«Quoique j'aie eu l'occasion d'observer l'animal dans les circonstances
les plus intimes de sa vie; quoique l'anthropoïde fût placé dans des
conditions beaucoup plus favorables au développement de ses facultés que
les singes que l'on peut observer dans les ménageries, puisqu'il prenait
ses repas à table, couchait dans un berceau et était soigné comme un
enfant, je n'ai pu démêler dans les sons émis que des cris indiquant des
sensations générales, se ramenant toutes à l'état de bien-être, de
malaise ou d'excitation.»
L'auteur pose ensuite en principe qu'il y a langage, lorsque les sons
émis sont conventionnels et représentent des mots; il y a pseudo-langage
quand les sons émis sont spontanés et instinctifs.
Or, Pépée, séparée de ses semblables dès sa plus tendre enfance, n'avait
pu apprendre de ses congénères les sons qu'elle se plaisait à émettre;
d'autre part, elle s'est toujours refusée à répéter les sons que ses
maîtres cherchaient à lui apprendre.
Et, après avoir cité nombre d'autres petits faits, M. Boutan conclut en
adoptant pour les animaux l'expression de _pseudo-langage_, le nom de
_langage_ étant réservé exclusivement aux sons acquis par l'éducation.
Toutefois, il accorde le _langage rudimentaire_ au perroquet et aux
autres oiseaux imitateurs.