CHAPITRE XXII.

L'empereur rallie toutes les troupes qu'il rencontre.--Le maréchal

Oudinot.--Sa prévoyance.--Fouché ne sait qu'augurer du retour.--Parti

auquel il s'arrête.--Surprise des troupes.--Entrevue de Fouché et du

comte d'Artois.--Départ du roi.--Arrivée de l'empereur.--On eût dit

qu'il revenait simplement de voyage.

Je reviens à l'effet que produisait sur l'opinion l'approche de

l'empereur. Tout ce qui faisait partie de la cour se flattait qu'on

parviendrait à l'arrêter dans sa marche, mais que de toute manière cela

amènerait la guerre civile. Le roi avait envoyé M. le duc et madame la

duchesse d'Angoulême dans le midi, et M. le duc de Bourbon dans la

Vendée. On employait toutes les mesures dont on s'avisait pour arrêter

l'empereur, et lui-même accourait partout où il savait qu'il y avait des

troupes. Il faisait sur elles l'effet d'un talisman; dès qu'elles

l'apercevaient, elles étaient à lui.

La garde impériale à pied était à Metz sous les ordres du maréchal

Oudinot. Elle sut ce qui s'était passé à Lyon et à Lons-le-Saulnier, et

n'hésita pas sur ce qu'elle avait à faire. Le maréchal, de son côté, eut

bientôt pris son parti: il se ménagea entre la fidélité qu'il devait au

roi, et les reproches qu'il craignait de la part de l'empereur. Une

sorte d'insurrection éclata à point nommé parmi les troupes; il y avait

eu violence, on ne pouvait lui imputer la défection du corps. Il resta

cependant de sa personne à Metz, mais un aide-de-camp discret alla

prendre les ordres de l'empereur. En même temps, il expédia son fils à

Gand, et le chargea de protester au roi de sa fidélité.

Après avoir pris ces mesures, il se rendit à Paris, où le ministre

l'avait mandé. La cause des Bourbons semblait perdue; les espérances

dont on l'avait flatté ne lui paraissaient plus que des chimères, il

livra tous les détails qu'il avait sur Gand.

Pendant que les événemens dont je viens de rendre compte se passaient à

Grenoble, Lyon et autres lieux, l'intrigue de Paris faisait de sérieuses

réflexions sur les conséquences dont le retour de l'empereur pourrait

être suivi. Fouché ne s'abusait pas; il savait bien que toute la France

se déclarerait pour l'empereur. Il ignorait encore son entrée à Grenoble

et à Lyon, et comme il ne comprenait rien à un retour aussi inopiné, la

première pensée qui lui vint fut que M. de Talleyrand l'avait joué, en

faisant prévenir l'empereur de tout ce qui avait été convenu, pour se

faire ainsi une position près de lui; il en était d'autant plus

persuadé, qu'il attendait de Vienne le signal qui devait lui être donné

pour faire agir contre le roi.

Et ce qu'il y a de singulier, c'est que, de son côté, Talleyrand crut

que c'était Fouché qui l'avait joué en faisant avertir l'empereur, en

sorte qu'ils furent en méfiance l'un de l'autre et se firent peur

réciproquement. Fouché chercha aussitôt à se mettre en mesure, et voici

à quoi il s'arrêta.

Il résolut de servir l'empereur, si celui-ci avait toutefois été prévenu

par Talleyrand, et de se mettre en devoir de lui résister, si son retour

était de son propre mouvement.

Il était loin d'imaginer que l'empereur arriverait si vite à Paris,

n'aurait-il eu d'obstacles que la longueur du chemin; Fouché pensait que

le trajet lui assurerait le temps dont il avait besoin.

Il fit venir le général Lallemand le 5 mars au soir, et lui parla de la

nécessité de faire prendre de suite un parti au général Drouet, afin,

disait-il, de s'opposer aux mesures arbitraires que la cour préparait

contre tout ce qui lui était suspect, et après bien des discours il

finit par conclure qu'il fallait que le général Drouet mît de suite

toutes ses troupes en mouvement sur Paris, afin de hâter le départ du

roi.

