Les Chambres se séparèrent le 25 juin, après le vote des diverses lois
financières, sans que le gouvernement eût été en mesure de leur
soumettre le résultat définitif des négociations. M. Guizot en était
contrarié; il écrivait peu auparavant à M. de Barante: «La session
finit. Je ne crois pas que nos affaires de Londres soient assez
conclues avant son terme, pour que je puisse avoir encore, à ce sujet,
une explication à la tribune. Je le regrette; j'aime beaucoup mieux
m'expliquer à la tribune que dans les journaux. Mais il n'y aura
probablement pas moyen[649].» Quels événements avaient donc encore
retardé, pendant plusieurs mois, la solution que naguère l'accord des
puissances faisait croire si prochaine? C'était un nouveau coup de
lord Ponsonby. Vers le milieu de mars, au moment même où, à Londres,
les plénipotentiaires échangeaient leurs parafes, à Constantinople,
l'ambassadeur d'Angleterre, consulté officiellement par la Porte sur
la conduite à suivre envers Méhémet-Ali, répondait, sans tenir aucun
compte des volontés de la conférence, que le pacha ne s'était pas
réellement soumis et que le sultan n'avait pas dès lors à négocier
avec un sujet rebelle. Les autres ambassadeurs avaient été également
consultés; mais, intimidés par la résolution passionnée de leur
collègue, ils n'avaient fait qu'une réponse embarrassée et dilatoire.
À cette nouvelle, grande fut l'irritation de M. de Metternich. Il
écrivit à son internonce à Constantinople d'insister pour que le
hatti-shériff fût modifié dans le sens d'une hérédité réelle concédée
au pacha: il lui ordonnait de faire cette démarche, de concert avec
les autres ambassadeurs s'ils y consentaient, seul s'ils s'y
refusaient, et, dans ce dernier cas, de «déclarer que Sa Majesté
Impériale regarderait comme épuisée, pour sa part, la tâche dont elle
s'était chargée par les engagements du 15 juillet, et qu'elle se
considérerait, dès lors, comme rendue à une entière liberté de
position et d'action».
[Note 649: _Documents inédits._]
Cette difficulté imprévue confirma M. Guizot dans sa résolution
d'ajourner toute signature. De Londres, les plénipotentiaires,
effrayés et impatients d'en finir, le faisaient supplier d'accepter,
sous une forme quelconque, leur déclaration que le traité du 15
juillet était définitivement éteint et que les quatre puissances
renonçaient à exercer une action sur le pacha; les diplomates
autrichiens disaient à M. de Bourqueney, qui, pour son compte, était
un peu troublé de ces avertissements: «Prenez garde, à Paris, de
servir par vos délais la politique du cabinet de Saint-Pétersbourg,
qui ne veut pas du traité général à cinq, et celle de lord Palmerston,
qui ne se laisse arracher qu'avec une extrême répugnance la tutelle de
l'Orient à quatre, car c'est la sienne.» Malgré tout, M. Guizot tenait
bon. «Je connais trop bien ma situation parlementaire, disait-il à M.
Bulwer, le 16 avril; je ne pourrais pas faire ce qu'on me demande, si
j'y étais disposé.» Il écrivait à M. de Bourqueney, le 19:
«L'abdication de Londres ne nous tirerait pas d'embarras, car elle
laisserait toute chose dans l'incertitude et la confusion. Ni le pacha
ni le sultan ne voudraient plus finir, et nous serions, l'Europe et
nous, à la merci de je ne sais quelle lubie de je ne sais qui. Je
comprends que cette situation déplaise. C'est précisément parce
qu'elle déplaît qu'on fera ce qu'il faut pour y mettre un terme.» Et,
le 22 avril, il ajoutait dans une dépêche officielle: «Résolus comme
nous le sommes, et comme nous devons l'être, à demeurer complétement
étrangers au traité du 15 juillet, nous ne pouvons penser à sortir de
l'isolement dans lequel il nous a placés, que lorsque nous ne pourrons
plus craindre que des conspirations nouvelles, suscitées par des
difficultés auxquelles les puissances n'ont pu donner encore une
solution définitive, ne les forcent, malgré elles, à reprendre sous
une forme quelconque le système d'intervention auquel nous n'avons pas
voulu nous associer.»
