Deux histoires de filles; l'histoire d'un monsieur qui a la diarrhée;
l'histoire d'un monsieur qui ne veut pas coucher seul et celle d'un autre
monsieur qui veut de la viande propre: voilà en résumé l'oeuvre romanesque
de M. Huysmans. Si j'ajoute que ces basses histoires sont contées dans un
style à la fois violent et recherché, on avouera que cette littérature est
bien déjà le comble de «l'artificiel». Désormais M. Huysmans est mûr pour
son oeuvre maîtresse: _À rebours_. Et qu'a-t-il fait jusqu'ici que prendre
l'art «à rebours»?
M. Zola est un écrivain suranné, une «perruque» à côté de M. Huysmans.
M. Zola raconte les vastes drames de la vie animale; il peint des
dégradations, des corruptions croissantes; il déroule des histoires qui
«marchent», qui ont un commencement et une fin. Au reste il n'a pas de
mépris aristocratiques pour les choses qu'il peint et les personnages
qu'il fait mouvoir. Son pessimisme est plein de sérénité à côté de la
misanthropie aigre de M. Huysmans. Et sa forme paraît purement classique
auprès des procédés de composition et de style de l'auteur de _Marthe_.
À rebours! Des Esseintes peut venir: ses fantaisies ne pourront pas être
beaucoup plus artificielles que celles de M. Huysmans, et les deux ne sont,
au reste, qu'un seul et même personnage.