Que serait en effet ce mouvement maritime de Suez, n’étaient les

opérations des grands paquebots à vapeur de la Compagnie péninsulaire et

orientale, qui de Madras, de Bombay, de Calcutta surtout, viennent

desservir à Suez les mouvements de la malle et du transit, correspondant

d’une part avec Ceylan, Penang, Singapore, Hong-Kong et Manille, de

l’autre avec Marseille, Trieste et Southampton ? C’est par les vapeurs

de la Compagnie que sont venus ou partis en 1856 les 40 millions de

marchandises auxquels s’ajoutaient 14 millions de commerce local ; ce

sont ces mêmes vapeurs, au nombre de quarante-six, qui emportaient les

463 millions d’espèces européennes absorbées par le monde indien ; c’est

par eux enfin qu’arrivaient ou partaient 5,013 passagers d’Europe. Le

reste, c’est-à-dire 17,222 passagers musulmans, la plupart pèlerins de

la Mecque, plus 11 à 12 millions du commerce propre à Suez, formaient le

contingent des nombreuses barques arabes qui, tant bien que mal

jusqu’ici, pratiquent l’intercourse de caravane entre Suez, Djeddah,

Kosseïr, Akhaba, Thor, Lohéia et les autres échelles de la mer Rouge.

Ajoutons, pour compléter cette esquisse des opérations du port de Suez,

que, pour desservir en 1856 le grand transit dont il est le foyer entre

le désert et le golfe Arabique, il n’a fallu rien moins qu’une armée de

27,674 chameaux.

Chameaux et barques arabes, tout cet attirail décrépit de la tradition

musulmane, menace ou plutôt promet de disparaître avant qu’il soit

longtemps devant trois puissants agents du progrès : l’établissement de

la navigation à vapeur sur la mer Rouge, qui, vivement encouragée par le

pacha, commencera, dit-on, dans peu de mois son service ; l’achèvement

du chemin de fer du Caire, et, s’il plaît à Dieu (avant l’Angleterre),

l’ouverture du canal de Péluse. On conçoit que pour les barques chétives

non pontées et misérablement armées des marchands d’Arabie, la mer Rouge

n’ait guère été jusqu’ici qu’une mer hérissée de difficultés et de

dangers : de bons bateaux à vapeur, commandés par d’habiles capitaines,

franchiront aisément en quelques jours l’espace qu’on a toujours mis

plusieurs semaines et souvent plusieurs mois à parcourir. Si le

gouvernement égyptien, qui se montre du reste animé des intentions les

plus éclairées, veille soigneusement à ce que les tarifs de la

navigation comme du chemin de fer soient modérés, il assurera à

l’Égypte, indépendamment du commerce de l’Yémen, de l’Hedjaz, de

l’Arabie, de l’Adramaüt, tout le trafic, aujourd’hui en rapide progrès,

de la côte des Saumalis, de Zanzibar, de Mozambique, de Sofala, de

l’Abyssinie, du Soudan, du Darfour, en un mot de toute l’Afrique

orientale, dont les relations s’effectuent en majeure partie par le

Cap ; et Suez, aujourd’hui pauvre et triste bourgade située au fond

d’une sorte d’impasse, deviendra certainement l’un des centres les plus

importants du monde commercial.

* * * * *

No 6.

(Livre II. — Chapitre II.)

REMORQUAGE SUR LE NIL.

* * * * *

COMPAGNIE ÉGYPTIENNE

PRIVILÉGIÉE POUR LE REMORQUAGE A VAPEUR SUR LE NIL

ET LES CANAUX DE L’ÉGYPTE.

CAPITAL SOCIAL 1,000,000 DE PIÈCES DE 5 FRANCS

DIVISÉ EN 10,000 ACTIONS DE 100 PIÈCES DE 5 FRANCS CHACUNE.

=Président honoraire.= Son Excellence ZOULFIKAR PACHA, intendant général

des finances de S. A. le Vice-Roi d’Égypte.

=Administrateurs.= MM. CASSAVETTI ALEXANDER G. — LEVI ANGE ADOLPHE. —

PASTRÉ JULES. — TOD ALEXANDER. — VALENSIN MOÏSE.

