Pag. 176, lig. 2. (_Les noms des objets terrestres qui leur

répondaient._) «Les anciens, dit Maimonides, portant toute «leur

attention sur l'agriculture, donnèrent aux étoiles des «noms tirés de

leurs occupations pendant l'année.» (_More Neb._..., pars V.)

Pag. 177, lig. 19. (_Tel fut le moyen d'appellation._) Les anciens

disaient: _crabiser_, _capriser_, _tortuiser_, comme nous disons

_serpenter_, _coqueter_; tout le langage a été construit sur ce

mécanisme.

Pag. 179, lig. 26. (_En qui la vertu des astres s'était insérée._) «Les

anciens astrologues, dit le plus savant des Juifs (Maimonides), ayant

consacré à chaque planète une couleur, un animal, un bois, un métal, un

fruit, une plante, ils formaient de toutes ces choses une _figure_ ou

représentation de l'astre, observant pour cet effet de choisir un

_instant approprié, un jour heureux_, tel que la _conjonction_ ou tout

autre aspect favorable; par leurs cérémonies (magiques), ils croyaient

pouvoir faire passer dans ces _figures_ ou _idoles_ les influences des

êtres supérieurs (leurs modèles). C'étaient ces idoles qu'adoraient les

_Kaldéens-sabéens_: dans le culte qu'on leur rendait, il fallait être

vêtu de la couleur propre.... Ainsi, par leurs pratiques, les

astrologues introduisirent l'idolâtrie, _ayant pour objet de se faire

regarder comme les dispensateurs des faveurs des cieux_; et parce que

les peuples anciens étaient entièrement adonnés à l'agriculture, ils

leur persuadaient qu'ils avaient le pouvoir de disposer des _pluies_ et

des autres biens des saisons; ainsi, toute l'agriculture s'exerçait par

des règles d'astrologie, et les prêtres faisaient des talismans pour

chasser les sauterelles, les mouches, etc.» Voy. _Maimonides_, _More

Nebuchim_, pars 111, c. 9.

«Les prêtres égyptiens, indiens, perses, etc., prétendent lier les dieux

à leurs idoles, les faire descendre du ciel à leur gré; ils menacent le

soleil et la lune de révéler les secrets des mystères, d'ébranler les

_cieux_, etc.» _Eusèbe, Præparat. evang._, pag. 198; et Iamblique, _de

Mysteriis Ægyptiorum_.

Pag. 180, lign. 12. (_Fut censé en remplir les rôles astronomiques._) Ce

sont les propres paroles de Iamblique, _de Symbolis Ægyptiorum_, c. 2,

sect. 7. Il était le grand _Protée, le métamorphiste universel_.

Pag. 181, lig. 22. (_Votre tonsure est le disque du soleil._) «Les

Arabes, dit Hérodote, lib. III, _se rasent la tête en rond et autour des

tempes_, ainsi que se la rasait, disaient-ils, Bacchus (qui est le

soleil).» Jérémie, c. 25, V. 23, parle de cette coutume. La touffe que

conservent les musulmans est encore prise du soleil, qui, chez les

Égyptiens, était peint, au solstice d'hiver, n'ayant plus _qu'un cheveu

sur la tête_. (_Votre étole est son zodiaque_). Les étoles de la déesse

de Syrie et de la Diane d'Éphèse, d'où dérive celle des prêtres, portent

les douze animaux du zodiaque. Les _chapelets_ se retrouvent dans toutes

les idoles indiennes, composées il y a plus de 4500 ans, et leur usage

est universel et immémorial en Asie. La _crosse_ est précisément le

bâton de _Bootes_ ou _Osiris_. (_Voy._ la planche III.) Tous les lamas

portent la mitre, ou bonnet _conique_, qui était l'emblème du soleil.

Pag. 182, lig. 21. (_On en fit la vie historique d'Hercule._) _Voy._

l'ouvrage de Dupuis, _Origine des Constellat_, et _Origine de tous les

Cultes_.

