Je me propose de demander aux plénipotentiaires des cours alliées,
si la France, en consentant, ainsi qu'ils l'ont demandé, à rentrer
dans ses anciennes limites, obtiendra immédiatement un armistice.
Si, par un tel sacrifice, un armistice peut être sur-le-champ
obtenu, je serai prêt à le faire. Je serai prêt encore, dans cette
supposition, à remettre sur-le-champ une partie des places que ce
sacrifice devra nous faire perdre.
J'ignore si les plénipotentiaires des cours alliées sont autorisés
à répondre affirmativement à cette question, et s'ils ont des
pouvoirs pour conclure cet armistice. S'ils n'en ont pas, personne
ne peut, autant que Votre Excellence, contribuer à leur en faire
donner. Les raisons qui me portent à l'en prier ne me semblent pas
tellement particulières à la France, qu'elles ne doivent intéresser
qu'elle seule. Je supplie Votre Excellence de mettre ma lettre sous
les yeux du père de l'impératrice: qu'il voie les sacrifices que
nous sommes prêts à faire, et qu'il décide.
Agréez, etc.
_Signé_, CAULAINCOURT, duc de Vicence.
* * * * *
_À l'empereur Napoléon_.
Châtillon, le 5 mars 1814.