L'empereur de Russie hésite.--Consternation des conspirateurs.--Le
gouvernement provisoire est sur le point de se dissoudre.--Conseil.--Le
général Dessoles; ses sollicitudes pour mademoiselle de Dampierre.--M.
de Pradt.--L'empereur se dispose à marcher sur Paris.--Ce qui
l'arrête.--Abdication.--Encore Marmont.--Projet coupable.--Ce que c'est
que les garanties que veulent les alliés.--Étonnement de M. de
Nesselrode.--En Russie on n'hésiterait pas tant.
Les choses allaient moins bien à Paris. L'empereur de Russie s'était
tellement ménagé les moyens de changer de résolution, que je tiens de M.
Anglès lui-même que les conspirateurs crurent un instant la partie
perdue. La chose fut au point qu'au sortir d'une conférence qui avait eu
lieu chez l'empereur de Russie, il fit charger sa voiture de voyage,
persuadé que tout était fini. Ce fut l'engagement pris par Marmont qui
ramena la sécurité dans toutes ces consciences coupables.
Il y avait à Paris de bons esprits qui, sans être bien contens du
gouvernement impérial, se trouvaient humiliés d'être l'objet de la
spéculation et du trafic de quelques intrigans accoutumés à tout servir
et à tout trahir.
On remarquait une direction indiquée au mouvement, que l'on excitait
sans faire connaître la puissance qui l'appuyait. On avait l'exemple
récent de Bordeaux: lorsque le maire de cette ville s'était déclaré pour
le duc d'Angoulême, on avait usé de son influence pour faire arborer les
couleurs royales. Les notables s'étaient assemblés et avaient été en
corps demander au général commandant les troupes anglaises qui avaient
pris possession de la ville, si c'était par son ordre que l'on y
déployait des signes propres à allumer la guerre civile; et celui-ci
avait répondu qu'il ne protégeait particulièrement aucun parti, qu'il
laissait chacun libre d'en agir comme il l'entendait.
À Paris, on voyait le corps municipal qui était excité à s'immiscer dans
le changement de gouvernement. Quelques uns de ses membres même, tels
que l'avocat Bellart et l'ancien notaire Pérignon, n'avaient pas craint
de se mettre en avant. Tout cela avait fait penser ceux qui redoutaient
de nouveaux orages, ou ne voulaient pas servir de marche-pied à quelques
intrigans. Plusieurs bonnes têtes imaginèrent d'écrire à l'empereur
Alexandre, en conservant l'anonyme, mais en employant le style qui porte
la conviction. On ne lui épargna pas les représentations sur l'estime ou
la confiance que méritaient les hommes qui travaillaient en son nom.
Peut-être aussi lui-même chercha-t-il, par d'autres voies, à s'assurer
au juste du véritable état de l'opinion. Soit que la masse d'intérêts
qu'il fallait froisser l'ébranlât, soit toute autre considération,
toujours est-il qu'il fut sur le point de répudier les casse-cous
politiques qui s'attachaient à ses pas. Quelle influence ne pouvait pas
avoir, dans cet état d'indécision, la présence de l'impératrice à Paris!
M. de Talleyrand, voyant les incertitudes de l'empereur Alexandre,
craignit que ce prince ne lui échappât. Il jugea bien que l'on ne
parviendrait pas à décider qui que ce fût à se prêter aux mesures
nécessaires pour prévenir tout retour de l'empereur, si Marie-Louise
restait sur le trône. Comme le danger était imminent et le devenait
chaque jour davantage, il abandonna l'idée de la régence et se rallia
aux Bourbons. Ce parti n'était pas sans inconvéniens pour lui, mais il
excluait toute idée de retour après une transaction aussi étrange, aussi
subite; il ne pouvait pas manquer de lui offrir des moyens de revenir à
son premier thème, en faisant mouvoir le parti de la révolution avant de
laisser les Bourbons s'établir. La chose était facile: la plupart des
places administratives étaient occupées par des hommes du parti.
