leur ancienne constitution locale, en la purgeant de ce qu'elle avait de
féodal ou d'aristocratique. Les _landsgemeinde_, ou assemblées des
citoyens âgés de vingt ans, se réunissant une fois par an, pour statuer
sur toutes les affaires, et nommer le landamman, étaient rétablies dans
les petits cantons démocratiques d'Appenzell, Glaris, Schwitz, Uri,
Unterwalden. On ne pouvait faire autrement sans les rejeter dans la
révolte. Le gouvernement de la bourgeoisie était rétabli à Berne,
Zurich, Bâle, et cantons semblables, mais à la condition que les rangs
en resteraient toujours ouverts. Moyennant qu'on possédât une propriété
de mille livres de revenu à Berne, de cinq cents à Zurich, on devenait
membre de la bourgeoisie gouvernante, et apte à toutes les fonctions
publiques. Il y avait, comme autrefois, un grand conseil chargé de faire
les lois, un petit conseil chargé de veiller à leur exécution, un avoyer
ou bourgmestre chargé des fonctions exécutives, sous la surveillance du
petit conseil. Dans les cantons chez lesquels la nature avait fait
naître des divisions administratives particulières, comme les _Rhodes
intérieurs et extérieurs_ dans l'Appenzell, les _Ligues_ dans les
Grisons, ces divisions étaient respectées et maintenues. C'était, en un
mot, l'ancienne constitution helvétique, corrigée d'après les principes
de la justice et les lumières du temps; c'était la vieille Suisse,
restée fédérative, mais accrue des pays sujets qu'on élevait à la
qualité de cantons, maintenue à l'état de démocratie pure, là où la
nature le voulait ainsi, à l'état de bourgeoisie gouvernante, mais point
exclusive, là où la nature commandait cette forme. Dans cette oeuvre si
juste; si sage, chaque parti gagnait et perdait quelque chose, gagnait
ce qu'il voulait de juste, perdait ce qu'il voulait d'injuste et de
tyrannique. Les unitaires voyaient disparaître leur chimère d'unité et
de démocratie absolues, mais ils gagnaient l'affranchissement des pays
sujets, et l'ouverture des rangs de la bourgeoisie dans les cantons
oligarchiques. Les oligarques voyaient disparaître les pays sujets
(Berne notamment perdait Argovie et Vaud), ils voyaient disparaître le
patriciat; mais ils obtenaient la suppression du gouvernement central,
et la consécration des droits de la propriété dans les villes riches,
telles que Zurich, Bâle et Berne.
[En marge: Choix des personnes chargées de mettre la nouvelle
Constitution en vigueur.]
Cependant l'oeuvre restait incomplète si, en arrêtant la forme des
institutions, on n'arrêtait pas en même temps le choix des personnes
appelées à la mettre en vigueur. En présentant la Constitution française
en l'an VIII, la Constitution italienne en l'an X, le Premier Consul
avait désigné, dans la Constitution même, les hommes chargés des
grandes fonctions constitutionnelles. C'était fort sage, car, lorsqu'il
s'agit de pacifier un pays long-temps agité, les hommes n'importent pas
moins que les choses.
