Prise de Kiev par les Bolcheviks

Le 3 février, commence l'attaque méthodique de la ville. Deux trains

bombardent sans arrêt le Lipky, le plus élégant quartier de Kiev.

Pendant quatre jours et quatre nuits le bombardement est d'une violence

inouïe. On compte la nuit une moyenne de huit coups à la minute et

50.000 obus en quatre jours, faisant près de 15.000 victimes. La

lueur sinistre des incendies éclaire seule la ville. La maison du

Président Grouchevsky, bâtisse haute de neuf étages, flambe, ayant été

particulièrement visée.

Le 7, le bombardement redouble de vigueur, la lutte dans les rues

devient de la sauvagerie. Partout les Bolcheviks avancent. La fin

approche. Petlioura se défend avec acharnement tant qu'il peut espérer

que les deux divisions tchéco-slovaques, cantonnées dans la ville,

marcheront à son secours. Mais celles-ci, pour avoir le chemin libre

jusqu'à Vladivostok, ont fait un pacte avec les Bolcheviks. Quand tout

espoir est perdu, Petlioura bat en retraite avec les débris de ses

troupes vers Jitomir et Berditchev. Avec lui quittent Kiev les membres

de la Rada et du Secrétariat général qui s'était reconstitué sous la

présidence de Gouloubovitch et avait vécu d'une vie falote pendant le

siège de la ville.

Avant de partir, ce gouvernement, dans un acte de désespoir, donne

l'ordre à ses plénipotentiaires de Brest-Litovsk de signer la paix avec

les Puissances centrales.

Le lendemain, les vainqueurs font leur entrée.

Deux années en Ukraine (1917-1919) avec une carte de l'Ukraine. · 第 22 / 69 题