Il semblait donc qu'on fût plus loin que jamais d'une solution. Mais,
pendant ce temps, les menaces de M. de Metternich avaient produit leur
effet à Constantinople; le 29 mars, le sultan retirait la direction
des affaires étrangères à Reschid-Pacha, compromis par sa docilité
envers lord Ponsonby, et la donnait à Riffat-Pacha, ancien ambassadeur
en Autriche. Le premier acte du nouveau ministre était de demander à
la conférence de Londres son avis sur les modifications à faire subir
au hatti-shériff. Bientôt même, et sans attendre l'arrivée de cet
avis, que la faiblesse des plénipotentiaires allemands, la mauvaise
humeur de lord Palmerston et l'hostilité de M. de Brünnow devaient, du
reste, rendre assez équivoque, le gouvernement ottoman prenait le
parti, le 19 avril, de changer les conditions imposées au pacha:
l'hérédité par ordre de primogéniture était substituée au choix par le
sultan; la nomination des officiers était abandonnée au pacha jusqu'au
grade de colonel inclusivement; le tribut devait consister en une
somme fixe réglée de gré à gré. Lord Ponsonby avait lutté jusqu'au
bout pour empêcher ces concessions, mais il avait été vaincu.
M. de Metternich était fier de sa campagne: se tournant aussitôt vers
nous, il nous demanda, comme prix du service qu'il venait de rendre à
notre client, de ne pas tarder plus longtemps à transformer en
signature définitive le parafe des actes préparés à Londres. «Si la
signature allait être refusée, disait-il à M. de Sainte-Aulaire, je
resterais fort compromis aux yeux de tous, par la responsabilité
morale que j'ai assumée. J'ose dire que l'on me doit de ne pas me
jouer ce mauvais tour... Il ne faut pas demander ou attendre ce que
Méhémet-Ali pensera des nouvelles concessions de la Porte... Il
témoignera d'autant moins d'empressement à accepter qu'on lui laissera
l'idée qu'il peut encore tout arrêter par sa résistance...
Dépêchons-nous de tirer une ligne entre le passé et l'avenir. Mon
Dieu! il est bien impossible que des difficultés ne surgissent pas
quelque jour: on ne bâtit pas pour l'éternité; mais il ne faut pas les
laisser se compliquer du passif de l'ancienne affaire; quand elles se
présenteront, on se concertera; chacun sera libre dans ses mouvements;
ce sera une affaire nouvelle et non plus la continuation de celle que
nous venons de régler... J'ai bonne confiance que M. Guizot partagera
mon sentiment et qu'il ne se refusera pas à déclarer fini ce qui est
fini.»
Le 16 mai, aussitôt après avoir connu les modifications du
hatti-shériff et reçu les communications de M. de Metternich, M.