La tendance ordinaire du Premier Consul était de tout remettre
sur-le-champ à sa place. Rappeler les hautes classes de la société au
pouvoir, sans en faire descendre les hommes qui par leur mérite s'y
étaient élevés, et en assurant à tous ceux qui en seraient dignes plus
tard le moyen de s'y élever à leur tour, voilà ce qu'il aurait fait tout
de suite en France, s'il l'avait pu. Mais il ne l'avait pas même essayé,
parce que l'ancienne aristocratie française était émigrée, ou à peine
revenue de l'émigration, et devenue, en émigrant, étrangère au pays et
aux affaires. De plus, il était obligé de prendre son point d'appui en
France même, dans l'un des partis qui la divisaient; et naturellement il
avait choisi ce point d'appui dans le parti révolutionnaire, qui était
le sien. En France donc, il s'était exclusivement entouré, du moins
alors, d'hommes appartenant à la révolution. Mais en Suisse il était
plus libre; il n'avait pas à s'appuyer sur un parti, car il agissait du
dehors, du faîte de la puissance française; il n'avait pas affaire, non
plus, à une aristocratie émigrée. Il n'hésita donc pas, et cédant aux
penchants naturels de son esprit, il appela par égale portion au pouvoir
les partisans de l'ancien régime et du nouveau. Des commissions, nommées
à Paris, devaient aller dans chaque canton, y porter la constitution
cantonale, et y choisir les individus appelés à faire partie des
nouvelles autorités. Il eut soin de placer dans chacune, et de manière
à s'y balancer à force égale, les révolutionnaires et les oligarques.
Ayant enfin à choisir le landamman de toute la confédération helvétique,
celui qui devait être le premier à exercer cette charge, il choisit
hardiment le personnage le plus distingué, mais le plus modéré du parti
oligarchique, M. d'Affry.
M. d'Affry était un homme sage et ferme, voué à la profession des armes,
attaché jadis au service de France, et citoyen du canton de Fribourg,
alors le moins agité des cantons de la confédération. En devenant
landamman, M. d'Affry élevait son canton à la qualité de canton
directeur. Un homme d'autrefois, raisonnable, militaire, attaché
d'habitude à la France, membre d'un canton tranquille, c'étaient là aux
yeux du Premier Consul des raisons décisives, et il nomma M. d'Affry.
D'ailleurs, après avoir bravé l'Europe en intervenant, il fallait ne pas
multiplier pour elle les impressions pénibles, en installant en Suisse
la démagogie et ses chefs turbulents. Il ne fallait ni faire cela, ni
s'attribuer la présidence de la République helvétique, comme on s'était
attribué celle de la République italienne. Rasseoir la Suisse en la
réformant sagement; l'arracher aux ennemis de la France en la laissant
indépendante et neutre, tel était le problème à résoudre. Il fut résolu
courageusement, prudemment, en quelques jours.
Quand ce bel ouvrage, qui, sous le titre d'Acte de médiation, a procuré
à la Suisse la plus longue période de repos et de bon gouvernement dont
elle ait joui depuis cinquante ans, quand ce bel ouvrage fut achevé, le
Premier Consul appela les députés réunis à Paris, le leur remit en
présence des quatre sénateurs qui avaient présidé à tout le travail,
leur fit une courte et forte allocution, leur recommanda l'union, la
modération, l'impartialité, la conduite en un mot qu'il tenait lui-même
en France, et les renvoya dans leur pairie, remplacer le gouvernement
provisoire et impuissant du landamman Dolder.
[En marge: Bon effet produit en Suisse et en Europe par l'acte de
médiation.]
Il y eut en Suisse de l'étonnement, des passions déçues et mécontentes,
mais dans les masses, uniquement sensibles au bien véritable, de la
soumission et de la reconnaissance. Ce sentiment se fit remarquer
surtout dans les petits cantons, qui, bien que vaincus, n'étaient pas
traités comme tels. En effet, M. Reding et les siens venaient d'être
immédiatement élargis. En Europe, il y eut autant de surprise que
d'admiration pour la promptitude de cette médiation, et sa parfaite
équité. C'était un nouvel acte de puissance morale, semblable à ceux que
le Premier Consul avait accomplis en Allemagne et en Italie, mais plus
habile, plus méritoire encore, s'il est possible, car l'Europe y était à
la fois bravée et respectée: bravée jusqu'où le voulait l'intérêt de la
France, respectée dans ses intérêts légitimes, qui étaient
l'indépendance et la neutralité du peuple suisse.
