était sous la tutelle militaire du maréchal Jourdan, de réunir
sur-le-champ les troupes françaises répandues depuis Gênes jusqu'à
Bologne et Vérone, de les porter sur l'Adige, d'acheter des chevaux
d'artillerie dans toute l'Italie, et d'atteler immédiatement cent
bouches à feu. Comme les troupes françaises étaient formées en
divisions et sur le pied de guerre, ces dispositions étaient faciles
et de prompte exécution. Il ordonna de leur envoyer des recrues des
dépôts. Il prescrivit en même temps de faire cuire du biscuit partout,
pour en remplir les places d'Italie. Alexandrie n'étant pas encore
achevée, il voulut que la citadelle de Turin servît de place de dépôt
pour le Piémont.
[Note en marge: Instructions au général Bernadotte, relativement au
Hanovre.]
Il prit des dispositions semblables pour l'Allemagne. Ce même jour,
23, il fit partir un courrier pour Bernadotte, qui avait remplacé le
général Mortier dans le commandement du Hanovre. Il lui enjoignait,
sous le sceau du plus grand secret, et sans donner aucun signe
extérieur de sa nouvelle destination, de réunir à Goettingen,
c'est-à-dire à l'extrémité de cet électorat, et à la tête des routes
de l'Allemagne centrale, la plus grande partie de son corps d'armée;
de commencer par acheminer sur ce point l'artillerie et les gros
bagages; d'exécuter ces mouvements de manière qu'ils ne pussent être
clairement discernés avant dix ou quinze jours, et, pour prolonger le
doute, de se montrer de sa personne au point opposé, d'attendre enfin
un dernier ordre pour se mettre définitivement en marche. Sa pensée
était, s'il s'entendait avec la Prusse, comme il n'en doutait pas,
relativement au Hanovre, d'évacuer ce royaume et de traverser, sans
permission, tous les petits États de l'Allemagne centrale, pour porter
en Bavière le corps d'armée qu'on retirait du Hanovre.
[Note en marge: Ordre au général Marmont, embarqué au Texel.]
Par le même courrier, il enjoignit au général Marmont au Texel, de
préparer sur-le-champ ses attelages et son matériel, pour pouvoir en
trois jours se mettre en marche avec son corps d'armée, lui recommandant
de garder le secret, et de ne rien changer à l'embarquement de ses
troupes avant un nouvel ordre. Enfin auprès de lui, à Boulogne même, il
fit une première et seule distraction des forces qu'il avait sous sa
main, celle de la grosse cavalerie et des dragons. Il avait réuni
beaucoup plus de cavalerie qu'il ne lui en fallait en réalité, et
beaucoup plus surtout qu'il ne pourrait probablement en embarquer. Il
fit porter à une marche en arrière la division des cuirassiers de
Nansouty, et réunir à Saint-Omer ses dragons à pied et à cheval, placés
sous les ordres de Baraguay-d'Hilliers. Il leur adjoignit un certain
nombre de pièces d'artillerie à cheval, et les achemina sur-le-champ
vers Strasbourg. Il ordonna en même temps de réunir en Alsace tout ce
qui restait en France de grosse cavalerie, dépêcha le général en chef de
l'artillerie, Songis, pour préparer un parc de campagne entre Metz et
Strasbourg, avec des fonds pour acheter, en Lorraine, en Suisse, en
Alsace, tous les chevaux de trait qu'on pourrait se procurer. Même ordre
fut donné pour l'infanterie qui était à portée de la frontière de l'est.
Cinq cent mille rations de biscuit furent commandées à Strasbourg. Cette
nombreuse cavalerie, accompagnée d'artillerie à cheval, assistée d'une
espèce d'infanterie, celle des dragons, pouvait fournir un premier appui
aux Bavarois menacés, demandant du secours à grands cris. Quelques
régiments d'infanterie devaient être très-prochainement en mesure de les
secourir. Enfin Bernadotte pouvait être rendu à Wurtzbourg en dix ou
douze marches. Ainsi, en quelques jours, sans avoir rien distrait de
ses forces embarquées, rien que quelques divisions de grosse cavalerie
et de dragons, il était en mesure de soutenir les Bavarois, sur lesquels
l'Autriche voulait faire tomber ses premiers coups.
