On a inauguré, samedi dernier, à Rome, la statue de Victor Hugo, oeuvre
de Lucien Pallez, offerte à la Ville Eternelle par la Ligue
franco-italienne et érigée dans les jardins de la villa Umberto
(ancienne villa Borghèse). La cérémonie, dans un cadre admirable de
verdure printanière, au milieu d'une foule considérable qui, malgré les
carabiniers et les cordons de troupe, avait envahi les jardins Umberto,
a été d'un pittoresque charmant. Elle a emprunté, surtout, un éclat tout
particulier à la présence du roi d'Italie, qui avait tenu à donner à la
Ligue franco-italienne cette marque de haute bienveillance de venir
présider la manifestation organisée par elle. Au pied du monument, des
discours ont été prononcés par M. Barrère, M. Bianchi, ministre de
l'instruction publique en Italie, M. Rivet, qui a fait remise du
monument à la ville de Rome. Enfin, M. Frédéric Febvre a «dit» une tort
belle allocution de M. Jules Claretie.
[Illustration: Le Kronprinz photographiant UN MATCH ANGLO-ALLEMAND DE
FOOTBALL, A BERLIN, EN PRÉSENCE DU KRONPRINZ.
_Comme la plupart des jeunes gens de sa génération, le prince impérial
d'Allemagne a un goût très prononcé pour tous les sports; quand il n'y
participe pas activement, il assiste volontiers en spectateur passionné
à quelque intéressante réunion. Récemment, un match international de
football était engagé entre les clubs Civil-Service, de Londres, et
Germania, de Berlin: il eut lieu au Berlin-Tempelhof, et le prince
Frédéric-Guillaume tint à être témoin de ce gros événement sportif. Ce
fut donc sous ses yeux que se livra le combat opiniâtre où les
concurrents, dont la présence d'un tel personnage stimulait l'ardeur, se
disputèrent la victoire. Sans doute regrettait-il sa grandeur qui
l'attachait au rivage, c'est-à-dire le retenait derrière la barrière du
champs clos: en revanche, l'étiquette ne lui défendait pas l'usage de
l'appareil photographique, bagage désormais consacré de tout pratiquant
de la vie en plein air, quels que soient sa condition et son rang._]
[Illustration: Le temple de l'Erechthéion, avant la remise en état.]