La Russie félicita vivement le Premier Consul d'avoir mené à si prompte
et si bonne fin une affaire aussi difficile. Le cabinet prussien, par
la bouche de M. d'Haugwitz, lui exprima son opinion dans les termes de
la plus chaleureuse approbation. L'Angleterre était stupéfaite,
embarrassée, comme privée d'un grief dont elle avait fait grand bruit.
[En marge: Discussions au Parlement d'Angleterre sur ce qui vient de se
passer en Suisse.]
Le Parlement, si redouté par MM. Addington et Hawkesbury, venait de
dépenser en vives discussions le temps que le Premier Consul avait
employé à constituer la Suisse. Ces discussions avaient été orageuses,
brillantes, dignes surtout d'admiration, quand M. Fox avait fait
entendre la voix de la justice et de l'humanité contre l'ardente
jalousie de ses compatriotes. Elles avaient révélé sans doute
l'insuffisance du cabinet Addington, mais aussi tellement fait ressortir
la violence du parti de la guerre, que ce parti était momentanément
affaibli dans le Parlement, et M. Addington un peu renforcé. Avec ce
ministre la paix recouvrait quelques-unes de ses chances perdues.
C'était le discours de la couronne, prononcé le 23 novembre, qui était
devenu le thème de ces discussions.--«Dans mes relations avec les
puissances étrangères, avait dit Sa Majesté Britannique, j'ai été
jusqu'à présent animé du désir sincère de consolider la paix. Il m'est
néanmoins impossible de perdre de vue, un seul instant, le sage et
antique système de politique qui lie intimement nos propres intérêts aux
intérêts des autres nations. Je ne puis donc être indifférent à tout
changement qui s'opère dans leur force, et dans leur position
respective. Ma conduite sera invariablement réglée par une juste
appréciation de la situation actuelle de l'Europe, et par une
sollicitude vigilante pour le bien permanent de mon peuple. Vous
penserez sans doute comme moi, qu'il est de notre devoir d'adopter les
mesures de sûreté les plus propres à offrir à mes sujets l'espoir de
conserver les avantages de la paix.»
À ce discours, qui marquait la nouvelle position prise par le cabinet
britannique à l'égard de la France, se trouvait jointe une demande de
subsides, pour porter à cinquante mille matelots l'armement de paix,
armement qui, selon les premières prévisions de M. Addington, devait
être de trente mille seulement. Les ministres ajoutaient qu'au premier
besoin cinquante vaisseaux de ligne pourraient, en moins d'un mois,
sortir des ports d'Angleterre.
[En marge: Discours de MM. Grenville et Canning.]
Le débat fut long et orageux, et le ministère put voir qu'il avait peu
gagné à faire des concessions au parti Grenville et Windham. M. Pitt
affecta d'être absent. Ses amis se chargèrent pour lui du rôle violent
qu'il dédaignait.--Comment! s'écrièrent MM. Grenville et Canning,
comment le ministère s'est-il enfin aperçu que nous avions des intérêts
sur le continent, que le soin de ces intérêts était une partie
importante de la politique anglaise, et qu'ils n'avaient cessé d'être
sacrifiés depuis la fausse paix signée avec la France? Quoi! c'est
l'invasion de la Suisse qui a conduit le ministère à s'en apercevoir!