Ces dispositions exécutées avec la promptitude d'un grand caractère,
il reprit un peu de tranquillité d'esprit, et se mit à attendre ce que
les vents lui apporteraient.
[Note en marge: Derniers regards jetés sur la mer, pour voir si
Villeneuve n'arrive pas.]
Il était sombre, préoccupé, dur pour l'amiral Decrès, sur le visage
duquel il semblait voir toutes les opinions qui avaient ébranlé
Villeneuve, et il était sans cesse sur le rivage de la mer, cherchant
à l'horizon quelque apparition inattendue. Des officiers de marine,
placés avec des lunettes sur les divers points de la côte, étaient
chargés d'observer toutes les circonstances de mer, et de lui en
rendre compte. Il passa ainsi trois jours, dans une de ces situations
incertaines qui répugnent le plus aux âmes ardentes et fortes, aimant
les partis décidés. Enfin l'amiral Decrès, sans cesse interrogé, lui
déclara que, dans son opinion, vu le temps écoulé, vu les vents qui
avaient régné sur la côte, depuis le golfe de Gascogne jusqu'au
détroit de Calais, vu les dispositions morales de Villeneuve, il était
persuadé que les flottes avaient fait voile vers Cadix.
[Note en marge: Manière dont Napoléon conçoit et dicte le plan de la
campagne d'Austerlitz.]
Ce fut avec une profonde douleur, mêlée de violentes explosions de
colère, que Napoléon renonça enfin à l'espérance de voir arriver sa
flotte dans le détroit. Son irritation fut telle qu'un homme qu'il
aimait d'une manière particulière, le savant Monge, qui presque
chaque matin faisait un déjeuner tout militaire avec lui, au bord de
la mer, dans la baraque impériale, Monge, en le voyant dans cet état,
se retira discrètement, jugeant sa présence importune. Il alla auprès
de M. Daru, alors principal commis de la guerre, et lui raconta ce
qu'il avait vu. Au même instant M. Daru fut appelé lui-même, et dut se
rendre auprès de l'Empereur. Il le trouva agité, parlant seul,
semblant ne pas apercevoir les personnes qui arrivaient. À peine M.
Daru était-il entré, debout, silencieux, attendant des ordres, que
Napoléon venant à sa rencontre, et s'adressant à lui comme s'il avait
été instruit de tout:--Savez-vous, lui dit-il, savez-vous où est
Villeneuve? Il est à Cadix!--Puis il se livra à une longue diatribe
sur la faiblesse, sur l'incapacité de tout ce qui l'entourait, se dit
trahi par la lâcheté des hommes, déplora la ruine du plan le plus
beau, le plus sûr qu'il eût conçu de sa vie, et montra dans toute son
amertume la douleur du génie abandonné par la fortune. Tout à coup,
revenu de cet emportement, il se calma d'une manière soudaine, et,
reportant son esprit avec une surprenante facilité de ces routes
fermées de l'Océan vers les routes ouvertes du continent, il dicta
pendant plusieurs heures de suite, avec une présence d'esprit, une
précision de détail extraordinaires, le plan qu'on va lire dans le
livre suivant. C'était le plan de l'immortelle campagne de 1805. Il
n'y avait plus trace d'irritation ni dans sa voix, ni sur son
visage[28]. Chez lui les grandes conceptions de l'esprit avaient
dissipé les douleurs de l'âme. Au lieu d'attaquer l'Angleterre par la
voie directe, il allait la combattre par la longue et sinueuse route
du continent, et il allait trouver sur cette route une incomparable
grandeur, avant d'y trouver sa ruine.
[Note 28: J'extrais ce récit d'un fragment de Mémoires écrit par M.
Daru, dont la copie est actuellement en ma possession par un acte
d'obligeance de son fils.]
[Note en marge: Quelles chances présentait le projet de descente?]
Aurait-il plus sûrement atteint le but par la voie directe,
c'est-à-dire par la descente? C'est là ce qu'on se demandera souvent
dans le présent et dans l'avenir, et ce qu'on aura peine à décider.
