B... n’a jamais été amoureux que de femmes saines et propres à mettre de
beaux enfants au monde. Et chaque fois qu’il a aimé une femme, il a eu
l’impérieux désir de se reproduire en elle. Il voulait la posséder,
jouir d’elle et, aussi, lui faire un enfant. Il était ému à la pensée
que sa substance se développerait et vivrait dans cette femme si belle,
et qu’un être nouveau, plein d’ardeur et de beauté, naîtrait de cette
union passagère.
Il m’assure qu’il n’a jamais caché ce désir aux femmes auxquelles il
faisait la cour. «J’aimerais avoir un enfant de vous, leur disait-il, un
être qui serait à la fois vous et moi, notre chair et notre sang
indissolublement unis.»
Voilà une forme de déclaration à laquelle les séducteurs n’ont pas
habitué les femmes.
Faut-il ajouter à l’honneur des femmes que B... passe pour avoir eu de
rares et grands succès et pour avoir réussi là où d’autres avaient
échoué?
Il est vrai qu’une fois en possession de la femme qu’il aimait, le
raisonnement, la prudence, venaient combattre l’instinct et avaient
raison de lui.
La chose intéressante à noter est l’existence de cet instinct de
reproduction arrivant jusqu’à la conscience.