Voilà donc Talleyrand décidé à faire adopter ce qu'il repoussait
jusque-là de toutes ses forces. Dès lors il ne chercha plus qu'à fixer
les irrésolutions de l'empereur Alexandre, et ne craignit pas, comme on
dit, de le mettre au pied du mur. Il devenait au reste urgent de le
décider, car le diplomate était déjà en butte aux reproches de tous ceux
qui s'étaient engagés avec lui dans cette entreprise. Le gouvernement
provisoire fut même sur le point de se dissoudre. M. de Talleyrand avait
trop d'expérience des hommes et des affaires pour manquer de tête dans
cette occasion: il réunit, à ce qui m'a été rapporté, les membres du
gouvernement provisoire, à l'issue de la conférence qui avait dissipé
tant d'illusions; il leur montra les dangers que chacun d'eux courait;
il les détermina sans peine à le suivre chez l'empereur de Russie, qui
occupait le premier étage de son hôtel. Il porta la parole et observa à
ce prince que les personnes qui l'accompagnaient s'étaient exposées à
tout perdre pour assurer son triomphe, que seuls ils avaient contenu la
population dans l'obéissance, qu'ils n'avaient pas craint de
compromettre leur existence, celle de leurs familles pour le servir, que
pour prix de tant de dévouement ils allaient être abandonnés aux
vengeances qu'ils avaient si aveuglement provoquées. Dans ce triste état
de choses, ils venaient tous le supplier de leur assurer un asile, s'il
persistait dans le dessein qu'il leur avait manifesté. Alexandre les
rassura sur les dangers dont ils se croyaient menacés, et leur dit qu'à
la vérité ses idées n'étaient pas encore arrêtées, mais qu'il
n'abandonnerait pas des hommes qui avaient tout compromis pour son
service, et leur assurerait une existence dont ils seraient satisfaits.
Les choses en étaient là lorsque M. de Talleyrand acquit la certitude
qu'il pouvait compter sur la défection de Marmont et sur le zèle
d'Oudinot. Dès-lors il fut plus assuré de réussir, et ne manqua pas de
transmettre ses espérances à l'empereur de Russie, qui assembla le
lendemain le conseil dans lequel on agita définitivement la question du
renversement du gouvernement impérial en France. Je tiens d'un des
membres de ce conseil le détail de ce qui s'y passa. Il était composé de
l'empereur Alexandre, du roi de Prusse, du prince de Schwartzenberg, de
M. de Metternich, et je crois du ministre d'Angleterre; je n'oserais
cependant assurer que ce dernier y fut. De Français, il y avait M. de
Talleyrand, le duc Dalberg, M. Louis, le général Dupont, le général
Dessoles, l'archevêque de Malines; je crois, sans en être sûr, que MM.
de Montesquiou (l'abbé), Beurnonville et Jaucourt en faisaient partie.
Ce fut l'empereur Alexandre qui ouvrit la discussion. Il déclara qu'il
avait dessein de renverser le gouvernement impérial, mais qu'avant de
l'annoncer publiquement, il désirait connaître quel était l'ordre de
choses qu'on pourrait lui substituer, pour éviter les dissensions
intestines qui avaient déchiré ce pays pendant tant d'années. Il
s'adressa à M. de Talleyrand en l'invitant à donner son opinion;
celui-ci, ne voulant pas émettre devant tant de monde une opinion qui
n'aurait peut-être pas été adoptée, et qui deviendrait peut-être un
motif pour le faire éloigner de la faveur du gouvernement qui allait
être élu, fit dans cette occasion ce que je lui ai vu faire dans les
conseils où l'empereur l'appelait.
Il parla avec sa facilité ordinaire, insista sur la nécessité d'abattre
l'empereur, mais aussi il énuméra les immenses intérêts qui reposaient
sur le système impérial et en étaient inséparables. Il dit que l'on ne
pouvait lui substituer qu'un ordre de choses qui garantirait à chacun la
conservation de ce qu'il avait acquis, si l'on ne voulait pas faire
revivre tous les désordres. Il ne s'expliqua pas plus clairement, mais
son discours prouvait assez qu'il penchait toujours pour la régence. M.
