M. Boutan ajoute:

«Quoique j'aie eu l'occasion d'observer l'animal dans les circonstances

les plus intimes de sa vie; quoique l'anthropoïde fût placé dans des

conditions beaucoup plus favorables au développement de ses facultés que

les singes que l'on peut observer dans les ménageries, puisqu'il prenait

ses repas à table, couchait dans un berceau et était soigné comme un

enfant, je n'ai pu démêler dans les sons émis que des cris indiquant des

sensations générales, se ramenant toutes à l'état de bien-être, de

malaise ou d'excitation.»

L'auteur pose ensuite en principe qu'il y a langage, lorsque les sons

émis sont conventionnels et représentent des mots; il y a pseudo-langage

quand les sons émis sont spontanés et instinctifs.

Or, Pépée, séparée de ses semblables dès sa plus tendre enfance, n'avait

pu apprendre de ses congénères les sons qu'elle se plaisait à émettre;

d'autre part, elle s'est toujours refusée à répéter les sons que ses

maîtres cherchaient à lui apprendre.

Et, après avoir cité nombre d'autres petits faits, M. Boutan conclut en

adoptant pour les animaux l'expression de _pseudo-langage_, le nom de

_langage_ étant réservé exclusivement aux sons acquis par l'éducation.

Toutefois, il accorde le _langage rudimentaire_ au perroquet et aux

autres oiseaux imitateurs.

L'Illustration, No. 3661, 26 Avril 1913 · 第 39 / 50 题