Du _Carpenteriana, ou Recueil des pensées historiques, critiques,
morales, et de bons mots de M. Charpentier, de l’Académie
françoise_ (publié par Boscheron). Paris, J. Fr. Morisset, 1724,
in-8, p. 284.
M. Corneille l’aîné est auteur de la pièce intitulée: _L’Occasion
perdue et recouvrée_. Cette pièce étant parvenue jusqu’à M. le
chancelier Séguier, il envoya chercher M. Corneille et lui dit que
cette pièce ayant porté scandale dans le public et lui ayant acquis
la réputation d’un homme débauché, il falloit qu’il lui fît connoître
que cela n’étoit pas, en venant à confesse avec lui; il l’avertit du
jour. M. Corneille ne pouvant refuser cette satisfaction au chancelier,
il fut à confesse avec lui, au P. Paulin, petit père de Nazareth, en
faveur duquel M. Séguier s’est rendu fondateur du couvent de Nazareth.
M. Corneille s’étant confessé au révérend père d’avoir fait des vers
lubriques, il lui ordonna, par forme de pénitence, de traduire en vers
le premier livre de l’_Imitation de J. C._; ce qu’il fit. Ce premier
livre fut trouvé si beau, que M. Corneille m’a dit qu’il avoit été
réimprimé jusqu’à trente-deux fois. La reine, après l’avoir lu, pria
M. Corneille de lui traduire le second; et nous devons à une grosse
maladie dont il fut attaqué, la traduction du troisième livre, qu’il
fit après s’en être heureusement tiré.