Louis laissait entrevoir les opinions qui furent reproduites par toutes
les créatures du diplomate. Enfin arriva le tour du général Dessoles.
Interpellé de s'expliquer sur ce qu'il convenait de faire, il répliqua
vivement, en s'adressant à Alexandre: «Sire, la régence n'est qu'un mot;
le tigre est derrière, et ne tardera pas à reparaître, si on la
proclame[11]. Au surplus, mon parti est pris; je ne demande rien pour
moi, mais, Sire, mademoiselle Dampierre! sauvez-la! de grâce,
sauvez-la!» L'empereur de Russie, tout surpris de cette chaude
allocution, cherchait ce que c'était que mademoiselle Dampierre; «C'est
ma femme, Sire, madame Dessoles; sans doute elle n'a pas un rapport bien
direct avec la question qui se débat, mais c'est mademoiselle Dampierre;
sauvez ce que j'ai de plus cher au monde!» Cette petite sollicitude
conjugale dérida un moment le conseil; mais on se remit bientôt, et la
discussion continua. C'était le tour de l'archevêque de Malines; il mit
cartes sur table. «Messieurs, dit-il, il faut s'expliquer nettement.
Vous êtes décidés à en finir avec l'empereur. Pourquoi, dans ce cas, ne
pas rendre à la France un gouvernement sous lequel elle a été heureuse
pendant tant de siècles? Je ne crains pas d'avancer ici que c'est le voeu
secret de la grande majorité des Français, et que, si l'on n'ose
l'émettre, c'est que l'esprit national est encore comprimé, et qu'on
craint de n'être pas appuyé en le manifestant. Quant à moi je déclare
que je ne vois d'autre projet raisonnable en abattant l'empereur que de
rappeler les Bourbons.» Alexandre arrêta la discussion, et se tournant
vers Frédéric-Guillaume: «Votre opinion, roi de Prusse?»--«Celle de
l'archevêque de Malines,» répondit Guillaume. L'empereur de Russie
continua de recueillir les voix des étrangers, qui furent de l'opinion
du roi de Prusse. Alexandre exposa la sienne à son tour, et dit que
c'était une très grande affaire que de se fixer sur le gouvernement qui
pouvait régner en France sans trouble et sans dangers pour la
tranquillité de ses voisins; qu'il pensait que la maison de Bourbon
pouvait convenir; que néanmoins il remettait au lendemain à se décider;
qu'on lui avait rendu compte de l'arrivée aux avant-postes d'une
députation venant de Fontainebleau; qu'il la recevrait et verrait
ensuite. Le conseil se sépara. On n'ignorait, comme je l'ai dit, rien à
Fontainebleau de ce qui se faisait à Paris. On y exagérait même les
choses, quoique le mal fût très grand.