Pag. 183, lig. 19. (La réunion de ces figures avait des sens convenus.)

Le lecteur verra sans doute avec plaisir plusieurs exemples des

hiéroglyphes des anciens.

«Les Égyptiens, dit Hor-Apollo, désignent l'éternité par les figures du

soleil et de la lune. Ils figurent le monde par un serpent bleu à

_écailles jaunes_ (_les étoiles_; c'est le dragon chinois). S'ils

veulent exprimer l'année, ils représentent _Isis_, qui dans leur langue

se nomme aussi _Sothis_, ou la _canicule_, première des constellations,

par le lever de qui l'année commençait. Son inscription à Saïs était:

_C'est moi qui me lève dans la constellation du chien_.

«Ils figurent aussi l'année par un _palmier_, et le mois par un

_rameau_, parce que, chaque mois, le palmier pousse une branche.

«Ils la figurent encore par le quart d'un arpent. (L'arpent entier,

divisé en _quatre_, désignait la période bissextile de quatre ans:

l'abréviation de cette figure du champ quadripartite est visiblement la

lettre _ha_ ou _hêth_, septième de l'alphabet samaritain; les lettres

alphabétiques pourraient bien n'être que des abréviations d'hiéroglyphes

astronomiques, et par cette raison on aurait écrit de droite à gauche,

dans le sens de la marche des étoiles.) Ils désignent un _prophète_ par

l'image d'un _chien_, attendu que l'astre-chien (_Anoubis_) annonce par

son lever l'inondation.

«Ils peignent l'inondation par un lion, parce qu'elle arrive sous ce

signe; et de là, dit Plutarque, l'usage des figures de lion vomissant de

l'eau à la porte des temples.

«Ils expriment Dieu et la destinée par une étoile. Ils représentent

aussi Dieu, dit Porphyre, par une pierre _noire_, parce que sa nature

est _ténébreuse_, _obscure_. Toutes les choses blanches expriment les

dieux _célestes_, _lumineux_; toutes les _circulaires_ expriment le

monde, la _lune_, le _soleil_, les _orbites_; tous les _arcs_ et

_croissans_, la lune.... Ils figurent le _feu_ et les dieux de l'Olympe

par des _pyramides_ et des _obélisques_ (le nom du soleil, _Baal_, se

trouve dans ce dernier mot); le soleil par un _cône_ (la mitre

d'Osiris); la terre par un cylindre (qui roule); la puissance

génératrice (de l'air) par le _phallus_, et celle de la terre par un

triangle, emblème de l'organe femelle. (_Euseb., Præpar. evang._, p.

98.)

«Le limon, dit Iamblique, _de Symbolis_, sect. 7, c. 2, désigne la

_matière_, la puissance _générative_ et _nutritive_; tout ce qui reçoit

la _chaleur_, la _fermentation_ de la vie.

«Un homme assis sur le _lotos_ ou _nénuphar_ désigne l'_esprit moteur_

(le soleil), qui, de même que cette plante vit dans l'eau sans toucher

au limon, existe pareillement séparé de la matière, nageant dans

l'espace, _se reposant sur lui-même_; _rond_ dans toutes ses parties,

comme le fruit, les feuilles et les fleurs du _lotos_. (Brahma a des

yeux de lotos, dit le _Chaster Néardisen_, pour désigner son

intelligence, son _oeil_, qui surnage à tout, comme la fleur du _lotos_

sur l'eau.) Un homme au timon d'un vaisseau, continue Iamblique, désigne

le _soleil_ qui _gouverne_ tout. Et Porphyre nous dit que c'est encore

lui que représente un homme dans un vaisseau sur un crocodile (amphibie,

emblème de l'air et de l'eau.)