=Banquiers.= MM. VALENSIN ET Cie.

[Décoration]

=FIRMAN DE CONCESSION=

ET CAHIER DES CHARGES.

Article 1er. Un privilége de quinze ans est accordé à Messieurs

Ruyssenaers, A. Popolani, Zoulfikar Pacha, Kœnig Bey, Mougel Bey, Jh.

Aïdé et J. Léonidas Lyghounes, pour remorquer, par le moyen de la

vapeur, les marchandises d’importation et d’exportation, tels que grains

et autres produits, dans toute l’étendue de l’Égypte, tant sur le Nil

que sur les canaux.

Les quinze ans courront à partir du moment où le service commencera à

fonctionner. Il est bien entendu que ce privilége n’étant applicable

qu’au transport par remorqueurs, tous les autres moyens de transport,

tels qu’ils existent actuellement, resteront entièrement libres.

Art. 2. Si, dans le délai de trois ans révolus, le remorquage à vapeur

n’est point encore en activité, le privilége accordé aux

concessionnaires deviendra nul de plein droit, sans qu’il soit besoin

d’avertissement préalable.

Art. 3. Les concessionnaires, pour l’exploitation de leur privilège,

sont autorisés à former une Compagnie anonyme portant le nom de

Compagnie Égyptienne pour le remorquage à vapeur. Cette Compagnie

soumettra à Son Altesse le vice-roi ses statuts ainsi que ses tarifs,

lesquels, après avoir été dûment approuvés et cachetés par Son Altesse,

seront enregistrés au Ministère du Commerce. Sans cette formalité

indispensable, ils seront considérés comme de nulle valeur.

Art. 4. La Compagnie établira à ses frais :

1o Des pompes à feu à Atfé, d’une force suffisante pour maintenir

constamment le Mahmoudié en bon état de navigation, et pour arroser

vingt mille feddans de culture d’été.

2o Une écluse à Atfé à laquelle sera donnée l’ouverture convenable, et,

si la Compagnie le juge nécessaire, une autre écluse à Alexandrie, à

l’embouchure du Mahmoudié dans le port, ainsi que les quais nécessaires

aux besoins du service.

3o Elle pourra, à sa convenance, acheter du Gouvernement les pompes et

autres machines qui pourraient être utiles à son entreprise et au prix

d’estimation, si elles ont déjà servi.

Art. 5. La Compagnie aura, pendant tout le temps de la concession, la

jouissance complète des écluses, tant anciennes que nouvelles qui, après

l’expiration de la concession, deviendront la propriété du Gouvernement.

Pour compenser la perte qui résultera pour le Gouvernement de l’abandon

des droits à percevoir sur les anciennes écluses d’Atfé, il sera fait un

relevé de ces droits pendant les cinq dernières années, et la moyenne de

ce produit sera payée, chaque année, par la Compagnie au Gouvernement,

qui ne pourra l’augmenter.

Art. 6. Les concessionnaires sont obligés de laisser prendre l’eau

gratuitement par les propriétaires riverains pour les cultures d’été

telles qu’elles existent aujourd’hui, quels que soient d’ailleurs les

avantages qui résulteront pour ces derniers de cette disposition, tant

sous le rapport de l’économie, que sous celui de l’abondance et de la

qualité de l’eau. Toutefois, aucune extension de culture, de la part des

propriétaires, ne pouvant avoir lieu qu’au moyen d’un arrangement pris

avec les concessionnaires, il sera procédé, dans le plus bref délai, par

les soins du Gouvernement, au levé d’un plan cadastral indiquant les

diverses propriétés arrosées par le Mahmoudié, et le nombre de feddans

cultivés pendant l’été qui vient de s’écouler ; et ce plan cadastral

servira de base pour fixer les droits des propriétaires ainsi que ceux

de la Compagnie.