L'empereur cependant ne se laissait pas imposer par les propos qu'on
semait autour de lui. Tout entier à des combinaisons militaires, il se
disposait à tenter de nouveau la fortune, lorsque le duc de Vicence
arriva. Il n'apportait pas des nouvelles bien heureuses, mais du moins
les alliés ne proscrivaient plus la régence. La condition était pénible,
le soldat bouillait d'ardeur: Napoléon continue de tout disposer pour
tenter la fortune; mais ses généraux n'ont plus d'élan, ils sont las de
guerres, de combats, personne n'envisage qu'avec une sorte d'effroi les
nouvelles chances qui vont s'ouvrir. C'est au milieu de cette anxiété
générale que le décret de déchéance arrive à Fontainebleau. Dès qu'il le
connaît, Napoléon n'hésite plus. La guerre civile lui apparaît avec
toutes ses horreurs; il se retire, et dresse lui-même l'acte qui le
dépouille du pouvoir[12]. L'abdication signée, il choisit des
négociateurs, qui, en la transmettant aux alliés, discutent les intérêts
de la France et ceux des braves qui l'ont servie. Il nomme le duc de
Vicence et le prince de la Moscowa; mais il ne les a pas plus tôt
désignés, que son vieil aide-de-camp lui revient à la mémoire. Il va
leur adjoindre Marmont, et veut que ce soit son plus ancien compagnon
d'armes qui aille débattre les intérêts de sa famille. On lui observe
que ceux de l'armée doivent aussi être défendus; qu'un homme qui a été
moins avant dans ses affections, que Macdonald, par exemple, aurait plus
de poids; il se rend et accepte le duc de Tarente. Sa prédilection
néanmoins le domine encore; il donne l'ordre formel aux
plénipotentiaires de prévenir le duc de Raguse qu'il ne l'a pas choisi,
mais qu'il ne peut refuser à sa fidélité, garantie par tant de bienfaits
d'un coté et de services de l'autre, ce dernier témoignage de confiance;
qu'en conséquence, s'il ne pense pas être plus utile à la tête de son
corps qu'à Paris, il est le maître de se joindre aux plénipotentiaires,
chargés d'expédier d'Essone un courrier qui rapportera ses pouvoirs.
Arrivés à Essone, les plénipotentiaires firent part au duc de Raguse de
ce qui s'était passé à Fontainebleau, de l'abdication consentie par
Napoléon, et de l'objet de leur mission à Paris. Ils lui transmirent
également le message dont ils étaient chargés. Cette circonstance dut
être pénible au maréchal, car il venait, comme nous l'avons vu,
d'arrêter ses conditions avec le généralissime. Il ne cacha pas à ses
collègues les termes où il en était avec les alliés. Il leur déclara
qu'il n'avait agi isolément que par suite de la dispersion de l'armée et
de la difficulté qu'il y avait à s'entendre; que de ce moment il se
réunissait à eux pour ne plus s'en séparer; qu'il les accompagnerait à
Paris, et ferait entendre au prince de Schwartzenberg les changemens
survenus dans sa position. Il prévint ses généraux, il l'atteste du
moins, de ne faire aucun mouvement qu'il ne leur eût expédié de nouveaux
ordres, et se rendit au quartier-général ennemi, où l'on ne fit aucune
difficulté d'annuler le projet de convention. Les trois maréchaux et le
duc de Vicence continuèrent leur route et allèrent à Paris pour négocier
en commun. Ils descendirent chez M. de Talleyrand, où, comme je l'ai
dit, logeait l'empereur de Russie; ils firent part au diplomate du motif
de leur voyage et du but de leur mission. L'un d'entre eux le prit à
part et lui dit que, s'il pouvait obtenir la régence, ils étaient
décidés (il ne nomma personne) à prendre un parti contre l'empereur, de
manière à prévenir tout retour. Il ne disait pas ce que c'était que ce
parti. M. de Talleyrand lui répondit que «tout s'arrangerait, que les
souverains alliés ne demandaient que cette garantie, qu'ils
accorderaient tout ce que l'on désirait, dès qu'ils seraient convaincus
que Napoléon ne reparaîtrait pas.» M. de Talleyrand ne pouvait désirer
mieux qu'une telle confidence; elle augmentait son crédit, et démontrait
qu'on ne pouvait rien faire sans lui. Il monta chez l'empereur Alexandre
pour le prévenir de l'arrivée des maréchaux, et lui rendit compte de ce
qui s'était passé chez lui, sans oublier assurément l'ouverture qui lui
avait été faite. C'était sans doute ce qui leur souriait le plus, car
enfin la demande de garantie que répétait sans cesse l'empereur
Alexandre contre le retour de l'empereur Napoléon était claire. On ne
prononçait pas le mot propre, mais l'affectation avec laquelle on
réclamait des garanties ne permettait pas de se méprendre sur ce que
l'on voulait.