«À Éléphantine on adorait une figure d'homme _assis, de couleur bleue_,

ayant une tête de _belier_, et des cornes de bouc qui embrassaient le

disque; le tout pour figurer la conjonction du soleil dans le belier

avec la lune. La couleur bleue désigne la puissance attribuée à la lune

dans cette conjonction, d'élever les eaux en _nuages_ (apud Euseb.,

_Præpar. evang._, pag. 116).

«L'épervier est l'emblème du _soleil_ et de la _lumière_, à raison de

son vol rapide et élevé au plus haut de l'air, où _abonde la lumière_.

«Le poisson est l'emblème de l'aversion, et l'hippopotame de la

violence, parce que, dit-on, il tue son père et viole sa mère. De là,

dit Plutarque, l'inscription hiéroglyphique du temple de Saïs, où l'on

voit peints sur le vestibule, 1º un enfant, 2º un vieillard, 3º un

épervier, 4º un poisson, et 5º un hippopotame; ce qui signifie: 1º

arrivants (à la vie), et 2º partants, 3º dieu, 4º hait, 5º l'injustice.

(Voyez _Isis_ et _Osiris_.)

«Les Égyptiens, ajoute-t-il, peignent le _monde_ par un scarabée, parce

que cet insecte pousse à contre-sens de sa marche une boule qui contient

ses _oeufs_, comme le ciel des fixes pousse le _soleil_ (jaune de l'oeuf)

à contre-sens de sa rotation.

«Ils peignent le monde par le nombre _cinq_, qui est celui des éléments,

savoir, dit Diodore, la terre, l'eau, l'air, le feu et l'éther ou

_spiritus_ (ils sont les mêmes chez les Indiens); et, selon les

mystiques, dans Macrobe, ce sont le Dieu suprême ou premier mobile,

l'intelligence ou _mens_ née de lui, l'ame du monde qui en procède, les

sphères célestes et les choses terrestres. De là, ajoute Plutarque,

l'analogie de _penté_, _cinq_ (en grec), à _Pan_, le _tout_.

«L'âne, dit-il encore, désigne _Typhon_, parce qu'il est de couleur

_rousse_, comme lui: or, Typhon est tout ce qui est _bourbeux_,

limoneux» (et j'observerai qu'en hébreu, _limon_, couleur _rousse_, et

_âne_, sont des mots formés de la même racine _hamr_). De plus,

Iamblique nous a dit que le _limon_ désignait la _matière_, et il ajoute

ailleurs que tout _mal_, toute _corruption_ viennent de la matière; ce

qui, comparé au mot de Macrobe, _tout est périssable_, sujet au

changement dans la sphère céleste, nous donne la théorie du système

d'abord physique, puis moralisé, dû _bien_ et du _mal_ des anciens.

(_Voy._ encore le Mémoire _sur le zodiaque de Dendera_, que le savant

Dupuis a inséré dans le journal intitulé: _Revue philosophique_, année

1801.)

Pag. 187, lig. 1. (_Une cause insensée de superstition._) C'est le

propre texte de Plutarque, qui raconte que ces divers cultes furent

donnés par un roi d'Égypte, aux différentes villes, pour les désunir et

les asservir (et ces rois étaient pris dans la caste des prêtres). V.

_Isis_ et _Osiris_.

Pag. 189, lig. 15. (_Dans la projection de la sphère que traçaient les

prêtres astronomes._) Les anciens prêtres eurent trois espèces de

projection, qu'il est utile de faire connaître au lecteur.

«Nous lisons dans _Eubulus_, dit Porphyre, que _Zoroastre_ fut le

premier qui, ayant choisi dans les montagnes voisines de la Perse une

caverne agréablement située, la consacra à _Mithra_ (le soleil),

_créateur_ et _père_ de toutes choses, c'est-à-dire qu'ayant partagé cet

antre en divisions géométriques qui représentaient les _climats_ et les

_éléments_, il imita en petit l'ordre et la disposition de l'univers par

_Mithra_. Après Zoroastre, ce devint un usage de consacrer les antres à

la célébration des _mystères_; en sorte que, de même que les temples

sont affectés aux dieux célestes, les autels champêtres aux héros et aux

dieux terrestres, les souterrains aux dieux _infernaux_ (inférieurs); de

même les _antres_ et les grottes furent spécialement attribués au

_monde_, à l'_univers_ et aux nymphes: de là est venue à Pythagore et à

Platon l'idée d'appeler le _monde_ une _caverne_, un _antre_.