Cependant, si Napoléon eût été une fois transporté à Douvres, ce n'est
pas offenser la nation britannique que de croire qu'elle pouvait être
vaincue par l'armée et le capitaine qui en dix-huit mois ont vaincu et
soumis l'Autriche, l'Allemagne, la Prusse et la Russie. Il n'y avait,
en effet, pas un homme de plus dans cette même armée de l'Océan qui a
battu à Austerlitz, à Iéna et à Friedland les huit cent mille soldats
du continent. Il faut même le dire; l'inviolabilité territoriale dont
jouit l'Angleterre n'a pas façonné son coeur au danger de l'invasion,
ce qui ne diminue pas la gloire de ses escadres et de ses armées
régulières. Il est dès lors peu probable qu'elle eût osé tenir devant
les soldats de Napoléon, non encore épuisés par la fatigue, non encore
décimés par la guerre. Une résolution héroïque de son gouvernement, se
réfugiant en Écosse, par exemple, et laissant ravager l'Angleterre
jusqu'à ce que Nelson vînt, avec toutes les escadres anglaises,
fermer le retour à Napoléon vainqueur, et l'exposer à être prisonnier
dans sa propre conquête, aurait amené sans doute de singulières
combinaisons; mais elle était hors de toutes les vraisemblances. Nous
sommes fermement persuadé que, Napoléon parvenu à Londres,
l'Angleterre aurait traité.
La question était donc tout entière dans le passage du détroit. Bien
que la flottille pût le franchir en été par le calme, en hiver par la
brume, ce passage était hasardeux. Aussi Napoléon avait songé au
secours d'une flotte pour protéger l'expédition. La question était
ramenée, dira-t-on, à la difficulté première, celle d'être supérieur
aux Anglais sur mer. Non, car il ne s'agissait ni de les surpasser, ni
même de les égaler. Il s'agissait uniquement de faire arriver, par une
combinaison habile, une flotte dans la Manche, en profitant des
hasards de la mer et de son immensité, qui rend les rencontres
difficiles. Le plan de Napoléon, si souvent remanié, reproduit avec
tant de fécondité, avait toute chance de réussir aux mains d'un homme
plus ferme que Villeneuve. Sans doute Napoléon retrouva ici, sous une
autre forme, les inconvénients de son infériorité maritime;
Villeneuve, sentant vivement cette infériorité, en fut déconcerté;
mais il le fut trop, il le fut même d'une manière qui compromet son
honneur devant l'histoire. Après tout, sa flotte s'était bien battue
au Ferrol; et, si l'on suppose qu'il eût livré devant Brest la
désastreuse bataille qu'il livra peu de temps après à Trafalgar,
Ganteaume serait sorti; et, à la perdre, ne valait-il pas mieux la
perdre pour assurer le passage de la Manche? Pourrait-on, même dans ce
cas, dire qu'elle a été perdue? Villeneuve eut donc tort, bien qu'on
l'ait trop décrié, selon l'usage pratiqué envers ceux qui sont
malheureux. Homme de métier, oubliant qu'avec du dévouement on supplée
souvent à ce qui manque sous le rapport matériel, il ne sut pas
s'élever à la hauteur de sa mission, et faire ce que Latouche-Tréville
eût certainement fait à sa place.
L'entreprise de Napoléon n'était donc pas une chimère; elle était
parfaitement réalisable, telle qu'il l'avait préparée; et peut-être,
aux yeux des bons juges, cette entreprise, qui n'a pas eu de résultat,
lui fera-t-elle plus d'honneur que celles qui ont été couronnées du
plus éclatant succès. Elle ne fut pas non plus une feinte, comme l'ont
imaginé certaines gens, qui veulent chercher des profondeurs où il n'y
en a pas: quelque mille lettres des ministres et de l'Empereur ne
laissent à cet égard aucun doute. Ce fut une entreprise sérieuse,
poursuivie pendant plusieurs années avec une passion véritable. On a
prétendu également que, si Napoléon n'eût pas repoussé Fulton venant
lui offrir la navigation à vapeur, il aurait franchi le détroit. Le
rôle de la navigation à vapeur est impossible à prédire aujourd'hui
dans les événements futurs. Qu'elle donne des forces de plus à la
France contre l'Angleterre, cela est probable. Qu'elle rende le
détroit plus facile à traverser, cela dépendra des efforts que la
France saura faire pour s'assurer la supériorité dans l'emploi de
cette puissance toute nouvelle; cela dépendra de son patriotisme et de
sa prévoyance. Mais ce qu'il est permis d'affirmer touchant le refus
de Napoléon, c'est que Fulton lui apporta un art dans son enfance, et
qui dans le moment ne lui aurait été d'aucun secours. Napoléon fit
donc tout ce qu'il put. Il n'y a pas en cette circonstance une seule
faute à lui reprocher. La Providence sans doute ne voulait pas qu'il
réussît. Et pourquoi? Lui qui n'a pas toujours eu raison avec ses
ennemis, avait cette fois le droit de son côté.