Fouché avait un double but. Il croyait que Drouet arriverait sans coup

férir et assez tôt pour lui donner le temps de réunir la chambre des

députés, qui était à Paris, et la faire appuyer par la garde nationale.

Il se flattait, à la faveur de ces mesures, de pouvoir proclamer un

gouvernement quelconque, et s'opposer à l'entrée de l'empereur, tant

avec la garde nationale qu'avec les troupes du général Drouet, qu'il

espérait aussi compromettre. Il croyait par là se remettre en harmonie

avec Vienne et se donner le temps d'approfondir le mystère du retour.

Le général Lallemand partit en effet de Paris le 6 mars. Il se rendit à

Lille, où il s'arrêta jusqu'à ce que le mouvement des troupes fût

commencé. Dans le nombre se trouvaient les grenadiers à cheval ainsi que

les chasseurs à cheval de l'ancienne garde. Lallemand commandait des

dragons qui étaient placés dans le département de l'Aisne, vers

Soissons; tout cela se mit en marche, et suivit pendant plusieurs jours

la route de Paris. La cour en fut informée, et envoya en toute hâte le

maréchal Mortier à Lille, pour faire rentrer toutes ces troupes dans

leurs garnisons. Cela fut d'autant plus facile, que les colonels

n'étaient pas dans la confidence du mouvement qu'ils exécutaient; tous

croyaient marcher d'après des ordres du ministre de la guerre.

Lorsqu'ils surent qu'on les avait abusés, ils firent d'autant moins de

difficultés pour rentrer dans leurs quartiers respectifs, qu'ils

n'ignoraient pas que l'empereur arrivait. Ils jugeaient dès-lors inutile

de prendre l'initiative dans des événemens qui allaient d'eux-mêmes

venir les trouver. Les grenadiers à cheval retournèrent à Arras après

trois ou quatre marches inutiles.

Il n'y eut que les chasseurs à cheval avec les dragons du général

Lallemand qui s'avancèrent jusqu'à Compiègne. Ils avaient essayé, en

passant à La Fère, d'emmener le régiment d'artillerie qui occupait la

place. Il refusa de les suivre, et ce fut ce qui commença à éveiller les

soupçons des chasseurs. Ils se disaient entre eux: «Il faut qu'il y ait

quelque chose là-dessous, ou les canonniers sont des j*** f*** qu'il

faut sabrer, ou bien l'on nous abuse, et nous sommes dans une mauvaise

affaire.»

En arrivant à Compiègne, on voulut déterminer le 6me chasseurs à suivre

le même mouvement; celui-ci s'y refusa. Les officiers des chasseurs de

la garde se réunirent alors, et délibérèrent sur la situation dans

laquelle on les avait engagés. Ils résolurent de retourner à leurs

quartiers à Cambrai; ils signifièrent cette résolution à leur colonel,

le général Lefebvre-Desnouettes, et l'engagèrent à s'enfuir, ce qu'il

fit, ainsi que le général Lallemand.

Les officiers du régiment de chasseurs envoyèrent une députation au roi

pour lui renouveler l'assurance de leur fidélité, et l'entreprise de M.

Fouché fut manquée. Si elle avait réussi, il n'y a nul doute qu'il se

serait déclaré pour le duc d'Orléans, parce que l'empereur n'étant plus

à portée d'être saisi comme lorsqu'il était à l'île d'Elbe, il n'aurait

pas voulu de la régence, qui le ramenait naturellement. Cette forme de

gouvernement ne pouvait lui plaire qu'autant que l'empereur serait mort

ou à Sainte-Hélène; il était trop avisé pour la désirer tant que ce

prince restait libre.

Le général Lallemand fut arrêté par la gendarmerie: il aurait

infailliblement été fusillé, si l'empereur ne fût arrivé à Paris aussi

promptement qu'il le fit.