(_Porphyre_, _De antro Nympharum_.)

Voici donc une première projection en relief; et quoique les _Perses_

aient fait honneur de son invention à Zoroastre, on peut assurer qu'elle

eut lieu chez les Égyptiens, et que même étant la plus simple, elle dut

y être la plus ancienne; les cavernes de Thèbes, remplies de peintures,

autorisent ce sentiment.

En voici une seconde. «Les _prophètes_ ou _hiérophantes_ des Égyptiens,

dit l'évêque Synnesius, qui avait été _initié_ aux mystères, ne

permettent pas aux ouvriers ordinaires de faire les idoles ou images des

dieux; mais ils descendent eux-mêmes dans les _antres_ sacrés, où ils

ont des coffres cachés, qui renferment certaines _sphères_ sur

lesquelles ils composent ces images en secret et à l'insu du _peuple_,

qui méprise les choses simples et naturelles, et qui veut des _prodiges_

et des _fables_.» (_Syn., in Calvit._) C'est-à-dire que les prêtres

avaient des sphères armillaires comme les nôtres; et ce passage, si

concordant avec celui de Chérémon, nous donne la clé de toute leur

_théologie astrologique_.

Enfin, ils avaient des _plans plats_, dans le genre de la planche III;

avec cette différence, que leurs plans, très-compliqués, portaient

toutes leurs divisions fictives de _décans_ et _sous-décans_, avec les

indications (hiéroglyphiques) de leurs influences. Kirker en a donné une

copie dans son OEdipe égyptien, et Gébelin un fragment figuré dans son

volume du calendrier (sous le nom de _Zodiaque_ égyptien). Les anciens

Égyptiens, dit l'astrologue _Julius Firmicus_ (_Astron_., lib. II, c. 4,

et lib. IV, c. 16), divisent chaque signe du zodiaque en trois sections;

et chaque section fut sous la direction d'un être fictif, qu'ils

appelèrent _décan_ ou _chef de dixaine_; en sorte qu'il y eut trois

_décans_ par mois et trente-six par an. Or, ces _décans_, qui furent

aussi appelés _dieux_ (Théoi), règlent les destinées des hommes..., et

ils étaient spécialement placés dans certaines étoiles.... Dans la suite

on imagina en chaque dixaine trois autres _dieux_, que l'on appela les

_dispensateurs_; de sorte qu'il y en eut neuf par mois, qui furent

encore divisés en un nombre infini de _puissances_. (Les Perses et les

Indiens firent leurs sphères sur des plans semblables; et si l'on

dressait un tableau de la description qu'en donne Scaliger à la fin de

Manilius, l'on y verrait précisément la définition de leurs

hiéroglyphes, car chaque article en est un.)

_Ibidem_, lig. 18. (_L'hémisphère d'hiver lui était antipode._) Voilà

précisément pourquoi le nom d'Ahrimanes était toujours écrit par les

Perses renversé ainsi: _Ahrimân [note du transcripteur: mot en sens dessus dessous

en arrière.]_.