FIN DU LIVRE VINGT ET UNIÈME
ET DU CINQUIÈME VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
DANS LE TOME CINQUIÈME.
LIVRE DIX-NEUVIÈME.
L'EMPIRE.
Effet produit en Europe par la mort du duc d'Enghien. -- La
Prusse, prête à former une alliance avec la France, se rejette
vers la Russie, et se lie à cette dernière puissance par une
convention secrète. -- Quelle était en 1803 la véritable
alliance de la France, et comment cette alliance se trouve
manquée. -- La conduite de MM. Drake, Smith et Taylor dénoncée
à tous les cabinets. -- Le sentiment qu'elle inspire atténue
l'effet produit par la mort du duc d'Enghien. -- Sensation
éprouvée à Pétersbourg. -- Deuil de cour pris spontanément. --
Conduite légère et irréfléchie du jeune empereur. -- Il veut
réclamer auprès de la Diète de Ratisbonne contre la violation
du territoire germanique, et adresse des notes imprudentes à la
Diète et à la France. -- Circonspection de l'Autriche. --
Celle-ci ne se plaint pas de ce qui s'est passé à Ettenheim,
mais profite des embarras supposés du Premier Consul pour se
permettre en Empire les plus grands excès de pouvoir. --
Spoliations et violences dans toute l'Allemagne. -- Énergie du
Premier Consul. -- Réponse cruelle à l'empereur Alexandre, et
rappel de l'ambassadeur français. -- Indifférence méprisante
pour les réclamations élevées à la Diète. -- Expédient imaginé
par M. de Talleyrand pour faire aboutir ces réclamations à un
résultat insignifiant. -- Conduite équivoque des ministres
autrichiens à la Diète. -- Ajournement de la question. --
Signification à l'Autriche de cesser ses violences dans
l'Empire. -- Déférence de cette cour. -- Suite du procès de
Georges et Moreau. -- Suicide de Pichegru. -- Agitation des
esprits. -- Il résulte de cette agitation un retour général
vers les idées monarchiques. -- On considère l'hérédité comme
un moyen de consolider l'ordre établi, et de le mettre à l'abri
des conséquences d'un assassinat. -- Nombreuses adresses. --
Discours de M. de Fontanes à l'occasion de l'achèvement du Code
civil. -- Rôle de M. Fouché dans cette circonstance. -- Il est
l'instrument du changement qui se prépare. -- M. Cambacérès
oppose quelque résistance à ce changement. -- Explication du
Premier Consul avec celui-ci. -- Démarche du Sénat préparée par
M. Fouché. -- Le Premier Consul diffère de répondre à la
démarche du Sénat, et s'adresse aux cours étrangères, pour
savoir s'il obtiendra d'elles la reconnaissance du nouveau
titre qu'il veut prendre. -- Réponse favorable de la Prusse et
de l'Autriche. -- Conditions que cette dernière cour met à la
reconnaissance. -- Disposition empressée de l'armée à proclamer
un Empereur. -- Le Premier Consul, après un assez long silence,
répond au Sénat en demandant à ce corps de faire connaître sa
pensée tout entière. -- Le Sénat délibère. -- Motion du tribun
Curée ayant pour objet de demander le rétablissement de la
monarchie. -- Discussion sur ce sujet dans le sein du Tribunat,
et discours du tribun Carnot. -- Cette motion est portée au
Sénat, qui l'accueille, et adresse un message au Premier
Consul, pour lui proposer de revenir à la monarchie. -- Comité
chargé de proposer les changements nécessaires à la
Constitution consulaire. -- Changements adoptés. --
Constitution impériale. -- Grands dignitaires. -- Charges
militaires et civiles. -- Projet de rétablir un jour l'empire
d'occident. -- Les nouvelles dispositions constitutionnelles
converties en un sénatus-consulte. -- Le Sénat se transporte en
corps à Saint-Cloud, et proclame Napoléon Empereur. --
Singularité et grandeur du spectacle. -- Suite du procès de
Georges et Moreau. -- Georges condamné à mort, et exécuté. --
MM. Armand de Polignac et de Rivière condamnés à mort, et
graciés. -- Moreau exilé. -- Sa destinée et celle de Napoléon.
