L'empereur rallie toutes les troupes qu'il rencontre.--Le maréchal
Oudinot.--Sa prévoyance.--Fouché ne sait qu'augurer du retour.--Parti
auquel il s'arrête.--Surprise des troupes.--Entrevue de Fouché et du
comte d'Artois.--Départ du roi.--Arrivée de l'empereur.--On eût dit
qu'il revenait simplement de voyage.
Je reviens à l'effet que produisait sur l'opinion l'approche de
l'empereur. Tout ce qui faisait partie de la cour se flattait qu'on
parviendrait à l'arrêter dans sa marche, mais que de toute manière cela
amènerait la guerre civile. Le roi avait envoyé M. le duc et madame la
duchesse d'Angoulême dans le midi, et M. le duc de Bourbon dans la
Vendée. On employait toutes les mesures dont on s'avisait pour arrêter
l'empereur, et lui-même accourait partout où il savait qu'il y avait des
troupes. Il faisait sur elles l'effet d'un talisman; dès qu'elles
l'apercevaient, elles étaient à lui.
La garde impériale à pied était à Metz sous les ordres du maréchal
Oudinot. Elle sut ce qui s'était passé à Lyon et à Lons-le-Saulnier, et
n'hésita pas sur ce qu'elle avait à faire. Le maréchal, de son côté, eut
bientôt pris son parti: il se ménagea entre la fidélité qu'il devait au
roi, et les reproches qu'il craignait de la part de l'empereur. Une
sorte d'insurrection éclata à point nommé parmi les troupes; il y avait
eu violence, on ne pouvait lui imputer la défection du corps. Il resta
cependant de sa personne à Metz, mais un aide-de-camp discret alla
prendre les ordres de l'empereur. En même temps, il expédia son fils à
Gand, et le chargea de protester au roi de sa fidélité.
Après avoir pris ces mesures, il se rendit à Paris, où le ministre
l'avait mandé. La cause des Bourbons semblait perdue; les espérances
dont on l'avait flatté ne lui paraissaient plus que des chimères, il
livra tous les détails qu'il avait sur Gand.
Pendant que les événemens dont je viens de rendre compte se passaient à
Grenoble, Lyon et autres lieux, l'intrigue de Paris faisait de sérieuses
réflexions sur les conséquences dont le retour de l'empereur pourrait
être suivi. Fouché ne s'abusait pas; il savait bien que toute la France
se déclarerait pour l'empereur. Il ignorait encore son entrée à Grenoble
et à Lyon, et comme il ne comprenait rien à un retour aussi inopiné, la
première pensée qui lui vint fut que M. de Talleyrand l'avait joué, en
faisant prévenir l'empereur de tout ce qui avait été convenu, pour se
faire ainsi une position près de lui; il en était d'autant plus
persuadé, qu'il attendait de Vienne le signal qui devait lui être donné
pour faire agir contre le roi.
Et ce qu'il y a de singulier, c'est que, de son côté, Talleyrand crut
que c'était Fouché qui l'avait joué en faisant avertir l'empereur, en
sorte qu'ils furent en méfiance l'un de l'autre et se firent peur
réciproquement. Fouché chercha aussitôt à se mettre en mesure, et voici
à quoi il s'arrêta.
Il résolut de servir l'empereur, si celui-ci avait toutefois été prévenu
par Talleyrand, et de se mettre en devoir de lui résister, si son retour
était de son propre mouvement.
Il était loin d'imaginer que l'empereur arriverait si vite à Paris,
n'aurait-il eu d'obstacles que la longueur du chemin; Fouché pensait que
le trajet lui assurerait le temps dont il avait besoin.
Il fit venir le général Lallemand le 5 mars au soir, et lui parla de la
nécessité de faire prendre de suite un parti au général Drouet, afin,
disait-il, de s'opposer aux mesures arbitraires que la cour préparait
contre tout ce qui lui était suspect, et après bien des discours il
finit par conclure qu'il fallait que le général Drouet mît de suite
toutes ses troupes en mouvement sur Paris, afin de hâter le départ du
roi.
