TEINDRE. _v. act._ Terme de negoce. Préparer une étoffe, ou un autre
corps avec des sels, liqueurs, ou drogues colorantes, en telle sorte
qu'ils paroissent d'une certaine couleur. On _teint_ les draps, les
laines, les soyes & les toiles en noir, en rouge, en violet, &c. On
_teint_ en blanc les laines, lors qu'on les tond & qu'on les dégraisse.
Il est défendu de _teindre_ aucune étoffe de blanc en noir, pour
quelque cause que ce soit, & de _teindre_ les soyes sur le crud ou à
demi-bain. Quand on _teint_ une étoffe en jaune & puis en bleu, elle se
trouve _teinte_ en verd. On _teint_ en cramoisi quand le premier pied
de _teinture_ se fait avec de la graine d'écarlate, ou la cochenille.
On _teint_ les cheveux, les bois, les gommes. On _teint_ les pierres
& le verre pour en faire de fausses pierreries. On _teint_ aussi des
liqueurs en les mêlant avec d'autres. Cet homme est si sobre qu'il ne
fait que _teindre_, que rougir son vin.
On dit figurément _teindre_ ses mains du sang des innocens, pour dire,
faire mourir des innocens. On dit aussi que les Riviéres étoient
_teintes_ du sang des ennemis, pour dire, qu'on en avoit fait grand
carnage.