Art. 7. La Compagnie s’étant chargée du curage du canal Mahmoudié, ainsi

que du soin de l’entretenir, de manière à ce qu’il soit constamment

navigable, le Gouvernement devra lui fournir le nombre d’hommes

nécessaires pour l’exécution de ces travaux et les salaires de ces

hommes devant être à la charge de ladite Compagnie, elle recevra chaque

année du Gouvernement, à titre de frais de curage, une somme déterminée

représentant le cinquième du montant total des frais de curage des 5

années précédentes. Toutefois, comme le canal se trouve aujourd’hui

comblé et que, par conséquent, le curage de la première année ne saurait

servir de base pour calculer les frais des années subséquentes, la

Compagnie s’engage à curer le canal de manière à le rendre navigable,

dans toute son étendue, à un bateau de la portée de 700 ardebs, à la

condition expresse que les frais de curage de ladite année lui soient

remboursés intégralement par le Gouvernement.

Art. 8. Pour faciliter les travaux de la Compagnie, le Gouvernement

fournira, tant au Caire qu’à Atfé et à Alexandrie, ainsi qu’à toutes les

stations intermédiaires, une place convenable pour amarrer les

remorqueurs et les barques, et pour l’établissement des pompes à feu et

des écluses. Il fournira, aux prix de revient, les matériaux qui seront

demandés par la Compagnie pour les diverses constructions à établir.

Enfin, il mettra à la disposition de la Compagnie les ouvriers,

conducteurs, officiers et fellahs que celle-ci aura à demander pour les

besoins du service. Tous les employés du gouvernement, qui passeront

ainsi au service de la Compagnie, seront payés par elle avec une

augmentation de 25 pour 100 sur les appointements ou les salaires

journaliers qui leur étaient alloués par ledit gouvernement. La

Compagnie aura la faculté de renvoyer ceux des employés qui

négligeraient leur service.

Art. 9. Dans le cas où le gouvernement viendrait à établir, pour la

ville d’Alexandrie, des conduites d’eau autres que celles qui existent

aujourd’hui, la Compagnie sera obligée de fournir cette eau au prix de

revient, c’est-à-dire sans en tirer aucun bénéfice.

Art. 10. La Compagnie s’engage à faire les transports du gouvernement

avec ses propres barques, moyennant un rabais de 25 pour 100 sur les

prix fixés par le tarif approuvé par Son Altesse le vice-roi et

enregistré au ministère du commerce. Elle sera également obligée de

remorquer toutes les barques qui en feront la demande et appartenant,

tant aux négociants européens qu’aux indigènes et aux fonctionnaires du

Gouvernement, avec un rabais de 10 pour 100 sur le tarif en vigueur pour

les barques de la Compagnie, pourvu qu’elles se trouvent dans une des

stations de ladite Compagnie ; partout ailleurs, elles payeront les prix

fixés par le tarif.

Art. 11. Le gouvernement se réserve la faculté de prendre, pour son

compte, la susdite entreprise, en indemnisant la Compagnie, suivant ce

qui sera fixé par des experts nommés à l’amiable et contradictoirement

par les deux parties.

Art. 12. La Compagnie étant exclusivement égyptienne, aucun de ses

membres, aucun de ses actionnaires ne pourra recourir à la voie des

consulats pour les difficultés qui viendraient à s’élever avec le

gouvernement. Toutes ces difficultés seront résolues, à bref délai, par

un arbitrage à l’amiable qui sera sans appel. Dans le cas où il

s’élèverait des difficultés entre la Compagnie et les propriétaires

riverains, soit pour la fourniture de l’eau, soit pour le payement des

abonnements, et où ces difficultés ne pourraient être résolues à

l’amiable sans préjudice pour l’une des parties, le gouvernement se

substituera à la Compagnie pour les aplanir.

Art. 13. Après l’expiration de la concession, tous les travaux d’art,

comme écluses, quais, magasins, établis sur le terrain fourni par le

gouvernement, deviendront la propriété de l’État. Quant aux pompes à

feu, remorqueurs, barques et autres objets mobiliers de la Compagnie,

ils seront repris par le gouvernement au prix qui sera fixé par une

expertise contradictoire et amiable, d’après leur valeur actuelle.

Art. 14. La Compagnie de remorquage ayant la dénomination de Compagnie

Égyptienne, tous les bateaux à vapeur et toutes les barques à elle

appartenant battront pavillon ottoman.

Art. 15. S’il arrivait que le gouvernement ne voulût pas accepter le

matériel mentionné dans l’article 13, il resterait pour compte de la

société, moyennant la prolongation de la concession pour cinq autres

années seulement. Ce nouveau terme une fois expiré, il ne pourra plus

être prolongé et la Compagnie disposera, comme elle l’entendra, dudit

matériel.