Fouché avait un double but. Il croyait que Drouet arriverait sans coup
férir et assez tôt pour lui donner le temps de réunir la chambre des
députés, qui était à Paris, et la faire appuyer par la garde nationale.
Il se flattait, à la faveur de ces mesures, de pouvoir proclamer un
gouvernement quelconque, et s'opposer à l'entrée de l'empereur, tant
avec la garde nationale qu'avec les troupes du général Drouet, qu'il
espérait aussi compromettre. Il croyait par là se remettre en harmonie
avec Vienne et se donner le temps d'approfondir le mystère du retour.
Le général Lallemand partit en effet de Paris le 6 mars. Il se rendit à
Lille, où il s'arrêta jusqu'à ce que le mouvement des troupes fût
commencé. Dans le nombre se trouvaient les grenadiers à cheval ainsi que
les chasseurs à cheval de l'ancienne garde. Lallemand commandait des
dragons qui étaient placés dans le département de l'Aisne, vers
Soissons; tout cela se mit en marche, et suivit pendant plusieurs jours
la route de Paris. La cour en fut informée, et envoya en toute hâte le
maréchal Mortier à Lille, pour faire rentrer toutes ces troupes dans
leurs garnisons. Cela fut d'autant plus facile, que les colonels
n'étaient pas dans la confidence du mouvement qu'ils exécutaient; tous
croyaient marcher d'après des ordres du ministre de la guerre.
Lorsqu'ils surent qu'on les avait abusés, ils firent d'autant moins de
difficultés pour rentrer dans leurs quartiers respectifs, qu'ils
n'ignoraient pas que l'empereur arrivait. Ils jugeaient dès-lors inutile
de prendre l'initiative dans des événemens qui allaient d'eux-mêmes
venir les trouver. Les grenadiers à cheval retournèrent à Arras après
trois ou quatre marches inutiles.
Il n'y eut que les chasseurs à cheval avec les dragons du général
Lallemand qui s'avancèrent jusqu'à Compiègne. Ils avaient essayé, en
passant à La Fère, d'emmener le régiment d'artillerie qui occupait la
place. Il refusa de les suivre, et ce fut ce qui commença à éveiller les
soupçons des chasseurs. Ils se disaient entre eux: «Il faut qu'il y ait
quelque chose là-dessous, ou les canonniers sont des j*** f*** qu'il
faut sabrer, ou bien l'on nous abuse, et nous sommes dans une mauvaise
affaire.»
En arrivant à Compiègne, on voulut déterminer le 6me chasseurs à suivre
le même mouvement; celui-ci s'y refusa. Les officiers des chasseurs de
la garde se réunirent alors, et délibérèrent sur la situation dans
laquelle on les avait engagés. Ils résolurent de retourner à leurs
quartiers à Cambrai; ils signifièrent cette résolution à leur colonel,
le général Lefebvre-Desnouettes, et l'engagèrent à s'enfuir, ce qu'il
fit, ainsi que le général Lallemand.
Les officiers du régiment de chasseurs envoyèrent une députation au roi
pour lui renouveler l'assurance de leur fidélité, et l'entreprise de M.
Fouché fut manquée. Si elle avait réussi, il n'y a nul doute qu'il se
serait déclaré pour le duc d'Orléans, parce que l'empereur n'étant plus
à portée d'être saisi comme lorsqu'il était à l'île d'Elbe, il n'aurait
pas voulu de la régence, qui le ramenait naturellement. Cette forme de
gouvernement ne pouvait lui plaire qu'autant que l'empereur serait mort
ou à Sainte-Hélène; il était trop avisé pour la désirer tant que ce
prince restait libre.
Le général Lallemand fut arrêté par la gendarmerie: il aurait
infailliblement été fusillé, si l'empereur ne fût arrivé à Paris aussi
promptement qu'il le fit.