Fouché lui-même eût peut-être été perdu sans cette célérité; néanmoins

il ne se déconcerta pas. Ce fut le 10 mars qu'il fut informé de la

mauvaise issue de la tentative qu'il avait faite; on connaissait déjà

les événemens de Grenoble, on s'attendait à ceux de Lyon. Il songea à se

garantir du soupçon qui pourrait arriver jusqu'à lui, en demandant au

comte d'Artois l'honneur de l'entretenir en particulier; l'entretien fut

accordé, et eut lieu chez la princesse de Vaudemont. L'ex-ministre

conseilla au prince de nommer le duc d'Orléans régent du royaume. Il lui

dit que sans cela on n'empêcherait pas l'empereur d'arriver à Paris;

que, du reste, on pouvait s'en rapporter à sa parole, qu'il promettait

que Napoléon n'y resterait pas trois mois. Il se garda bien, comme on

peut croire, de lui parler de la part qu'il avait eue au mouvement des

troupes de Flandre, ni de la correspondance qu'il entretenait avec

Dalberg.

Il est nécessaire d'observer que Fouché était informé de ce qui se

passait au conseil du roi.

M. de Vitrolles avait été, comme je l'ai dit, fait ministre secrétaire

d'État. Comme tel, il tenait la plume au conseil. Il était lié avec M.

Dalberg, comme on l'a vu, et surtout avec madame la princesse de

Vaudemont, à laquelle il communiquait ce qu'il fallait que sût Fouché.

Je crois que c'est par là que celui-ci avait été averti de la nécessité

qu'il y avait pour lui à ce qu'il vît le comte d'Artois, afin qu'en tout

état de choses cela lui devînt un antécédent utile.

Le mouvement des troupes de Flandre avait jeté la cour dans de vives

alarmes. Elle le croyait excité par l'influence de l'empereur, tandis

qu'au contraire il aurait été dirigé contre lui, si les choses eussent

tourné comme Fouché l'espérait.

La défection successive de toutes les troupes donna au roi le soupçon

que le ministre de la guerre, qui était alors le maréchal Soult, n'était

pas étranger à un abandon aussi complet. Peut-être lui en avait-on parlé

ainsi; c'était dans tous les cas une calomnie, le maréchal Soult était

étranger à tout cela. Néanmoins le roi le changea, et nomma à sa place

le duc de Feltre, qui avait été ministre de la guerre sous l'empereur.

Le duc de Feltre accepta, quoique la partie fût déjà à peu près perdue.

J'ai entendu faire à ce sujet plusieurs réflexions qui sont inutiles à

reproduire; quant à moi, je n'avais pas vu le duc depuis le voyage de

Blois, et je ne me mêlais plus de ce que chacun pouvait faire.

Il faut néanmoins convenir que c'était donner une preuve de dévouement

au roi que de se charger du ministère de la guerre dans cette

circonstance, d'autant plus qu'il ne devait pas s'écouler dix jours

avant que l'empereur fût à Paris.

C'est aussi dans ce moment critique que le roi rétablit la préfecture de

police de Paris, à laquelle il nomma M. de Bourienne. Il était trop tard

pour prendre toutes ces mesures: l'empereur voyageait en poste; la

population se précipitait sur son passage; toutes les troupes qu'on

envoyait contre lui prenaient le plus court chemin pour le joindre. On

touchait au dénouement; on rassembla un corps d'armée à Villejuif, mais

on n'en était pas plus tranquille, et le roi dut songer à quitter Paris.

Il avait été à la chambre des députés pour la porter à prendre des

mesures énergiques; l'empereur approchait: il n'y trouva que des

paroles.

On essaya de former des corps de volontaires, mais il ne se présenta

presque personne.

Enfin le 19 mars au soir, l'empereur arriva à Fontainebleau; il était à

peine accompagné d'une vingtaine d'officiers.

