MADRIGAL.

Tout ici baise, Jeanneton,

Ton mouchoir baise ton téton,

Tes cheveux se baisent et rebaisent,

Je vois tes lèvres se baiser;

Et si toutes choses se baisent

Voudrais-tu bien me refuser?

Je n'ai pas envie de déterminer positivement ici de quelle taille

doivent être les tétons, ni prendre parti dans le différend qui pourrait

s'élever sur la longueur, la largeur et la distance de ces deux parties

du corps des belles; je dirai seulement que si les hommes ont raison de

donner la préférence aux plus gros, d'autres n'ont pas tort de préférer

un sein qui n'est pas fort garni. Il faut croire, sur ce point, que Le

Pays parlait sérieusement et sans flatterie à sa Caliste, lorsqu'il

s'exprimait ainsi:

«Votre sein n'est pas des plus remplis, mais ce que vous en avez est

blanc; et, s'il m'est permis de le dire comme je le pense, le morceau,

pour être petit, ne laisse pas d'être délicat.»

Une chose au moins que je puis avancer hardiment, c'est qu'une femme ne

saurait être belle, si elle n'a une belle gorge et un beau sein. Aussi

voyons-nous que de tous les faiseurs de portraits, aucun n'oublie les

tétons, quand il veut peindre une beauté parfaite.

M. Victor Cousin, dans son ouvrage sur _Mme de Longueville_, parle à

diverses reprises de l'objet qui nous occupe. Décrit-il (t. Ier, p.

321) un portrait de la duchesse par Anselme van Hull, il observe que «le

sein à demi-découvert, paraît dans sa beauté modeste.» A-t-il l'occasion

de retracer les traits d'Anne d'Autriche, de la duchesse de Chevreuse,

de Mme de Montbazon, il n'oublie pas de vanter la perfection de leur

gorge. Le philosophe éclectique, le traducteur de _Platon_, l'éditeur de

l'infortuné _Abailard_, était connaisseur.

[Illustration]

[Illustration]

Éloge du sein des femmes Ouvrage curieux · 第 49 / 86 题