Fouché lui-même eût peut-être été perdu sans cette célérité; néanmoins
il ne se déconcerta pas. Ce fut le 10 mars qu'il fut informé de la
mauvaise issue de la tentative qu'il avait faite; on connaissait déjà
les événemens de Grenoble, on s'attendait à ceux de Lyon. Il songea à se
garantir du soupçon qui pourrait arriver jusqu'à lui, en demandant au
comte d'Artois l'honneur de l'entretenir en particulier; l'entretien fut
accordé, et eut lieu chez la princesse de Vaudemont. L'ex-ministre
conseilla au prince de nommer le duc d'Orléans régent du royaume. Il lui
dit que sans cela on n'empêcherait pas l'empereur d'arriver à Paris;
que, du reste, on pouvait s'en rapporter à sa parole, qu'il promettait
que Napoléon n'y resterait pas trois mois. Il se garda bien, comme on
peut croire, de lui parler de la part qu'il avait eue au mouvement des
troupes de Flandre, ni de la correspondance qu'il entretenait avec
Dalberg.
Il est nécessaire d'observer que Fouché était informé de ce qui se
passait au conseil du roi.
M. de Vitrolles avait été, comme je l'ai dit, fait ministre secrétaire
d'État. Comme tel, il tenait la plume au conseil. Il était lié avec M.
Dalberg, comme on l'a vu, et surtout avec madame la princesse de
Vaudemont, à laquelle il communiquait ce qu'il fallait que sût Fouché.
Je crois que c'est par là que celui-ci avait été averti de la nécessité
qu'il y avait pour lui à ce qu'il vît le comte d'Artois, afin qu'en tout
état de choses cela lui devînt un antécédent utile.
Le mouvement des troupes de Flandre avait jeté la cour dans de vives
alarmes. Elle le croyait excité par l'influence de l'empereur, tandis
qu'au contraire il aurait été dirigé contre lui, si les choses eussent
tourné comme Fouché l'espérait.
La défection successive de toutes les troupes donna au roi le soupçon
que le ministre de la guerre, qui était alors le maréchal Soult, n'était
pas étranger à un abandon aussi complet. Peut-être lui en avait-on parlé
ainsi; c'était dans tous les cas une calomnie, le maréchal Soult était
étranger à tout cela. Néanmoins le roi le changea, et nomma à sa place
le duc de Feltre, qui avait été ministre de la guerre sous l'empereur.
Le duc de Feltre accepta, quoique la partie fût déjà à peu près perdue.
J'ai entendu faire à ce sujet plusieurs réflexions qui sont inutiles à
reproduire; quant à moi, je n'avais pas vu le duc depuis le voyage de
Blois, et je ne me mêlais plus de ce que chacun pouvait faire.
Il faut néanmoins convenir que c'était donner une preuve de dévouement
au roi que de se charger du ministère de la guerre dans cette
circonstance, d'autant plus qu'il ne devait pas s'écouler dix jours
avant que l'empereur fût à Paris.
C'est aussi dans ce moment critique que le roi rétablit la préfecture de
police de Paris, à laquelle il nomma M. de Bourienne. Il était trop tard
pour prendre toutes ces mesures: l'empereur voyageait en poste; la
population se précipitait sur son passage; toutes les troupes qu'on
envoyait contre lui prenaient le plus court chemin pour le joindre. On
touchait au dénouement; on rassembla un corps d'armée à Villejuif, mais
on n'en était pas plus tranquille, et le roi dut songer à quitter Paris.
Il avait été à la chambre des députés pour la porter à prendre des
mesures énergiques; l'empereur approchait: il n'y trouva que des
paroles.
On essaya de former des corps de volontaires, mais il ne se présenta
presque personne.
Enfin le 19 mars au soir, l'empereur arriva à Fontainebleau; il était à
peine accompagné d'une vingtaine d'officiers.