Guizot écrivit à M. de Bourqueney: «Nous n'avons plus aucune raison
de nous refuser à la signature définitive. Les modifications apportées
sont les principales qu'ait réclamées Méhémet-Ali; ce qui reste encore
à débattre est évidemment d'ordre purement intérieur et doit se régler
entre le sultan et le pacha seuls.» Notre gouvernement croyait,
d'ailleurs avec raison, que c'était dans ce tête-à-tête, et non dans
la prolongation de l'intervention européenne, que le pacha devait
chercher et avait chance de trouver une revanche. Dès le 27 avril,
avant même d'avoir su les modifications du hatti-shériff, M. Desages,
le confident et le collaborateur de M. Guizot, écrivait au comte de
Jarnac, alors gérant _ad interim_ le consulat général d'Alexandrie:
«Le premier des intérêts du pacha est que la conférence soit
_irrévocablement_ dissoute; et, dût-elle lui refuser une partie de ce
qu'il demande, il devrait encore se hâter de répondre _amen_, pour
être débarrassé des ingérences collectives de l'Europe dans ses
rapports avec Constantinople. C'est sur ce dernier théâtre qu'il doit
désormais travailler et refaire sa position, à l'aide de ces moyens
qu'il lui coûte tant aujourd'hui d'avoir négligés ou méconnus depuis
huit ou dix ans. Acheter et caresser le sultan, ses entours et, par
là, faire les ministres, c'est ce à quoi, en son lieu et place, je
m'appliquerais sans relâche. Cela n'est pas si cher qu'on pourrait le
croire[650].» M. Desages avait ajouté, pour mettre en garde le pacha
contre certaines illusions: «Si les modifications au hatti-shériff
nous paraissent convenables, nous tiendrons l'affaire pour terminée et
nous passerons outre à la signature définitive de la convention
relative aux détroits, sans attendre le bon plaisir de Méhémet-Ali.
Nous ne recommencerons pas 1839 et 1840, c'est-à-dire que nous ne
ferons pas dépendre nos déterminations des arrière-pensées, des
finesses, des volontés ou des voeux du vice-roi. Je vous expose cela
un peu crûment, parce que nous avons cru remarquer, à la lecture de
vos derniers rapports, que Méhémet-Ali spéculait toujours, au fond,
sur notre résistance à accepter comme clôture complète et définitive
ce qu'il n'aurait pas accepté préalablement comme tel[651].»
[Note 650: Correspondance de M. Desages et du comte de Jarnac.
(_Documents inédits._) Le 17 juin 1841, le même M. Desages conseillait
encore à Méhémet-Ali de «s'arranger de manière à ne plus entretenir ou
réattirer sur lui l'attention. Son intérêt est de _faire le mort_ au
moins pour une ou deux années».]
[Note 651: Correspondance de M. Desages et du comte de Jarnac.
(_Documents inédits._)]
Du moment où la France était disposée à signer, il semblait qu'il n'y
eût plus qu'à procéder à cette formalité, et, dans cette pensée, la
conférence de Londres chargea lord Palmerston d'inviter notre
représentant à se procurer les pouvoirs nécessaires. Convoqué, le 24
mai, au _Foreign-Office_, M. de Bourqueney s'y rendit, convaincu qu'il
avait seulement à prendre jour pour la signature. Quel ne fut pas son
étonnement en entendant alors le ministre anglais, distinguer entre
son opinion personnelle et celle de la conférence, déclarer que,
«suivant son opinion personnelle, le traité du 15 juillet n'était pas
éteint dans toutes ses conséquences possibles», et annoncer qu'en cas
de résistance du pacha aux conditions nouvelles de la Porte, les
quatre puissances signataires seraient dans la nécessité de faire
quelque chose pour en déterminer l'acceptation!--Mais alors, la
condition mise par la France à sa signature n'est pas réalisée, dit M.
de Bourqueney.--Lord Palmerston se hâta d'en convenir, en homme qui
paraissait n'avoir parlé que pour provoquer cette conclusion.
La soirée ne s'était pas écoulée que le résultat de cet entretien
était connu dans le monde diplomatique et y causait une vive émotion.