Art. 16. Pour favoriser l’établissement du remorquage à la vapeur, les

bateaux à vapeur, barques, pompes à feu et autres objets du matériel

destiné au service de cette entreprise, jouiront de l’exemption des

droits de douane.

Moyennant ces clauses et conditions, la Compagnie recevra l’appui et

sera placée sous la protection spéciale du gouvernement égyptien, afin

d’encourager la création d’entreprises privées qui contribuent au bien-

être et à la prospérité du pays.

Alexandrie, le 14 septembre 1854.

* * * * *

_A Son Excellence Zoulfikar Pacha et Messieurs Ruyssenaers, Popolani,

Kœnig Bey, Mougel Bey, Aïdé et Léonidas Lyghounes, sociétaires

concessionnaires de la Compagnie Égyptienne de remorquage à vapeur_.

J’ai pris connaissance du prospectus en seize articles que vous m’avez

présenté, relatif à la Compagnie que vous vous proposez de former avec

privilége de quinze années, ayant pour objet de remorquer, par le moyen

de bateaux à vapeur, tant ses propres barques que les barques du

commerce chargées, soit des produits de l’Égypte, tels que grains et

autres articles, soit de toute autre marchandise d’importation et

d’exportation, sur la demande et avec le consentement des propriétaires

desdites barques, et ayant trouvé satisfaisantes les clauses et

conditions qui s’y trouvent spécifiées, et approuvé la formation d’une

Compagnie ainsi organisée, je vous fais savoir que j’ai transmis au

ministère des finances la copie du prospectus ci-dessus mentionné, avec

ordre de la faire publier partout où il sera nécessaire, et j’ai apposé

ci-après mon cachet, indiquant que vous êtes autorisé à former et

constituer la susdite Compagnie sur les bases précitées.

Le 9 moharrem 1271.

CACHET DU VICE-ROI.

TARIF DU FRET D’ALEXANDRIE AU CAIRE AU MAXIMUM

[Pia.: Piastres.

Par.: Paras.]

--------------------------------------+--------+--------------------

| | FRET

| |

| POIDS |DE HAUTES|DE BASSES

ARTICLES. | ET | EAUX | EAUX

|MESURES.| | | |

| |Pia.|Par.|Pia.|Par.