Le roi, ainsi que le comte d'Artois et le duc de Berry, était encore à
Paris, mais tout était prêt pour leur départ; on craignait même une
insurrection, car l'on faisait bivouaquer de l'artillerie dans la cour
du château des Tuileries.
À une heure du matin, le 20 mars, toute la maison du roi s'assembla dans
la cour du château et sur la place du Carrousel. Le roi monta en
voiture, et partit accompagné du comte d'Artois et du duc de Berry, qui
était à la tête de la cavalerie de la maison du roi.
Le corps de troupes qui avait été rassemblé à Villejuif sous les ordres
du général Rapp alla se placer à Saint-Denis dès que le roi eut quitté
la capitale. Jusqu'à huit heures du matin, le plus grand calme et le
plus grand silence régnèrent dans les environs du château.
Le cortége du roi passa par le boulevard; il prit la route de Beauvais,
et alla jusqu'à Montreuil-sur-Mer, ce qui fit croire qu'il allait de
nouveau en Angleterre; mais de Montreuil il se rendit à Lille par
Béthune et Saint-Omer.
Toute la cavalerie de la maison du roi, formant à peu près deux mille
hommes, était rassemblée à Béthune (Berthier, Marmont et Lauriston y
étaient avec leurs compagnies). Le comte d'Artois en passa la revue, et,
après avoir adressé à cette troupe quelques paroles de regrets, il lui
annonça que le roi la remerciait de ses services, et que chacun pouvait
retourner chez soi. La plupart revinrent en effet à Paris.
Toute la journée du 20 mars fut employée en petits mouvemens. Chacun
s'empressait de prendre part à l'événement qui devait arriver à la fin
de la journée. On placardait les rues des proclamations de l'empereur,
lesquelles étaient à Paris depuis huit jours. On prit possession du
trésor public; on allait aux casernes, et en même temps l'on envoya
presser à Saint-Denis la défection des troupes que commandait le général
Rapp.
On ne trouva de difficulté nulle part, parce que le roi était parti, et
que chacun ne cherchait qu'à se faire une position près de celui qui
venait le remplacer. Il en fut dans ce cas-ci comme il en a toujours été
dans les révolutions: on a donné mal à propos le nom de conspiration à
celle-ci, elle n'était que la conséquence du départ du roi. Si ce prince
fût resté à Paris et se fût entouré de tout ce qui aurait voulu le
défendre, vraisemblablement la solution du problème n'aurait pas été si
paisible. On répandit que Louis XVIII ne s'était décidé à partir que sur
la décision de son conseil. S'il l'avait assemblé, la résolution
s'explique; elle eut lieu comme l'avait eu celle qu'on avait fait
prendre à la régente au mois de mars précédent.
Il y avait en outre autour du roi des hommes qui faisaient déjà leur
calcul particulier, et qui, regardant la partie comme perdue, pensaient
à le quitter pour se rapprocher de celui qu'ils avaient précédemment
abandonné. Or, en revenant, il fallait pouvoir se faire un mérite
d'avoir contribué au départ du roi.
J'ai vu le 23 ou 24 mars, entre les mains d'un général fort connu dans
l'armée, une lettre que Berthier lui avait écrite avant de sortir de la
frontière, et dans laquelle il répétait ce qu'il avait dit moins d'un an
auparavant à Fontainebleau, c'est-à-dire «qu'il n'était pas l'homme du
roi, qu'il était l'homme de l'armée et Français avant tout, qu'il
voulait servir son pays et ne pas émigrer. Enfin il se recommandait déjà
à la générosité de l'empereur.»
Il lui écrivit quelques jours après; l'empereur lui répondit, mais il
était trop tard, il avait dépassé la frontière lorsque la lettre lui
parvint. Il se retira à Bamberg, essaya de repasser en France; mais
arrêté par les alliés, il fut obligé de retourner sur ses pas, et périt
misérablement à quelque temps de là.