Pag. 190, lig. 12. (_Typhon, c'est-à-dire le déluge, à raison des

pluies._) Typhon, prononcé _touphon_ par les Grecs, est précisément le

_touphan_ arabe, qui veut dire _déluge_; et tous ces déluges des

_mythologies_ ne sont, tantôt que l'_hiver_ et les pluies, et tantôt le

débordement du Nil; de même que les prétendus _incendies_ qui doivent

terminer le _monde_, ne sont que la _saison_ d'été. Voilà pourquoi

Aristote, _De meteoris_, lib. 1, c. 14, dit que l'hiver de la grande

année cyclique est un _déluge_, et son été un _incendie_. «Les

Égyptiens, dit Porphyre, emploient chaque année un talisman en _mémoire_

du monde; au solstice d'été, ils marquent de _rouge_ les _maisons_, les

_troupeaux_, les _arbres_, disant que ce jour-là tout le monde a été

_incendié_. C'était aussi alors que se célébrait la danse _pyrrhique_ ou

de l'_incendie_.» (Et ceci explique l'origine des purifications par le

feu et par l'eau, car ayant appelé le tropique du cancer _portes des

cieux_ et de la _chaleur_ ou _feu_ céleste, et celui du capricorne

_porte du déluge_ ou de _l'eau_, il fut censé que les esprits ou ames

qui passaient par ces portes pour aller et venir aux cieux, étaient

_rôtis_ ou _baignés_: de là le _baptême_ de Mithra, et le passage à

travers les flammes, pratiqués dans tout l'Orient long-temps avant

Moïse.)

_Ibidem_, lig. 14. (_Dans la Perse_, _en un temps postérieur._) Dans un

temps postérieur, c'est-à-dire lorsque le belier devint le signe

équinoxial, ou plutôt lorsque le dérangement du ciel eut fait apercevoir

que ce n'était plus le taureau.

Pag. 191, lig. 11. (_Tous les actes religieux du genre gai._) Toutes les

fêtes anciennes, relatives au retour ou à l'exaltation du soleil,

portaient ce caractère: de là les _hilaria_ du calendrier romain au

_passage_ (pascha) de l'équinoxe vernal. Les danses étaient des

imitations de la marche des planètes. Celle des derviches la figure

encore aujourd'hui.

_Ibid._, lig. 17. (_Tous les actes religieux du genre triste._) On

n'offre, dit Porphyre, de sacrifices sanglants qu'aux démons et aux

génies malfaisants, pour détourner leur colère.... Les démons aiment le

sang, l'_humidité_, la puanteur. _Apud Euseb._, _Præp. evang._, p. 173.

«Les Égyptiens, dit Plutarque, n'offrent de victimes sanglantes qu'à

Typhon. On lui immole un boeuf roux; et l'animal de sacrifice est un

animal exécré, chargé de tous _les péchés du peuple_ (le bouc de

Moïse).» Voyez _De Iside et Osiride_.

(_Ce partage des animaux en sacrés et abominables._) Strabon dit, à

l'occasion de Moïse et des Juifs: «De la superstition sont nées les

prohibitions de certaines viandes et les circoncisions.»--Et j'observe,

à l'égard de cette dernière pratique, que son but était d'enlever au

symbole d'Osiris (phallus) l'_obstacle_ prétendu de la fécondation:

obstacle qui portait le sceau de Typhon, «dont la nature, dit Plutarque,

est tout ce qui _empêche, s'oppose, fait obstruction_.»

Pag. 197, lig. 6. (_Les heureux n'y donneront point d'ombre._) Il est à

ce sujet un passage de Plutarque si intéressant et si explicatif de tout

ce système, que le lecteur nous saura gré de le lui citer en entier;

après avoir dit que la théorie du _bien_ et du _mal_ avait de tout temps

exercé les physiciens et les théologiens: «Plusieurs, ajoute-t-il,

croient qu'il y a deux dieux dont le penchant opposé se plaît, l'un au

_bien_, et l'autre au _mal_; ils appellent spécialement _dieu_ le

premier, et _génie_ ou _dæmon_ le second. Zoroastre les a nommés

_Oromaze_ et _Ahrimanes_, et il a dit que de tout ce qui tombe sous nos

sens, la lumière est l'être qui représente le mieux l'un; les ténèbres

et l'ignorance, l'autre. Il ajoute que _Mithra_ leur est

_intermédiaire_; et voilà pourquoi les Perses appellent _Mithra_ le

_médiateur_ ou l'_intermédiaire_. Chacun de ces dieux a des plantes et

des animaux qui lui sont particulièrement consacrés: par exemple, les

chiens, les oiseaux, les hérissons, sont affectés au bon génie; tous les

animaux _aquatiques_ au mauvais.