--------------------------------------+--------+----+----+----+-----

1 Argent vif | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

2 Ambre |le pied | 2 | | 3 |

| cube | | | |

| | | | |

3 Acier | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

4 Armes | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

5 Aspic | la | 30 | | 45 |

|barrique| | | |

| | | | |

6 Blé | — | — | | — |

| | | | |

7 Bonnets |le pied | 2 | | 3 |

| cube | | | |

| | | | |

8 Bois à brûler | le | 1 | 20 | 2 | 10

|quintal | | | |

| | | | |

9 Céruse | la | 2 | | 3 |

| caisse | | | |

| | | | |

10 Cordages | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

11 Charbon de terre | » | 2 | | 3 |

| | | | |

12 Conteries | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

13 Clous assortis | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

14 Café du Ponent | » | 4 | | 6 |

| | | | |

15 Chandelles | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

16 Cristaux et verreries | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

17 Cochenille et vermillon |le pied | 2 | | 3 |

| cube | | | |

| | | | |

18 Corail | » | 2 | | 3 |

| | | | |

19 Clous de Girofle | le | 4 | | 6 |

|quintal | | | |

| | | | |

20 Cuivre | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

21 Drogues assorties | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

22 Draps |le pied | 2 | | 3 |

| cube | | | |

| | | | |

23 Essence de térébenthine | la | 40 | | 60 |

|barrique| | | |

| | | | |

24 Etain | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

25 Farine |le baril| 10 | | 15 |

| | | | |

26 Fer-blanc | la | 3 | | 4 | 20

| caisse | | | |

| | | | |

27 Fer | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

28 Fil de fer et laiton | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

29 Fil d’or | sur la |¼ % | | — |

| valeur | | | |

| | | | |

30 Goudron et poix | le | 6 | | 9 |

| baril | | | |

| et la | | | |

| caisse | | | |

| | | | |

31 Huile d’olive | le | 4 | | 6 |

|quintal | | | |

| | | | |

32 Indigo |le pied | 2 | | 3 |

| cube | | | |

| | | | |

33 Laines | le | 4 | | 6 |

|quintal | | | |

| | | | |

34 Maïs | — | — | | — |

| | | | |

35 Minéraux divers | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

36 Mastic | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

37 Marchandises diverses | — | — | | — |

| | | | |

38 Manuf. de coton et laine |le pied | 2 | | 3 |

| cube | | | |

| | | | |

39 Orge | — | — | | — |

| | | | |

40 Papier | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

41 Poivre | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

42 Plomb et grenaille | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

43 Pommes de terre | » | 3 | | 3 | 20

| | | | |

44 Quincaillerie |le pied | 1 | 20 | 2 | 10

| cube | | | |

| | | | |

45 Savon | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

46 Salsepareille | » | 4 | | 6 |

| | | | |

47 Sucre | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

48 Soufre | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

49 Safran |le pied | 2 | | 3 |

| cube | | | |

| | | | |

50 Soie brute | | 2 | | 3 |

| | | | |

51 Soieries | » | 2 | | 3 |

| | | | |

52 Salaisons et légumes | le | 3 | | 4 | 20

|quintal | | | |

| | | | |

53 Souliers et peaux | » | 4 | | 6 |

| | | | |

54 Tabacs et cigares | » | 4 | | 6 |

| | | | |

55 Tapis en laines | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

56 Teintures assorties | » | 3 | | 4 | 20

| | | | |

57 Vins et liqueurs |le pied | 1 | | 2 |

| cube | | | |

| | | | |

1 Bois de construct. | | | | |

| | | | |

2 Fruits secs } | | | | |

} | | | | |

3 Marbres de dalles } | | | | |

} à régler | | | | |

4 Meubles } de gré | — | — | | — |

} à gré. | | | | |

5 Machines en fer } | | | | |

} | | | | |

6 Ferrailles assorties } | | | | |

_Le fret est payable en monnaie au Tarif du gouvernement égyptien._

TARIF DU FRET DU CAIRE A ALEXANDRIE AU MAXIMUM

[Pia.: Piastres.

Par.: Paras.]

-----------------------------------+-----------+--------------------

| | FRET

| |

| POIDS |DE HAUTES|DE BASSES

ARTICLES. | ET | EAUX | EAUX

| MESURES. | | | |

| |Pia.|Par.|Pia.|Par.

-----------------------------------+-----------+----+----+----+-----

{ Blé | l’ardeb | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Fèves | » | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Lentilles | » | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Lupins | » | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Maïs | » | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Orge | » | 8 | | 12 |

1. { | | | | |

{ Pois-chiches | » | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Sésame | » | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Semence de lin | » | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Semence de coton | » | 8 | | 12 |