Le roi, ainsi que le comte d'Artois et le duc de Berry, était encore à

Paris, mais tout était prêt pour leur départ; on craignait même une

insurrection, car l'on faisait bivouaquer de l'artillerie dans la cour

du château des Tuileries.

À une heure du matin, le 20 mars, toute la maison du roi s'assembla dans

la cour du château et sur la place du Carrousel. Le roi monta en

voiture, et partit accompagné du comte d'Artois et du duc de Berry, qui

était à la tête de la cavalerie de la maison du roi.

Le corps de troupes qui avait été rassemblé à Villejuif sous les ordres

du général Rapp alla se placer à Saint-Denis dès que le roi eut quitté

la capitale. Jusqu'à huit heures du matin, le plus grand calme et le

plus grand silence régnèrent dans les environs du château.

Le cortége du roi passa par le boulevard; il prit la route de Beauvais,

et alla jusqu'à Montreuil-sur-Mer, ce qui fit croire qu'il allait de

nouveau en Angleterre; mais de Montreuil il se rendit à Lille par

Béthune et Saint-Omer.

Toute la cavalerie de la maison du roi, formant à peu près deux mille

hommes, était rassemblée à Béthune (Berthier, Marmont et Lauriston y

étaient avec leurs compagnies). Le comte d'Artois en passa la revue, et,

après avoir adressé à cette troupe quelques paroles de regrets, il lui

annonça que le roi la remerciait de ses services, et que chacun pouvait

retourner chez soi. La plupart revinrent en effet à Paris.

Toute la journée du 20 mars fut employée en petits mouvemens. Chacun

s'empressait de prendre part à l'événement qui devait arriver à la fin

de la journée. On placardait les rues des proclamations de l'empereur,

lesquelles étaient à Paris depuis huit jours. On prit possession du

trésor public; on allait aux casernes, et en même temps l'on envoya

presser à Saint-Denis la défection des troupes que commandait le général

Rapp.

On ne trouva de difficulté nulle part, parce que le roi était parti, et

que chacun ne cherchait qu'à se faire une position près de celui qui

venait le remplacer. Il en fut dans ce cas-ci comme il en a toujours été

dans les révolutions: on a donné mal à propos le nom de conspiration à

celle-ci, elle n'était que la conséquence du départ du roi. Si ce prince

fût resté à Paris et se fût entouré de tout ce qui aurait voulu le

défendre, vraisemblablement la solution du problème n'aurait pas été si

paisible. On répandit que Louis XVIII ne s'était décidé à partir que sur

la décision de son conseil. S'il l'avait assemblé, la résolution

s'explique; elle eut lieu comme l'avait eu celle qu'on avait fait

prendre à la régente au mois de mars précédent.

Il y avait en outre autour du roi des hommes qui faisaient déjà leur

calcul particulier, et qui, regardant la partie comme perdue, pensaient

à le quitter pour se rapprocher de celui qu'ils avaient précédemment

abandonné. Or, en revenant, il fallait pouvoir se faire un mérite

d'avoir contribué au départ du roi.

J'ai vu le 23 ou 24 mars, entre les mains d'un général fort connu dans

l'armée, une lettre que Berthier lui avait écrite avant de sortir de la

frontière, et dans laquelle il répétait ce qu'il avait dit moins d'un an

auparavant à Fontainebleau, c'est-à-dire «qu'il n'était pas l'homme du

roi, qu'il était l'homme de l'armée et Français avant tout, qu'il

voulait servir son pays et ne pas émigrer. Enfin il se recommandait déjà

à la générosité de l'empereur.»

Il lui écrivit quelques jours après; l'empereur lui répondit, mais il

était trop tard, il avait dépassé la frontière lorsque la lettre lui

parvint. Il se retira à Bamberg, essaya de repasser en France; mais

arrêté par les alliés, il fut obligé de retourner sur ses pas, et périt

misérablement à quelque temps de là.

