L'offensive de Galicie

Tout à coup, les premiers échos d'une vaste offensive entreprise

en Galicie arrivent, en même temps que les premiers blessés. Tout

le monde en suit avec le plus vif intérêt les diverses phases, car

on espère, cette fois, que la victoire amènera la paix des alliés.

D'ailleurs, elle se présente sous les plus brillants auspices: Halitch

est prise, les prisonniers arrivent en nombre imposant; les armées

austro-allemandes semblent démoralisées par la brusquerie de l'attaque.

L'espoir renaît dans tous les cœurs.

Hélas! ce ne devait pas être pour longtemps. L'ennemi se ressaisit,

et attaque à son tour. Halitch est reprise, la débandade se met dans

les troupes russes. C'est bientôt la panique sur tout le front:

fantassins, artilleurs, soldats de toutes armes se sauvent en un

affreux désordre, abandonnant tout le matériel à l'ennemi qui avance

avec une rapidité vertigineuse, l'arme à la bretelle, à travers toute

la Galicie.

A Kiev, il y eut un moment d'angoisse: les Allemands viendraient-ils

jusque-là? La Galicie reconquise, un immense butin de guerre, la ruine

de l'armée russe assuraient à l'ennemi un triomphe suffisant. Il se

stabilise à la frontière orientale de la Galicie et y creuse ses

tranchées.

On comprit alors le mal irréparable causé au pays par la Révolution,

des ministres incapables, la dictature de la parole exercée par

Kerensky. Une première vague maximaliste faillit tout emporter;

Kornilov, dans sa tentative de mouvement militaire, échoue et se trouve

à peu près seul.

Deux années en Ukraine (1917-1919) avec une carte de l'Ukraine. · 第 13 / 69 题