{ | | | | |

{ Semences diverses | » | 8 | | 12 |

| | | | |

{ Cire pure |le quintal | 4 | | 6 |

{ | | | | |

{ Coton Mako (balles rondes) | » | 4 | | 6 |

{ | | | | |

{ » » (balles carrées) | » | 3 | 20 | 5 |

{ | | | | |

{ { | 200 | 8 | | 12 |

{ { | rot. et | | | |

{ { |au-dessous.| | | |

{ Café { | | | | |

{ { | au-dessus | 12 | | 18 |

{ { | de 200 | | | |

{ { | rotol. | | | |

{ | | | | |

{ Dents d’éléphant | le pied | 2 | | 3 |

{ | cube | | | |

{ | anglais | | | |

{ | | | | |

{ Dattes | le baril | 12 | | 18 |

{ | de 300 | | | |

{ | rotolis | | | |

{ | | | | |

{ Encens (en fardes) | comme le | — | | — |

{ | café | | | |

{ | | | | |

{ » (en barils) | le baril | 12 | | 18 |

{ | de 300 | | | |

{ | rotolis | | | |

{ | | | | |

{ Ecaille de tortue | le pied | 2 | | 3 |

{ | cube | | | |

{ | anglais | | | |

{ | | | | |

{ Gommes diverses (fardes) | comme le | — | | — |

{ | café | | | |

{ | | | | |

{ » » (en barils) | le baril | 12 | | 18 |

{ | de 300 | | | |

{ | rololis | | | |

{ | | | | |

{ Henna | le sac | 6 | | 9 |

{ | | | | |

{ Lin (en balles rondes) |le quintal | 3 | 20 | 5 | 20

{ | | | | |

{ » (en balles carrées) | » | 3 | | 4 |

{ | | | | |

{ { balles rondes | » | 4 | | 6 |

2. { Laine { | | | | |

{ { balles carrées | » | 3 | 20 | 5 |

{ | | | | |

{ Marchandises diverses | — | — | | — |

{ | | | | |

{ Nacre (en barils) |le quintal | 3 | | 4 | 20

{ | | | | |

{ Natron brut | » | 3 | | 4 | 20

{ | | | | |

{ Opium | le pied | 2 | | 3 |

{ | cube | | | |

{ | anglais | | | |

{ | | | | |

{ Plumes d’autruche | » | 2 | | 3 |

{ | | | | |

{ Boutargue |le quintal | 3 | | 4 | 20

{ | | | | |

{ Séné | » | 6 | | 9 |

{ | | | | |

{ Salpêtre | » | 4 | | 6 |

{ | | | | |

{ Safranum | » | 6 | | 9 |

{ | | | | |

{ Sucre brut (en fardes) | » | 4 | | 6 |

{ | | | | |

{ » » (en barils) | le baril | 12 | | 18 |

{ | de 300 | | | |

{ | rotolis | | | |

{ | | | | |

{ Soie brute | le pied | 2 | | 3 |

{ | cube | | | |

{ | | | | |

{ Soieries | | » | 2 | | 3

{ | | | | |

{ Tamarin |le quintal | 4 | | 6 |

{ | | | | |

{ Toiles de lin | le pied | 1 | | 1 | 29

{ | cube | | | |

{ | | | | |

{ Tombac |le quintal | 4 | | 6 |

| | | | |

{ Cornes de buffle | de gré à | — | | — |

{ | gré | | | |

{ | | | | |

{ Peaux salées | » | — | | — |

3. { | | | | |

{ Riz de Rosette | l’ardeb | 6 | | 9 |

{ | | | | |

{ Chevaux et voitures | de gré à | — | | — |

{ | gré | | | |

_Le fret est payable en monnaie au Tarif du gouvernement égyptien._

=RÈGLEMENTS DES TARIFS=

[Décoration]

Article premier. Les prix indiqués dans les tarifs pour le fret des

marchandises d’exportation et d’importation, sont au maximum de ceux que

la Compagnie pourra exiger du chargeur.

Art. 2. Il est facultatif à la Compagnie de baisser ou de hausser le

taux du fret, selon que l’exigera le bien du service, mais elle ne

pourra, dans aucun cas, dépasser le maximum établi par les tarifs ci-

après.

Art. 3. La Compagnie assure le chargeur contre le risque de perte

totale. L’assurance se trouve comprise dans le fret.

Art. 4. La Compagnie s’oblige à remorquer les matériaux de construction

et de guerre, aux clauses et conditions du firman, mais elle ne fournit

pas les barques nécessaires pour le transport desdits matériaux.

Art. 5. Tous autres remorquages que ceux qui se trouvent spécifiés dans

le prospectus pourront être entrepris par la Compagnie ; mais dans ce

cas, elle traitera de gré à gré avec les chargeurs.

Art. 6. La Compagnie pourra, tous les trois ans, réviser et modifier ses

tarifs ; mais cette mesure ne pourra être prise que sur une décision de

l’Assemblée générale. Dans ce cas, les tarifs revus et modifiés devront

être soumis à l’approbation de Son Altesse le vice-roi.

Art. 7. Le droit d’écluse à Atfé est maintenu aux taux actuels pendant

les hautes eaux ; mais à partir du jour où les machines à vapeur devront

alimenter le canal, il sera porté à P. 1 1/2 l’ardeb, jusqu’au jour où

lesdites machines cesseront de fonctionner.