L'empereur arriva à Paris le soir à sept heures. Tout était déjà

réinstallé; chacun avait repris son poste au château. L'empereur y dîna,

trouva son appartement fait; on eût dit qu'il revenait simplement de

voyage. Les officiers du service d'honneur, les employés de toutes les

espèces avaient repris leurs fonctions; rien ne manquait à la réception.

Il y a des esprits gauches qui ont voulu voir les conséquences d'une

conjuration dans la reprise de cette routine, tandis que chacun ne

faisait que ce qu'il avait vu faire aux employés de la cour de

Versailles, à l'époque du retour du roi. Il y avait plus de vingt ans

que les uns étaient rentrés dans l'obscurité, et il y en avait à peine

un que les autres avaient été congédiés.

Il ne se trouva qu'un bataillon de la garde nationale dans la cour du

château au moment où l'empereur arriva; mais avec ce bataillon, il y

avait plusieurs milliers d'officiers de toutes armes qui avaient été mis

à la demi-solde.

L'on avait été à la rencontre de l'empereur sur la route de

Fontainebleau; il revint entouré d'une foule d'officiers-généraux à

cheval. Il passa le long du boulevard neuf, ainsi qu'il avait coutume de

le faire chaque fois qu'il revenait de Fontainebleau, traversa le pont

de la Concorde, et entra aux Tuileries par le guichet qui donne sur le

quai.

Il y avait autour de sa voiture la valeur d'un régiment de cavaliers de

tous les corps, qui présentaient un désordre imposant; tous ces hommes

poussaient des cris de _vive l'empereur_ jusqu'aux nues. Lorsqu'il entra

dans la cour du château, il fut impossible aux postillons d'approcher la

voiture du vestibule, où il devait descendre. La foule était si grande,

que les chevaux ne purent avancer. On se précipita à la portière, on

l'ouvrit et on tira l'empereur de sa calèche; il ne lui fut pas possible

de mettre le pied par terre, ni dans la cour, ni sur l'escalier, ni dans

les appartemens: on le porta, on le passa de bras en bras jusqu'à son

cabinet.

Il fit de suite demander les anciens ministres et ordonna à chacun d'eux

d'aller reprendre son portefeuille. Il n'y eut de nouvelle promotion que

celle de M. Fouché, qui fut chargé de la police. Voici à ce sujet une

petite anecdote qu'il n'est pas inutile de rapporter. Elle fera voir que

l'intrigue s'agitait déjà, c'est-à-dire que l'on était déjà plus occupé

d'éloigner ceux que l'on redoutait par des considérations personnelles,

que d'aider l'empereur en l'entourant de tout ce qui pouvait le servir.

J'avais été, dans la matinée, rendre visite à l'archi-chancelier, que je

n'avais pas vu depuis un an. Je présumais que l'empereur l'enverrait

chercher tout en arrivant, ainsi qu'il en avait l'habitude, chaque fois

qu'il revenait de voyage. J'étais allé le prier de vouloir bien (si cela

devenait nécessaire) dire à l'empereur que je désirais rester en repos,

et que, s'il voulait absolument m'employer, pour rien au monde je

n'accepterais le ministère de la police. Je lui témoignai combien ces

fonctions-là me déplaisaient, et lui dis que, prévoyant bien que

l'intrigue s'agiterait en tout sens, je ne me sentais nullement disposé

à vivre au milieu des passions qu'elle allait soulever.

L'archi-chancelier était pour le moins aussi las que moi des affaires:

il me déclara qu'à moins que l'empereur ne lui fît violence, il

n'accepterait non plus aucune fonction.

Ce que j'avais prévu arriva. L'archi-chancelier fut le premier grand

fonctionnaire que l'empereur fit appeler. Les ministres, qui avaient

également été mandés, ne se présentèrent que successivement. C'était un

singulier spectacle que de revoir les choses remises aussi vite à leur

ancienne place. On se retrouvait dans le même salon où l'on s'était

quitté un an auparavant, et sans presque s'être rencontré depuis.

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 7 · 第 28 / 65 题