c'est alors seulement qu'il a commencé à découvrir que nous étions
exclus du continent, que nos alliés y étaient immolés à l'ambition
insatiable de cette prétendue République française, qui n'a cessé de
menacer la société européenne d'un bouleversement démagogique, que pour
la menacer d'une affreuse tyrannie militaire! Vos yeux, disaient-ils à
MM. Addington et Hawkesbury, vos yeux étaient-ils donc fermés à la
lumière, pendant que se négociaient les préliminaires de la paix,
pendant que se négociait le traité définitif, pendant que ce traité
commençait à s'exécuter? Vous aviez à peine signé les préliminaires de
Londres, que notre éternel ennemi s'emparait ouvertement de la
République italienne, sous prétexte de s'en faire décerner la
présidence, s'adjugeait la Toscane, sous prétexte de la concéder à un
infant d'Espagne, et pour prix de cette fausse concession s'emparait de
la plus belle partie du continent américain, la Louisiane! Voilà ce
qu'il faisait ouvertement, le lendemain des préliminaires, pendant que
vous étiez occupés à négocier dans la ville d'Amiens; et cela ne
frappait pas vos yeux! Vous aviez à peine signé le traité définitif, _la
cire avec laquelle vous aviez imprimé sur ce traité les armes
d'Angleterre était à peine refroidie_, que déjà notre infatigable
ennemi, mettant à découvert les intentions qu'il vous avait adroitement
cachées, réunissait le Piémont à la France, et détrônait le digne roi de
Sardaigne, ce constant allié de l'Angleterre, qui lui est resté
invariablement fidèle pendant une lutte de dix années; qui, renfermé
dans sa capitale par les troupes du général Bonaparte, ne pouvant se
sauver que par une capitulation, ne voulait pas la signer parce qu'elle
contenait l'obligation de déclarer la guerre à la Grande-Bretagne! Quand
le Portugal, quand Naples même nous fermaient leurs ports, le roi de
Sardaigne nous ouvrait les siens, et il a succombé pour avoir voulu nous
les laisser toujours ouverts! Mais ce n'est pas tout: le traité
définitif était conclu en mars; en juin le Piémont était réuni à la
France, et en août le gouvernement consulaire signifiait purement et
simplement à l'Europe que la Constitution germanique avait cessé
d'exister. Tous les États allemands étaient confondus, partagés comme
des lots que la France distribuait à qui lui plaisait; et la seule
puissance sur la force et la constance de laquelle nous ayons raison de
compter pour contenir l'ambition de notre ennemi, l'Autriche, a été
tellement affaiblie, abaissée, humiliée, que nous ne savons si elle
pourra se relever jamais! Et ce stathouder, que vous aviez promis de
faire indemniser dans une proportion égale à ses pertes, ce stathouder a
été traité d'une manière dérisoire pour lui, dérisoire pour vous, qui
vous étiez constitués les protecteurs de la maison d'Orange. Cette
maison reçoit pour le stathoudérat un misérable évêché, à peu près comme
la maison de Hanovre, qui s'est vue indignement dépouillée de ses
propriétés personnelles. On a dit souvent, s'écriait lord Grenville, que
l'Angleterre avait souffert à l'occasion du Hanovre; on ne le dira plus
cette fois, car c'est à cause de l'Angleterre que le Hanovre a souffert.
C'est parce qu'il était roi d'Angleterre, que le roi de Hanovre a été
ainsi dépouillé de son antique patrimoine. On n'a pas même observé les
formes de civilité qui sont d'usage entre puissances du même ordre: on
n'a pas fait part à votre roi que l'Allemagne, son ancienne patrie,
aujourd'hui encore son associée dans la Confédération, que l'Allemagne,
la plus vaste contrée du continent, allait être bouleversée de fond en
comble. Votre roi n'en a rien su, rien que ce qu'il a pu en apprendre
par un message du ministre Talleyrand au Sénat conservateur! L'Allemagne
n'est donc pas l'un de ces pays dont la situation importe à
l'Angleterre! Sans quoi, les ministres qui nous disent, par la bouche de
Sa Majesté, qu'ils ne resteraient pas insensibles à tout changement
considérable en Europe, seraient sortis en cette occasion de leur