Il jugeait des Français par quelques autres peuples; sous ce rapport, il
était dans l'erreur, ces choses-là ne vont pas à nos moeurs. Je tiens
d'un des secrétaires[13] de M. de Talleyrand, qu'après que tout fut
fini, c'est-à-dire, quand la déchéance fut prononcée, M. de Nesselrode
ne revenait pas de nos scrupules: «Quel pays! disait-il, quelle nation!
Si peu de chose vous arrête! Il n'en serait pas ainsi chez nous, tout
serait fini en moins d'un quart d'heure. Tant pis pour le souverain qui
se met en opposition avec l'intérêt général. C'est la chose du monde que
l'on trouve le plus aisément qu'un souverain.»
L'empereur de Russie fit dire à la députation des maréchaux qu'il la
recevrait le lendemain à neuf ou dix heures du matin. Ils se retirèrent
et se réunirent le soir à l'hôtel du maréchal Ney; on vint les y voir et
les entretenir de l'idée qu'il n'y avait que l'empereur qui fût un
obstacle à tout; que sans lui les souverains alliés accorderaient la
régence, ou tout autre gouvernement qu'on voudrait choisir. Ces
insinuations étaient inutiles, puisque l'empereur lui-même avait
recommandé aux plénipotentiaires de ne le considérer pour rien, et de
souscrire à tous les sacrifices qui lui seraient personnellement
imposés.
Je tiens d'une personne qui était présente à cette assemblée, sur tout
ce qui fut dit et fait, des détails qui prouvent à quel point était
portée l'aveugle confiance que l'on avait dans les sentimens de
l'empereur de Russie; mais elle a coûté trop de larmes pour la reprocher
à ceux qui la partageaient. On pensait encore que M. de Talleyrand était
dans des dispositions favorables à la régence, et je crois qu'on ne se
trompait pas, quoique du reste ce diplomate fût prêt aussi pour une
autre hypothèse.
Caulaincourt m'a dit depuis que c'était une erreur, que M. de Talleyrand
s'était dès le principe prononcé ouvertement pour la maison de Bourbon.
Je suis persuadé qu'il n'en est rien; mais, la chose faite, il valait
mieux se donner le mérite de l'avoir préparée que de convenir qu'on ne
l'avait pas voulue. Il est possible aussi que M. de Talleyrand ait
laissé percer ses intelligences avec Hartwell, afin de mieux brouiller
les cartes, se ménager plus de chances, et se trouver en mesure
d'obtenir de meilleures conditions. Il est même probable que les alliés
se sont servis de cet épouvantail pour amener le duc de Vicence aux
sacrifices qu'ils voulaient lui imposer; car, comme nous l'apprend un
des auxiliaires qu'ils s'étaient donnés, ils ne se flattaient pas de
venir si tôt à bout de leurs desseins, et voulaient achever par
l'intrigue ce que les armes avaient commencé[14]. Mais dans ce cas,
convaincu comme il était que M. de Talleyrand tournait en faveur des
Bourbons, pourquoi M. de Caulaincourt ne prévenait-il pas les maréchaux?
Pourquoi les conduisait-il chez un conspirateur qu'il devait mettre tous
ses soins à éviter? Le moindre inconvénient qui pouvait résulter pour
eux de la direction qu'il leur donnait, était de les mener se confesser
au renard, comme cela arriva effectivement. Mais il est probable, quoi
qu'il en ait dit plus tard, qu'il était dupe lui-même des apparences que
se donnait M. de Talleyrand; autrement il aurait eu le projet de livrer
les maréchaux. Cela donnerait de la force à des soupçons fâcheux qui ont
été émis sur son séjour à Châtillon.
Il y avait vingt endroits différens pour les réunir, et se rendre de là
chez l'empereur Alexandre avant d'être forcé d'entrer chez M. de
Talleyrand, si on le considérait comme ennemi. La chose est pénible à
dire, mais le fond de tout cela est que, voyant la chute de l'empereur
inévitable, on ne voulait que le quitter avec honneur, et préparer sa
position avec le gouvernement qui allait lui succéder, persuadé que l'on
pourrait conserver ce que l'on avait acquis en se mettant derrière une
lâcheté.