L'empereur arriva à Paris le soir à sept heures. Tout était déjà
réinstallé; chacun avait repris son poste au château. L'empereur y dîna,
trouva son appartement fait; on eût dit qu'il revenait simplement de
voyage. Les officiers du service d'honneur, les employés de toutes les
espèces avaient repris leurs fonctions; rien ne manquait à la réception.
Il y a des esprits gauches qui ont voulu voir les conséquences d'une
conjuration dans la reprise de cette routine, tandis que chacun ne
faisait que ce qu'il avait vu faire aux employés de la cour de
Versailles, à l'époque du retour du roi. Il y avait plus de vingt ans
que les uns étaient rentrés dans l'obscurité, et il y en avait à peine
un que les autres avaient été congédiés.
Il ne se trouva qu'un bataillon de la garde nationale dans la cour du
château au moment où l'empereur arriva; mais avec ce bataillon, il y
avait plusieurs milliers d'officiers de toutes armes qui avaient été mis
à la demi-solde.
L'on avait été à la rencontre de l'empereur sur la route de
Fontainebleau; il revint entouré d'une foule d'officiers-généraux à
cheval. Il passa le long du boulevard neuf, ainsi qu'il avait coutume de
le faire chaque fois qu'il revenait de Fontainebleau, traversa le pont
de la Concorde, et entra aux Tuileries par le guichet qui donne sur le
quai.
Il y avait autour de sa voiture la valeur d'un régiment de cavaliers de
tous les corps, qui présentaient un désordre imposant; tous ces hommes
poussaient des cris de _vive l'empereur_ jusqu'aux nues. Lorsqu'il entra
dans la cour du château, il fut impossible aux postillons d'approcher la
voiture du vestibule, où il devait descendre. La foule était si grande,
que les chevaux ne purent avancer. On se précipita à la portière, on
l'ouvrit et on tira l'empereur de sa calèche; il ne lui fut pas possible
de mettre le pied par terre, ni dans la cour, ni sur l'escalier, ni dans
les appartemens: on le porta, on le passa de bras en bras jusqu'à son
cabinet.
Il fit de suite demander les anciens ministres et ordonna à chacun d'eux
d'aller reprendre son portefeuille. Il n'y eut de nouvelle promotion que
celle de M. Fouché, qui fut chargé de la police. Voici à ce sujet une
petite anecdote qu'il n'est pas inutile de rapporter. Elle fera voir que
l'intrigue s'agitait déjà, c'est-à-dire que l'on était déjà plus occupé
d'éloigner ceux que l'on redoutait par des considérations personnelles,
que d'aider l'empereur en l'entourant de tout ce qui pouvait le servir.
J'avais été, dans la matinée, rendre visite à l'archi-chancelier, que je
n'avais pas vu depuis un an. Je présumais que l'empereur l'enverrait
chercher tout en arrivant, ainsi qu'il en avait l'habitude, chaque fois
qu'il revenait de voyage. J'étais allé le prier de vouloir bien (si cela
devenait nécessaire) dire à l'empereur que je désirais rester en repos,
et que, s'il voulait absolument m'employer, pour rien au monde je
n'accepterais le ministère de la police. Je lui témoignai combien ces
fonctions-là me déplaisaient, et lui dis que, prévoyant bien que
l'intrigue s'agiterait en tout sens, je ne me sentais nullement disposé
à vivre au milieu des passions qu'elle allait soulever.
L'archi-chancelier était pour le moins aussi las que moi des affaires:
il me déclara qu'à moins que l'empereur ne lui fît violence, il
n'accepterait non plus aucune fonction.
Ce que j'avais prévu arriva. L'archi-chancelier fut le premier grand
fonctionnaire que l'empereur fit appeler. Les ministres, qui avaient
également été mandés, ne se présentèrent que successivement. C'était un
singulier spectacle que de revoir les choses remises aussi vite à leur
ancienne place. On se retrouvait dans le même salon où l'on s'était
quitté un an auparavant, et sans presque s'être rencontré depuis.