LES TETONS DE MA COUSINE.

Il te souvient de ce Pygmalion,

De la statue élégante qu'il aime,

Et que Vénus, pour sa dévotion,

Avoit changée en une autre elle-même.

En toi le cas pareil est arrivé;

Tu fus statue; car, par expérience

J'en suis certain, et ce qu'ici j'avance

Est dans ces vers un peu plus bas prouvé.

Étant encor bloc de marbre insensible

Tout étoit dur; tu n'avois nul ressort;

Vénus voulut t'amollir tout le corps

Pour te le rendre aux plaisirs plus flexible.

Pour recevoir et donner un baiser

Bien tendrement à l'amant qui te presse,

Elle amollit ta bouche enchanteresse,

Elle amollit tes bras pour l'embrasser.

Jambes d'abord et ce qui les surmonte

Gardent encor un peu de dureté,

Moins que le marbre, et si plus haut on monte,

On trouvera de l'élasticité.

Mais ce qui peut mieux prouver mon système,

Elle oublia de changer tes tétons;

Ils sont taillés aussi juste, aussi ronds

Et blancs et durs comme le marbre même.

Éloge du sein des femmes Ouvrage curieux · 第 48 / 86 题