-- Nouvelle phase de la Révolution française. -- La République
convertie en monarchie militaire. 1 à 153
LIVRE VINGTIÈME.
LE SACRE.
Retard apporté à l'expédition d'Angleterre. -- Motifs et
avantages de ce retard. -- Redoublement de soins dans les
préparatifs. -- Moyens financiers. -- Budget des années XI, XII
et XIII. -- Création des contributions indirectes. -- Ancienne
théorie de l'impôt unique sur la terre. -- Napoléon la réfute,
et fait adopter un impôt sur les consommations. -- Première
organisation de la régie des droits réunis. -- L'Espagne paye
son subside en obligations à terme. -- Une association de
financiers se présente pour les escompter. -- Premières
opérations de la compagnie dite _des négociants réunis_. --
Toutes les ressources disponibles consacrées aux escadres de
Brest, de Rochefort et de Toulon. -- Napoléon prépare l'arrivée
d'une flotte française dans la Manche, afin de rendre certain
le passage de la flottille. -- Première combinaison à laquelle
il s'arrête. -- L'amiral Latouche-Tréville chargé d'exécuter
cette combinaison. -- Cet amiral doit quitter Toulon, tromper
les Anglais en faisant fausse route, et paraître dans la
Manche, en ralliant dans le trajet l'escadre de Rochefort. --
La descente projetée pour juillet et août, avant la cérémonie
du couronnement. -- Les ministres des cours en paix avec la
France remettent à Napoléon leurs lettres de créance. --
L'ambassadeur d'Autriche seul en retard. -- Départ de Napoléon
pour Boulogne. -- Inspection générale de la flottille, bâtiment
par bâtiment. -- La flottille batave. -- Grande fête au bord de
l'Océan, et distribution à l'armée des décorations de la
Légion-d'Honneur. -- Suite des événements en Angleterre. --
Extrême agitation des esprits. -- Renversement du ministère
Addington par la coalition de MM. Fox et Pitt. -- Rentrée de M.
Pitt au ministère, et ses premières démarches pour renouer une
coalition sur le continent. -- Soupçons de Napoléon. -- Il
force l'Autriche à s'expliquer, en exigeant que les lettres de
créance de M. de Cobentzel lui soient remises à
Aix-la-Chapelle. -- Il rompt les relations diplomatiques avec
la Russie, en laissant partir M. d'Oubril. -- Mort de l'amiral
Latouche-Tréville, et ajournement de la descente à l'hiver. --
L'amiral Latouche-Tréville remplacé par l'amiral Villeneuve. --
Caractère de ce dernier. -- Voyage de Napoléon sur les bords du
Rhin. -- Grande affluence à Aix-la-Chapelle. -- M. de Cobentzel
y remet ses lettres de créance à Napoléon. -- La cour impériale
se transporte à Mayence. -- Retour à Paris. -- Apprêts du
sacre. -- Difficile négociation pour amener Pie VII à venir
sacrer Napoléon. -- Le cardinal Fesch ambassadeur. -- Caractère
et conduite de ce personnage. -- Terreurs qui saisissent Pie
VII à l'idée de se rendre en France. -- Il consulte une
congrégation de cardinaux. -- Cinq se prononcent contre son
voyage, quinze pour, mais avec des conditions. -- Long débat
sur ces conditions. -- Consentement définitif. -- La question
du cérémonial laissée en suspens. -- L'évêque Bernier et
l'archichancelier Cambacérès choisissent dans le Pontifical
romain et dans le Pontifical français les cérémonies
compatibles avec l'esprit du siècle. -- Napoléon refuse de se
laisser poser la couronne sur la tête. -- Prétentions de
famille. -- Départ du Pape pour la France. -- Son voyage. --
Son arrivée à Fontainebleau. -- Sa joie et sa confiance en
voyant l'accueil dont il est l'objet. -- Mariage religieux de
Joséphine et de Napoléon. -- Cérémonie du sacre. 154 à 268
LIVRE VINGT ET UNIÈME.
TROISIÈME COALITION.