stupeur et de leur engourdissement. Enfin, ces jours derniers, Parme a
encore disparu de la liste des États indépendants. Parme est devenu un
territoire dont le Premier Consul de la République française est libre
de disposer à son gré. Tout cela s'est accompli sous vos yeux et presque
sans interruption. Pas un mois, depuis les quatorze mois de cette paix
funeste, pas un mois ne s'est écoulé, sans être marqué par la chute d'un
État allié, ou ami de l'Angleterre. Vous n'avez rien vu, rien aperçu! et
tout à coup vous vous réveillez, pourquoi? en faveur de qui? en faveur
des braves Suisses, très-intéressants assurément, très-dignes de toute
la sympathie de l'Angleterre, mais pas plus intéressants pour elle que
le Piémont, que la Lombardie, que l'Allemagne. Et qu'avez-vous découvert
là de plus extraordinaire, de plus dommageable, que tout ce qui s'est
passé depuis quatorze mois? Quoi! rien n'attirait votre attention sur
le continent, ni le Piémont, ni la Lombardie, ni l'Allemagne? et ce sont
les Suisses seuls qui vous amènent à penser que l'Angleterre ne doit pas
rester insensible à l'équilibre des puissances européennes! Vous avez
été, disait M. Canning, les plus incapables des hommes; car, en
réclamant pour la Suisse, vous avez rendu l'Angleterre ridicule, vous
l'avez exposée au mépris de notre ennemi. À Constance se trouvait un
agent anglais connu de tout le monde; pourriez-vous nous dire ce qu'il y
a fait, le rôle qu'il y a joué? Il est de notoriété publique que vous
avez adressé des réclamations au Premier Consul de la République
française, en faveur de la Suisse; pourriez-vous nous dire ce qu'il vous
a répondu? Ce que nous savons, c'est que, depuis vos réclamations, les
Suisses ont déposé les armes devant les troupes françaises, et que les
députés de tous les cantons, réunis à Paris, reçoivent les lois du
Premier Consul. Vous réclamez donc au nom de la Grande-Bretagne sans
exiger qu'on vous écoute! Mieux valait vous taire, comme vous avez fait
quand le Piémont a disparu, quand l'Allemagne a été bouleversée, que de
réclamer sans être écoutés! Et il devait en être ainsi au surplus, quand
on parlait aussi inconsidérément qu'on s'était tu; quand on parlait sans
avoir préparé ses moyens, sans avoir ni une flotte, ni une armée, ni un
allié. Il faut ou se taire, ou élever la voix avec certitude d'être
entendu. On ne livre pas de la sorte la dignité d'une grande nation au
hasard. Vous nous demandez des subsides, qu'en voulez-vous faire? Si
c'est pour la paix, c'est trop; si c'est pour la guerre, ce n'est pas
assez. Nous vous les donnerons cependant, mais à condition que vous
laisserez le soin de les employer à l'homme que vous avez remplacé, et
qui seul peut sauver l'Angleterre de la crise dans laquelle vous l'avez
imprudemment précipitée.--
Les ministres anglais n'obtenaient donc pas même le prix de leurs
concessions au parti ennemi de la paix, car on leur reprochait jusqu'à
leurs réclamations en faveur de la Suisse; et, il faut le reconnaître,
il n'y avait que cela, mais il y avait cela de fondé, dans les reproches
de leurs adversaires. Leur conduite sous ce rapport avait été puérile.
Cependant, au milieu de ces déclamations, lord Grenville avait avancé
quelque chose de grave, et surtout de bien étrange pour un ancien
ministre des affaires étrangères. En reprochant à MM. Addington et
Hawkesbury d'avoir désarmé la flotte, licencié l'armée, évacué l'Égypte,
évacué le Cap, il les louait en un point, c'était de n'avoir pas encore
retiré les troupes anglaises de Malte. C'est par négligence, par
légèreté, que vous avez agi de la sorte, s'écriait-il; heureuse
légèreté, seule chose que nous puissions approuver en vous! Mais nous
espérons que vous ne laisserez pas échapper ce dernier gage, resté par
hasard en nos mains, et que vous le retiendrez, pour nous dédommager de
toutes les infractions aux traités, commises par notre insatiable
ennemi.--
On ne pouvait proclamer plus hardiment la violation des traités.
[En marge: Discours de M. Fox.]