* * * * *

STATUTS DE LA SOCIÉTÉ

[Décoration]

TITRE PREMIER

=Objets et dénomination de la Société. — Domicile. — Durée.=

Art. 1er. Il est formé entre les concessionnaires du privilége de

remorquage à vapeur accordé par un firman de Son Altesse le vice-roi

d’Égypte en date du 9 moharrem 1271 (correspondant au 9 octobre 1854),

les souscripteurs d’actions ci-dessous dénommés, ceux qui en deviendront

propriétaires par la suite et ceux qui souscriront de nouvelles actions,

une Société anonyme ayant pour objet :

1o Le transport, au moyen du remorquage à vapeur, de tous les produits

de l’Égypte, celui de tous les produits d’importation ainsi que le

remorquage de toutes les barques qui le réclameront et appartenant, tant

aux fonctionnaires égyptiens et aux indigènes en général, qu’aux

négociants européens.

2o La création de grandes écluses de navigation tant à Atfé qu’à

Alexandrie, à l’embouchure actuelle du canal, de quais, de dépôts et de

toutes autres constructions qui seront jugées nécessaires pour assurer

le service.

3o L’alimentation continuelle du Mahmoudié avec l’eau du Nil par le

moyen de pompes à feu établies à Atfé, de manière à pourvoir à la fois

aux besoins de la navigation et des conduites d’eau pour la ville

d’Alexandrie, ainsi qu’à l’irrigation de 20,000 feddans de culture d’été

le long du Mahmoudié.

Cette Société prend la dénomination de COMPAGNIE ÉGYPTIENNE POUR LE

REMORQUAGE A VAPEUR.

Art. 2. Le siége de la Société et son domicile sont établis à

Alexandrie.

Art. 3. La durée de la Société sera de 15 ans ou de 20 ans, suivant la

teneur du firman, à partir de l’époque où le service aura commencé à

fonctionner d’une manière régulière. Elle se trouvera constituée à

partir du moment où les 2/3 des actions seront souscrites.

TITRE II

=De la concession.=

Art. 4. Les concessionnaires font apport à la présente Société, sans

aucune restriction ni réserve, de la concession qui leur a été faite,

comme on l’a vu ci-dessus, du service de remorquage à vapeur égyptien,

moyennant une compensation que la Société leur accorde et que les

concessionnaires acceptent.

Cette compensation a été fixée au chiffre de quinze cents actions de la

Société, lesquelles sont exonérées de tous versements de fonds pour être

réparties par égales portions entre les sept concessionnaires

susmentionnés.

En conséquence, la Compagnie demeure subrogée tant activement que

passivement, dans tous les droits et obligations des concessionnaires

résultant du firman royal du 9 moharrem 1271 et du cahier des charges y

annexé.

TITRE III

=Fonds Social. — Actions. — Versements.=

Art. 5. Le fond social est fixé à un million de pièces de cinq francs,

divisé en dix mille actions de 100 pièces de 5 francs chacune.

Art. 6. Chaque action est indivisible, elle confère un droit dans la

propriété de l’actif social et dans les bénéfices de l’entreprise,

proportionnel au nombre des actions émises.

Art. 7. Les droits et obligations attachés à l’action suivent le titre

dans quelque main qu’il passe.

La possession d’une action emporte adhésion aux statuts de la

Compagnie ; les héritiers ou créanciers de l’actionnaire ne peuvent,

sous quelque prétexte que ce soit, provoquer l’apposition des scellés

sur les biens et valeurs de la Société, ni s’immiscer d’aucune manière

dans son administration ; ils doivent pour l’exercice de leurs droits

s’en rapporter aux inventaires sociaux, ou aux délibérations de

l’Assemblée générale.

Art. 8. Les actionnaires ne sont tenus qu’au versement intégral du

montant des actions qu’ils ont souscrites ; au delà tout appel de fonds

est interdit.

Art. 9. Le montant de chaque action est payable à Alexandrie à la caisse

du banquier de la Société, aux époques suivantes :

2/10. au moment de la souscription.

2/10. deux mois après la constitution de la Société.

3/10. quatre mois » » » »

3/10. six mois » » » »

L'Égypte contemporaine de Méhémet-Ali à Saïd Pacha · 第 15 / 23 段