en

2 actes de Monston (Opéra Comique, 1755).

[493] _Revue de Bretagne et de Vendée_, 1894 (article de

Calan).--_L’Espion français_, t. VIII, p. 91.

[494] AN.T 243. Lettre du 22 juin 1778.

[495] AN.T 243. Lettre du 28 août 1778.

[496] AN.T 243. Lettre du 21 septembre 1778.

[497] AN.T 243. Lettre du 24 juillet.--Nous sommes étonné que la

duchesse n’ait pas parlé à Balleroy de la mort de Voltaire, survenue

près de trois mois auparavant. Les œuvres du philosophe lui étaient

cependant familières: car elle envoyait, en juillet 1768, au chevalier,

une pièce de vers de Voltaire sur un navire de Saint-Malo qui portait

le nom du poète. Elle appréciait cette œuvre, d’ailleurs médiocre, avec

l’ironie qui perce sous le fait-divers du 24 juillet 1778.

[498] ANT. 243. Lettre du 21 août.--Le comte de Broglie avait intenté

un procès à l’abbé Georgel, sous prétexte que ce jésuite l’avait

calomnié auprès de Maurepas. Le Parlement le débouta purement et

simplement. (DE BROGLIE. _Le secret du roi_, II, 586.)

[499] C’était, dit la _Correspondance secrète_ (édit. Lescure, I,

202), beaucoup plus pour la grossesse de la reine que pour «la petite

victoire navale du duc de Chartres».

[500] AN.T 243. Lettre du 22 décembre.

[501] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, p. 198.--Le 6 février 1778,

un traité d’alliance et de commerce avait été conclu entre la France et

les Etats-Unis.

[502] AN.T 243. Lettre du 25 décembre.--S’agit-il de ce rouleau de

louis faux donné comme payement à Marly, dont parle la _Correspondance

secrète_ (édit. Lescure), t. I, p. 236.

[503] BELLEVAL. _Souvenirs_, p. 132.

[504] Cette lettre est reproduite en fac-similé dans l’édition

illustrée du livre de M. Claude Saint-André sur Mᵐᵉ Du Barry (éditeur

Emile-Paul).

[505] AN.T 243. Lettre du 21 décembre.--_L’épreuve villageoise de

Grétry._--_La famille extravagante_, 1 acte, de Legrand, musique de

Guilliers (Comédie Française, 1769).

[506] AN.T 243. Lettre du 1ᵉʳ janvier 1779.

[507] AN.T 243. Lettre du 22 janvier 1779.

[508] AN.T 243. Lettre du 29 mars 1779.

[509] AN.T 243. Lettre du 3 avril.--Le 16 août, le duc le félicitera

«par avance» de sa nomination de commandeur.

[510] AN.T 243. Lettre du 26 juillet (lettre du duc d’Aiguillon).

[511] AN.T 243. Lettre du 28 août (lettre du duc d’Aiguillon).

[512] AN.T 243. Lettre du duc d’Aiguillon, du 8 mai 1779.

[513] AN.T 243. Lettre de la duchesse d’Aiguillon, du 11 décembre 1778.

[514] _Corresp. secrète_ (édit. Lescure), 2 juillet 1779.

[515] _Lettre M. Argenteau_, t. III, p. 371. Lettre du 17 mars 1779.

[516] _Mémoires du ministère d’Aiguillon_, p. 266.

[517] Cette assertion sur les rapports de Mᵐᵉ de Forcalquier avec

d’Aiguillon a toujours été très discutée.

Une grande dame de la cour de Louis XV: La duchesse d'Aiguillon (1726-1796) · 第 28 / 30 段