Les Perses disent encore qu'Oromaze naquit ou fut formé de la lumière la

plus pure; Ahrimanes, au contraire, des ténèbres les plus épaisses;

qu'Oromaze fit _six_ dieux aussi bons que lui, et qu'Ahrimanes leur en

opposa six méchants; qu'ensuite _Oromaze se tripla_ (Hermès

trismégiste), et s'éloigna du soleil autant que le soleil est éloigné de

la terre, et qu'il fit les étoiles, et entre autres _Sirius_, qu'il

plaça dans les cieux comme un _gardien_ et une _sentinelle_. Or, il fit

encore vingt-quatre autres dieux, qu'il plaça dans un _oeuf_; mais

Ahrimanes en créa vingt-quatre autres qui percèrent l'_oeuf_, et alors

les biens et les maux furent mêlés (dans l'univers). Mais enfin

Ahrimanes doit être un jour vaincu, et la terre deviendra _égale_ et

_aplanie_, afin que tous les hommes vivent heureux.

Théopompe ajoute, d'après les livres des mages, que tour à tour l'un de

ces dieux domine tous les trois mille ans, pendant que l'autre a du

_dessous_; qu'ensuite ils combattent à armes égales pendant trois autres

mille ans; mais enfin que le mauvais génie doit succomber (sans retour).

_Alors les hommes deviendront heureux, et ne donneront point d'ombre._

Or, le dieu qui médite ces choses, se repose en attendant qu'il lui

plaise de les exécuter.» (_De Iside et Osiride._)

L'allégorie se montre à découvert dans tout ce passage. L'oeuf est la

sphère des fixes, le _monde_; les six dieux d'Oromaze sont les six

signes d'été; les six signes d'Ahrimanes, les six signes d'hiver. Les

quarante-huit dieux créés ensuite sont les quarante-huit constellations

de la sphère ancienne, partagée également entre Ahrimanes et Oromaze. Le

rôle de _Sirius_, _gardien_, _sentinelle_, décèle l'origine égyptienne

de ces idées; enfin cette expression, que la terre deviendra _égale_ et

_aplanie_, et que les _hommes heureux ne donneront point d'ombre_, nous

montre que le _paradis véritable_ était l'_équateur_.

_Ibidem_, lig. 15. (_Les cérémonies de l'antre de Mithra._) Dans les

antres factices que les prêtres pratiquèrent partout, on célébrait des

mystères qui consistaient, dit Origène contre Celse, _à imiter les

mouvemens des astres_, des _planètes_ et de tous les cieux. Les initiés

portaient des noms de constellations, et prenaient des figures

d'animaux. L'un était déguisé en lion, l'autre en corbeau, celui-ci en

belier. De là les masques de la première comédie. Voy. _Antiq.

dévoilée_, tom. II pag. 244. Dans les mystères de Cérès, le chef de la

_procession_ s'appelait le _créateur_; le porteur de flambeau, le

_soleil_; celui qui était près de l'autel, la _lune_; le héraut ou

diacre, _Mercure_. En Égypte, il y avait une fête où des hommes et des

femmes représentaient l'_année_, le _siècle_, les _saisons_, les parties

du jour, et ils suivaient Bacchus. (Athénée, lib. V, c. 7.) Dans l'antre

de _Mithra_ il y avait une échelle à sept échelons ou degrés, figurant

les sept sphères des planètes, par ou montaient et descendaient les

_ames_; c'est précisément l'échelle de la vision de Jacob; ce qui

indique, à cette époque, tout le système formé. Il y a à la Bibliothèque

royale un superbe volume de peinture des dieux de l'Inde, où l'échelle

se trouve representée avec les ames qui y montent, _planche dernière_.