Les plénipotentiaires allemands fulminaient contre lord Palmerston, ne
reconnaissant dans son langage ni l'expression de leur pensée, ni
l'accomplissement du mandat que la conférence lui avait donné, et
s'indignant de «la légèreté avec laquelle il disposait de leurs
cabinets». Leurs collègues à Paris ne témoignaient pas moins d'humeur,
et cherchaient quels pouvaient être le mobile et le dessein du
ministre anglais: le comte Apponyi voyait là un accès de jalousie
contre le prince de Metternich; le baron d'Arnim soupçonnait quelque
secret désir de tenir encore l'Orient en trouble et l'Europe en
alarme. Mêmes impressions à Vienne et à Berlin. Dans cette dernière
ville, M. de Werther, ministre des affaires étrangères, disait à notre
chargé d'affaires: «Que voulez-vous que nous fassions vis-à-vis d'un
homme intraitable qui n'écoute aucun raisonnement, qui ne cède qu'à
son humeur plus ou moins mauvaise et ne prend conseil que de ses
préventions? Dans ma conviction, la soumission même du pacha ne
ramènera pas lord Palmerston. Je ne sais quel prétexte d'ajournement
il trouvera ou il inventera, mais vous verrez qu'il saura créer de
nouveaux obstacles.»
M. Guizot, non moins surpris que les cabinets allemands, ne montra pas
le même trouble: il reprit aussitôt, avec un sang-froid résolu, son
attitude expectante, et refusa de signer tant que les doutes élevés
par lord Palmerston ne seraient pas dissipés et que la conférence ne
serait pas unanime à déclarer l'affaire turco-égyptienne
définitivement terminée. À un certain point de vue, d'ailleurs, ces
lenteurs ne lui déplaisaient pas. «Pour nos relations avec les
Chambres, le public, la presse, écrivait-il à M. de Sainte-Aulaire le
7 juin, elles ont plus d'avantage que d'inconvénient. Plus il est
évident que nous n'avons ressenti ni témoigné aucun empressement,
meilleure sera notre position le jour où nous discuterons tout ce que
nous aurons dit et fait.» Sans récriminer contre personne, notre
ministre avait bien soin de faire en sorte que toute la responsabilité
de l'incident retombât sur lord Palmerston. «Je constate avec vous,
disait-il au chargé d'affaires d'Angleterre, que ce n'est pas le
gouvernement français qui retarde la signature de la convention; c'est
le cabinet britannique.» Le chef du _Foreign-Office_ ne laissait pas
que d'être fort embarrassé de voir mettre ainsi en lumière la
responsabilité qu'il avait dans ce nouveau retard. Son humeur en
devenait de jour en jour plus chagrine, sa conversation plus aigre,
ses communications plus agressives contre la France.
Il semblait que ce fût aux plénipotentiaires allemands de contraindre
lord Palmerston à en finir. L'oeuvre était au-dessus de leur courage.
Parlant très-mal du personnage quand celui-ci n'était pas là, ils
n'osaient lui tenir tête en face. Ils projetaient des notes, les
rédigeaient, puis, au moment de les signifier, y renonçaient par
crainte de provoquer un éclat de la part de leur irritable allié. Ils
se rejetaient alors sur une démarche verbale; mais, quand ils
sortaient de l'entretien, ils se trouvaient n'avoir à peu près rien
dit. En fin de compte, ils attendaient des événements la solution
qu'ils ne se sentaient pas l'énergie d'imposer.
Jusqu'où la patience des deux cabinets allemands aurait-elle laissé
cours aux caprices de lord Palmerston? Heureusement, pendant ce temps,
Méhémet-Ali, trompant l'espérance malveillante de lord Ponsonby[652]
et se rendant aux conseils pressants du gouvernement français[653],
apportait à cette Europe qu'il avait si longtemps troublée, la
pacification que celle-ci semblait incapable d'opérer elle-même: il se
décidait à accepter le hatti-shériff modifié, sauf à discuter
ultérieurement le chiffre du tribut, qui n'était pas d'ailleurs fixé
dans le document lui-même. Le 10 juin au matin, entouré de ses
principaux officiers, il reçut les envoyés ottomans, prit de leurs
mains le décret impérial, le porta à ses lèvres et à son front.
Lecture en fut faite à haute voix, et des salves de canon annoncèrent
à la population la fin du conflit oriental.
[Note 652: Le 16 juin, lord Ponsonby écrivait à lord Palmerston: «Je
pense, comme je l'ai toujours pensé, que le pacha n'exécutera point
les mesures ordonnées par le sultan.»]