_Voy._ l'astronomie ancienne par Bailly, où nos assertions sur les

connaissances des prêtres sont amplement prouvées.

Pag. 200, lig. 1. (_Dont toutes les parties avaient une liaison

intime._) Ce sont les propres paroles de Iamblique. _De myst. Ægypt._

_Ibidem_, lig. 4. (_Un fluide iégn, électrique._) Plus je considère ce

que les anciens ont entendu par _æther_ et _esprit_, et ce que les

Indiens nomment l'_akache_, plus j'y trouve d'analogie avec le fluide

électrique. Un fluide lumineux remplissant l'univers, composant la

matière des astres, principe de mouvement et de chaleur, ayant des

molécules rondes, lesquelles s'insinuant dans un corps, le remplissent

en s'y dilatant, quelle que soit son étendue: quoi de plus ressemblant à

l'électricité?

_Ibidem_, lig. 7. (_Le coeur ou le foyer._) Les physiciens, dit Macrobe,

appelèrent le soleil coeur du monde, c. 20, _Som._ _Scip._ Les

Égyptiens, dit Plutarque, appellent l'orient le _visage_, le nord le

_côté droit_, le midi le _côté gauche_ du monde (parce que le coeur y est

placé). Sans cesse ils comparaient l'univers à un _homme_, et de là le

_Microcosme_ si célèbre des _alchimistes_. Observons, en passant, que

les alchimistes, les cabalistes, les francs-maçons, les magnétiseurs,

les martinistes, et tous les visionnaires de ce genre, ne sont que des

disciples égarés de cette école antique. Consultez, encore le

pythagoricien _Ocellus Lucanus_, et l'OEdipus Ægypliacus de Kirker, t.

II, page 205.

_Ibidem_, lig. 28. (_Dans l'éther, au milieu de la voûte des cieux._)

Cette comparaison à un jaune d'oeuf porte, 1º sur l'analogie de la figure

_ronde_ et _jaune_; 2º sur la situation au _milieu_; 3º sur le _germe_

ou principe de vie placé dans le jaune. La figure ovale serait-elle

relative à l'_ellipse des orbites_? Je suis porté à le croire. Le mot

_orphique_ offre d'ailleurs une remarque nouvelle. Macrobe dit (_Som.

Scipion._, c. 14 et c. 20) que le soleil est la _cervelle_ de l'univers,

et que c'est par analogie que dans l'homme le crâne est _rond_, comme

l'astre siége de l'intelligence: or, le mot _ærph_ (par aïn) signifie en

hébreu le cerveau et son _siège_ (cervix); alors _Orphée_ est le même

que _Bedou_ ou _Baits_; et les _bonzes_ sont ces mêmes _orphiques_ que

Plutarque nous peint comme des charlatans qui ne mangeaient point de

viande, vendaient des talismans, des pierres, etc., et trompaient les

particuliers et même les gouvernements. Voy. _un savant Mémoire de

Fréret, sur les Orphiques. Acad des Inscrip._ tom. XXIII, in-4º.

Pag. 201, lig. 10. (_Sur là tête une sphère d'or._) _Voy._ Porphyre,

dans Eusèbe, _Præpar. evangel._, lib. III, pag., 115.

Pag. 203, lig. 13. (_De la tout le système de l'immortalité de l'ame._)

Dans le système des premiers spiritualistes, l'ame n'était point créée

avec le corps, ou en même temps que lui, pour y être insérée; elle

existait antérieurement et de toute éternité. Voici, en peu de mots, la

doctrine qu'expose Macrobe à cet égard. _Som. Scip. passim_.

Les Ruines, ou méditation sur les révolutions des empires · 第 21 / 26 段