[Note 653: M. Guizot avait fait instamment recommander au pacha de ne
pas servir par sa résistance «les vues des gouvernements qui, moins
bien disposés pour lui ou pour la France, travaillent en secret à
retarder le moment où la rentrée du gouvernement du Roi dans les
conseils de l'Europe proclamera hautement que le traité du 15 juillet
n'existe plus». «Il importe à Méhémet-Ali plus qu'à personne, ajoutait
notre ministre, que la situation exceptionnelle créée par ce traité ne
se prolonge pas, et que chacun des États qui l'ont signé reprenne sa
position particulière et sa liberté d'action.»]
La nouvelle de cet événement, arrivée en France le 28 juin, ne
laissait plus place aux chicanes de lord Palmerston. Celui-ci, du
reste, devait alors avoir l'esprit ailleurs. Le ministère whig avait
été mis en minorité, la Chambre des communes dissoute, et tous les
indices faisaient prévoir la victoire électorale des tories[654].
Mais rien ne pouvait distraire lord Palmerston de son animosité
hargneuse contre la France: à ce moment même, il trouvait moyen, en
discourant devant ses électeurs de Tiverton, de faire une sortie
contre l'inhumanité de notre armée d'Afrique[655]. Tout moribond que
fût son pouvoir ministériel, il voulut l'employer à retarder le plus
possible la solution de la crise européenne, et se refusa à rien
signer tant qu'il n'aurait pas reçu par ses propres agents la
confirmation des nouvelles d'Alexandrie. Attendait-il quelque frasque
de lord Ponsonby? Ou bien espérait-il que le baron de Bülow, rappelé
par son gouvernement pour aller présider la diète de Francfort, ne
pourrait pas attendre le jour de la signature, et qu'ainsi de nouveaux
pouvoirs étant nécessaires pour son successeur, un délai s'ensuivrait?
Mais M. de Bülow prit le parti de rester jusqu'à l'arrivée des
dépêches anglaises, et lord Ponsonby, cette fois impuissant, fut
réduit à expédier à Londres, avec un laconisme qui trahissait sa
méchante humeur, l'annonce de cette pacification dont il avait voulu
douter jusqu'à la dernière heure. Lord Palmerston ne pouvait plus, dès
lors, prolonger sa résistance. Le 13 juillet, les deux actes préparés
et parafés quatre mois auparavant,--le protocole de clôture de la
question égyptienne et la convention des détroits,--furent
définitivement signés, le premier par les représentants de
l'Angleterre, de l'Autriche, de la Prusse, de la Russie et de la
Turquie, le second, par ces cinq plénipotentiaires et par celui de la
France.
[Note 654: Dès le 18 mai, le ministère whig était une première fois
mis en minorité de trente-six voix sur la question des sucres
étrangers. Le 5 juin, une motion formelle de défiance, présentée par
Robert Peel, fut votée à une voix de majorité. Le parlement, prorogé
le 23 juin, fut dissous le 29.]
[Note 655: Lord Palmerston opposait à cette inhumanité, qui arrachait
à ses auditeurs indignés des cris de: «_Honte! Honte!_» le tableau
touchant de la douceur montrée par les Anglais dans leur empire
d'Asie. La conséquence, disait-il, c'est qu'un Anglais voyageant seul
est aussi en sûreté dans le centre de l'Afghanistan que dans un comté
anglais, tandis qu'en Algérie «un Français ne peut montrer son visage
au delà d'un certain point sans tomber victime de la féroce et
excusable vengeance des Arabes». Presque au moment où lord Palmerston
parlait ainsi, l'Afghanistan se soulevait en masse, les Anglais
étaient obliges d'évacuer Caboul, laissant des milliers de morts et de
prisonniers, et peu après, les journaux étaient remplis du récit des
cruautés attribuées aux généraux anglais dans cette campagne de
l'Afghanistan.]